• Rav Uriel Aviges

Vayetse 5768

1- Yaacov est décrit dans les prophètes et par les midrashim comme l'homme qui symbolise la vérité; le verset dit (micha) " tu donnes la vérité a Yaacov, et la bonté a avraham". Lorsque la torah décrit Jacob et Esaü son frère jumeau, elle nous dit qu'Esaü etait un homme qui savait chasser, un homme des champs, alors que "Jacob etait un homme simple qui s'asseyait dans les tentes", Rashi explique que Jacob etait un homme simple qui etait incapable de tromper les hommes, il disait toujours ce qu'il avait dans son cœur, c'etait cela sa simplicité en même temps que sa perfection. Le mot "Tam" qui décrit Jacob veut dire parfait et simple en hébreux. Pourtant Jacob ne semble pas se comporter avec la plus grande honnêteté ou la plus droiture avec son frère Esaü ou avec son beau père Lavan. Yaacov se fait passer pour son frère, en profitant de la cécité de son père Isaac pour recevoir ses bénédictions, alors qu'Isaac les destinait à Esaü. Lorsque son beau père lui fixe comme salaire tous les animaux tachetés, Yaacov utilise un stratagème pour que tous les animaux enfantent des animaux tachetés, il s'enfuit en cachète de son beau père, au lieu de l'affronter courageusement de front. Si on lit la torah dans un sens littéral on a l'impression que Jacob est plutôt le symbole de la ruse et même de la lâcheté.

Comment comprendre que lorsque son frère rentre affame des champs au lieu de lui offrir à manger il lui dit "je ne te donnerais a manger que si tu me vent le droit d'ainesse" cette réaction est elle la reaction d'un homme simple?, n'est elle pas plutôt celle d'un homme ambitieux qui veut prendre a tout prix la place de son frère? Comment comprendre donc que Jacob est considéré comme l'homme de la simplicité et de l'honnêteté?

2- Apres la rencontre avec Esaü dans le chapitre 33 on apprend que Yaacov a construit un autel a shehem et il l'a appelé "le D, le D d'Israël", le sens littéral du verset est que Jacob a appelle l'autel, "l'autel du D' d'Israël", mais le talmud dans megilah (rapporte par Rashi) dit que c'est D' lui même qui a appelle Jacob D'", en lui disant "moi je suis D' dans le ciel et toi Jacob tu es le D' sur terre".Nahamnide va même jusqu'a apporter une version du midrash qui dit que D' a dit "moi je suis D' sur terre mais toi tu est le D' dans le ciel". Le midrash dans la parasha de behukotay rapporte ces parole de D' " D'a dit au monde, mon monde! Mon monde! Qui t'as créé?, c'est Jacob qui t'a créé, c'est Jacob qui t'as forme", le midrash rapporte par Nahamnide dit que la face de Jacob est la face humaine qui est inscrite dans le trône céleste, ce qui symbolise l'omnipuissance de Jacob dans les cieux. Au début de la parasha la torah décrit le rêve de l'échelle. Jacob en sortant D'Israël a la vision D'une echelle qui a les pieds sur terre, mais dont le sommet arrive aux cieux, sur cette echelle des anges montent et descendent, puis D' apparait au sommet de l'échelle. Dans ce rêve la torah met en parallèle D' qui est en haut, et Jacob qui est en bas, avec les anges qui font des allez et retours entre les deux. Le midrash dit D'ailleurs que les anges en descendant l'échelle venaient voir le visage de Jacob qui ressemble a "l'image spécifique de D'", qu'est ce que tout cela veut dire? En lisant ces midrashim on sent que l'on frôle l'idolâtrie, comme si il y avait 2 D' has vechalom, ou comme si D' avait une image et une forme. Qu'est ce que les midrashim veulent dire lorsqu’ils disent que " D' donne a Jacob le statut d'un D'? La torah par ailleurs nous relate le combat de Jacob avec l'ange, qui est un combat physique puisque l'ange déboite la hanche de Jacob, à la fin Jacob bat l'ange, certains dise que c'est avec D' lui même qu'il se bat et qu'il gagne, comment est possible? Les anges seraient il des experts en krav maga?

