• Rav Uriel Aviges

Vayehi 5769

1- Quel sens peut avoir la connaissance de la fin des temps?

La parasha de Vayehi raconte la mort de Jacob et les bénédictions qu’il donne à ses enfants avant de mourir. Cette parasha est fermée (stoumah), c’est à dire qu’il n’y a pas de séparation dans le texte de la torah entre le début de la parasha et la parasha précédente. Cette anomalie ne se retrouve dans aucune parashiot de la torah. Une des explications citée par Rashi pour interpréter cette anomalie est que Jacob a voulu dévoiler à ses enfants, au moment de sa mort, ce qu’il allait advenir la fin des temps dans les temps messianiques, et qu’à ce moment la prophétie a été fermée devant lui. Pour faire allusion au fait que Jacob n’a pas pu dévoiler la fin des temps à ses enfants, la torah a fermé la parasha, comme pour dire qu’une partie de la prophétie a été fermée devant Jacob. Les bénédictions que Jacob fait à ses enfants sont toutes interprétées comme des prophéties qui se réaliseront dans le futur, mais aucune des bénédictions n’est interprétée dans un futur qui dépasse la destruction du second temple.

Si on lit le midrash de manière littéral, il semble que Jacob lui même connaissait parfaitement ce qui allait se passer dans les temps messianiques, et ce qui allait arriver jusqu’à l’avènement du messie. Le midrash dit en effet ”Jacob a voulu dévoiler la fin”, on peut en déduire que Jacob connaissait la fin, mais D ne l’a pas laissé la dévoiler à ses enfants. Dans ce midrash le comportement de Jacob semble curieux, pourquoi aurait-il voulu dévoiler la fin des temps, et par là même tout ce qui allait arriver pendant l’histoire! Imaginez vous que votre père vienne et vous dise lorsque vous avez 5 ans, à 19 ans tu vas travailler dans telle ou telle compagnie, à 25 tu vas te marier à ce type là, et tu auras un enfant que tu appelleras comme cela etc., et qu’il commence à raconter en détail tout ce qui va vous arriver dans votre vie! Est ce que cela serait viable pour vous! C’est comme si quelqu’un fait la critique d’un film policier et qu’il raconte la fin du film dans sa critique, quelque soit la valeur artistique du film, pour celui qui lit la critique, le film n’a plus aucun intérêt. La vie et l’histoire ne peuvent avoir un sens pour l’être vivant que s’il ne connait pas à l’avance ce qui va arriver. On retrouve un peu cette idée exprimée dans le commentaire de Nahamnide sur le début de la Genèse, lorsqu’il dit que les rabanim des premières générations ne voulaient pas connaitre la date de la fin des temps, pour ne pas être déprimés, par ce que le fait de calculer ou d’appréhender les temps messianiques ne peut avoir un sens que si l’on pense qu’il peut arriver très prochainement. (C’est ainsi que Nahamnide justifie son calcul et sa prévision pour l’avènement messianique.) Il n’empêche que Jacob savait que le messie n’était pas pour demain puisqu’il savait qu’il fallait passer d’abord par deux temples qui devaient être détruits, et 4 exils, donc on ne voit pas pourquoi Jacob aurait eu intérêt à dévoiler la fin des temps à ses enfants.

2- La fin des temps est-elle déterminée?

Un autre problème sur ce midrash est qu’il suppose que la fin des temps est fixée depuis la nuit des temps et qu’il est certain qu’elle s’accomplira d’une manière prédéterminée, or le talmud dans Sanhédrin 88a explique qu’il n’y a pas de temps fixe pour la venue du messie il peut venir à chaque instant si les juifs font techouva, le talmud interprète ainsi la prophétie de Isaïe qui au sujet du messie (chap. 60), “en son temps je le devancerais”, si les juifs ne sont pas méritants le messie viendrait en avance mais si non il viendra en son temps. Si le messie ne viendra en son temps que si les juifs ne sont pas méritants pourquoi Jacob aurait il annoncé le temps du messie en présupposant que ses enfants ne seraient pas méritants.

