©2018 by Uriel Aviges.

  • Rav Uriel Aviges

Yom Kippour 5775

Pour comprendre le pardon, il faut d'abord comprendre la culpabilité. Dans ce cours nous parlons de la responsabilité morale selon la Torah. Peut on être coupable sans être conscient d'avoir fait le mal? Comment peut on se décharger sa culpabilité sur un bouc émissaire le jour de Yom Kipour? Dans quelle mesure peut on dire que nos action sont déterminées au conditionnement de notre environnement? Ce sont ces questions que nous élaborons dans ce cours.

1- Le bouc émissaire

Dans le service de Yom kippour, le cérémonial du bouc émissaire tient une place prépondérante. Le bouc est jeté d’une falaise, il meurt en expiant toutes les fautes commises par le peuple. Les versets disent : « Et II prendra les deux boucs et les présentera devant le Seigneur, à l'entrée de la Tente d'assignation. 8 Aaron tirera au sort pour les deux boucs: un lot sera pour l'Éternel, un lot pour Azazel. 9 Aaron devra offrir le bouc que le sort aura désigné pour l'Éternel, et le traiter comme expiatoire; 10 et le bouc que le sort aura désigné pour Azazel devra être placé, vivant, devant le Seigneur, pour servir à la propitiation, pour être envoyé à Azazel dans le désert. Aaron appuiera ses deux mains sur la tête du bouc vivant; confessera, dans cette posture, toutes les iniquités des enfants d'Israël, toutes leurs offenses et tous leurs péchés, et, les ayant ainsi fait passer sur la tête du bouc, l'enverra, sous la conduite d'un exprès, dans le désert. 22 Et le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une contrée solitaire, et on lâchera le bouc dans ce désert. »

Il semble étonnant que la mort d’un animal puisse expier les fautes d’une communauté. La justice voudrait que chaque etre humain soit responsable de ses propres actions. Logiquement, seul le coupable peut expier sa faute.

Les commentateurs interprètent la cérémonie du bouc émissaire comme une manière de déresponsabiliser l’individu de ses fautes.

Il y a dans l’individu une volonté de pureté, un désir de faire le bien, c’est uniquement par ce qu’il évolue dans une société corrompue qu’il fait le mal. Le bien n’a de sens que s’il peut s’inscrire harmonieusement dans le développement de la société. Si les valeurs de l’environnement social sont corrompues, l’individu ne peut plus faire le bien. Il doit s’adapter a son milieu, se faisant, il trahie la pureté de son ame, et il est condamné a s’impurifier en faisant le mal.

L’homme porte en lui une dualité, symbolisée par les deux boucs identiques, il doit sortir du flou de sa conscience pour identifier clairement quelle est la pureté spontanée qui l’habite, et quel est le démon qui s’agite en lui.

Dans un deuxième temps, il doit prendre conscience que l’essence première de son ame est pure, et que le mal n’est qu’un habit, une manière de réagir pour s’adapter a son milieux et a sa situation.

Le but de Yom kippour est de se reconnecter avec la pureté originelle de son ame.

Cette reconnexion est pourtant tragique, car si l’homme a perverti cette pureté dans le passé, a cause du conditionnement social ambiant, il est pratiquement évident qu’il va de nouveaux la pervertir dans le futur. Car si l’homme peut décider de changer, il n’a pas la capacité de changer son environnement. Du coup, Il est probable que les même causes amèneront les mêmes conséquences, et qu’il va continuer a s’éloigner de la pureté qu’il désire, pourtant, du fond de son ame.

Dans ce sens, Yom kippour ne peut être qu’un jour de deuil, le deuil de sa propre vie.

Le psaume 102 dit « Car l’Eternel rebâtit Sion, il s’y manifeste dans sa majesté. 18 Il se tourne vers la prière du pauvre dénudé, il ne dédaigne pas ses invocations. 19 Que cela soit consigné par écrit pour les générations futures, afin que le peuple à naître loue l’Eternel! »

Le verset 19 est énigmatique, quel est « la peuple est a naitre » ?

