• Rav Uriel Aviges

Vayehi 5781

Pourquoi les opposés s’attirent





Le verset dit « Or, Laban avait deux filles : le nom de la grande était Léa, celui de la petite Rachel ». Le midrash explique que ces deux femmes étaient totalement différentes. Léa était une femme stable, peu énergique qui n’aimait pas le mouvement (Léa en hébreux veut dire fatiguée), alors que rachel était une femme instable qui aimait le changement. Rachel est enterrée d’ailleurs sur le chemin, elle n’est pas enterrée avec son mari dans la grotte de mahpelah qui se trouve dans le nord d’Israël. Elle est enterrée sur le chemin dans le sud à l’extérieur d’Israël à côté de Beth Lechem. Le Maharal de Prague (Netsah Israel chapitre 2) explique que ces deux attributs sont constitutifs du peuple juif, et que c’est pour cette raison qu’il y a dû y avoir deux matriarches, une qui correspond au judaïsme de l’exil, constamment dans une position instable, qui se régénère et qui reste en mouvement. Et l’autre matriarche leah est celle du peuple juif en Israël qui construit sa maison dans la stabilité.

Ces deux rapports à la maison s’expriment dans le calendrier par deux fêtes ; la fête de Soucoth et la fête de Hanoukah. Ces deux fêtes durent huit jours, dans la fête de Soucoth on demande à l’homme de sortir de sa résidence fixe pour aller dans une résidence temporaire, c’est-à-dire de résider dans l’éphémère pour s’ouvrir aux nouvelles possibilités que peut offrir la nouvelle année. Alors qu’a Hanukkah au contraire, il faut allumer les bougies là ou ont dort, dans sa résidence principale, pour solidifier et stabiliser de manière définitive l’élévation spirituelle que nous avons vécus dans les fêtes de l’an dernier.


Dans toute la bible on retrouve un parallèle entre les descendants de rachel et ceux de Léa.

Le midrash Rabah Beréchith 70 15 dit en effet :

« « Et Lavan avait deux filles » comme ces deux poutres qui restent séparées du début de l’univers jusqu’à sa fin. Cette femme a donné naissance à des généraux et cette femme également donne naissance à des généraux, cette femme a donné naissance à des rois et cette femme a également donné naissance à des rois, des deux femmes sont sortis des tueurs de monstres. De ces deux femmes sont sortie des prophètes de ces deux femmes sont sorti des juges, de ces deux femmes sont sortie des conquérants, le sacrifice des enfants de celle la repousse le Chabat et il en est de même pour le sacrifice de l’autre. Celle-là a reçu deux nuits et l’autre a aussi reçu deux nuits. Celle la reçu deux nuits, la nuit de pharaon et la nuit de Sanheriv a Leah, et la nuit de Gédéon et celle de Mardochée a rachel. « Le nom de la grande était Leah », par ce que ses dons étaient grands, la prêtrise est éternelle et la royauté également, « et le nom de la petite Rachel », car ces dons étaient petits, josef n’a été roi qu’un moment, Saul aussi et le temple de Shiloh n’a duré qu’un temps. »

A plusieurs reprises dans la torah, on nous dit que jacob aimait rachel et qu’il détestait Léa. « Jacob avait conçu de l'amour pour Rachel. II dit : "Je te servirai sept ans pour Rachel, ta plus jeune fille. », « Le Seigneur considéra que Léa était haïe et il rendit son sein fécond, », comme le dit le midrash Rachel était le principal de la maison : « Ya‘aqov envoya appeler Rachel et Léa D’abord Rachel, et ensuite Léa. Parce que Rachel était le « fondement de son foyer », étant donné que c’est pour elle que Ya’aqov avait voulu entrer dans la famille de Lavan. Même les enfants de Léa ont reconnu cette préséance (Beréchith raba 71, 2), puisque Boaz et son tribunal, descendants de la tribu de Yehouda, ont déclaré : « semblable à Rachel et à Léa qui ont édifié à elles deux... » (Routh 4, 11), accordant ainsi une primauté à Rachel sur Léa. »

