©2018 by Uriel Aviges.

  • Rav Uriel Aviges

Vayishlah 5776

Dans ce cours nous parlons du rapport a l'angoisse. chercher la sérénité ne serait pas l'antidote de l'angoisse, mais bien au contraire la plus grande expression d'angoisse.


Bonheur angoisse et conscience de la mort


1. Le rapport hystérique a l’angoisse 

La parasha de vayeshev débute par les versets suivants : « Jacob demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan. 2 Voici l'histoire de la descendance de Jacob. Joseph, âgé de dix-sept ans, menait paître les brebis avec ses frères. Passant son enfance avec les fils de Bilha et ceux de Zilpa, épouses de son père, Joseph débitait sur leur compte des médisances à leur père. 3 Or Israël préférait Joseph à ses autres enfants parce qu'il était le fils de sa vieillesse; et il lui avait fait une tunique à rayures. 4 Ses frères, voyant que leur père l'aimait de préférence à eux tous, le prirent en haine et ne purent se résoudre à lui parler amicalement. » 

Le premier verset de la parasha parait superflu, précédemment la torah nous avait déjà dit que Jacob résidait dans la terre de Canaan. Le midrash interprète ce verset en remarquant la dissymétrie entre les deux verbes utilises dans le verset, au sujet de Jacob il est écrit « et Jacob demeure » (veyeshev, il s’est installé) alors qu’au sujet des parents de Jacob il est écrit « les pérégrinations de son père » (« megourei »). Jacob a recherche la stabilité et le calme, une stabilité que ses parents n’avaient pas connue. Pourtant comme l’explique le midrash, Jacob n’a pas trouvé ce repos, au contraire, juste après, on nous raconte la vente de josef. 

Le midrash dit en effet : « Rabi Aha a dit lorsque les justes s’installent dans la sérénité, et qu’ils cherchent à rester sereins dans ce monde, alors le Satan vient et il les accuse il dit « cela ne leur suffit pas ce qui leur est préparé dans le monde futur, car ils veulent encore jouir de la sérénité dans ce monde. Vois, que c’est ainsi, puisque notre patriarche Jacob puisqu’il a voulu s’installer dans la sérénité dans ce monde, il a été percute par le Satan de josef. » 

Il est intéressant de remarquer, que c’est Jacob lui-même qui a causé la haine des frères et la vente de josef comme le verset le dit explicitement, c’est josef qui montre sa préférence à josef en lui donnant une tunique multicolore. Plus tard c’est Jacob lui-même qui envoie josef à chehem pour voir ses frères, alors qu’il savait pertinemment que ses frères le haïssaient et qu’il cherche à le tuer. Lorsque josef devient roi d’Egypte, il n’avertit pas son père par ce qu’il pense que c’est son père qui a organisé sa vente (or ahaim). 

On constate donc, chez Jacob un rapport hystérique face à la sérénité. D’un cote, le midrash nous explique qu’il est à la recherche du calme et de la sérénité, qu’il recherche la stabilité, pourtant, d’un autre cote on nous montre qu’inconsciemment, Jacob lui-même cherche à saboter la situation de calme et de bonheur dans laquelle il se trouve, puisque c’est lui-même qui semble exciter le conflit entre les frères. Ce rapport hystérique au calme et à l’angoisse parait difficilement compréhensible. 

Au début de la parasha de vayshlah on retrouve une dichotomie similaire. 

Lorsque Jacob doit rentrer en Israël, il a peur d’être attaqué par son frère Esaü. Cette peur parait injustifiée puisque précédemment D lui a promis qu’il allait rentrer chez ses parents sain et sauf lui et sa famille. 

Cependant, les versets montrent explicitement que Jacob a peur. Lorsque quelqu’un a peur, le premier réflexe de cette personne est de faire le mort. On se serait donc attendu a ce que Jacob cherche à rentrer en Israël en catimini en faisant le moins de bruit possible, pour passer le plus inaperçu possible aux yeux d’essav. 

Pourtant, ce n’est pas ce que Jacob fait, au contraire, il envoie des émissaires a son frère pour lui dire qu’il arrive, il lui envoie une multitude de cadeau, ce qui pourrait exciter la convoitise d’essav. 

(Plus tard dans l’histoire le roi Ezéchias envoie des cadeaux aux rois d’Assyrie pour rester en paix avec lui. Ces cadeaux ne font qu’exciter la convoitise de l’empereur d’Assyrie qui est frape par la richesse du roi Ezéchias, et qui comprend aussi que ces cadeaux sont un aveu de faiblesse de la part des rois d’Israël. Quelques mois plus tard l’armée du roi d’Assyrie fera le siège de Jérusalem.) 

