• Rav Uriel Aviges

Vayera 5775


Dans la parasha de vayerah on peut lire les versets suivants: “Les hommes quittèrent ce lieu et s'acheminèrent vers Sodome; Abraham était encore en présence du Seigneur. 23 Abraham s'avança et dit: "Anéantirais-tu, d'un même coup, l'innocent avec le coupable? 24 Peut-être y a-t-il cinquante justes dans cette ville: les feras-tu périr aussi et ne pardonneras-tu pas à la contrée en faveur des cinquante justes qui s'y trouvent? 25 Loin de toi d'agir ainsi, de frapper l'innocent avec le coupable, les traitant tous deux de même façon! Loin de toi! Celui qui juge toute la terre serait-il un juge inique?". 

Pour Abraham, il est impossible d’envisager la possibilité d’un D injuste. Abraham croit en un D unique, uniquement par ce qu’il croit en la justice. En effet, s’il y a plusieurs D également puissants, alors, il ne peut pas y avoir de justice, puisque les différents D peuvent juger différemment.

Pour que la justice existe il faut nécessairement un juge unique omnipotent qui règne sur l’univers. 

Le judaïsme est la religion monothéiste qui est restée la plus fidele au message d’Abraham, par ce qu’elle est la seule religion qui place la justice avant l’amour. Croire en la justice, c’est croire en D, alors que croire en l’amour c’est croire en l’homme. L’amour et la compassion sont des sentiments humains, alors que la justice est un concept transcendant.

A en croire Abraham, la justice divine devrait être apparente dans ce monde.

Cependant dans le talmud et la littérature rabbinique, on remarque beaucoup de contradictions à ce sujet. D’une part le talmud se refuse à dire que « les chemins du seigneur sont impénétrables », les rabbins du talmud cherchent désespérément à justifier rationnellement des interventions de la providence. 

Lorsque le vin d’un des maitres du talmud devient du vinaigre, il pense que c’est par ce qu’il a été malhonnête avec son métayer (berahot 5).

Cependant, dans d’autres passages, le talmud dit que les innocents peuvent être frappés par le sort (chabath 55).

Dans le traité « maximes des pères » rabbi Akivah voit flotter un crane sur l’eau et il dit « tu as été noyé par ce que tu as noyé d’autres personnes et ceux qui t’on noyé seront aussi noyés » (soucah 53). 

Il semble que rabbi Akivah puisse déclarer avec certitude que la justice divine est clairement visible dans ce monde. pourtant, dans le même traité rabbi Yanai dit « nous ne sommes pas en mesure d’interpréter dans ce monde, ni le bien ni le mal fait aux justes, ni le mal ou le bien atteignant les mauvais » (avoth 4-15).

L’enseignement de rabbi Yanai semble complètement contredire celui de rabbi Akivah. Si selon rabbi Yanai, on ne peut pas comprendre ou voir la justice de D dans ce monde, il est donc impossible d’affirmer que si un homme s’est noyé c’est par ce qu’il avait lui même noyé d’autres personnes.

Une autre contradiction apparait dans le talmud sur ce même sujet, car certains passages du talmud semble affirmer que le jugement de D dans ce monde est visible au niveau de la collectivité, mais pas concernant l’individu, alors que d’autres passages semblent dire que le jugement de D dans ce monde est visible, même a l’échelle du particulier. 

Dans le traite de Chabath (156) le talmud dit « que c’est le mazal qui rend riche, c’est le mazal qui rend sage, c’est le mazal qui donne la réussite », le talmud établit une liste de thèmes astrologiques, décrivant ceux qui ont le mazal de s’enrichir et ceux qui ont le mazal de devenir sage ou de devenir des chefs ou des justes, ou ceux qui sont condamnes depuis la naissance à souffrir. Comme si au fond le libre arbitre n’avait rien à faire dans l’accomplissement de la destinée d’une personne. 