Or ceci peut paraitre étonnant car d’un autre côté il apparait clairement que jacob a toute sa vie chercher la stabilité. Par exemple, au début de la parasha de vayeshev le verset dit « Jacob était maintenant installé dans le pays où son père avait séjourné, le pays de Canaan » et Rashi commente « : Ya‘aqov aspirait à demeurer en paix, mais des tourments l’assailliront venant de Yossef. Les justes rêvent de vivre dans la tranquillité, mais le Saint béni soit-Il leur rétorque : « Pourquoi les justes ne se contentent-ils pas de ce qui leur est réservé dans le monde à venir, et veulent-ils aussi jouir de la paix dans ce monde-ci ? » (Beréchith raba 84, 3).” Jacob aspire à la stabilité il n’est heureux que dans le calme. De même, à la fin de sa vie, lorsqu’il séjourne en Egypte pendant 17 ans le verset dit « Jacob vécut dans le pays d'Égypte dix-sept ans ; la durée de la vie de Jacob fut donc de cent quarante-sept années. » et les commentaires (Hizkuni et d’autres) expliquent «"Ya’aqov a vécu au pays d'Égypte" ; toutes les années de Ya’aqov jusqu'à ce qu'il s'installe en Égypte ne pouvaient pas vraiment être décrites comme חיים, "la vie", car elles étaient toutes assombries par différentes sortes d'angoisses. Ce n'est que pendant ses dix-sept dernières années en Égypte que son esprit était au repos et n'était pas assailli par de graves soucis d'une sorte ou d'une autre. » jacob ne vie que dans la stabilité.


Jacob cherche le repos et à chaque fois ce repos lui échappe justement à cause de Rachel ou de ses enfants. C’est Rachel qui vole les statuettes de Lavan et qui l’incite ainsi à partir à la poursuite de jacob, c’est josef qui incite la jalousie de ses frères en rependant des propos calomnieux sur eux, et qui ensuite les obligent à amener benjamin en mettant Simeon en prison. Alors, pourquoi jacob aime-t-il Rachel et déteste-t-il Leah, il devrait au contraire aimer Leah et détester Rachel ? pourquoi a-t-on tendance à tomber amoureux de ceux qui nous sont toxique et pourquoi a t on tendance à rejeter les gens et les relations devrait nous apporter le bienêtre et la stabilité ?

L’explication de ce phénomène nous est donnée par la torah. En fait jacob a deux noms, jacob et Israel. La réalisation de jacob en tant qu’Israel, c’est-à-dire en tant que patriarche qui va donner naissance au peuple d’Israel, cette destinée qui en fait était la sienne depuis la naissance, il va la réaliser à travers Léa qui est la femme qui lui correspond le mieux, celle avec qui il aurait dû se marier depuis le début, son vrai chiduch pour parler comme un chadhan. C’est pour cette raison que la plupart des enfants de Jacob sortent de Leah, la royauté de David et la prêtrise des kohanim viennent de Leah. Car c’était la matriarche qui était destinée à donner naissance au peuple d’Israel, c’est pour cela qu’elle est enterrée a Mahpelah avec toutes les autres matriarches et avec jacob. Mais, cette destinée que jacob devait accomplir depuis sa naissance, cette route qui était écrite d’avance, ne peux pas satisfaire jacob en tant qu’individu. Pour se réaliser au niveau personnel un homme a besoin de se battre contre un ange, il a besoin de s’inventer de créer un chemin qui n’était pas écrit d’avance. La plupart du temps dans nos relations, surtout lorsque l’on est francais, on cherche à se réaliser au niveau personnel, on cherche rarement dans ses relations à trouver une aide qui nous permettrais d’exprimer et à réaliser notre potentiel socialement ou professionnellement. C’est pour cette raison que les francais sont généralement embourbés dans des relations toxiques et contreproductives, qui malgré tout leur procure une sorte de satisfaction personnelle, lorsqu’elles peuvent être gérer plus ou moins correctement.