Le midrash et le Zohar jugent durement le comportement de Jacob. Le midrash dit « Rav hounah à commencer par expliquer « Saisir un chien par les oreilles, c'est le fait du passant qui se met en rage pour la querelle d'autrui. ». Chemouel le fils de nahmani a dit, cela ressemble à un chef de brigand qui dormait au coin d’un carrefour, un passant est venu et il l’a réveillé, il lui a dit : « lève-toi, lève-toi, car il y a des brigands ici ! » le brigand c’est levé et il a commencé à torturer le passant. Le passant lui a dit « pourquoi tu me fais du mal, je t’ai réveillé par ce qu’il y a des brigands ! » Et le brigand lui répond « le brigand dormait mais maintenant tu l’as réveillé ». Ainsi D a dit à Ya’aqov,Essav suivait son chemin et toi tu l’appelles en disant « ainsi a dit ton esclave Jacob » 

Le comportement de Jacob est donc politiquement stupide, mais ce qui me parait plus étrange, c’est que le comportement de Jacob est psychologiquement peu plausible. Lorsqu’un homme est paralysé par la peur, il ne cherche pas à attirer l’attention de celui le terrorise. 

On retrouve donc dans la parasha de vayshalah, le même rapport hystérique a l’angoisse que dans le passage de veyeshev. 

Jacob a peur d’Essav par ce qu’il veut fuir la confrontation ouverte avec son frère, il devrait donc logiquement garder un profil bas, mais au lieu de cela, il va lui-même exciter son frère. De même que dans la parasha de veyeshev, alors qu’il dit chercher la sérénité, il va exciter la jalousie des frères. 

Ce type de comportement qui parait étrange est pourtant la norme chez l’humain. 

Les américains ont peur du terrorisme, ils vont donc faire la guerre en Afghanistan en Irak et en Syrie. Cette réaction est tout à fait comparable celle de Jacob qui envoie des envoyés exciter le frère dont il a peur. 

Il est important de comprendre le fonctionnement du rapport à l’angoisse et a la terreur chez l’humain pour pouvoir les gérer. 

2. Angoisse et prévisibilité 

Ce qui s’oppose à l’angoisse et à la terreur c’est la prévisibilité. Lorsque l’on sait comment un évènement va se dérouler et comment il va aboutir, il ne nous fait plus peur. La terroriste introduit un sentiment d’imprévisibilité dans les situations normalement prévisibles. 

Lorsque l’on prend le métro, normalement on sait a quelle station on va descendre, et a paris on sait aussi à peu près à quelle heure on va y arriver. Le terroriste introduit un élément de doute dans ce qui devrait normalement aller de soi. 

Cependant, l’homme a tendance à fuir la prévisibilité. Lorsque l’on regarde un film dont le scenario est prévisible il nous ennuie. Pour que la vie ait un sens, il faut qu’elle comporte une part d’imprévisibilité. 

Si Jacob comme tous les hommes ont un rapport hystérique a l’angoisse, c’est par ce qu’il a un rapport hystérique face à la répétition. D’un cote on cherche la répétition pour nous rassurer, mais d’un autre cote cette répétition vide la vie de son sens et finalement, une vie répétitive et ennuyeuse devient aussi angoissante qu’une vie dangereuse et imprévisible. 

En général, pour fuir l’angoisse de l’ennuie, l’homme adopte des comportements autodestructeurs qui permettent de simuler le risque. L’homme fume, par ce qu’en fumant il pense prendre le risque de mourir prématurément. L’homme se drogue ou sombre dans l’alcoolisme par ce qu’il risque l’over dose ou le coma. Il s’engage politiquement pour des causes plus ou moins perdues pour se donner l’impression de prendre des risques. Pour fuir la répétition l’homme moderne joue à se faire peur. 

La vie ne peut avoir de sens sans un élément de peur et d’imprévu. La vie semble tirer son sens dans le rapport hystérique face à la peur que nous avons retrouvé chez Jacob. Pour vivre heureux l’homme doit chercher la sérénité et la répétition tout en la fuyant. 

Répétition, rupture et conscience de la mort, la guerre comme fatalité 

Dans les écrits de Freud, il y a une contradiction non résolu dans le rapport à la répétition. 

D’un cote il explique que la volonté de répéter des expériences, c’est une pulsion de mort. 