Le Maharcha, (rav Moche Eidels), questionne le talmud, comment peut-on dire que la destinée dépend du mazal alors que la Tora dit clairement que la réussite vient récompenser l’homme de bien, tandis que le malheur frappe celui qui fait le mal ?

Le maharcha répond que les bénédictions et les malédictions décrites dans la torah ne concerne pas l’individu, elles sont adressées a l’assemble d’Israël en général. Si le peuple d’Israël fait globalement le bien alors, il est béni, et il prend possession de la terre, si il fait le mal il est puni. Mais, à l’échelle personnelle, c’est le mazal qui régit la vie de l’homme. 

Pendant les années de chemitah, on voit bien que les cultivateurs qui respectent la mitsvah de la chemitah n’arrivent pas survivre, il faut collecter des fonds pour eux. Pourtant la torah dit formellement que celui qui fait la chemitah sera béni et qu’il produira en un an ce qu’il produit normalement en deux ans. Comment comprendre que la bénédiction de la torah ne ‘s’accomplisse pas ?

Le Hazon Ich explique que les bénédictions promises au peuple si il observe la chemitah ne s’accomplissent que si la majorité du peuple l’observe, mais, si la majorité des cultivateurs n’observe pas la chemitah, la minorité qui l’observe, n'est pas bénie, par ce que les récompenses promises ne sont adressées qu’a la communauté dans sa généralité.

Le talmud dit dans Berahot 17b « tous les jours une voix sort du mont Sinaï et dit « tout le monde est nourri par le mérite de mon fils Hanina, mais lui il se suffit d’un litre et demi de caroube d’un vendredi a l’autre ». Le talmud explique que certain justes nourrissent tout le monde par leur mérite, mais ils n’ont pas, eux même, de quoi manger. 

Tous ces passages du talmud semblent indiquer que le jugement de D dans ce monde est un jugement global qui concerne le peuple en général. Dans cette optique un juste peut être pauvre si il a le mazal d’être pauvre. En faisant les mitsvoth, il fait descendre la richesse dans le monde, mais ce n’est pas lui qui en profitera, c’est celui qui a le mazal d’être riche, même si ce dernier est un mauvais. (cf. Taanith 25a). Si, c’est de cette manière que la justice divine s’applique elle parait très partiale. 

Mais dans d’autre endroit le talmud semble dire que les mitsvoth influencent la destine d’un homme même a l’échelle individuelle.

Dans le traite de Kidouchin la Michna dit (chapitre 1 -10) « si quelqu’un fait une mitsvah, sa vie est rallongée, il est récompensé et il hérite la terre, par contre celui qui fait une faute sa vie est raccourcie il est puni et il n’hérite pas de la terre ». Cette Mishna semble affirmer qu’il suffit de faire une seule mitsvah pour devenir riche et célèbre et hériter de la terre d’Israël comme Abraham, et que d’un autre coté, il suffit de faire une seule faute pour être exile, et pour être puni . L’affirmation de cette Mishna semble contredire la réalité. La guemarah reste perplexe devant cette Mishna.

Un rav, (Kidouchin 39b) Rava, interprète cette Mishna au sujet d’une récompense décernée dans le monde à venir, mais un autre rav, Abayeh, pense qu’il faut interpréter cette Mishna comme parlant de ce monde ci. Abayeh explique que si on est incapable de voir les récompenses et les punitions dans ce monde, c’est par ce que nous faisons beaucoup trop de bonnes actions et beaucoup trop de mauvaises actions, pour que le jugement de D soit lisible et clair dans ce monde. Quoi qu’il en soit, dans le traite de Kidouchin, le talmud semble penser que la récompense des mitsvoth influence la destinée individuelle de chaque personne, contrairement a ce que semblait affirmer les passages cites précédemment.

Le Ari zal et le rav Moshé Haim Luzzato proposent une réponse à ces contradictions.

Ils partent d’une constatation, pour eux il y a une contradiction irréconciliable entre le libre arbitre de l’homme et la toute puissance de D.