Leah (comme le dit le midrash Rabah Beréchith 71) c’est la femme qui permet l’expression de soi, c’est elle qui a la capacité, grâce à sa stabilité et celle qu’elle procure à ses enfants et a son mari, de s’exprimer et de permettre aux autres de s’exprimer et d’épanouir les qualités qu’ils possèdent naturellement. Mais elle est peu appréciée par son mari, par ce que jacob cherche avant tout un défi, qui lui permettrais de se réaliser personnellement en tant qu’individu, il veut se créer lui-même, il veut acquérir sa liberté en choisissant un chemin qui n’était pas inscrit dans ses gènes et dans sa nature. C’est pour cela qu’il aime Rachel qui apporte dans sa vie tout ce qu’il déteste.


L’histoire de jacob semble aboutir sur une impasse. Il ne peut pas réconcilier sa réussite objective, celle où il exprime son potentiel, celle qui lui donne le succès dans le monde concret de l’histoire et de la société, celle qui vient lorsqu’il exprime sa nature profonde, lorsqu’il exploite ses aptitudes et ses qualités naturelles, celle qui dure par ce qu’elle est naturelle et facile, celle qui était déjà écrite. Celle où il donne naissance au peuple d’Israël. Avec d’autre part sa réussite personnelle et subjective, celle où il se bat contre un ange, celle où il va contre nature de tribulation en tribulation, supportant le viol de sa fille, et les mensonges de sa femme et de ses fils, cette lutte qui pourrait donner un sens à son histoire personnelle.

Dans la mystique juive, ce déséquilibre qui est symbolisé par le déhanchement de la hanche de jacob qui est boiteux par ce qu’il ne peut pas réconcilier ces deux aspects de sa vie, se retrouve dans la relation au divin.

Dans la prière du matin dans le rite séfarade il est écrit « Tu es « un » avant d’avoir créé le monde et tu es « un » après avoir créé le monde. ». Or, cette affirmation parait aberrante, car si D a créé le monde, il a créé quelque chose qui n’est pas lui, il n’est donc plus « un » après avoir créé le monde, et s’il est « un » après avoir créé le monde, cela veut dire qu’il n’a rien créé du tout.

L’explication de cette phrase est la suivante. Chez l’être humain il y a une contradiction entre la perte de la conscience de soi et le fait de prendre conscience de soi même. Si je pense que je suis en train d’écrire je ne peux pas me perdre ou me dissoudre dans le fait même que j’écris, si en revanche je perds conscience de moi lorsque j’écris, puisque je m’abandonne dans mon action d’écrire, je ne peux pas prendre conscience de moi-même.

Cette contradiction entre « prendre conscience de soi même » ou « perdre conscience de soi » en s’abandonnant, soit à l’autre, soit à ce que l’on est en train de faire, est réellement la racine de la distinction qui existe entre rachel et Leah. Leah c’est la force de l’expression naturelle de soi, c’est donc un abandon a sa nature, c’est pour cette raison que les descendant de Leah n’ont pas vraiment de contrôle sur eux même. Judah a des relations avec sa belle-fille par ce qu’il croit que c’est une prostituée, Reuven a une relation avec sa belle-mère et David avec une femme mariée. Alors que Rachel qui est dans l’instabilité et la création de soi, doit constamment avoir conscience d’elle-même, or qui dit conscience de soi dit contrôle de soi, c’est pour cela que josef ne faute pas avec la femme de Putiphar, et que d’une manière générale les descendant de Rachel garde toujours le contrôle sur eux même. Esther donne son corps à Assuérus sans que ça la traumatise outre mesure, par ce qu’elle ne s’abandonne pas à ce qu’elle fait, elle a toujours un « Game plan », une stratégie.

Dans la relation à l’autre ou à D, l’individu est toujours en balancement dans une mouvement de va et vient entre une prise de conscience de soi, et une volonté de se contrôler ou de contrôler sa relation avec l’autre, et la volonté au contraire de perdre conscience de soi en s’abandonnant à l’autre.