Vouloir constamment revivre un traumatisme passe, c’est se fermer à l’imprévu de la vie. Dans éros et thanatos, il prévoit la guerre et la reconstruction comme des étapes de cycles répétitifs dans lesquelles l’homme s’est enferme sans être capable d’en sortir. La paix succèdera à la guerre, et la guerre a la paix, par ce que l’homme est incapable de sortir de la pulsion de mort qui le pousse à la répétition. 

Cependant dans des écrits plus précoces, Freud explique que l’on ne peut guérir un trauma qu’en l’inscrivant dans un récit. Le récit thérapeutique donnant la possibilité au malade de répéter son expérience et par la même de guérir. 

Le traumatisme, pour Freud c’est qui ne peut pas s’inscrire dans la répétition quotidienne et prévisible du vécu. La shoah, le viol, ou une rupture volante sont traumatisante par ce qu’elle ne s’inscrive pas dans la répétition du discours du quotidien. Le discours thérapeutique guérit par ce qu’il inscrit la rupture du traumatisme dans le quotidien verbalisable. La structure du discours cohérent étant la structure de ce qui est prévisible. 

Si on veut prolonger la pensée de Freud et réconcilier les contradictions que l’on trouve dans ses écrits en suivant sa réflexion, on aboutirait à la théorie suivante. 

Depuis l’enfance, l’homme serait frape par des traumatismes, l’absence de la mère par exemple. En réaction à ces traumatismes, enfant puis l’adulte, développerait un mécanisme de survie qui serait basé sur la capacité à reproduire l’expérience par le récit ou les jeux. 

L’enfant mime avec une poupe le départ et les retours de sa mère, pour s’habituer au traumatisme de l’absence par la répétition et le récit. 

Cependant, lorsqu’un homme subit un trop grand nombre de traumatisme, il serait, au fur et à mesure, obligé de s’enfermer dans des comportements et des discours répétitifs de plus en plus sclérosant, qui, à la fin, ne lui laisseraient plus aucune ouverture sur la vie ou sur le monde. 

Finalement, cette personne ne peut plus trouver la paix que par le suicide ou l’acceptation de la mort. 

Les poumons produisent des polypes pour se protéger des impuretés de l’air, mais lorsque les polypes sont trop nombreuses, elles ne laissent plus l’air pénétrer dans les poumons et l’animal meurt d’asphyxie. 

Si on applique cette interprétation freudienne a la société actuelle, on pourrait dire que, la deuxième guerre mondiale a été un traumatisme si grand, qu’elle a engendre une dose énorme de discours sclérosant, qu’il a enferme le monde occidentale dans une vie robotisée. 

Cette mécanique sclérosante ne pouvant être brisée que par la rupture du terrorisme suicidaire. Pour Freud, le suicide est la finalité inévitable d’une société, c’est le moment ou la répétition du récit empêche l’homme de vivre. 

Pour Freud le terrorisme suicidaire est une fatalité nécessaire et inévitable. 

Pour plusieurs raisons qu’il serait fastidieux d’énumérer, je ne suis pas convaincu par cette théorie. 

Je veux donner une autre théorie de l’angoisse et de la prévisibilité. 

3. La créativité comme une autre manière de gérer le rapport a la mort 

Pour Freud, l’homme prend conscience de la mort, à partir d’une expérience traumatisante. C’est lorsque l’enfant prend conscience de l’absence de sa mère, qu’il commence à prendre conscience de la mort. La conscience de la mort pour Freud n’est pas innée elle est acquise. 

Je pense, au contraire, que la conscience de la mort est intégrée à la conscience de soi. Pour moi, la conscience de la mort est innée. 

On peut envisager la conscience de soi de trois manières. Soit en s’identifiant à une histoire, à une mémoire vécue. L’homme prend conscience de lui-même par ce qu’il sait avoir vécue certaines expériences. Il sait qui il est en s’identifiant à sa mémoire. 

L’homme peut aussi prendre conscience de lui-même, en prenant conscience de son corps. Par ce qu’il sait qu’il vie à l’intérieur d’un corps, il sait qui il est, par ce qu’il a conscience d’avoir un corps détermine. 

Enfin, l’homme peut aussi prendre conscience de lui-même, par ce qu’il se sait reconnu par les autres en tant qu’individu détermine. 

Quel que soit les ces trois points de vues, la conscience de soi n’est pas linéaire, elle est pleine de ruptures. 