Le midrash explique (yalkouth chimoni 855) « le peuple a naitre, c’est la génération de Mardochée qui a été créé de nouveau. Mais les sages disent, ce sont les générations dernières qui se sentent mortes dans toutes leurs action, (toutes leurs actions sont comme mortes), et ils viennent prier devant toi a Roch Hachana et a Yom kippour et toi tu les récrés, en en faisant une nouvelle création ».

Le midrash fait un lien entre l’histoire de pourim et celle de Yom kippour. La génération de mordehai était au bord de l’assimilation totale, ils ont été sauvés de l’extermination, justement par ce qu’une juive s’est mariée avec un non juif. Mais par la suite, ils ont réussi a renaitre et a se « recréer ».

Esther aurait pu ne jamais dire qu’elle était juive, cela aurait été plus facile pour elle. Mais, il lui restait encore une étincelle de pureté, elle se sentait juive, et grâce a cette conscience identitaire, elle a sauvé le peuple, et petit a petit, le peuple s’est reconstruit spirituellement, au point ou il a reconstruit le temple. 

Esther n’a jamais divorcé son mari non juif, elle n’a jamais changé la routine laïque de son quotidien, mais elle a su rester connecté avec l’étincelle de pureté qu’il y avait en elle, et pour cette raison, elle a pu changer et inverser la dynamique de l’histoire du peuple juif.

La morale de cette histoire, telle qu’elle s’applique dans notre vie de tous les jours est la suivante. Chacun a en lui une pureté inaltérable, chacun a senti dans sa vie un moment lorsqu’il faisait le bien, qu’il se reconnectait avec quelque chose de profond en lui. 

Cela peut être lorsqu’il a visité des malades, lorsqu’il a aidé ses parents ou ses amis, lorsqu’il a étudié la torah, ou quand il a fait la prière. Et puis, la vie nous a abattu, il a fallu s’adapter a la routine du monde, il a fallu perdre sa virginité, il a fallu perdre sa sensibilité, petit a petit, jour après jours, jusqu'à ce que l’on devienne une sorte de cadavre automatisé, qui réagit de manière prévisible aux stimuli de son environnement. 

Pour renaitre, il suffit de reconnecter avec la pureté qui est en nous, ce n’est pas la peine de changer toute sa vie, de se marier ou de divorcer, de partir en inde ou a bnei brak, ou de combattre avec l’empire islamique du levant, ce qu’il faut, c’est entretenir la flamme.

Par exemple, si un homme a été heureux quand il été jeune, lorsqu’il a aide quelqu’un, il faut qu’il reconnecte avec se souvenir, et qu’il décide qu’une demi heure par semaine, il va essayer d’aider un ami. 

De même, si quelqu’un voulait étudier a la yeshivah, mais qu’il n’a pas pu, alors, qu’il décide d’étudier de tout son cœur pendant une demi heure par semaine.

Si on conserve la pureté de la flamme, on peut être certain que dans le long terme on peut inverser complètement la dynamique de son existence et même celle de tous le peuple.

La renaissance du peuple a l’époque de Mardochée a été très graduelle. Lorsque les juifs rentrent en Israël pour reconstruire le temple, la majorité d’entre eux est encore marié avec des femmes non juives. Les juifs n’ont pas fondamentalement changé a pourim, ils ont inversé la dynamique de leur mouvement. 

C’est pour cela que la meguilah d’Esther fini en disant « et le roi Assuérus a prélevé un impôt sur les iles lointaines », le texte nous explique que, superficiellement, il n’y avait aucune différence dans le monde avant pourim et après pourim. De même, de manière superficielle, il n’y a aucune différence entre la vie d’un juif avant kippour et après kippour, mais c’est l’intériorité de la conscience du peuple qui avait changé a pourim, et c’est ainsi que l’intériorité de la conscience du juif doit changer a Yom kippour.