Le Ari zal et le rav luzzato se démarquent ainsi de la pensé de théologiens plus ancien (le Kouzari cinquième chapitre) et plus modernes (Gaon de Vilnah, rav Haim de Vologin et Baal Hatania) qui pensaient que D intervenait a travers le libre arbitre de l’homme. 

Pour la Ari zal et le rav Luzzato, D et l’homme, sont irrémédiablement opposés l’un à l’autre. Si l’un a le pouvoir l’autre ne l’a pas. Pour le Ari zal et le rav luzzato, Il n’y a pas de kénose, D ne se manifeste jamais a travers l’homme.

Lorsque D a créé le monde il s’est contracté, il a fait le « tsimtsoum », c'est-à-dire qu’il a limité son pouvoir pour laisser le libre arbitre a l’homme. 

Or, le Hari zal explique que ce tsimtsoum, n’est pas stable. Il y a des périodes de l’histoire où D donne énormément de libre-arbitre a l’homme, dans ces périodes D se retire. Par contre, il y a d’autres moments, où l’homme capitule et refuse d’assumer sa liberté, et dans ces moments, la justice de la providence apparait de manière beaucoup plus claire.

Le rav Nafatali Stern, mort dans les camps de concentration, explique la shoah de cette manière. Il dit dans l’introduction de son mahzor de Roch Hachana, (le Wolfsberg mahzor), (http://www.yadvashem.org/yv/en/exhibitions/live_with_honor/wolfsberg_machzor.asp) que depuis la fin du 18eme siècle, jusqu'à la shoah, D avait voulu augmenter le libre arbitre de l’homme, c’est pour cette raison que beaucoup de grandes découvertes scientifiques on été faites durant cette période, l’humanité a donc pu faire de grand progrès.

Mais ce libre arbitre donné à l’homme a, du même coup, donné la possibilité au nazi de construire les camps de la mort, et d’exterminer plusieurs millions de juifs en quelques jours.

Les camps de concentrations ne sont pas l’œuvre de D, ils sont l’œuvre de l’homme. Mais D n’intervient pas, par ce que justement, il a voulu laisser la liberté à l’homme.

Dans son mahzor de Roch Hachana, le rav explique, en citant le Ari zal, que toutes les prières de Roch Hachana consistent à demander à D de reprendre le pouvoir. La prière de Roch Hachana est une supplication de l’homme demandant à D de limiter le libre arbitre humain, pour que la providence puisse se révéler dans toute sa clarté. 

(Dans le cours sur Roch Hachana nous avions expliqué au nom du rav Abrabanel, que la prière de Roch Hachana consistait à demander a D de s’opposer aux dévoilements aléatoire et chaotique hasardeux des forces de la nature, le rav Abrabanel prolongeait la pensé du rambam. Le Hari zal va plus loin, puisque le Satan, qu’il faut vaincre a Roch Hachana, c’est la liberté même de l’homme.)

Ainsi, il n’est pas étonnant de voir des passages du talmud qui interprètent l’histoire comme le reflet de la providence, et d’autres qui l’interprètent comme le reflet du mazal, ou de l’action de l’homme.

Car, le dévoilement de la providence dépend des époques. Rabi akivah dit qu’a son époque le libre arbitre de l’homme était très limité, c’est pour cette raison que l’on pouvait interpréter tous les événements de la vie au regard de la justice divine.

Par contre, a l’époque de rabbi Yanai, la décision de l’homme était plus libre, il avait donc plus d’impacte sur l’histoire, et pour cette raison, il dit que de son vivant il ne pouvait pas interpréter les événements de l’histoire individuelle ou collective au regard de la providence.

De même, il arrive que la providence ne soit apparente qu’au niveau de la collectivité, à certaines époques, alors qu’à d’autres époques, elle apparait même au niveau personnel et individuel.