3-Si on lit les midrashim qui associent Jacob a D' lui même, en les associant au sens littéral du texte, ou Yaacov ment pour acquérir le droit d'ainesse par ce qu'il se croit plus méritant que son frère, (c'est a dire si on associe l'idée du paragraphe 1 avec celle du paragraphe 2), on arrive a une apologie du relativisme morale, qui affirmerait que "ce qui me semble juste, devient l a vérité absolue", et que la fin justifie les moyens. Or on sait que la torah par ailleurs a une vision tout a fait contraire a cette morale, pour la torah la loi est absolue, et même une motivation louable ne permet pas la transgression, on n'a pas le droit de voler un voleur nous dit la Mishna. Comment comprendre donc le sens de ces midrashim?

4- Le maharal donne deux indices d'explication sur la déité de Jacob, il dit que Jacob se compare a D' dans le sens que l'attribut de Jacob est la vérité or nous savons par le midrash que la signature le sceaux de D' est la vérité "émet". Deuxièmement, Jacob est unique, "qui est comme Israël un peuple unique sur la terre" dit le verset, et cette unicité se retrouve dans le miracle qui a lieux au début de la parasha, lors du rêve de l'échelle, ou toutes les pierres s'unissent en une seule pour se mettre sous la tête de Jacob, or l'unicité est aussi l'attribut de D' qui est unique "ehad".

5- Nous avons déjà montre que l'atribut de vérité est difficile a comprendre. Il faut donc s'attacher à comprendre l'atribut D'unicité, a priori l'unicité de D' et l'unicité D'Israël ne sont pas comparable. Si Israël est unique en tant que nation on peut le dire de tous les peuples; les français sont uniques, les newyorkais sont uniques, etc., c'est à dire que tous ces hommes ont un point commun qui les différencie du reste des hommes. Or l'unité de D' n'a rien à voir avec ca. L’unite de D' est le fait qu'il est tout, tout en étant séparé de tout. En quoi donc Jacob est il unique à l'image de D'.?

6-La torah nous dit que Jacob et Esaü se battaient dans le ventre de leur mère. La maharal explique que ce combat ne peut pas être un combat entre le bien et le mal vu que le mauvais penchant ne rentre dans l'homme que lorsqu'il sort du ventre de sa mère, (le talmud), ce combat etait un combat sans fondement morale ou idéologique, c'etait un combat sans raison, qui n'avait pour but que lui même. Mais pourquoi deux frères se battraient ils sans raisons? Lorsqu'Isaac donne sa bénédiction a Esaü il lui dit "tu seras l'esclave de ton frère, et lorsque ton frère s'affranchira des mitsvot du pourra le dominer", on sent qu'Isaac cherche à garder vivante la confrontation et l'animosité des deux frères, a travers les générations à venir, pourquoi?

7- Une autre remarque qui va nous permettre d'amorcer une réponse. La torah a décrit Jacob comme un homme qui reste dans la tente, plus tard lorsque Jacob retourne en Israël il veut s'installer tranquillement, et finir sa vie dans la paix, mais D' dit "cela ne suffit pas aux justes qu’ils restent en repos dans le monde futur pour qu'ils veuillent aussi se reposer dans ce monde" c'est pour cela que D' a fait sauter sur Jacob la colère de Josef, c'est à dire la compétitivité entre Josef et ces frères. On apprend d'ici deux choses. La première, Jacob est fidele jusqu'a sa mort a son portrait d'enfance, d'homme statique qui cherche le repos dans sa tente et qui n'est pas l'homme qui sort, l'homme des champs. La deuxième, D' en veut a Jacob de vouloir rester statique.

8-On constate que Jacob n'avance qu'a réaction, il voit qu'Esaü est le premier né il veut prendre sa place, il devient actif par ce qu'il veut le dépasser en se dépassant lui même, cette volonté de dépassement de Jacob vient toujours en réaction a quelqu'un qui le dépasse, que se soit Esaü ou Lavan, son beau père. En fait, l'atribut central de Jacob c'est la vertu du dépassement de soi, qui passe par le dépassement de l'autre. C'est pour cela que déjà dans le ventre de sa mère il se bat avec Esaü, par ce que la combativité motivée par la compétitivité est sa nature première.