L’important ce n’est pas la quantité de bien que l’on fait, c’est la qualité, la pureté et l’authenticité de l’acte. Le talmud dit qu’a pourim les juifs ont reçu la torah de leur plein gré après avoir été sauvés. Ils l’ont fait gratuitement, alors qu’ils auraient pu décider de s’assimiler complètement. 

C’était la profondeur de leur être qui s’exprimait spontanément, de manière gratuite. Ils n’ont cependant pas changé toute leur vie, si on croit le texte de la meguilah, ils ont simplement décidé de commémorer chaque année, le moment de pureté qu’ils avaient ressenti, en buvant et en mangeant et en lisant la meguilah. Immédiatement après les événements, concrètement, les juifs n’ont rien accepté d’autre, ils continuaient a manger non cacher, et a se marier avec des non juifs, mais au fond, tout leur être avait changé.

Il a suffit de faire fondre un atome pour produire la chaleur de trois milles soleils.

A Yom kippour, le juif doit sentir le lien authentique et personnel qui le pousse a faire le bien, il doit chercher dans ses souvenir, les moments de bonheur et plénitude qu’il a ressenti lorsqu’il faisait le bien, et il doit s’engager a chercher a les faire revivre, ne serait ce que quelques minutes par semaine.

Et, a partir de cet engagement il peut être certain que, graduellement, toute la dynamique de sa vie va changer. 

Si, par contre, l’homme perd le contacte avec la pureté de son ame, il peut être certain, que rapidement il deviendra un automate, dépendant de la routine, conditionné par une discipline répétitive implacable et mortifère. 

2- le tirage au sort

Le hasard est l’opposé de la justice. Si les choses arrivent par hasard, elles ne sont pas justes.

 Les deux boucs de Yom kippour devaient être identiques, c’est le tirage au sort qui devait déterminer lequel des deux serait le bouc émissaire.

Paradoxalement, dans la prière de Yom kippour nous disons que D est juste, et que le monde n’est pas régit par le hasard. Il est donc étonnant de constater que le hasard fait parti du rite sacrificiel.

Dans les selihoth du cinquième jours des dix jours de techouvah, on nous explique que l’histoire de Josef est une allégorie de notre rapport a D.

 Josef raconte a ses frères son rêve, il leur dit qu’ils doivent se prosterner a lui, les frères ne peuvent pas accepter cette idée, et pour cette raison, ils vendent Josef comme esclave. Cependant en faisant cela, il permettent indirectement a Josef de devenir roi en Égypte, a la fin les frères doivent se prosterner a Josef et Josef nourri ses frères en Égypte. 

Dans le rituel, l’auteur de la prière, nous explique que D, comme Josef nous demande de le servir et de nous prosterner a lui. Nous n’arrivons pas a accepter cette idée, c’est pour cela que nous fautons. Comme dans l’histoire de Josef, la royauté de D advient sur le monde malgré nous, nous sommes de toutes les manières, a la fin, obligé de nous prosterner devant D.

En récitant les attributs de miséricorde nous demandons a être nourri de la miséricorde de D, de même que les frères ont été nourri par la miséricorde de Josef.

Cette allégorie nous explique plusieurs choses. Premièrement, elle semble dire que nos fautes n’ont pas vraiment d’impacte sur l’histoire, D règne sur le monde quelque soit notre comportement. Il est impossible de se révolter contre D. De ce fait, les actions des hommes sont absurdes et sans importances.

Mais, cette allégorie met aussi le doigt sur un autre paradoxe de notre relation a D. Josef a un statut trouble, il est le pair et l’égal de ses frères, mais il veut aussi être leur roi. 

Josef est antipathique a ses frères par ce que tout celui qui impose une loi, est antipathique.

Lorsque D vient nous imposer une loi il nous devient antipathique. Si D est le roi, s’il est le juge absolue, il est absolument détestable. Car sa règle et sa royauté nous sont imposées de manière arbitraire. 

Devant la loi d’un dictateur, l’individu n’a que deux choix. Soit, il décide de respecter la loi et, dans ce cas, au fond de lui même il hait le législateur, dans ce cas, il hait D. 