3- Que veut dire “avoir un D unique dans son cœur”?

Le talmud dans Pesahim 56 raconte une suite de l’histoire précédente, il nous dit que lorsque Jacob a vu que D ne lui laissait pas dévoiler la fin des temps à ses enfants, il a pensé qu’il y avait un défaut parmi sa descendance, comme Avraham qui a eu Ishmaël, ou Isaac qui a eu Esaü. Les enfants ont dit à Jacob écoute Israël (Chema Israel) de la même manière que D est unique dans ton cœur ainsi D est unique dans notre cœur. Lorsque Jacob a entendu cette réponse de se enfants il a dit que l’honneur du nom de D soit bénit pour l’éternité (Barouh Chem Kevod Malhouto Leolam Vaed). Il faut comprendre quelle est la réponse des frères à Jacob lorsqu’ils disent “de la même manière que D est unique dans ton cœur il est unique dans notre cœur” on ne peut pas expliquer que les enfants voulaient dire qu’ils croyaient tous en un D unique, car Ishmaël et Isaac aussi croyaient en un D unique, et Jacob n’en considère pas moins qu’il y a un défaut dans la descendance d’Avraham. Qu’est ce que les frères veulent dire quand ils disent que “D est unique dans notre cœur”?

La première réaction de Jacob est elle aussi difficile à comprendre pourquoi pense-t-il que la raison pour laquelle on ne lui laisse pas décrire la fin des temps c’est par ce qu’il y a un défaut dans sa progéniture.

4- Jacob assigne des rôles précis et héréditaires à ses enfants, en quoi ces rôles peuvent-ils être une bénédiction?

Si on revient au texte de la parasha, qui raconte les bénédictions de Jacob à ses enfants, on peut lire, que Jacob bénit chacun de ses enfants en donnant à chacun d’eux un rôle très précis. Il dit a Zevulun “toi, tu seras un voyageur par bateau”, il dit à Asher “toi, tu vas produire de l’huile”, il dit à Issachar “toi, tu restes dans la tente” etc... On a du mal à apprécier ces rôle que Jacob semble attribuer à ses enfants comme étant des bénédictions. Aujourd’hui, dans notre époque éprise de liberté et de choix, on prendrait ces mêmes injonctions comme des malédictions. Si par exemple je suis un descendant de Zevulun, et que je ne veux pas être un voyageur en mer, qu’est ce que je fais?, de quel droit Jacob assigne-t-il aux générations avenir un rôle précis duquel ils ne pourront pas se défaire?

5- L’homme ne peut pas échapper à l’anthropomorphisme. L’homme voit toujours D à son image.

Spinoza disait que si l’on demandait à un triangle: “A quoi ressemble D?”, le triangle répondrait surement que D ressemble à un triangle. Le Kouzari dit que l’homme ne peut pas échapper à l’anthropomorphisme, (c’est à dire au fait de voir D à son image,) même l’athée. En effet, dit le Kouzari, celui qui pense que l’univers n’est pas animé par une conscience unique ou univoque, pense aussi qu’il n’est lui même pas animé par une conscience libre univoque. L’athée va reproduire dans sa conception de l’univers le chaos qu’il sent dans la conscience qu’il a de lui même. Il est rare en effet de trouver des philosophes qui croient à la conscience libre de l’homme, et qui croient parallèlement que le monde est chaotique et absurde (on peut faire exception de Sartre, mais, même Sartre s’est “converti au communisme” à la fin de sa vie, cette conversion de Sartre était justement le fruit de l’inviabilite pour l’homme de se penser comme une conscience libre dans un univers qui serait dépourvu de sens.)

C’est pour cela que la manière de concevoir l’unité de D, va automatiquement entrainer de manière morale une manière de concevoir l’âme humaine et son unité.