9-Lorsqu'Esaü vend le droit d'ainesse "la behorah" contre le plat de lentilles, Esaü dit, "je vais mourir pourquoi tiendrais je au droit d'ainesse?", le droit d'ainesse etait le privilège d'être consacre entièrement au servie divin. C’est à dire la proéminence spirituelle. Et après la vente, la torah dit "et Esaü a méprisé le droit d'ainesse" (la behorah). Et pourtant lorsque Jacob vole les bénédictions d’essav. Essav commence a pleurer en hurlant de douleur en disant "il m'a pris ma behorah, et il me prend aussi les bénédictions!", mais jusqu'a maintenant nous étions sure qu'Esaü n'en avait rien a faire de la behorah!, c'est vrai, mais le fait que Jacob le lui a pris a révélé en Esaü sa vérité profonde, en fait il y tenait plus que tout au monde a la behorah, mais il ne le savait pas tant que Jacob ne lui avait pas revele la vérité, sa vérité. Jacob d'autre part a besoin du combat avec Esaü pour se révéler a lui même et pour vouloir se dépasser, il est tout a fait possible que Jacob comme Esaü n'en aurait rien eu a faire de la behorah si il etait ne avec, c'est ca le combat infini sans raison entre Jacob a Esaü, chacun révèle a l'autre la vérité qu'il a en lui, c'est a dire une volonté de dépassement de soi. (En politique, on voit que, jusqu'a ce que les juifs revendiquent un droit sur la terre d'Israël personne n'en voulait vraiment, tout le monde se disait "il n'y a rien là-bas", c'est lorsque les juifs commencent à revendiquer un droit sur cette terre que tout le monde en a voulu).

9-On comprend mieux l'unité d'Israël qui est compare a celle de D', car dans les deux cas il y a une transcendance, un dépassement, Yaacov attaque Esaü, il veut se dépasser en le dépassant, et a la fin il y a une synthèse, une unité entre Yaacov et Esaü puisqu’il y a une résolution dans une unité commune qui est la vérité, ou la recherche de la vérité. (Le midrash dit qu'après le combat de Jacob avec l'ange, Esaü a embrasse Jacob de tout son cœur). C'est pour cela qu'Isaac encourage la confrontation entre ses deux fils, Esaü et Israël, parce qu'il sait que si Israël n'est pas confronte a Esaü il sera incapable de se dépasser lui même et vice versa, c'est aussi pour cela que Jacob envois Josef a seul rejoindre ses frères, bien qu'il sait que ses freres le haïsse, par ce qu'il encourage la confrontation, la vérité ne peut germer qu'a travers le combat et la lutte. C'est aussi pour cela que lorsque Jacob se bat avec l'ange il ne veut pas le laisser partir, il veut continuer à se battre avec lui, car Jacob sait qu'il ne se réalise que dans la confrontation. C'est pour cela aussi que Jacob est sorti a découvert, seul la nuit il s'est expose a l'ange, il a cherche la confrontation, on voit plus tard que D' en veut a Jacob qui a mis sa fille dinah dans une boite pourvu qu'Esaü ne se marie pas avec elle, c'est le contraire de la sortie a découvert de Jacob, seul la nuit qui lui apporte une bénédiction après le combat.

10-Le talmud dit que la torah a été donne dans le mont "Sinaï" le mont ou la haine "sina" est descendu entre Israël et les non juifs. Le midrash dit aussi sur le mont sinai "le livre et le glaive sont descendu attaches ensemble", ceci est une allusion a la bénédiction d'Isaac faite a Jacob qui a dit que si l'on accomplie pas le texte de la torah alors on sera punit par le glaive d'Esaü. Or, il est humainement impossible d'accomplir la torah a la lettre tout le temps, tout les pogromes et les persécutions d'Israël sont donc deja inscrite depuis le don de la torah, c'est ce qu'Esaü dit "je vais mourir! Pourquoi voudrais je la behorah" Rashi commente "les prescriptions de la torah sont trop difficiles et chaque erreur peut être punis de mort, pourquoi donc voudrais-je de cet héritage mortel?", et malgré tout Esaü regrette son acte parce que la volonté de dépassement est plus forte que la peur de la mort si elle trouve un exemple chez l'autre. (si on veut reprendre un exemple politique, tout le monde se rappelle que lors des premières guerres d'indépendance d'Israël, les soldat palestiniens prenaient la fuite des le premier coup de fusil, maintenant ils se battent jusqu'a la dernière cartouche, en faisant des attentats kamikazes, qu'est ce qui c'est passe? ils sont jaloux de la force du dépassement d'Israël, si quelqu'un a la curiosité d'aller voir les web site palestinien, il sera choque de voir comment la haine d'Israël est accompagne d'un sentiment d'admiration et de jalousie devant la force de caractère des israéliens, comme disait Nietzsche on ne peut haïr que quelqu’un que l'on juge supérieur a soi)