Soit, il décide d’enfreindre la loi, et, dans ce cas, il se hait lui même.

Devant la justice, un homme en est réduit a choisir entre de deux haines, celle de D, ou celle de lui même.

Lorsqu’un homme faute envers D, comme les frères l’ont fait en vendant Josef, l’homme décide de se haïr lui même, plutôt que d’haïr D. La faute envers D est en fait une preuve d’amour pour D. On choisit de transgresser sa loi pour ne pas le haïr.

Quoi qu’il en soit, l’histoire de Josef montre bien que l’homme a un rapport difficile au pouvoir d’un roi ou d’un législateur. A Yom kippour, l’homme doit chercher a dépasser se rapport hystérique inhérent a l’acceptation d’une loi.

C’est le sens du tirage au sort du bouc émissaire. Le tirage au sort symbolise l’idée selon laquelle, la justice n’est pas la seule manière que nous avons de nous connecter avec D.

D est aussi notre ami, il est aussi en nous. Le lien le plus profond que nous avons avec D est irrationnel, il dépasse la loi et la morale.

Selon le midrash, Lorsque D a enseigné a Moshé les treize attributs de miséricordes, il s’est enveloppé d’un talith comme un hazan, et il a chante les treize attributs devant Moshé. Pour le maharal, ce midrash signifie que lorsque l’on invoque la miséricorde de D, on invoque D comme étant notre frère jumeau, il est notre propre reflet. Plus on prend conscience de la miséricorde de D, plus on prend conscience de notre propre miséricorde, plus elle se déverse sur nous.

Le Cohen gadol changeait 5 fois d’habit durant le service de Yom kippour, ces cinq changement, symbolisent, un constant va et vient entre l’invocation de la justice de D et l’invocation de sa miséricorde irrationnelle. 

Le but du service de Yom kippour et de lier l’amour avec la justice, de briser le rapport antagoniste que nous avons a la loi et au législateur. C’est ce dépassement de la rationalité que symbolise le tirage au sort.

(Dans la Kabala ce travail est appelé « la réparation de la base », la « circoncision du prépuce », c'est-à-dire l’annihilation du rapport féminin que nous avons avec D. ce rapport hystérique face a la loi est le rapport naturel d’une femme a son mari ou d’une fille a son père, c’est ce rapport qu’il faut dépasser.)

Les grandes décisions que l’on prend dans sa vie sont toujours irrationnelles. On dit que l’amour est aveugle, le Hazon ish explique que toutes les relations affectives sont toujours irrationnelles. On ne sait pas pourquoi on aime ou on déteste quelqu’un, ou pourquoi il nous laisse indifférent. On peut tomber amoureux de quelqu’un a un jour donné dans un endroit donné, alors, que si on l’avait rencontré ailleurs, dans d’autre circonstances on ne l’aurait jamais regardé. 

De même les véritables changements que l’on fait en nous même, les grandes décisions morales, sont toujours irrationnelles. On peut changer sa destinée en profondeur uniquement si on arrive, a sortir de la rationalité de la cause et de l’effet, a s’élever au dessus du bien ou du mal.

Ce n’est pas en s’analysant rationnellement que l’on arrive a changer en profondeur, c’est en accédant au moment ou l’on jette les des, ou l’on tire au sort, au moment ou le kohen gadol remue la boite pour mélanger les deux lots. 

Le temps ou la raison est en suspens, ou le bien et le mal n’existent plus, l’instant ou les deux boucs sont identiques, ou les jeux ne sont pas faits, lorsque tout revient au même. C’est en accédant a ce moment que l’on peut changer les déterminisme de notre caractère et de nos habitudes. 

Le talmud dans le traité de avodah zarah raconte l’histoire de rabi Eliezer ben Dourdayah qui fait techouvah au moment ou il va avoir des rapports avec une prostituée.