L’homme ne se souvient pas d’une manière continue de ce qu’il a vécu, la mémoire procède par flash, on oublie certaine choses à certains moments, on se rappelle de ces même choses lorsque l’on en n’oublie d’autres. La mémoire procède comme un casse-tête, il y a toujours une case vide qu’il faut remplir, et en remplissant cette case on en vide une autre. La souvenir ne fonctionne qu’a partir d’un point aveugle. 

De même, la conscience au corps n’est pas linéaire, l’homme n’est pas conscient d’une manière continue de son corps, souvent il l’oubli. Le corps évolue dans le temps, l’image que l’on a de son corps évolue aussi, mais rarement au même rythme. On se voit presque toujours 10 ans plus jeune ou plus vieux qu’on ne l’est réellement. La conscience du corps procède aussi par des ruptures et des points aveugles. 

La conscience de soi par l’attribution sociale, n’est pas non plus continue ou linéaire, parfois on oublie le regard des autres. De plus, la conscience sociale crée elle aussi un point aveugle du fait qu’elle correspond rarement aux aspects précédents de la conscience. Le regard des autres ne peut PAS s’harmoniser avec le passe de notre vécu, ou avec la conscience de notre corps. 

La conscience de soi s’articule autour de points aveugles. C’est à travers ces points aveugles que l’homme prend conscience de la mort. 

La mort n’est pas appréhende comme un état fini et figé, elle est un passage duquel on sort par la résurrection. 

Dans la conscience humaine, la mort s’inclue dans des cycles de résurrection et de disparition. L’homme a besoin de cycles répétitifs pour gérer ces alternances de moments tout noir ou tout blanc, pour créer une unité à travers ce chaos. 

L’homme est rassuré par la répétition lorsque cette répétition lui permet de s’habituer a l’idée de la mort, non pas en l’acceptant, mais en l’inscrivant dans une rythmique qui fait sens. 

Un film, un roman, ou une musique sont agréables, lorsque la mort ou l’angoisse y sont présentes, pour y être dépassées. 

Une musique, ou un film, deviennent ennuyeux lorsqu’ils n’ont plus d’enjeux. Un film ou une musique peuvent paraitre répétitives, même si au niveau harmonique ou scénique, ils ne le sont pas, lorsqu’ils ne sont plus capable d’évoquer, même de manière refoulée l’angoisse ou la mort. 

Une musique répétitive n’est pas ennuyeuse lorsqu’elle refoule ou elle évoque la mort ou l’angoisse. 

Même dans les films comique la mort est omniprésente, louis de Funès rit de l’absurdité de la vie, et par la même de la conscience de la mort. 

Dans les films comiques, comme dans la musique techno, ou pop, la mort est présente de manière latente et subreptice, elle constitue la toile de fond évidente et donc invisible, sur laquelle se joue le scenario ou la partition, c’est pour cette raison que ces créations contemporaines sont agréables et même passionnante, tout en étant prévisibles ou même idiotes. 

Dans cette optique le suicide ou la guerre sont des options défaitistes mais évitables par la créativité et le renouveau. 

4. Conclusion, terrorisme et religion 

L’homme a besoin d’être conscient de la mort pour être heureux, ce qui rend l’homme heureux, c’est sa capacité d’intégrer cette conscience dans le rythme d’un discours créateur. 

Etre consciemment en quête de sérénité, revient à être inconsciemment a la recherche de problème et d’angoisse, car en réalité l’homme ne peut pas supporter la sérénité et la stabilité. 

Ya’aqov recherche consciemment la sérénité, et inconsciemment, il excite contre lui la haine de son frère et de ses enfants. 

L’homme a besoin d’avoir peur de la mort pour pouvoir vivre et être heureux, il recherche cette peur désespérément à travers le simulacre de l’art ou de la découverte scientifique. 

Le terroriste n’est pas néfaste par ce qu’il fait peur, il est néfaste par ce qu’il brise le rythme à travers lequel l’homme avait l’habitude de dealer avec la mort. (Il est intéressant de remarquer que le massacre du bataclan a eu lieu lors d’un concert du groupe « Eagles of death » « les aigles de la mort » ce qui montre bien qu’à travers la fête l’homme cherche la mort.) 

Mon rav, qui avait vécu deux guerres mondiales, avait l’habitude de nous répéter que le résultat des guerres c’était  changer les habitudes. Il disait que des habitudes millénaires, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, disparaissaient en une minute avec une guerre. 

