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  • Rav Uriel Aviges

La techouva, un dialogue avec D


Ce dvar torah est basée sur une question de Jean David Gibrat que je remercie de tout cœur pour son aide

La semaine dernière nous avons prouve du talmud et des midrashim que la techouvah ce n'est pas un mouvement de retours sur soi, ni  un désir d'honnêteté avec soi même, ou une volonté de ne plus refaire de faute, mais c'est d'abord une volonté de dialoguer avec d' même si ce dialogue est malhonnête.

Les questions de Jean David sont

1-"quel est l'intérêt d'un rapport à d' si il n'apporte pas l'honnêteté?"

2- "comment peut-on dire que l'homme est proche de D et qu'il dialogue avec lui si il se ment à lui même dans son dialogue?"

Je vais essayer d'apporter des éléments de réponse à ces questions

La gemarah dans avoddah zarah dit: “un individu qui prie seul ne doit pas prier le moussaf de Roch Hachana dans les trois premières heures de la journée, car c'est le moment ou D' juge le monde, et l'individu risque d'être rejeté avec sa prière, alors qu'un groupe peut prier moussaf de Roch Hachana quand il le veut par ce que "les mérites d'un groupe sont nombreux".

Rashi explique que lorsque un homme prie le moussaf de Roch Hachana, alors, on examine son jugement plus consciencieusement que si il ne priait pas, par ce que, par le fait même qu'il demande a D de se souvenir de lui, il entraine que D va le juger plus sévèrement que si il restait au lit. Comme le dit rambam  dans le guide des égarés “plus un homme a conscience de D, plus D a conscience de lui”.

Or si c'est ainsi, on ne comprend pas pourquoi nos maitres nous ont demande de prier à Roch Hachana, on ferait mieux de rester dormir! Surtout lorsque l'on sait que "même les anges n'arriveront pas a sortir innocents du jugement de Roch Hachana" (piyout ashkénaze du moussaf de Roch Hachana) comme le dit le verset des psaumes “aucun être vivant ne peut se justifier devant D”.

Ces questions semblent nous forcer à déduire du passage du talmud d’avoddah zarah,  que l'intention des  sages lorsqu'ils ont instaure la prière était que l'individu se fonde dans un groupe, de telle manière que par cette annulation de son individualité il sorte méritant du jugement. Mais qu'est ce que cela veut dire? Nous savons très bien qu’a Roch Hachana chaque personne est jugée individuellement, comme le dit la Mishna “d’ juge les individus a Roch Hachana comme un berger qui passe en revue son troupeau”?

Pourtant, la gemarah dans Roch Hachana semble aller dans le même sens que le passage que nous avons vu plus haut, car il dit “on sonne le chofar a Roch Hachana pour que D' se souvienne de la ligature d'Isaac et qu'il considère comme si nous nous étions nous même attaches a l'autel devant lui”, et il semble que “par cette annulation de soi, symbolisée par le chofar, D se souviens de nous pour nous accorder des bénédictions”.

Dans le même passage, le talmud dit que l’on sonne le chofar a Roch Hachana pour embrouiller le Satan. Or il faut comprendre pourquoi le Satan viens uniquement a Roch Hachana est comment le chofar peut l’embrouiller? Plusieurs midrashim disent que le Satan a peur car il pense que le chofar annonce la venue messianique, il est évident que ces midrashim sont étonnants, car depuis le temps ou on lui fait le coup le Satan aurait du comprendre.

Avant de répondre a toutes ces questions je vais encore citer un midrash Rabah dans vaykra qui interprète le verset des psaumes qui dit “ elokim est monte dans la “terouah” (son du chofar) Hashem (tétragramme) dans la voix du chofar”, on sait que elokim c’est l’attribut de justice, alors que le nom Hashem (tétragramme) c’est l’attribut de la miséricorde divine, il semble, dit le midrash que le chofar fait monter D sur son trône de justice, mais qu’ensuite il y a un renversement qui s’opère ou l’attribut de justice est transforme en miséricorde. Comment ca marche?