En écoutant son histoire rabi yehudah haNassi pleure en disant : « on peut acquérir le monde futur en un instant ! ». Les véritables changements sont toujours des ruptures soudaines imprévues. Ces ruptures sont possibles lorsque l’on s’élève au delà du bien et du mal, lorsque l’on s’extirpe de la culpabilité face a la loi ou a la morale. Il faut mettre la morale en suspens pour pouvoir changer.

Paradoxalement, Il faut être persuadé que nos actions n’influent pas le cours de l’histoire, pour pouvoir justement changer le cours de l’histoire. Ceux qui décident consciemment de changer le monde, ne font que jouer des rôles écrits d’avance. Tant que l’on est dans le rationnel on est dans le prévisible et dans le répétitif.

Les deux lots, que le kohen gadol secouait dans une boite pour designer le sort des deux boucs, représentent, le mélange et l’intrication de l’attribut justice a celui de la miséricorde. C’est dans le va et viens de ces deux attributs que l’on arrive a retrouver l’instant, « t », ou ils ne se contredisent plus, le moment ou tout revient ou même, et ou tout est possible, l’instant ou on devient vraiment libre.


Les documents

Levitique 16 21

Aaron appuiera ses deux mains sur la tête du bouc vivant; confessera, dans cette posture, toutes les iniquités des enfants d'Israël, toutes leurs offenses et tous leurs péchés, et, les ayant ainsi fait passer sur la tête du bouc, l'enverra, sous la conduite d'un exprès, dans le désert. 22 Et le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une contrée solitaire, et on lâchera le bouc dans ce désert.

Samuel 1-22

Certes, dit le roi, tu mourras, Ahimélec, toi et toute ta famille!" 17 Et le roi dit aux satellites qui l'entouraient: "Approchez, et mettez à mort les prêtres du Seigneur, car ils sont complices de David; ils savaient qu'il était en fuite et ne l'ont pas dénoncé." Mais les serviteurs du roi n'osèrent pas frapper et porter la main sur les prêtres du Seigneur. 18 Et le roi dit à Doëg: "Approche, toi, et frappe les prêtres!" Et Doëg l'lduméen s'approcha et frappa les prêtres. Il fit mourir, ce jour-là, quatre-vingt-cinq hommes portant l'éphod de lin. 19 Et Nob, la ville des prêtres, fut passée au fil de l'épée; hommes et femmes, jusqu'aux petits enfants et aux nourrissons, bœufs et ânes, menu bétail, tout au fil de l'épée. 20 Il n'échappa qu'un fils d'Ahimélec, fils d'Ahitoub, nommé Ebiatar, qui s'enfuit, rejoignant David. 21 Ebiatar apprit à David que Saül avait fait périr les prêtres du Seigneur. 22 Et David dit à Ebiatar: "Je savais, ce jour-là, Doëg l'Iduméen étant présent, qu'il me dénoncerait à Saül. C'est moi qui ai fait le malheur de toute ta famille. 23 Demeure avec moi, ne crains rien. Qui en veut à ma vie en voudra à la tienne, mais tu es en sûreté auprès de moi."

Sanhedrin 104

 R. Johanan said on the authority of R. Jose b. Kisma: Of great [importance] is the mouthful [of food given to wayfarers] And an unwitting offence in connection therewith is accounted as deliberate' — for Rab Judah said in Rab's name: Had but Jonathan given David two loaves of bread for his travels, Nob, the city of priests would not have been massacred, Doeg the Edomite would not have been destroyed,7  and Saul and his three sons would not have been slain. (For had he provided him with food, he would not have taken any from Ahimelech. Thus, all this happened, though Jonathan's initial offence was due to an oversight.)