6- Les trois types de monothéisme

On peut identifier trois types de monothéisme: le monothéisme juif, le chrétien et le musulman.

 Pour les chrétiens l’unité de D entraine une unité de l’humanité entière. C’est l’idée de “faire tous un dans le corps de jésus”, c’est pour cela que le christianisme a une vocation universelle, et que les sociétés chrétiennes ont toujours un problème avec les minorités.

Le monothéisme musulman est un monothéisme cosmique, l’homme s’unifie avec l’univers à travers D, c’est pour cela que certain penseurs de l’islam pensent que l’homme atteint son plus haut niveau spirituel, lorsqu’il est le plus conscient de l’unité de D et de l’univers, c’est à dire lorsqu’il a des rapports sexuels, car c’est dans ces moments d’extase physique que l’homme sent une communion avec l’univers, c’est pour cela que pour les musulmans le monde futur est une délectation physique et sensuelle.

Par contre pour les juifs l’unité de D passe par une unité de l’homme avec lui même.

7- Le rapport au vin montre le rapport au secret

Le talmud dit que le rapport de l’homme au vin montre son rapport au secret. On peut donc illustrer le rapport à D dans les trois religions en analysant leurs rapports au vin.

On peut illustrer les différences entre ces trois optiques dans la symbolique du vin dans les trois religions. Pour le christianisme le vin est une manière de communier à travers le corps de jésus avec l’humanité dans son universalité.

Pour l’islam le vin est banni comme tous les excitants, par ce qu’il déconnecte l’homme de la conscience réelle de l’univers.

Alors que pour le judaïsme le vin du kidouch et du seder doit entrainer à ce que le corps profite aussi de la spiritualité, pour créer une union entre le corps et l’esprit.

8- La base du judaïsme c’est l’unification du cœur.

Ce que Jacob a de différent par rapport à Avraham, c’est qu’il “unifie son cœur” comme nous prions tous les jours “unifie notre cœur pour l’amour et la crainte de ton nom”, pour que l’amour et la crainte ne soient plus deux choses distinctes mais bien une seule et même chose. Avraham faisait toutes les mitsvot de D mais la rigueur de la raison et l’amour sensualiste étaient deux domaines distincts chez lui. Quand Avraham va sacrifier Isaac il est dans la rigueur, par contre lorsqu’Avraham reçoit des invités il est dans l’amour. C’est pour cela qu’Avraham a deux enfants distincts, Ishmaël et Isaac, les deux étaient des justes, mais, du fait qu’ils étaient de natures différentes ils ne pouvaient pas s’unir pour créer un seul peuple, ils sont donc condamnés à suivre des voix parallèles qui vont être imparfaites.

 Il en va de même avec Isaac, qui a en lui les deux attributs de la justice (Esaü) (compromis de la raison avec la réalité) et de la vérité (la vérité idéale) (Jacob), qu’il n’arrive pas à faire communiquer. Mais à la différence de ses pères, Jacob, lui, peut unifier son cœur.

Pour Jacob et ses enfants, quelque soit l’activité à laquelle ils sont assignés ils peuvent exprimer toute leur personnalité sans sentir aucune frustration. Zevulun peut aller en mer tout en restant dans sa tente de la même manière qu’Issachar peut aller en mer tout en restant dans sa tente. Le talmud dit souvent que le seul homme libre c’est celui qui s’occupe de la torah. Ce qui veut dire que l’homme doit être capable d’accomplir la torah sans aucune frustration. Comment est ce possible? Si on unifie son cœur.

9- Un exemple concret de l’unification du cœur.