Devant le terrorisme, la société est obligée de créer de nouvelles stratégies pour gérer differement la conscience de la mort. Celui qui gagne la guerre c’est celui qui arrive à canaliser ce nouveau rapport à la mort pour créer, une nouvelle rythmique, une nouvelle grammaire harmonique. 

Dans les psaumes le roi David appelle constamment ses ennemis « les terroristes », les « aritsim ». Ce mot est très présent dans les psaumes (54-5, 86-14 et autres). Cependant il est intéressant de remarquer que les sages de la grande assemblée on attribue cet adjectif a D lui-même. 

Lors de la répétition de la amidah, nous disons « nous allons te sanctifier, et nous allons -littéralement - te rendre terroriste « naaritsah ». C’est à travers la terreur que l’homme se rapproche de D. 

Le roi David était terrorisé par se ennemis, mais il a canalise cette terreur en créant une nouvelle harmonie, une nouvelle modalité du rapport a soi et a D. et la mort, en écrivant les psaumes. 

Pour l’instant, Israël est en train de perdre la guerre contre le terrorisme, par ce qu’elle ne sait pas encore comment répondre a ce nouveau rapport à la mort, par un discours novateur qu’il soit religieux artistique ou scientifique. Israël comme la France alterne entre le « denial » et la panique. 

La guerre comme le terrorisme sont une invitation au renouveau. La France a gagné la première guerre mondiale par ce qu’elle a engendré Monet Manet Renoir Cézanne ou Sisley. On ne peut pas battre le terrorisme sans devenir un grand créateur.


