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  • Rav Uriel Aviges

Vayishlah 5769

La techouvah par les souffrances has veshalom est considérée comme la manière la plus basse de faire techouvah et c’est l'attribut de Jacob alors pourquoi Jacob est il considéré comme le plus parfait des avoth?

1 Si Rachel aime vraiment Jacob comment se fait elle qu’elle complote contre lui?

Le talmud nous raconte dans Meguilah 13b ainsi que dans Baba Batrah 123a que lorsque Jacob a voulu se marier avec Rachel, elle l’a averti en disant “sache que mon père Laban est un homme malhonnête, il va surement essayer de comploter contre nous”, Jacob pour contrecarrer les plans de Laban avait fait un système de code secret avec Rachel pour qu’il puisse s’assurer de l’identité de Rachel le soir du mariage. Mais, Rachel a donné les codes à Leah le soir du mariage pour qu’elle puisse se faire passer pour sa sœur, car Rachel ne voulait pas que Leah soit découverte, elle ne voulait pas l’embarrasser.

Le Maharsha pose une question sur ce passage du talmud; il apporte le talmud dans Gitin 23a qui dit qu’un aveugle a le droit d’avoir des rapports sexuels avec sa femme, et qu’on ne dit pas qu’il risque de se tromper de femme, “par ce qu’il peut la reconnaitre au son de sa voix,” or Jacob aussi aurait pu reconnaitre Rachel au son de sa voix, comment a-t-il donc été trompé par Leah? Et le Maharsha répond: “c’est vrai, que la voix était celle de Leah, mais puisque Jacob se basait sur le code secret, il n’a pas fait attention à la voix, de la même manière qu’Isaac a été trompé par les mains de Jacob, sans accorder d’importance à la voix.”

Selon le Maharsha une nouvelle lecture du texte s’impose, en effet, comment Laban aurait il pu tenter de tromper Jacob si n’importe qui reconnait sa femme même dans l’obscurité au son de sa voix, Laban pensait il que Jacob était sourd?

Est ce que Laban était au courant du code?, sans le code il semble que Laban n’aurait jamais eu la moindre intention de tromper Jacob, est ce que l’idée de l’échange n’était pas l’idée de Rachel elle même?, il semble que l’on soit obliger de dire cela, selon le Maharsha, la gemarah nous raconte toute cette histoire pour nous dire qu’en fait l’idée de l’échange était l’idée de Rachel elle même, et que c’est elle qui a donné à Jacob l’idée de faire un code secret dans le but de donner à Laban la possibilité de pouvoir tromper Jacob en lui donnant Leah à la place de Rachel, le soir de la nuit de noce.

Pourtant, ceci parait absurde puisque Rachel aime Jacob, pourquoi aurait elle fait cela? Cela parait pervers, on se croirait en plein dans un mauvais roman libertin du 18e siècle.

De plus le talmud dit que cette action de Rachel c’était une action de tsniout, “de la pudeur”, ce stratagème, si il a été initié par Rachel, ressemble à tout sauf à de la pudeur!

2 La techouvah de Jacob c’est la techouvah dans les souffrances.

Le talmud dans Yomah 86 rapporte qu’il y a trois types de techouvah. Le premier c’est la techouvah par amour de D, le deuxième c’est la techouvah par la crainte, le troisième c’est la techouvah causée par des souffrances.

Pour le talmud si quelqu'un fait techouvah par amour toutes ses fautes sont transformées en mérites, si quelqu’un fait techouvah par crainte toutes ses fautes ne deviennent pas des mérites mais Hashem le considère comme son fils, alors que celui qui fait techouvah à cause des souffrances il est considéré comme un esclave.

Le premier niveau dit le Maharal, c’est le niveau d’Avraham qui sert D par amour, par ce qu’il est reconnaissant de la bonté que D dévoile dans le monde, le deuxième niveau c’est le niveau d’Isaac qui sert Hashem par crainte, c’est a dire qu’il a du respect et de la crainte pour la transcendance du divin et de la spiritualité dans le monde, et le troisième niveau c’est le niveau de Jacob qui sert Hashem lorsqu’il est dans la souffrance.