11- Le mois ou la torah a été donne est le mois de sivan, le mois des gémeaux qui symbolise la dualité entre Jacob et Esaü. En fait ce qui crée la haine de Esaü a Jacob c'est le fait que Jacob cherche le dépassement de lui même. Par ce que c'est ca la véritable "behorah", la veritable élection, comme le dit la Mishna "qui est celui qui est véritablement fort c'est celui qui sait se dominer lui même" c'est cette volonté de se dominer soi même qui crée la jalousie. La torah nous monte bien, par la jalousie entre Esaü et Jacob pour l'héritage spirituel de Isaac, que la racine de la morale ce n'est pas le "tu obéiras" de Nietzche mais bien le "tu te dominera" et que ce" tu te domineras" est la volonté de puissance ultime, pour laquelle on est prêt a mourir ou a tuer. L'homme a une volonté naturel de domination, cette volonté s'applique d'abord sur l'homme lui même, il veut se dominer, si il n'y arrive pas, par default il va chercher à dominer l'autre ou a l'exterminer.

12- Jacob est l'homme du dépassement de lui même, c'est pour cela que la vérité pour Jacob ne peut être qu'un processus en voix de développement constant. C'est ce que dit le verset des psaumes "la vérité va germer de la terre", le rapport a la vérité n'est pas le raport a un absolue immuable vers lequel l'homme doit tendre, cette vérité existe bien c'est la vérité du ciel, mais cette vérité n'est pas applicable directement sur la terre, elle nécessite un dépassement de soi pour l'homme, et ce dépassement ce n'est pas une ascèse solitaire mais une confrontation avec la réalité du monde. Jacob apprend dans les livres ce qu'est le bien absolue, il voit que le monde doit y tendre, mais pour y arriver il ya des étapes à franchir, un développement, ce development s'effectue dans un rapport négatif au mal. C'est à dire qu'il faut retourner le mal contre lui même pour qu'il s'annule. La stratégie est toujours la même. Esaü méprise la behorah, Jacob aurait put lui parler et lui dire" tu sais Esaü, le développement spirituel c'est essentiel" cela n'aurait servit a rien! Cela, serait reste pour Esaü une vérité théorique, mais que fait Jacob, au contraire il pousse Esaü a l'extrême de l'erreur de sa philosophie pour lui montrer qu'Esaü se ment a lui même, c'est la même stratégie qui est employée avec Lavan. Lavan essaie d'être malhonnête en affaire, Jacob lui montre qu'en cherchant la malhonnêteté il perd tout ce qu'il possède complètement, il met la faute au carre pour qu'elle s'annule par elle même. Si on regarde la dialectique qui est utilisée dans le talmud pour déduire la loi on comprend que c'est exactement la même méthode, lorsqu’un rav voit un point faible dans l'argumentation de l'autre, il met se point faible au carre en disant "regarde l'absurdité qui en ressort!".

13- on comprend aussi que le fait de voir la vérité comme un développement et un processus vers lequel il faut tendre par le dépassement est exactement le contraire du relativisme moral, ou même de la subjectivité. Par ce que l'opposition subjectif /objectif viens du fait que l'on oppose une vérité absolue qui est au ciel inaccessible a l'homme, aune vérité relative a laquelle l'homme a accès. (Philosophes grecs ou latin se posent toujours le problème de savoir si l'homme a accès a la vérité absolue, ou si il n'y a pas accès du tout, en offrant a travers les âges des réponses toujours plus complexes mais malgré tout très similaires). Yaacov dépasse cette opposition en montrant que la nature de l'homme est la recherche dépassement de lui même, il n'y a donc pas d'opposition entre deux réalités mais une symbiose qui s'opère en l'homme par l'effort et le combat. Le mot "émet" est forme par la première et la dernière lettre de l'alphabet hébreux et celle du milieu, cela montre que la vérité est un balancement et un cheminement constant entre des extrêmes, comme le mahral le dit de la paix.