Les documents

Jacob fut fort effrayé et plein d'anxiété. II distribua son monde, le menu, le gros bétail et les chameaux en deux bandes, 9 se disant: "Si Ésaü attaque l'une des bandes et la met en pièces, la bande restante deviendra une ressource." 10 Puis Jacob dit "O Divinité de mon père Abraham, Divinité d'Isaac mon père! Éternel, toi qui m'as dit: ‘Retourne à ton pays et à ton lieu natal, je te comblerai;’ 11 je suis peu digne de toutes les faveurs et de toute la fidélité que tu as témoignées à ton serviteur, moi qui, avec mon bâton, avais passé ce Jourdain et qui à présent possède deux légions. 12 Sauve moi, de grâce, de la main de mon frère, de la main d'Ésaü; car je crains qu'il ne m'attaque et ne me frappe, joignant la mère aux enfants! 13 Pourtant, tu as dit: ‘Je te comblerai de faveurs et j'égalerai ta descendance au sable de la mer, dont la quantité est incalculable.’ Et l'Éternel dit à Jacob: "Retourne au pays de tes pères, dans ton lieu natal; je serai avec toi." Rashi Je suis trop petit pour toutes (mikol) les grâces Mes mérites ont diminué en raison des grâces et de la fidélité que tu m’as témoignées (Beréchith raba 65, 15). [La lettre mèm dans mikol n’indique pas ici le comparatif, mais elle a le sens de mipené (« en conséquence de »).] C’est pourquoi je crains d’avoir été diminué par le péché, depuis que tu m’as fait des promesses, et je redoute qu’il me vaille d’être livré aux mains de ‘Essaw (Chabath 32a). Et pour toute la vérité La fidélité à tes paroles. Tu as tenu toutes les promesses que tu m’avais faites Maimonide chapitre introduction a pirkei avot שמונה פרקים לרמב"ם פרק ז ואין מתנאי הנביא שיהיו לו מעלות המידות כולן, עד שלא תחסרהו פחיתות כלל, שהרי שלמה - נביא, כעדות הכתוב: +מלכים א' ג, ה+ "בגבעון נראה ה'" וכו', ומצאנו לו בפרוש פחיתות מידות, והיא רוב התאוה, וזה בריבוי הנשים, וזו מפעולות תכונת רוב התאוה. ואמר, מבואר: "הלא על אלה חטא שלמה" וכו'. וכן דוד, עליו השלום - נביא, אמר: +שמואל ב' כג, ג+ "לי דיבר צור ישראל", ומצאנוהו בעל אכזריות. ואף על פי שהשתמש בה בגוים ובהריגת הכופרים, והיה רחמן לישראל, אבל באר בדברי הימים שה' לא מצאו ראוי לבנין בית המקדש, לרוב מה שהרג, ואמר לו: +דברי - הימים א' כב, ח+ "לא (אתה) תבנה בית לשמי, כי דמים רבים שפכת". ומצאנו לאליהו, זכור לטוב, מידת הכעס; ואף על פי שהשתמש בה כלפי הכופרים, ועליהם היה כועס, אבל בארו החכמים שה' הרחיקו, ואמר לו: לא יצלח לבני אדם מי שיש לו קינוי כשעור שיש לך, שהוא ימיתם. וכן מצאנו ששמואל פחד משאול, ויעקב נתיירא מפגישת עשו. ואלו המידות וכיוצא בהן - הן מחיצות הנביאים, עליהם השלום. ומי שהיו לו מהם שתי מידות או שלוש בלתי ממוצעות, כמו שבארנו בפרק הרביעי, נאמר בו שהוא רואה את ה' מאחורי שתי מחיצות או שלוש. ואל תרחיק היות חסרון קצת המידות ממעט במדרגת הנבואה, לפי שמצאנו מקצת פחיתויות המידות ימנעו הנבואה לגמרי. ככעס, אמרו: "כל הכועס, אם נביא הוא נבואתו מסתלקת ממנו", והביאו ראיה מאלישע, אשר נסתלקה ממנו הנבואה כאשר כעס, עד שהסיר כעסו, והוא אומרו: +מלכים ב' ג, טו+ "ועתה קחו לי מנגן" וכו'. וכדאגה והיגון, לפי שיעקב אבינו, כל ימי אבלו על יוסף - נסתלקה ממנו רוח הקודש, עד שבושר בחייו, אמר: +בראשית מה, כז+ "ותחי רוח יעקב אביהם", ואמר התרגום, המפרש העניינים המקובלים ממשה רבנו: "ושרת רוח נבואה על יעקב אבוהון". ולשון החכמים: "אין הנבואה שורה לא מתוך עצלות ולא מתוך עצבות, אלא מתוך דבר שמחה". Il n’y a pas nécessaire pour atteindre la prophétie que le prophète qui soit parfait et qu’il atteigne l’équilibre dans tous ses traits de caractères, car le verset témoigne sur Salomon qu’il avait la prophétie, et pourtant il n’était pas capable de gérer ses désirs sexuels, comme le verset en témoigne en critiquant son trop grand nombre de femme, ce qui montre une incapacité a gérer ses désirs, et le verset dit clairement « et sur ce point Salomon a faute ». Au sujet de david il est clairement dit qu’il était prophète, pourtant le on voit qu’il était cruel et la torah le critique pour sa cruauté, et pour cette raison, D lui a interdit de construire le temple que le dit le verset « tu as verse beaucoup de sang, ainsi, tu ne construiras pas la maison de D »…. Et de même on trouve que Jacob a eu peur d’essav alors que ce n’était pas justifié. Ces déséquilibres sont des voiles et des obstructions la vision prophétique, mais ils ne l’empêchent pas pour autant. Ils ne sont qu’une opacité de la vision. Cependant, il peut arriver