La providence est liée de manière inversement proportionnelle au libre arbitre de l’homme, plus l’homme a le libre arbitre, moins la providence est claire, moins il est libre plus la providence est claire.

A l’époque moderne, depuis la deuxième guerre mondiale, le libre arbitre de l’homme est en phase régressive. La violence de la deuxième guerre mondiale a traumatisé l’humanité, et, pour éviter les conflits, l’homme doit s’inventer un monde de bisounours, où tout le monde est bon, où tout le monde est gentil. Un monde asseptisé ou tout le monde est remplaçable, un monde ou l’homme sent qu’il existe uniquement lorsqu’il copie un model. Depuis la deuxième guerre mondiale, L’homme a renié son libre arbitre.

La liberté n’a plus de sens aujourd’hui, quelle différence y a-t-il aujourd’hui a s’affirmer juif orthodoxe, homosexuel ou même islamiste. Toutes ces identités sont définies et sclérosantes, elles font partie de la panoplie des personnages de l’ile aux enfants dans laquelle nous vivons. 

Faire chabath, ou ne pas faire chabath a-t-il encore un sens aujourd’hui ? Manger cacher, c’est comme choisir de fumer des Camel a la place des Marlboro, c’est une manière se sentir libre alors qu’on ne fait que réagir a un conditionnement.

Les artistes ne font que réagir aux attentes du marchés, les scientifiques aussi, ils sont tous interchangeables, il n’y a plus de créativité. 

L’homme n’existe pratiquement plus, il se robotise, il ne sait même plus si il est male ou femelle. En France, le pays du monde ou la sexualité toujours été si magnifiée, l’enfant a besoin d’apprendre a l’école qu’il n’a pas de nature déterminée, que son désir le plus intime n’est que le fruit d’un conditionnement. Désagrégé de son corps et de sa liberté créatrice, réduit a une fonction mathématique, l’homme moderne est seul, il n’existe plus que comme une image sur les réseaux sociaux d’internet.

Pour survivre, L’homme moderne cherche désespérément à s’intégrer a un milieu, or ce milieu n’existe que virtuellement. Pour y accéder, il faut abdiquer toute originalité et toute matérialité, il faut se conformer à un des différents model bidimensionnel proposé.

Désespérément l’homme cherche à ressembler a une image, et plus il le fait, plus il se sent étranger au monde et a lui même. Il fait techouvah, et il retrouve chez les orthodoxes la même uniformité vide, il se convertit a l’islam, il devient homo, SM, lepéniste, mais, quoi qu’il face, il retrouve ce même vide, ces armés de robots tristes.

Le libre arbitre de l’homme se limite aujourd’hui à la liberté de choisir entre un capuccino ou un café crème. Travailler chez Microsoft ou Apple, chez Sefora ou Marionnaud, être un disciple de Lacan ou de Jung, faire du yoga ou du Gyro kinetic.

D’autre part, depuis la guerre il apparait clairement que la providence de D est de plus en plus dévoilée. La guerre de 48 et des six jours et celle de kippour, l’effectivité du dôme de fer, sont des miracles dévoilés que l’on ne voyait pas avant la guerre.

Tout ceci semble confirmer les théories du rav Luzzatto et du Ari zal et démontrer la relation inversement proportionnelle existant entre la providence et la liberté.

Le talmud de Jérusalem dit qu’a l’époque messianique l’homme n’aura plus de libre arbitre. 

D a écouté la prière du rav Nafatali Stern, il a repri le pouvoir, et il limite le libre arbitre de l’homme. Dans les textes prophétiques il est dit que très peu survivront à l’époque messianique. Ceux qui survivront seront les héros qui auront trouvé à l’intérieur d’eux même la force de choisir et de vivre.

La liberté, à l’époque messianique, ne pourra exister qu’a travers la création géniale. La créativité ne sera plus un luxe, elle va devenir une nécessité vitale. Ceux qui arriveront à se dépasser eux même, qui arriveront à dépasser le confort de la conformité, qui arriveront à retrouver l’essence créatrice de leur être, ceux la, seront les sauvés, les autres seront des robots ou des esclaves. 