Jacob appelle Hashem “le D qui me répond dans mes malheurs”, on voit que Jacob a besoin d’avoir à se battre contre des ennemis pour agir, si non il reste tranquille chez lui, le Midrash dit que le Psaume “je t’ai appelé des profondeurs” c’est Jacob qui appelle toujours Hashem quand tout va mal, dans la parasha de la semaine on voit que Jacob prie D par ce qu’il a peur d’Esaü et qu’il se sent en danger.

Jacob semble servir D uniquement lorsqu’il se sent en danger face à un adversaire, c’est pour cela que D lui envoie constamment des épreuves, c’est aussi pour cela que dès le ventre de sa mère Jacob doit avoir un frère ennemi contre lequel il se bat même avant de naitre. (Premier Rashi de la parasha de la semaine prochaine)

Il semble donc que le niveaux de Jacob soit inférieur à celui d’Avraham et Isaac, puisqu’il ne recherche le divin que lorsqu’il est dans le malheur, pourtant on sait des midrashim que Jacob est appelé le plus haut et le plus parfait de tous les patriarches, puisque c’est le seul dont toute la descendance est bénie, comment comprendre ce paradoxe?

3 Peut-on dire que Jacob ne fait pas confiance même à D ?

Il y a une chose tout à fait étrange dans le rapport de Jacob avec D, c’est qu’à chaque fois que D lui fait une promesse, Jacob n’y croit pas.

Dans le rêve de l’échelle D promet à Jacob explicitement qu’il va donner toute la terre d’Israël à ses enfants et que ses enfants seront aussi nombreux que le sable de la terre, D envoie dans cette même vision prophétique des anges pour garder Jacob dans son chemin, D promet à Jacob aussi qu’il va rentrer en Israël en paix et parfait (ce qui veut dire parfait spirituellement et matériellement). Quelle est la réaction de Jacob après ce rêve?, il dit à Hashem: “si tu me permets de revenir vivant dans mon pays, et que tu me donnes du pain à manger et des habits pour m’habiller alors je fait le vœux de venir construire un autel sur cette montagne!”, Hashem vient de lui promettre qu’il sera multi milliardaire, et lui il répond à Hashem “tu sais si tu pouvais me donner du pain cela serait vraiment merveilleux”, c’est vraiment bizarre!

Si Hashem avait fait la même promesse à Avraham, Avraham aurait apporté 40 sacrifices au bas mot tellement il aurait été reconnaissant! Lorsque D vient annoncer à Sarah qu’elle va avoir un enfant et qu’elle “rit dans son cœur” Hashem lui fait une remontrance, parce qu’elle met en doute la promesse d’Hashem, alors que Jacob, lui n’a pas l’air d’y croire trop et pourtant on ne lui en veut pas, c’est étrange.

On retrouve ce même scenario lorsque Jacob retourne en Israël, D apparait explicitement à Jacob chez Laban et il lui dit “retourne en Israël, et je te garderai dans ton chemin etc.“ et juste après cette promesse, Jacob fait une prière à Hashem en disant “sauve moi par ce que j’ai peur d’être exterminé par Esaü”, or Hashem vient de lui promettre qu’il n’a rien à craindre, alors, pourquoi il prie ? Il aurait du prier avant d’avoir la promesse.

Il apparait donc dans ces deux cas que Jacob ne commence à prier qu’après que D lui ai promis une rédemption, et pas avant, quel peut être le sens d’un tel comportement?

4 Jacob comprend que si D doit promettre, c’est qu’il y a un danger, c’est lorsque l’on a une promesse qu’il faut avoir peur.

Lorsque Jacob se rend à Haran pour se marier, on ne comprend pas pourquoi D a besoin de lui promettre dans une prophétie qu’il va le garder et qu’il va lui permettre de rentrer en paix en Israël, ni pourquoi D lui envoie des anges gardiens. Laban est un membre de la famille de Jacob, il n’avait pas fait de problèmes pour laisser partir Rivkah, pourquoi ferait-il des problèmes avec Rachel? Lorsque Jacob va à Haran, tout le monde sait qu’il va se marier avec Rachel, le talmud dit dans Baba Batrah que “tous les voyageurs et les colporteurs” savaient depuis longtemps que la plus jeune fille de Laban était destinée à Jacob, ce mariage en fait n’était qu’une formalité.