Il y a un chant liturgique que les sefardim disent a minha de Yom kippour, dans ce chant l’auteur demande a ses membres de prier pour lui, il demande a ses pieds de prier pour lui mais ces pieds répondent “comment vœux tu que nous intercédions devant D, alors que nous courront toujours a la faute?!”, ensuite, il  demande a ses yeux de prier pour lui,  mais les yeux répondent un peu la même chose que les pieds, et tout le corps y passe, ensuite l’auteur conclue en disant a D’ “tu voix bien que je ne suis pas responsable de mes actions, ce n’est  pas moi qui a voulu fauter c’est mes membres!” comment peut on dire une chose pareil a minha de Yom kippour?, est ce cela la techouvah? Il y a des communautés ou l’on saute ce passage par ce qu’on le trouve irrespectueux a la limite de l’humour. Pourtant dans les psaumes on retrouve le même phénomène, le psaume de la techouvah dit rabenou yonah c’est le psaume 51, ou David fait techouvah de la faute qu’il a fait avec Bethsabée, et que dit il dans ce psaume il dit “n’est ce pas que c’est par le désir de la faute que j’ai été conçu!”, sous entendu, il est normal que je faute puisque c’est l’essence même de ma création, (Rashi) or, la aussi on ne comprend pas comment un baal techouvah peut parler comme cela, cela ressemble a tout sauf a de la techouvah!, la techouvah a priori c’est accepter le responsabilité de sa faute, alors qu’ici on a l’impression que David cherche des excuses, il ne veut pas se sentir coupable, pourtant dans le même psaume David dit “le plus grand sacrifice est un cœur brise, un cœur brise et déprime Hashem ne rejette pas!”, tout a l’heure pourtant David n’avait pas l’air si déprime que ca, qu’est ce qui se passe?

Pour revenir a la question de jean David sur l’honnêteté dans le rapport a Hashem, je pense que la réponse est simple, lorsque l’homme pratique l’introspection qu’il fait une analyse moral de son comportement et qu’il prend des décisions, il n’est jamais honnête réellement, il ne le peut pas, la psychanalyse est malhonnête par essence, il en va de même avec les engagements, si les commentateurs disent que D  lui même est incapable de savoir si un homme va tenir ses engagement, il est évident que l’homme lui même ne le sait pas, par ce qu’il ne peut pas le savoir, car le “moi” qui parle est une entité qui n’a pas une essence stable, c’est l’expression d’une constellation de sentiments, d’idées, de tout ce que l’on veut, qui se contredisent entre elles a chaque moment, lorsque l’homme veut dire honnêtement "Hashem est unique est il règne sur l’univers", plus il veut le dire avec honnêteté et pureté, plus il admet qu’il a une partie de lui qui n’y croie pas, et plus il cherche a être honnête, plus c’est a cette partie de lui qui n’y croie pas qu’il parle.

Il en va de même avec les engagements sur le futur, plus un type  va se dire  “je ne recommencerais plus”, plus il le dit avec force et conviction, plus il sait qu’il y  a une force qui dit le contraire au même moment, et que c’est a elle qu’il parle. Pour l’instant, c’est cette partie (a) de lui qui parle, peut être que dans une heure cela sera l’autre, c’est la même chose lorsqu’un homme fait une psychanalyse. En fait c’est quand l’homme cherche à être le plus honnête et le plus entier possible, qu’il est le moins honnête.

Cela ne veut pas dire que le travail moral est impossible pour l’homme, mais cela veut dire que le travail moral se place a un autre niveau, en fait l’homme ce n’est pas son discours ou son moi moral, l’homme c’est ce qui est au dessus de cela.

Au dessus des passions, au dessus des idées il y l’âme, la neshamah, c’est elle qui s’adresse a D.

C’est ce qu’il faut comprendre pour y voir un peu clair dans les psaumes, car parfois David dit qu’il est un pieux, un hassid, parfois il dit qu’il est un rasha, parfois il est gai et triste en même temps, etc.., par ce que en fait l’âme c’est ce qui est au dessus des sentiments et des jugements, le problème comme le dit Rav kook c’est qu’il faut trouver le chemin qui amène a son âme.

C’est ici le sens de la prière de Roch Hachana. Le Satan, l’accusateur, c’est nous qui le créons, par ce que nous disons “ce n’est pas nous qui fautons, notre âme ne participe pas a la faute,  celui qui faute c’est le corps, c’est le Satan”, on extériorise le mal comme venant de l’extérieure, c’est ce que fait David a longueur de psaume. L’idée du mal venant du serpent dans la faute d’Adam, ce n’est une énigme, c’est un fait eternel car selon la torah l’âme est pure et elle reste pure elle participe jamais a la faute. Mais si on maintient que notre âme est pure est qu’elle ne veut pas de la faute, alors on se crée un ennemie “le Satan” la force des désirs, c’est pour cela qu’a Roch Hachana le Satan intervient. Ce Satan c’est nous qui le créant en extériorisant le mal de nous même.