Il y aura des Proust et des Mozart, mais les autres ne seront que des automates. Seuls les géants survivront, mais tout le monde peut devenir un géant, puisqu’être un géant, c’est simplement être soi même. 

Le talmud dit que le messie ne demandera à D que la vie, (soucah 52a) c'est-à-dire que la rédemption messianique ne peut être qu’une nécessité existentielle vitale. La vie messianique c’est le dépassement de soi.


Les documents

Parasha vayerah

Comme il levait les yeux et regardait, il vit trois personnages debout prés de lui. En les voyant, il courut à eux du seuil de la tente et se prosterna contre terre. 3 Et il dit: "Seigneur, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas ainsi devant ton serviteur! 4 Qu'on aille quérir un peu d'eau; lavez vos pieds et reposez-vous sous cet arbre. 5 Je vais apporter une tranche de pain, vous réparerez vos forces, puis vous poursuivrez votre chemin, puisque aussi bien vous avez passé près de votre serviteur." Ils répondirent: "Fais ainsi que tu as dit". 6 Abraham rentra en hâte dans sa tente, vers Sara et dit: "Vite, prends trois mesures de farine de pur froment, pétris-la et fais-en des gâteaux." 7 Puis, Abraham courut au troupeau, choisit un veau tendre et gras et le donna au serviteur, qui se hâta de l'accommoder. 8 Il prit de la crème et du lait, puis le veau qu'on avait préparé et le leur servit: il se tenait devant eux, sous l'arbre, tandis qu'ils mangeaient.

Rashi

Un jeune taureau tendre et bon Ils étaient trois taureaux, afin qu’ils puissent manger trois langues assaisonnées à la moutarde (Baba Metsi‘a 86b).

Au jeune homme C’était Yichma‘el, pour l’initier aux mitswoth, [en l’occurrence à celle de l’hospitalité] (Beréchith raba 48, 13).

Baba metsiah 86

Rab Judah said in Rab's name: Everything which Abraham personally did for the Ministering Angels, the Holy One, blessed be He, did in person for his sons; and whatever Abraham did through a messenger,18  the Holy One, blessed be He, did for his sons through a messenger.

 [Thus:] And Abraham ran unto the herd — And there went forth a wind from the Lord;19  and he took butter, and milk15  — Behold, I will rain bread from heaven for you;20  and he stood by them under the tree — Behold, I will stand before thee there upon the rock, etc.;21  And Abraham went with them to bring them on the way22  — And the Lord went before them by day;23  Let a little water, I pray you, be fetched (this implies an order to a servant) — and thou shalt smite the rock, and there shall come water out of it, that the people may drink.25

Rambam chabath 2 halaha 3

When such treatment is administered, it should not be administered by gentiles,9 by children,10 by servants, or by women,11 so that they will not view the Sabbath flippantly.12 Instead, the treatment should be administered by the leaders of Israel13 and the wise.

It is forbidden to hesitate before transgressing the Sabbath [laws] on behalf of a person who is dangerously ill,14 as [reflected in the interpretation in the phrase of Leviticus 18:5,] "which a person shall perform to live through them," as "['to live through them'] and not to die through them."

This teaches that the judgments of the Torah do not [bring] vengeance to the world, but rather bring mercy, kindness, and peace to the world. Concerning those non-believers who say that [administering such treatment] constitutes a violation of the Sabbath and is forbidden,15 one may apply the verse [Ezekiel 20:25]: "[As punishment,] I gave them harmful laws and judgments through which they cannot live."16

Notes

The Rambam's choice of wording, based on Yoma 84b, has raised several questions among the commentaries. The most literal interpretation is given by the Merkevat HaMishneh, who explains that when people see that the Sabbath laws are violated by the gentiles for Jews or by women or children, they may get the impression that the observance of these laws is not very crucial, and leniencies may be taken on other occasions - even when there is no valid reason. If, however, it is Torah Sages who violate the laws, the common people will realize that it is only the seriousness of the situation that allowed for this leniency.