Il semble que Jacob lui même soit surpris par ces visions d’anges gardiens et ces promesses de D. Mais, très vite Jacob comprend que si D à besoin de lui promettre qu’il va rentrer en paix, et qu’Hashem doive envoyer des anges pour le garder; il doit en déduire qu’en fait, sans l’intervention surnaturelle de D, et si les anges ne sont pas la, il n’a aucune chance de revenir entier de son voyage chez Laban.

Le fait même qu’Hashem doive promettre implique que la chose n’est pas possible sans miracles, c’est pour cela que Jacob a peur.

5 La souffrance de Jacob c’est la souffrance de se sentir limité, et impuissant dépendant de la providence.

Ainsi, on constate que Jacob prie et a peur uniquement après que D lui promette qu’il serait sauvé, mais ce n’est pas parce qu’il n’a pas confiance en la promesse de D, c’est par ce qu’il ne veut pas être un spectateur inactif et passif de la délivrance de D. Jacob veut être l’acteur de sa propre délivrance il veut que la force surnaturelle que D envoie réside dans ses bras et dans sa tête, et dans ses efforts.

Lorsque l’on dit que Jacob sert D uniquement dans la souffrance, ce n’est pas la souffrance des coups qui s’abattent sur lui, c’est en constatant ses limites en tant qu’être humain, qu’il implore Hashem. (Le mot” tsarah” veut dire souffrance, mais il veut dire aussi étroitesse, limite, enfermement), “min hametsar karati yah” cela veut dire “de l’étroitesse j’ai appelé D,” c’est l’étroitesse de la condition humaine et de ses limites, Jacob appelle D pour se dépasser lui même, et pour sortir de ses limites naturelles, par ce qu’il ne supporte pas son état impuissant. Faire la techouvah comme Jacob c’est faire techouvah uniquement par ce que l’on veut transcender sa condition humaine, et cette techouvah est considérée comme un niveau supérieur à une techouvah que l’on ferait par reconnaissance à D, ou par respect à la spiritualité, par ce que dans les derniers cas on gomme sa personne et sa spécificité en tant qu’individu, alors que dans le premiers cas on affirme son humanité et son individualité. C’est pour cela que ce n’est que Jacob qui peut être le patriarche de la nation, c’est la face de l’homme qu’il y a sur le trône divin, c’est lui qui symbolise la femme avec qui la chehinah discute dans le Cantique des cantiques. (On sait que les versets qui résume le Cantique des cantiques sont les versets qui commence par les lettres du nom de Jacob)

.6 Jacob n’accepte pas sa destinée, il veut changer son histoire, c’est pour cela qu’il est l’élu.

Jacob sait ce qu’il est et quelles sont ses limites, il a conscience d’avoir une histoire déjà écrite à sa naissance et que cette histoire se déroulera inévitablement naturellement si il suit sa nature, il sait qu’il n’est pas ne le premier.

Cependant il a conscience qu’il peut échapper à cet état naturel, comme le dit clairement la prophétie que sa mère a reçu lors de sa naissance, il sent en lui même une vocation qui le pousse à se battre contre lui même, il sait aussi par la prophétie qu’il est sure de gagner. Pour Jacob, le fait de savoir qu’il est sure de gagner ce n’est qu’un encouragement de D pour le pousser à se battre. Et c’est en se sens qu’il interprète ses visions prophétiques et les promesses d’Hashem. Le rapport de Jacob à D est inscrit dans une volonté de dépassement de soi.

C’est comme cela qu’il faut vivre l’élection d’Israël, se sentir élu, et sentir une vocation de grandeur, cela veut obligatoirement et logiquement dire qu’à l’état présent on pense de soi “je suis une merde”. Réciproquement, tout celui qui se sent comme étant de la merde, et qui ne s’accepte pas tel qu’il est, c’est lui l’élu, car il sait qu’il a un grand futur.