Passage réservé pour les accros a la philo

14-je vais donner un exemple Pour montrer cette différence entre la pensée occidentale et la pensee juive. Prenons l'interprétation D'un maitre protestant, Kierkegaard sur le ligotage D'Isaac et comparons le à une interprétation très similaire D'un rav du même siècle le maharil diskin. Pour schématiser énormément Kierkegaard se met a la place D'avraham, comment moralement avraham a t il put vouloir tuer son fils alors que c'est un interdit moral évident! Comment avraham a t il put croire en sa prophétie au point de vouloir tuer, alors que la logique s'oppose à ce sentiment prophétique? Bonne question n'est ce pas!, réponse de Kierkegaard: la foi dépasse la logique, l'homme doit écouter la voix intérieure qu'il a en lui c'est cela la vérité absolue pour lui etc.., en fait Kierkegaard réintègre ici, par la bible la subjectivité. Il n'est pas le premier penseur chrétien à le faire le premier penseur de la chrétienté qui s'est vraiment démarqué du néo platonisme, augustin, va dans la même direction dans son rapport a D'. Même dans le courant objectiviste qui existe chez les chrétiens comme maitre Eckhart qui est le maitre de Hegel et de toute la philosophie allemande, il y l'idée que dans l'âme humaine il ya l'impensable et que c'est a partir de l'impensable que l'homme réfléchit, mais pour lui aussi l'homme en se fondant dans l'impensable arrive a D' par une sorte d'osmose. En fait dans les deux courants on arrive a une subjectivité qui dépasse la raison, la différence étant que pour Kierkegaard cette subjectivité n'est pas universelle elle est le propre de l'individu alors que pour Eckhart et Hegel elle est unniverselle. Pour revenir au maharil diskin il repart sur le message divin, l'épreuve d'avraham etait de se dépasser a un niveau tel que la clarté du message de D' ne fasse pas de doute pour lui. On voit ici clairement le dépassement du dilemme objectif /subjectif, D' parle, il ordonne le meurtre; un type normale ne pourrait pas se baser sur cette mitswah et l'accomplir, par ce que pour lui c'est une erreur d'interprétation, pourtant avraham est a un niveaux spirituel qui le porte a comprendre le texte de manière littéral, ce n'est pas par ce que c'est sa vérité subjective, mais par ce que c'est la vérité du message prophétique pour le moment, c'est une vérité absolue qui vient de D' lui même, mais cette vérité ne peut s'adresser qu'a avraham pendant une période de temps donne. La vérité absolue change en fonction de l'homme.

15- La maharal dit toujours que l'homme doit accomplir la halacha en fonction de ce qu'il comprend dans le talmud, mieux vaut prendre une décision que l'on comprend, même si elle est fausse, plutôt que suivre l'avis du choulhan aruch si on ne comprend pas ce qu'il dit, cependant il y a une grande condition a cela: c'est que l'homme fournisse l'effort maximale de réflexion et de recherche de la vérité a travers le texte du talmud, si il change D'avis par la suite, ce n'est pas grave, c'est la nature des choses, le message de D' est évolutif en fonction de la force de dépassement de l'homme, de son effort de connaissance.

Le message de D' n'est ni objectif comme le pense les grecs ni subjectif comme le pensent les chrétiens.