Among the other interpretations given why the laws should not be violated by women and children, is that this might cause them to violate the Sabbath laws in the future (Kessef Mishneh).

This also is based on the Rambam's interpretation of Yoma, ibid. Others (see Shulchan Aruch, Orach Chayim 328:12) understand the phrase גדולי ישראל in that passage as meaning simply "adult males."

Guemrah eruvin 40

At all events, however, [it may be objected] is not a cup of wine35 required?36 May it [thus] be suggested that this37 provides support for R. Nahman who laid down: One may recite the benediction on the season even in the market-place?38 — This39 is no difficulty [at all, since the benediction on the season could be said] when one happens to have a cup of wine.40 This explanation41 is quite satisfactory as regards Pentecost and the New Year festival; but42 how could one proceed on the Day of Atonement?43 If [it be suggested that] one is to recite the benediction over the wine and drink it [the objection might be advanced:] Since the man recited the benediction on the season he has thereby accepted the obligation of the day43 and caused the wine to be forbidden to him;44 for did not R. Jeremiah b. Abba once say to Rab,45 ‘Have you ceased from work?’ And the latter replied: ‘Yes, I have ceased’.46 [And if it be suggested that] one might recite the benediction over the wine and put it aside [it might be objected:] He who recites the benediction[over any food or drink] must taste it. [Should it be suggested that] one might47 give it to a child,48 [it could be retorted:] The law is not in agreement with R. Aha b. Jacob,49 since [the child] possibly might get used to it.( Lit, ‘to he dragged’; and he would out of habit drink the wine even when he grows up) Now what is [the decision] on this question?51 — The Rabbis sent R. Yemar52 the Elder to R. Hisda on the eve of the New Year. ‘Go,’ they said to him, ‘observe how he acts in practice and come and tell us’. When [R. Hisda] saw him he remarked: ‘He who picks up a moist log desires to have a press on the spot’.

( Proverb. No one acts without a motive. The man who picks up a useless log must be in need of the spot on which it rests. R. Yemar, he surmised, must have come or a purpose. Jast. (following a different reading): ‘Carry the green date, I have a press on the spot, i.e., you come to find out my opinion, you will soon have an opportunity to learn it’.)

 Thereupon a cup of wine was brought to him [over which] he recited the kiddush and also the benediction on the season. And the law is that thebenediction on the season is to be recited both on the New Year festival and the Day of Atonement. And the law, furthermore, is that the benediction on the season may be said even in the street.  

Nedarim 32 a

R. Abbahu said in R. Eleazar's name: Why was our Father Abraham punished and his children doomed to Egyptian servitude for two hundred and ten years? R. Johanan sand: Because he prevented men from entering beneath the wings of the Shechinah, as it is written, [And the king of Sodom said it to Abraham,] Give me the persons, and take the goods to thyself (Abraham, by permitting this, instead of taking the persons himself, and teaching them to know' God, is said to have prevented them from coming beneath the wings of the Divine Presence. This dictum seems to indicate that R. Johanan was in favour of proselytes.)

Makot 8

OUTSIDE [THIS LAW] IS THE FATHER BEATING HIS SON, OR THE MASTER STRIKING HIS PUPIL OR THE COMMISSIONER OF THE COURT ADMINISTERING THE LASH. Here, also [he argued], where the son [or pupil] is already learned,it is no longer obligatory [on the father or master] to [teach and] strike? It should therefore not be considered even in the first instance part of a prescribed command?22 — Although the son is already taught [replied Raba], it is still obligatory on the father to chasten, because it is written, Correct  your son and he will give you rest, yea he will give delight to your soul.

©2018 by Uriel Aviges.