que ces déséquilibres soient si grands qu’ils empêchent la vision prophétique complètement, comme par exemple chez Jacob, qui après la nouvelle de la mort de son fils sombre dans la dépression, ce qui l’empêche d’avoir des révélations prophétique, jusqu’à ce qu’il rencontre son fils comme le verset dit « lui apprirent que Joseph vivait encore et qu'il commandait à tout le pays d'Égypte. Mais son coeur restait froid, parce qu'il ne les croyait pas. 27 Alors ils lui répétèrent toutes les paroles que Joseph leur avait adressées et il vit les voitures que Joseph avait envoyées pour l'emmener et la vie revint au coeur de Jacob leur père. » Ce que le midrash explique comme « L’esprit de Ya’aqov revint à la vie, La chekhina, qui s’était retirée de lui (à cause de son état d’abattement), est revenue l’habiter (voir Targum Onqelos) ». בראשית רבה (וילנא) פרשת וישלח פרשה עה ג וישלח יעקב, ר"ה פתח (שם /משלי/ כו) מחזיק באזני כלב עובר מתעבר על ריב לא לו, שמואל בר נחמן אמר משל לארכי לסטים שהיה ישן בפרשת דרכים עבר חד ושרי מעיר ליה, א"ל קום לך דבישא שכיח הכא, קם ושרי מקפח ביה א"ל ניער בישא א"ל דמיך הוה ועוררתניה, כך אמר לו הקדוש ברוך הוא לדרכו היה מהלך ואתה משלח אצלו ואומר לו כה אמר עבדך יעקב, רבי יהודה ברבי סימון פתח (ירמיה יג) מה תאמרי כי יפקוד עליך ואת למדת אותם עליך אלופים לראש, אמר לו הקדוש ברוך הוא לדרכו היה מהלך ואתה משלח אצלו ואומר לו כה אמר עבדך יעקב. Rav hounah à commencer par expliquer « Saisir un chien par les oreilles, c'est le fait du passant qui se met en rage pour la querelle d'autrui. ». Chemouel le fils de nahmani a dit cela ressemble à un chef de brigand qui dormait au coin d’un carrefour, un passant est venu et il l’a réveillé, il lui a dit : « lève-toi, lève-toi, car il y a des brigands ici ! » le brigand c’est levé et il a commencé à torturer la passant. Le passant lui a dit « pourquoi tu me fis du mal, je t’ai réveillé par ce qu’il y a des brigands ! » Et le brigand lui répond « le brigand dormait mais maintenant tu l’as réveillé ». Ainsi D a dit à Ya’aqov, essav suivait son chemin et toi tu l’appelle en disant « ainsi a dit ton esclave Jacob » Chabath 119 Joseph-who-honours-the-Sabbaths had in his vicinity a certain gentile who owned much property. Soothsayers17 told him, 'Joseph-who-honours-the-Sabbaths will consume all your property.18 — [So] he went, sold all his property, and bought a precious stone with the proceeds, which he set in his turban. As he was crossing a bridge the wind blew it off and cast it into the water, [and] a fish swallowed it. [Subsequently] it [the fish] was hauled up and brought [to market] on the Sabbath eve towards sunset. 'Who will buy now?' cried they. 'Go and take them to Joseph-who-honours-the-Sabbaths,' they were told, 'as he is accustomed to buy.' So they took it to him. He bought it, opened it, found the jewel therein, and sold it for thirteen roomfuls19 of gold denarii.20 A certain old man met him [and] said, 'He who lends to the Sabbath,21 the Sabbath repays him.' Genese Jacob demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan. 2 Voici l'histoire de la descendance de Jacob. Joseph, âgé de dix sept ans, menait paître les brebis avec ses frères. Passant son enfance avec les fils de Bilha et ceux de Zilpa, épouses de son père, Joseph débitait sur leur compte des médisances à leur père. 3 Or Israël préférait Joseph à ses autres enfants parce qu'il était le fils de sa vieillesse; et il lui avait fait une tunique à rayures. 4 Ses frères, voyant que leur père l'aimait de préférence à eux tous, le prirent en haine et ne purent se résoudre à lui parler amicalement. בראשית רבה (וילנא) פרשת וישב פרשה פד סימן ג א"ר אחא בשעה שהצדיקים יושבים בשלוה ומבקשים לישב בשלוה בעולם הזה השטן בא ומקטרג אמר לא דיין שהוא מתוקן להם לעולם הבא אלא שהם מבקשים לישב בשלוה בעולם הזה, תדע לך שהוא כן, יעקב אבינו ע"י שבקש לישב בשלוה בעוה"ז נזדווג לו שטנו של יוסף Rabi Aha a dit lorsque les justes s’installent dans la sérénité, et qu’ils cherchent à rester sereins dans ce monde alors le Satan vient et il les accuse il dit « cela ne leur suffit pas ce qui leur est préparé dans le monde futur, car ils veulent encore jouir de la sérénité dans ce monde. Vois que c’est ainsi puisque notre patriarche Jacob puisqu’il a voulu s’installer dans la sérénité dans ce monde, il a été percute par le Satan de josef. Rashi Et ils ne purent lui parler en paix Du récit de leur honte, nous apprenons quelque chose à leur avantage : ce qui sortait de leur bouche ne contredisait pas ce qu’ils avaient dans leur coeur (Beréchith Raba 84, 9). Les frères de Joseph le jalousèrent; mais son père retint l’affaire. 