Le chofar est la pour annihiler la force du Satan, on avait déjà expliquer, que le chofar selon la Kabala c’est le vagin matricielle, en fait en soufflant dans le chofar on veut rendre le souffle de vie que d’ nous a donne, c’est le sens du ligotage d’ Itzhak, en fait la neshamah ne dit qu’une seule chose, elle dit ce que nous disons a la fin de la amidah de la neilah “Hashem cela ne valait pas le coup de nous créer, si ca ne tenait qu’a nous on préférerait que tu reprennes notre âme,” je pense que c’est la seule phrase honnête qu’un homme peut dire devant D, et c’est l’essence même de la neshamah, c’est pour cela que dans un premier temps en sonnant le chofar c’est nous qui demandons le jugement on demande la destruction du Satan c’est dire la destruction des plaisirs matériels  et la destruction même de l’existence terrestre qui nous parait absurde.

C’est l’idée qu’on se ligote comme Isaac, mais, a ce moment la il y a un retournement, par ce que d’ nous répond et il dit “oui, mais c’est aujourd’hui l’anniversaire du monde ou j’ai créé l’homme, c’est moi D’ qui veut que vous viviez et qui vous rend le souffle de la vie” ici on bascule dans la rahamim, d’ ne peut plus juger l’homme sévèrement par ce que c’est sa volonté de le maintenir dans l’état ou il est, ici les souffles  du chofar deviennent les pleurs du nouveau ne.

C’est pour cela que le talmud dit dans avoddah zarah que d’ juge le monde jusqu’a ce qu’il voit qu’il doit être détruit dans le jugement (a midi),  et ensuite a ce moment la même, il se retourne dans l’attribut de miséricorde, mais uniquement a ce moment! Par ce que cela devient le choix de d’ et sa volonté de nous faire vivre, il ne peut donc plus nous considérer responsable de nos actions,  c’est le sens du ligotage d’Isaac ou d’ sauve Isaac a la dernière seconde, lorsqu’il devait être égorgé.

A Roch Hachana l'homme doit être prêt a se sacrifier lui même devant D. c'est la même idée que l'annulation de son individualité dans un groupe, mais c’est dans cette annulation que son souvenir monte a D.

Je ne résiste pas a rajouter une autre idée, dans le minha de chabath nous disons que Isaac chantait quand il allait se faire égorger, il faut comprendre que lorsque l’on dit qu’on va s’offrir soi même en sacrifice a d; a Roch Hachana en écoutant le chofar, cette volonté doit être un mouvement de joie et qui s’exprime dans la gaité par ce c’est notre âme qui aspire profondément a quitter l’absurdité du monde matériels pour revenir d’ou elle viens.

Le moussaf de Roch Hachana de mon Rav durait plusieurs heures,  ce qu’il faisait pendant ce temps c’est qu’il chantonnait a voix basse des airs qui correspondaient aux  versets qu’il y dans le moussaf de Roch Hachana, chaque air étant une explication du verset. Je résiste pas a vous donner des links des air temani qui a mon avis décrivent bien l’état d’esprit qu’il faut avoir lorsque l’on fait le moussaf de Roch Hachana, j’avertie les âmes sensibles que c’est une femme qui chante mais je pense qu’il y a une permissivité halakhique d’écouter par ce que la chanteuse est morte (et que de plus  est habille tsinout), si quelqu’un ne veut pas se baser sur cette permissivité qu’Hashem le bénisse”

Voila le lien d'un chant yéménite


Les paroles sont:

Toi, celui qui est et qui sera

Ai pitié de ton peuple

Et écoutes ma prière

Des cieux de ta sainteté

Refrain

Car je désire revoir la maison de ta sainteté pour voir la puissance de force et la splendeur de ta gloire

Ai pitié de mon unicité (la parie supérieure de l’âme qui s’exprime dans les psaumes) qui se dresse devant toi raccourci mon exil mon soutien est en toi

Il y a aussi une deuxième chanson


Si les portes des généreux se referment les portes du ciel ne se referment jamais au dessus des anges c'est par son souffle qu'ils montent car ils son proches de son trône ils reconnaissent son nom et ils le glorifient

 Ces créatures célestes qui savent aller tout en venant on déjà été incluses dans la création du monde

 Les galgals et les ofans (des types d'anges) font un grand bruit ils reconnaissent son nom et le sanctifient ils se habillent de la gloire de son honneur et avec six ailes ils l'encerclent tout en volant lorsqu’ils tournent ils disent ensemble des chants doux et c'est a travers ces mélodies que leurs prodiges se révèlent

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