Sanhedrin 95

And Ishbi-benob, which was of the sons of the giant, the weight of whose spear weighed three hundred shekels of brass in weight, he being girded with a new sword, thought to have slain David.19  What is meant by 'And Ishbi-be-nob'? — Rab Judah said in Rab's name: A man who came on account of Nob. 20  [For] the Holy One, blessed be He had said to David, 'How long will this crime be hidden in thy hand. [i.e.. unpunished]. Through thee Nob, the city of Priests, was massacred; through thee Doeg the Edomite was banished; and through thee Saul and his three sons were slain: (When David, on his flight from Saul, received succour in Nob, (I Sam. XXI.) he was seen there by Doeg the Edomite. On the latter's reporting this to Saul, he slew all the priests of Nob for treason (Ibid. XXII, 17-19), Doeg being his instrument. For this Doeg was banished from his portion in the future world (the phrase may also mean lost his life — [H]; v. II Sam. I, 2; Pesik. ed. Buber III, 28b) and the defeat and death of Saul and his three sons at Mount Gilboa (I Sam. XXX, 1, 6) was a punishment for the same. Thus all this was indirectly caused by David.)  would you rather thy line to end, or be delivered unto the enemy's hand? He replied: 'Sovereign of the Universe! I would rather be delivered into the enemy's hand than that my line should end.'22

Yomah 22

Saul was a year old when he began to reign. R. Huna said: Like an infant of one year, who had not tasted the taste of sin. R. Nahman b. Isaac demurred to this: Say perhaps: Like an infant of one year old that is filthy with mud and excrement?35 R. Nahman thereupon was shown a frightening vision in his dream, whereupon he said: I beg your pardon,36 bones of Saul, son of Kish. But he saw again a frightening vision in his dream, whereupon he said: I beg your pardon, bones of Saul, son of Kish,37 King in Israel.  Rab Judah said in the name of Samuel: Why did the kingdom of Saul not endure? Because no reproach rested on him,38 for R. Johanan had said in the name of R. Simeon b. Jehozadak: One should not appoint any one administrator of a community, unless he carries a basket of reptiles on his back, so that if he became arrogant, one could tell him: Turn around!39  Rab Judah said in the name of Rab: Why was Saul punished? Because he forewent the honour due to himself, as it is said: But certain base fellows said: ‘How shall this man save us?’ And they despised him and brought him no present. But he was as one that held his peace”

Sahedrin 7

When a case was submitted to R. Huna he used to summon and gather ten schoolmen, in order, as he put it, that each of them might carry a chip from the beam. (I.e. share the responsibility with him.)

R. Ashi, when a terefah (An animal afflicted with an organic disease).  was submitted to him for inspection, sent and gathered all the slaughterers of Matha Mehasia, in order, as he put it, that each of them should carry a chip from the beam.

Baba batra 22a

R. Dimi from Nehardea brought a load of figs in a boat. The Exilarch said to Raba, 'Go and see if he is a scholar, and if so, reserve the market for him.'  So Raba said to R. Adda b. Abba, 'Go and smell his jar.'3  The latter accordingly went out and put to him the following question: 'If an elephant swallows an osier basket and passes it out with its excrement, is it still subject to uncleanness?' (is it regarded as being still a basket or as excrement.) He could not give an answer. 'Are you Raba?' he asked R. Adda. The latter tapped him on his shoe5  and said, 'Between me and Raba there is a great difference, but at any rate I can be your teacher, and so Raba is the teacher of your teacher.' They did not reserve the market for him, and so his figs were a dead loss. He appealed to R. Joseph. saying: 'See how they have treated me.' He said to him, 'He who did not delay to avenge the wrong done to the king of Edom will not delay to avenge the wrong done to you. as it is written, Thus saith the Lord, For three transgressions of Moab, yea for four I will not turn away the punishment thereof; because he burned the bones of the king of Edom into lime.'6  Shortly afterwards R. Adda b. Abba died. R. Joseph said: It is through me that he has been punished.7  because I cursed him. R. Dimi from Nehardea said: It is through me that he has been punished. because he made me lose my figs. Abaye said: It is through me8  that he has been punished. because he used to say to the students, 'Instead of gnawing bones in the school of Abaye. why do you not eat fat meat in the school of Raba?'9  Raba said: It is through me that he has been punished, because when he went to the butcher's to buy meat he used to say to the butchers, 'Serve me before the servant of Raba, because I am above him.' R. Nahman b. Isaac said: It is through me that he has been punished. How was this? R. Nahman b. Isaac was the regular preacher [on Sabbaths]. Every time before he went to give his discourse,10  he used to run over it with R. Adda b. Abba; and only then would he attend the Kallah. One day R. Papa and R. Huna the son of R. Joshua got hold of R. Adda b. Abba because they had not been present at the concluding discourse [of Raba on the tractate Bekhoroth],11  and said to him: Tell us how Raba discussed the law of the 'Tithing of cattle.'12  He then gave them a full account of Raba's discourse.13  Meanwhile dusk had set in and R. Nahman b. Isaac was still waiting for R. Adda b. Abba. The Rabbis said to him: Come, for it is late; why do you still sit, Sir? He said: I am waiting for the bier of R. Adda b. Abba. Soon after the report came that R. Adda b. Abba was dead. The most likely opinion is that R. Nahman b. Isaac was the cause of his punishment. (According to Tosaf., each of these Rabbis lamented the fact that through him punishment had befallen R. Adda b. Abba, because of the dictum (Shab. 249). 'Whoever is the cause of punishment befalling his fellow man is not permitted within the inner circle of the Holy One, blessed be He.)