12 Un jour ses frères étaient allés conduire les troupeaux de leur père à Sichem. 13 Israël dit à Joseph: "Tes frères font paître les troupeaux à Sichem. Viens donc, je veux t'envoyer auprès d'eux." II lui répondit: "Je suis prêt." 14 Il reprit: "Va voir, je te prie, comment se portent tes frères, comment se porte le bétail et rapporte m'en des nouvelles Rashi Faire paître le (eth) menu bétail Chacune des lettres du mot eth (préposition qui introduit le complément direct) est surmontée d’un point, comme pour marquer qu’ils n’y allaient que pour se « repaître » eux-mêmes (Beréchith raba 84, 13). Me voici Expression d’humilité et de zèle (Midrach tan‘houma Wayèra 22. Voir Rachi supra 22, 1). Il était impatient d’obéir à l’ordre de son père, bien qu’il sût que ses frères le haïssaient, [et donc qu’il courait un danger en allant les rejoindre] (Beréchith raba 84, 13). :' אור החיים בראשית פרק מו וראיתי לתת לב לדבריהם ז"ל (שמו"ר פ"א) שאמרו שכל זמן שאחד מיורדי מצרים קיים לא התחיל השעבוד דכתיב )שמות א'( וימת יוסף וגו' וכל הדור ההוא פירוש שירדו מצרים אז התחיל השעבוד, כי אולי שזה היה להם לתשלום קבלת גזירת מלך ברצון פקע מהם השעבוד כי סמא דיסורי קבולי. והעד הנאמן לזה גם כן כי יוכבד וסרח בת אשר היו מיורדי מצרים (ב"ר פ' צ"ד) ובימיהם היה השעבוד, והטעם הוא לצד שהביאם יעקב ולא מרצונם, ועיין בדברי הזוהר (ויקהל קצח א) בפירוש פסוק אשרי שאל יעקב בעזרו שברו על ה Nos maitres nous ont enseigné que tant que l’un des juifs qui est descendu en Egypte été vivant, l’asservissement n’a pas commencé, comme le verset dit « et josef est mort lui et toute cette génération », et ensuite uniquement le verset dit que l’esclavage a commencé. Ceci étant comme une récompense au fait que les enfants d’Israël sont descendu en Egypte tout en sachant qu’ils allaient être asservis, car le fait ‘d’avoir accepté le décret divin avec volonté a annulé sur eux l’esclavage. Car, ce qui peut empêcher la souffrance c’est le fait de l’accepter. Et la preuve que irréfutable de ce phénomène est le fait que Yocheved et Serah la fille de Acher faisaient partie de ceux qui sont descendu en Egypte et pourtant elles ont été asservies, al raison étant que ces Jacob qui les amenées et qu’elles ne sont pas venues de leur propre volonté. זוהר כרך ב (שמות) פרשת ויקהל ]דף קצד עמוד ב פתח ואמר (תהלים קמו) אשרי שאל יעקב בעזרו שברו על יי' אלהיו, וכי אל יעקב ולא אל אברהם ולא אל יצחק אלא אל יעקב בגין דיעקב לא אתרחיץ באבוהי ולא באמיה כד ערק קמי אחוי ואזל יחידאי בלא ממונא כמה דאת אמר בראשית לב) כי במקלי עברתי את הירדן הזה ואיהו אתרחיץ ביה בקודשא בריך הוא דכתיב (שם כח) אם יהיה) אלהים עמדי ושמרני וגו', וכלא שאיל מקמיה דקודשא בריך הוא ויהב ליה, שברו על יי' אלהיו, שברו ולא אמר תקותו ולא בטחונו אלא שברו, אל תקרי שברו אלא שברו, דניחא להו לצדיקייא לתברא גרמייהו ולאתברא תבירו על תבירו וכלא על יי' אלהיו כמה דאת אמר (תהלים מד) כי עליך הורגנו כל ]דף קצח עמוד ב[ היום כי עליך נשאנו חרפה, כגוונא דיעקב דכתיב וירא יעקב כי יש שבר במצרים דהא תבירו דגלותא חמא דהוה ליה במצרים ושוי תוקפיה בקודשא בריך הוא, ובנוי דיעקב סבלו תבירו דגלותא ולא אשתנו מגו רזא דמהימנותא דאבהתהון ושמא דקודשא בריך הוא הוה בגלותא רגילא בפומייהו, Heureux qui a pour appui le Dieu de Jacob, et met son espoir en l’Eternel, son Dieu! Le dieu de Jacob mais celui d’Abraham et Isaac ! Seulement le D de Jacob car il n’a pas voulu avoir confiance en son père ou en sa mère, et il est parti sans argent avec son bâton, pour montrer sa confiance en D, comme le verset dit c’est avec mon bâton que j’ai traversé le Jourdain………, son espoir en l’éternel. Le mot sivro peut vouloir dire sa rupture ou sa cassure, celui qui s’en remet à être cassé par D, comme le verset dit, « ca c ;est sur toi que nous sommes assassines toute la journée, c’est ce que dit le verset lorsqu’il a vu qu’il y avait du chever en Egypte, il a vu qu’il y avait des brisures, il a vu la brisure de l’exil et c’est pour cela qu’il a voulu y aller, c’est pour cette raison qu’il y a été heureux.