Dans la prière nous disons au début de la amidah « Hachem ouvre mes lèvres pour que ma bouche puisse raconter tes louanges » lorsque l’on dit cela, on s’abandonne à D puisque maintenant on dit que c’est dieu qui parle à travers nous, on perd conscience de soi même, en se sentant faisant « un » avec D et avec l’univers. C’est ce que dit David : ”L'esprit du Seigneur a parlé par ma bouche, son verbe repose sur ma langue” (Samuel 2 23 2). Mais lorsque dans la benediction nous disons “benis sois tu hashem” en disant “toi”, on s’exteriorise de D, en nommant D comme etant le tout autre, celui qui n’est pas nous. Ce balancement entre la perte de conscience de soi et la prise de conscience de soi est constant dans le judaïsme lorsqu’il s’agit du rapport a la divinité que ce soit dans l’accomplissement des mitswot comme Chabat ou la prière.

En réalité, cette contradiction n’existe que par ce que l’homme n’a pas une conscience réelle du temps, le temps échappe à l’homme, il ne ressent l’instant que quand il a déjà disparu. De ce fait, pour lui il y a une contradiction entre le fait de se sentir exister ou au contraire de s’abandonner à l’existence.

Mais en réalité, du point de vue de l’univers et de D il n’y a pas de contradiction entre le fait de faire « un » avec l’univers et le fait de prendre conscience de soi comme existant face à l’univers. Il y a un point d’équilibre ou l’individu existe en tant que tel, tout en étant aussi une partie d’un tout plus grand que lui.

C’est le sens de la phrase que nous disons dans la prière : « D est « un » avant d’avoir créé le monde et « un » après avoir créé le monde. Cette phrase veut simplement dire que le fait de sentir une contradiction entre le fait d’être « un » avec ce qui nous entoure ou le fait de se sentir séparé de ce qui nous entoure, n’est qu’une illusion de la perception humaine, en réalité les deux états existent de manière simultanée, et il n’y a pas de contradiction entre ces deux états. Dans notre rapport à D nous cherchons à nous rapprocher de ce point d’équilibre le plus possible, c’est pour cela qu’au début de la prière nous disons que « D est « un » avant d’avoir créé le monde et « un » après avoir créé le monde. »

Dans la prière de la amidah nous disons que D « amène un rédempteur aux petits enfants des patriarches pour son nom avec amour », or il est très difficile de comprendre comment peut-on parler d’amour au niveau de D., comment D pourrait-il avoir des sentiments ? le Maharal et le Nefesh Ahaim et Levinas ont beaucoup écrit pour tenter d’éclaircir ce point, il me semble pour ma part que l’on peut interpréter cette phrase de la manière suivante. L’amour c’est trouver sa juste position dans la relation à l’autre, c’est trouver le lieu où l’on ne perd pas complètement sa place, mais où on laisse également la place à l’autre, c’est le point où il n’y a plus de contradiction entre le fait de prendre conscience de soi et le fait de s’abandonner dans la conscience de l’existence de l’autre. D amène le rédempteur avec amour dans le sens ou l’avènement messianique est le moment ou l’homme aura pris conscience de sa juste place dans l’univers par rapport à D et par rapport au reste de la nature.

La perception du temps semble échapper à l’homme, il semble donc condamné à vivre le déséquilibre de jacob. Pourtant, le livre de la genèse ne se termine pas sur une impasse, il envisage une solution qui est reprise au début du livre de l’exode.

En effet, a la fin du livre, jacob cherche à dévoiler la fin des temps a ses enfants. Il les bénit, chacun par rapport à une période donnée de l’histoire chacune des bénédictions que jacob donne à ses enfants correspond à une période donnée ou tel ou tel tribut sera au pinacle de sa gloire, par exemple pour la tribu de Dan, jacob béni Samson, pour Judah il béni David etc…. En réalité, les 12 tribus sont reliées au 12 mois de l’année et aux douze signes du zodiaque qui chacun a tour de rôle prend un rôle prépondérant dans le cycle de la journée ou le cycle de l’année.