Keritout 25a

MISHNAH. R. ELIEZER SAYS: A MAN MAY FREELY OFFER A SUSPENSIVE GUILT-OFFERING ON ANY DAY AND AT ANY TIME HE PLEASES.20 SUCH A SACRIFICE WAS KNOWN AS THE GUILT-OFFERING OF THE PIOUS. IT IS SAID OF BABA B. BUT A THAT HE USED TO FREELY OFFER A SUSPENSIVE GUILT-OFFERING EVERY DAY, EXCEPT ON THE DAY FOLLOWING THE DAY OF ATONEMENT.21 HE DECLARED: BY THIS TEMPLE! HAD THEY ALLOWED ME, I WOULD HAVE OFFERED ONE EVEN THEN, BUT THEY SAID UNTO ME, WAIT UNTIL YOU HAVE COME TO A STATE OF DOUBT.22 THE SAGES, ON THE OTHER HAND, HOLD THAT ONE MAY NOT BRING A SUSPENSIVE GUILT-OFFERING EXCEPT FOR A [PARTICULAR] SIN. THE WILFUL TRANSGRESSION OF WHICH IS SUBJECT TO KARETH AND THE INADVERTENT TRANSGRESSION OF WHICH IS SUBJECT TO A SIN-OFFERING. THEY THAT ARE LIABLE TO SIN-OFFERINGS OR TO UNCONDITIONAL GUILT-OFFERINGS AND THE DAY OF ATONEMENT HAD INTERVENED, ARE STILL BOUND TO OFFER THEM AFTER THE DAY OF ATONEMENT.23 THEY THAT ARE LIABLE TO SUSPENSIVE GUILT-OFFERINGS ARE EXEMPT.24 HE WHO HAS COMMITTED25 A DOUBTFUL SIN ON THE DAY OF ATONEMENT, EVEN AT TWILIGHT, IS EXEMPT, BECAUSE THE WHOLE OF THE DAY26 EFFECTS ATONEMENT.

THEY THAT ARE LIABLE TO SUSPENSIVE GUILT-OFFERINGS etc. Whence do we learn this?26 — Said R. Eleazar: The Scriptural text reads, From all your sins [shall ye be clean] before the Lord:27 The Day of Atonement expiates sins that are known to the Lord alone. Said Rab Tahlifa, the father of Rab Huna, in the name of Raba: Also the preceding instance28 need no longer be expounded in the manner of Rab Dimi and Abaye, but it may be derived from this argument: ‘The Day of Atonement expiates sins that are known to the Lord alone;’ from which it follows that the Day of Atonement expiates only sins known to the Lord alone, but it does not expiate sins of which the transgressor himself is conscious.