 Je vais donner un exemple, prenons deux activités communes aujourd’hui: aller draguer en discothèque et étudier la torah. A première vue, se sont deux activités qui n’ont rien à voir ensemble, pourtant on peut facilement montrer que draguer en discothèque c’est étudier la torah et étudier la torah c’est aussi aller draguer en discothèque. Si je veux comprendre par exemple les passages de la torah qui parle des matriarches, ou si je veux comprendre les lois qui légifèrent les droit des femmes, je suis obligé d’essayer de cerner la psychologie de la femme dans son rapport à la famille et à son mari etc., en fait je dois m’imaginer en train de draguer en discothèque. Vice versa, lorsque quelqu’un drague en discothèque il étudie la torah, puisque son expérience lui donne un matériel existentiel nouveau pour appréhender de manière nouvelle certain textes de la torah, et son rapport à D.

10- La loi peut devenir le but de l’existence si elle n’est pas source de frustration

Pour les philosophes, et toutes les religions du monde, les lois sont faites pour l’homme, pour le servir, alors que pour le judaïsme c’est l’homme qui est fait pour la loi. Cette vision de la loi par le judaïsme peut paraitre absurde, a priori les lois sont là pour aider l’homme à s’épanouir, elles ne peuvent pas être un but en soi! Cette pensée juive qui met la loi au centre peut s’expliquer, uniquement si l’on comprend que la loi ne procure aucune frustration à l’homme, et qu’elle a pour but uniquement de gérer son rapport au monde, et d’unifier son cœur.

C’est ce qui explique que Jacob pouvait dévoiler la fin du monde à ses enfants et leur assigner un rôle défini, sans que pour cela ils se sentent comme des robots dont la vie ne valait pas d’être vécu, par ce que même si toutes leurs actions étaient déjà prévues, les enfants de Jacob auraient encore eu toute leur liberté dans la liberté de l’interprétation.

11- Le rapport de l’âme individuelle avec le rôle social, pour Pascal et Sartre

Sartre et Pascal pensent que l’homme reste essentiellement étranger à son rôle social, et à son image publique. Pour Pascal chaque individu se sent étranger aux attributs que la société ou les circonstances lui donnent. Le roi sait qu’il est un homme comme les autres au fond de lui même. Ainsi, le roi devrait être conscient que le respect que l’on donne à sa fonction ne lui revient pas, ce respect qu’on lui témoigne est un respect que l’on donne à sa fonction. Ainsi, Pascal pense que l’amour gratuit décrit dans la Mishna de Pirkei Avoth “l’amour qui ne dépend pas de quelque chose” n’existe pas. Pour Pascal on aime toujours quelque chose en quelqu'un, et la personne aimée sait à l’intérieur d’elle même qu’elle n’est pas ces attributs que l’autre aime en elle. L’homme se sent profondément étranger à ses qualités (beauté, richesse, intelligence, gentillesse). A cause de cela, pour Pascal, l’homme se sent toujours coupable d’être aimé, et pour cela il se hait profondément lui même, et c’est pour fuir cette haine il cherche à plaire et à séduire l’autre.

12- La même distinction se retrouve dans la torah

On peut trouver dans la torah une séparation semblable entre la nature humaine et le rôle social. Le talmud dans Horayot 13 dit “si on a le choix de sauver d’un bateau qui coule le roi d’Israël ou un talmid haham, on doit sauver le talmid haham, par ce que si le roi meurt, n’importe quel juif peut le remplacer, alors que si le talmid haham meurt sa torah sera perdu a jamais”. (Même si tout le monde peut devenir un talmid haham en étudiant, la torah de chaque talmid haham est particulière et demeure irremplaçable à jamais.) On voit bien que le talmud veut dire que le roi même si il est de lignée davidique n’en demeure pas moins un individu comme les autres.

13- L’homme politique parfait c’est celui qui sait faire cette démarcation

De même, on voit bien dans la bible une démarcation claire entre “le David” des psaumes d’une part, et le david politique de Samuel d’autre part. Lorsqu’on lit les psaumes on a du mal a croire que c’est un roi qui parle, David s’adresse à D à partir de son humanité la plus nue, c’est pour cela que tout le monde peut s’identifier aux textes des psaumes, alors que dans Samuel on voit le roi David dans son rôle social et politique.