7 Le parallèle entre Leah et Jacob

On peut maintenant envisager le parallèle entre Leah et Jacob. Le talmud nous dit que Leah avait perdu ses cils à force de pleurer, en effet elle pensait être destinée à Esaü, or elle savait qu’il était un rasha, elle a donc pleuré en priant de ne pas se marier avec Esaü. On voit que Leah aussi n’accepte pas la destinée, de la même manière que Jacob a trompé son père en se faisant passer pour son frère, ainsi Leah trompe Jacob en se faisant passer pour sa sœur. Leah avait une conscience diffuse d’une destinée qui l’attendait, se marier avec Esaü, mais elle savait qu’elle ne voulait pas de ce destin et que par la prière elle pouvait changer sa destinée. On retrouve donc chez Leah cette volonté de dépassement de soi, ce mélange d’espoir et de désespoir dans la prière et le rapport à D, qui existait aussi chez Jacob. C’est en ce sens qu’elle est le “zivoug” de Jacob.

Rachel, au début contrairement à Jacob et Leah, aime naturellement son destin, elle ne cherche pas à se dépasser elle même, en ce sens elle ne peut pas se marier avec Jacob. Rachel a besoin de remettre en question son mariage avec Jacob, elle doit le rendre “non naturel” pour que ce mariage ait un sens. C’est pour cela qu’elle fait passer sa sœur avant elle.

8 “la tsniout” la pudeur c’est la remise en jeux d’un pouvoir. C’est cette remise en jeux qui crée le désir.

Le talmud dans Sanhedrin dit que “la tsniout” “la pudeur” s’oppose diamétralement à la vérité. Le talmud semblait dire selon l’interprétation du maharal dans le chemin de la vérité, que Moshe possédait la vérité absolue, mais que par tsniout il a du remettre en question son rapport à la vérité, car, sinon, ses enfants n’auraient jamais pu avoir le libre arbitre et exister.

La tsniout, c’est la remise en question de quelque chose que l’on a acquis, ou que l’on pourrait facilement acquérir. (On peut facilement séduire par le corps, la pudeur c’est remettre en jeux ce pouvoir, pour séduire différemment). On comprend que lorsque Rachel fait passer sa sœur avant elle, elle remet en question sa relation avec Jacob, c’est de la pudeur.

La remise en question dans une relation permet de recréer le désir, car on ne peut désirer que ce que l’on n’a pas. L’homme (ou la femme) cherche désespérément à désirer, c’est à dire à vouloir posséder, (c’est ce qui peut entrainer que l’homme (ou la femme) devienne possessif, comme lorsque un homme commence à collectionner des objet c’est qu’il veut désirer l’objet et comme il l’a déjà il pense qu’en accumulant une collection il va enfin pouvoir ressentir le désir perdu, c’est la part maudite de l’objet), mais ce que Rachel nous apprend c’est que la manière de faire renaitre le désir c’est au contraire en donnant plus de liberté et en remettant en question la relation.

Dans l’Ecclésiaste Salomon dit tout est vanité “havel havalim hakol havel”. Salomon qui possède tout n’arrive plus à trouver une valeur à quoi que ce soit, lorsque l’on possède quelque chose la chose n’a plus de valeur pour nous. La suite de l’ecclésiaste c’est le Cantique des cantiques, le retour du désir vient par la remise en jeux de ce que l’on possédait.

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Le Cantique des cantiques vient peut être nous apprendre le sens du rapport d’Hashem à l’homme. D remet en question sa possession sur l’être humain pour pouvoir le désirer et l’aimer, c’est pour cela que Chir hachirim est considéré comme le kodech kodashim, car c’est l’amour homme-femme qui définit le mieux le rapport de l’homme à Hashem. Pour maintenir le désir entre Hashem et l’homme il faut que D remettre en question son pouvoir, le sens du libre arbitre c’est de maintenir le désir de l’homme vers Hashem et vice versa.

9 La distinction entre désir et amour dans la torah et chez rav Yehudah Abrabanel

Mais il y a plus que cela.