16- C'est l'idée de Jacob qui se bat contre D', et qui est considéré lui-même comme un D', par ce que l'image de D' varie en fonction de l'homme, l'image que l'homme se fait de D' c'est l'image de son propre dépassement. C'est pour cela que le D' d'Israël est un D' avec lequel on peut se battre avec lequel on peut discuter, contrairement au D'des grec de Platon (Maimonide n'a jamais accepte cette partie de la torah pour lui le combat de Jacob avec l'ange reste une énigme incompréhensible) C'est l'explication du arizal qui dit que lorsque les hashmonaim se sont battus avec les grecs ils ont rétabli le balancement de la démarche de Jacob dont la hanche etait déboitée. La demarche de Jacob c'est le balancement entre le D' des grecs et le D' des chrétiens.

17- Esaü c'est l'homme qui nait deja fait, deja fini, Esaü c'est "celui qui est fait" celui qui ne voit pas le mouvement ou le cheminement. Un scientifique a demande a Einstein: “est ce qu'il y avait une différence entre une manière juive de démontrer une théorie scientifique et une manière non juive? Einstein a répondu "bien sure! Le juif aura toujours tendance à passer par l'algèbre, il ne veut pas voir l'image, alors que le non juif cherchera à démontrer par la géométrie". L'image c'est ce qui est statique qui apparaît d'un coup, l'algèbre c'est le cheminement.

18- le mot Tam veut dire simple, il est oppose dans la haggadah de pessah au hacham l'intelligent, le midrash dit que Jacob etait beaucoup moins intelligent qu'Esaü. Mais la simplicité de Jacob lui permet de voir la perspective des choses, leur finalité le but vers lequel elles doivent tendre. C’est pour cela que Jacob peut guider Esaü, qui est perdu dans son intelligence, Esaü se noie dans un vers d'eau par ce que la complexité de son esprit lui empêche de voir la perspective, (c'est criant aujourd'hui quand on lit la production de la pensée occidentale). Il est certain que le fait d'avoir un cheminement, un but vers lequel on tend présuppose une simplification, cette simplification c'est l'acceptation de l'erreur et de ses conséquences.

Epilogue

Vu les réactions que j'ai eu sur le mail de la semaine dernière j'ai conclu que personne n'y a rien compris. Je répète l'idée centrale en un mot il y a un verset qui dit dans les proverbes chap. 12 "celui qui fait du bien a son âme est un homme de bonté". Rashi dans chabat 127 b interprète ce verset comme celui qui fait la prière a D', car prier a D' c'est faire du bien a son âme. Reconnaitre que l’on n’est pas son âme, mais uniquement un rapport a elle, c'est l'ouverture qui permet a l'homme de prier, si un homme s'identifie a son a me il ne peut pas ouvrir un dialogue avec D'. Lorsque David écrit les psaumes il retranscrit les élans de son âme il permet a son âme de louer D', mais il peut le faire par ce qu'il sait qu'il n'est pas son âme que l'elan vient d'ailleurs. S'identifier a son âme cela revient à dire que D' n'existe pas has vechalom ou qu'il est mort et du même coup c'est se tuer soi même has vechalom.

Pour finir sur quelque chose de positif que tout le monde comprendra, je vais raconter une histoire.

Dans une ville en Europe de l'est, avant chabat, le chohet de la ville apporte un bœuf qu'il vient d'égorger, au rav de la ville, l'animal avait des trous dans les poumons cela montre une maladie respiratoire chez l'animal et il semble que c'est une "teerifah" un animal qui n'est pas cacher, par ce qu'il serait mort de maladie sans avoir été abattu par le chohet, le rav regarde l'animal et décide que malgré tout l'animal est cacher, le bœuf est dépecé et envoyé a tout le village. Pendant la nuit du chabat le rav se rend compte qu'il s'est trompe bêtement, et que l'animal aurait du être déclaré non cacher par la halacha, il n'arrive pas a dormir, comment a t il put faire une telle erreur?, le lendemain matin, a l'aube, il se lève et va s'asseoir dans un parc pour essayer de se détendre. Sur le banc il se rend compte qu'il n'est pas seul dans le parc, il y a deux enfants qui jouent aux billes. Tout d'un coup il y en a un qui dit a l'autre "on l'a bien roule, le chohet, c'etait u ne super idée de faire des trous dans les poumons de la carcasse avec des stylos!", le rav se retourne, et se rend compte que l'animal n'etait pas malade du tout, et que miraculeusement D' l'avait induit en erreur pour qu'il découvre la vérité.

Chabat chalom

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