C’est pour cette raison que le livre de Chemoth commence aussi par énumérer le nom des douze fils de jacob, alors que leur nom était connu et avait déjà été mentionné plusieurs fois auparavant. Comme le dit Rashi en citant le midrash « Et ceux-ci sont les noms des fils d’Israël Le texte les a certes déjà comptés de leur vivant en indiquant leurs noms (Beréchith 46, 8 à 27). Il les compte cependant à nouveau après leur mort pour marquer combien Hachem leur est attaché (Midrach tanhouma Chemoth 2). Car ils sont comparés aux étoiles, que Hachem fait sortir et rentrer en les comptant et en les appelant par leurs noms, ainsi qu’il est écrit (Yecha’ya 40, 26) : « Il fait sortir leur légion céleste en les comptant, Il les appelle toutes par leur nom […] aucune n’est manquante » (Midrach tanhouma). ». L’histoire des douze tributs comme l’histoire universelle est cyclique, il y a des hauts et des bas qui sont écrits d’avance. En réalité dans le judaïsme, c’est à travers le cycle que l’homme peut avoir accès au temps et a l’éternité, le rythme de la journée est marqué par les prières du matin et du soir, la semaine par le chabat, le rythme des saisons par les fêtes de pèlerinage, le rythme des années par Roch Hachana et Yom kippour, etc., c’est à travers le rapport au cycle que l’homme peut finalement se lier au temps et retrouver l’unité entre la conscience de lui-même et l’abandon a l’autre ou à l’existence.

C’est par la conscience de l’aspect cyclique du temps et de la destinée que l’homme peut percevoir sa juste place dans l’univers. Si l’homme ne peut pas percevoir le temps en tant qu’individu, il peut percevoir le temps et l’unité qui le lie à l’univers en tant que parti d’un groupe qui est plus grand que lui, en tant que partie d’un cycle historique, jacob retrouve son unité lorsqu’il voit que josef et ses frères peuvent former un groupe homogène. Lorsqu’ il voit qu il fait partie d’un groupe ou chacun est destiné à devenir prépondérant a un certain moment. C’est pour cela que lorsqu’il rencontre josef et qu’il voit qu’il a fait la paix avec ses frères il dit en se parlant a lui-même « écoute Israel D est notre divinité, D est un », D est « un » par ce qu’a travers ses enfants jacob peut entrevoir qu’il n’y a pas de contradiction entre le fait de se sentir exister et le fait de s’abandonner dans l’existence.

Le livre de l’exode s’ouvre aussi avec la vision du buisson ardent ou Moshe communique avec D. Contrairement à jacob qui s’antagonise D et les anges a plusieurs reprises, D commence à dire a Moshe qu’il sera avec lui, par ce « qu’ il est celui qui sera dans le futur », D commence par avertir Moshe en lui disant qu’il y aura d’autres exils, que la fin des temps n’est pas proche, et qu’il ne pourra pas comprendre le sens de l’histoire, (c’est selon le midrash, pour cette raison que Moshe commence par refuser la mission divine).

Le texte dit :

« Moïse dit à Dieu : "Or, je vais trouver les enfants d'Israël et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'envoie vers vous... S'ils me disent : Quel est son nom ? que leur dirai-je ?" 14 Dieu répondit à Moïse : "Je suis l'Être qui sera" »

Rashi explique « Je serai qui serai Moi qui suis avec eux dans la détresse présente, je serai avec eux dans leur asservissement par d’autres empires. Mochè a dit à Hachem : « Maître de l’univers ! Pourquoi faut-il que je leur parle d’une autre souffrance ? Ils ont bien assez de celle-ci ! » Hachem a répondu : « Tu as raison ! “Ainsi parleras-tu aux enfants d’Israël… « Je serai » [sans : « qui serai », allusion à leurs souffrances futures] m’a envoyé auprès de vous ” » (Berakhoth 9b). »

Le livre de l’exode s’annonce comme le pendant féminin du livre de la genèse. Le livre de la genèse s’achève par le déhanchement du mouvement de va et viens de jacob, qui cherche à trouver à un sens à sa vie à l’histoire, alors que celui de l’exode commence par l’encerclement de ce va et viens par le cycle du temps, le cycle du zodiaque ou celui de la lune.


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