Dans la torah, l’amour avant le mariage n’existe pas, on aime après s’être marié. Par ce que pour la torah tout amour est basé sur le sentiment de reconnaissance “hakarat hatov”, “puisque tu as fait ca pour moi, alors par reconnaissance je te rend de l’amour”, l’amour ne peut naitre qu’après la relation, que cela soit une relation entre amis ou entre homme et femme, c’est le sens du mariage arrangé de Isaac qui se marie sans avoir vu sa femme.

Car l’amour qui est avant le mariage ou la relation c’est du désir, or le désir c’est avant tout une volonté de posséder et dominer l’autre, comme le dit Yehudah Abrabanel dans son livre les dialogues d’amour, “on ne désir que ce que l’on ne possède pas, par contre on aime ce qui est dans notre domaine”. Moralement le désir semble donc condamnable puisque c’est une volonté de posséder l’autre, et de s’en servir.

Il y a deux exceptions dans la bible ou on nous parle de l’amour gratuit avant la relation, au premier regard, comme étant non condamnable, le premier c’est l’amour de Jacob avec Rachel, le deuxième c’est l’amour de D avec Israël dans le Cantique des cantiques. Pourquoi ces deux exceptions?

10 Le lien qui existe entre l’être et l’avoir

Il semble que si le désir n’est pas condamnable absolument, c’est par ce que la volonté de posséder peut être l’expression d’une volonté de s’épanouir.

Si l’homme désir posséder, c’est par ce que la possession de la chose convoitée peut l’aider à vivre pleinement sa personnalité. Je donne un exemple “je désire une montre Blancpain”, pourquoi quelqu’un désirerait il une montre Blancpain?, par ce que j’ai besoin de me reconnaitre dans l’image que la montre symbolise pour moi (l’esthète, le frimeur, le puissant). Sans la montre Blancpain je ne peux pas être tout à fait moi même, par ce que sans la montre je n’ai pas une conscience assez clair de ce que je suis et de ce potentiel qui est en moi, j’ai besoin de me regarder dans un miroir pour savoir qui je suis, et ce miroir c’est la montre. Je désire la montre avant de la posséder, par ce que de manière diffuse je sens un potentiel en moi que je peux épanouir grâce à cette montre, sans cette montre cette partie de ma personnalité aura du mal à se définir et à s’exprimer. Le désir de posséder cela peut être une volonté d’exister, il n’y a pas forcement de conflit entre l’être et l’avoir.

Pardonnez-moi mon manque de romantisme chronique et mon cynisme, mais on peut facilement faire un parallèle entre le désir amoureux et le désir d’une montre. Si un homme désir une femme ou vice versa, c’est par ce qu’il sent un potentiel en lui même au fond de sa personnalité, et que ce potentiel n’est pas encore exploité par ce qu’il est mal défini, mais il sent que ce potentiel pourra s’exprimer et s’épanouir grâce au miroir qu’est la femme ou l’homme qu’il désire.

11 Le désir de Jacob pour Rachel doit être dépassé et remplacé par de l’amour

Si on revient à la relation de Jacob et Rachel, on comprend que Rachel a voulu tuer le désir de Jacob en faisant passer sa sœur avant elle. Pourquoi?

Par ce qu’il est évident que Jacob se reconnait en Rachel et c’est pour cela qu’il la désire tellement dès le premier regard, et c’est par ce que leurs personnalités sont très similaires et qu’ils se correspondent parfaitement qu’il faut détruire tout cela.

Par ce que si Jacob a pris le parti de changer sa destinée en volant les bénédictions d’Esaü, il faut qu’il assume jusqu’au bout ce choix, si il veut être le premier née, si il veut être Esaü, il faut qu’il développe sa personnalité d’une manière qui n’est pas le chemin de sa tendance naturelle. En se mariant avec Leah, Jacob s’oblige à développer sa personnalité d’une manière qu’il ne désirait pas naturellement. En faisant cela il tue son désir pour Rachel, même si il va aimer Rachel par la suite cela ne sera pas par désir, mais par amour, par reconnaissance.