Dans la haftarah de la semaine David demande à son fils Salomon de tuer Chimi Ben Guerah après sa mort, parce que Chimi avait maudit David dans le passé. On pourrait s’étonner de cette demande de David puisque le texte de Samuel nous montre que David avait pardonné à Chimi de l’avoir maudit, car il avait dit “c’est D qui lui a demandé de me maudire”. David pensait qu’un homme de la valeur de Chimi (le plus grand rav de sa génération) ne pouvait l’avoir maudit que si c’était D qui le lui avait commandé, c’est pour cela qu’il ne tue pas Chimi sur le champ, et qu’il ne lui tient pas rancune.

Mais alors qu’elle est la raison pour laquelle David demande à salomon de tuer Chimi?

C’est par ce que bien que David avait pardonné à Chimi de l’avoir maudit, il lui avait pardonné personnellement en tant qu’être humain, mais David ne pouvait pas pardonner l’affront qui avait été fait au roi d’Israël, puisque l’homme n’est pas sa fonction.

 (On retrouve cette même démarcation dans la vente de Josef. Josef pardonne à ses frères, par ce qu’il dit “c’est D qui m’a vendu”, pourtant les frères devront être puni comme le prophète Amos le dit, par ce que indépendamment de la faute sur l’individu il y a une responsabilité face à l’histoire.)

Saül par contre, n’est pas capable de tuer le roi d’Amalek par ce qu’il ne fait pas la distinction Pascalienne, entre l’individu qui est essentiellement pur et innocent, et le rôle social et historique de la personne. C’est à cause de ce fait que Saül va perdre la royauté. La bible nous montre donc que le bon gouvernant c’est celui qui fait une différence entre la nature de l’être humain, l’âme humaine qui s’exprime dans les psaumes, qui échappe au jugement de l’homme et le rôle social et historique de l’homme, qui lui doit être pris en compte dans les décisions politiques.

14- Quel peut être le sens de l’héritage génétique pour le judaïsme?

Si cette idée est vraie, on pourrait s’étonner du fait que durant tout le livre de la Genèse les enfants d’avraham se battent pour l’héritage d’un rôle social (être prêtre et représentant de D dans le monde). Si l’héritage reste étranger à la nature profonde de l’homme, et qu’il est le fruit des circonstances, comment justifier que l’on se batte pour lui? Comment le judaïsme peut se transmettre de manière génétique alors que la naissance dans une famille n’est que le fruit du hasard, qui ne change pas la nature profonde de l’homme?

15- Pourquoi le judaïsme reconnait il l’existence de l’amour gratuit?

De plus, comment le talmud peut penser qu’il peut y avoir un amour qui ne dépend pas d’attributs étrangers à l’homme?

16- L’unification du cœur de l’homme comble le faussé qui existe entre l’homme et ses attributs.

La réponse tiens dans ce que nous avons dit plus haut, la torah pense que l’homme doit unifier son cœur, ce qui veut dire que l’homme doit s’unifier et s’identifier à ses attributs sociaux et physiques, il doit assumer son rôle et son image et s’unifier avec eux.

Comme nous l’avons vu la semaine dernière au nom de mon rav, la conscience ou l’âme humaine sont “une argile que l’on peut façonner à sa manière”. C’est pour cela que dans la philosophie il y a tant de théories sur la conscience et l’essence de l’âme humaine, car toutes les théories sont justes si on y croit. Si un homme pense qu’il est étranger à ses attributs ou à son rôle, alors, il sera étranger à ses attributs et à son rôle, si il pense qu’il n’a pas de libre arbitre, il n’aura pas le libre arbitre, si l’homme pense qu’il fait un avec ses attributs et il les assume comme étant une partie de lui même, alors, il fera un avec ses attributs. C’est pour cela que l’héritage génétique a un sens pour la torah, à condition que l’homme choisisse d’assumer cet héritage, comme devenant une partie de lui. Paradoxalement c’est l’unification de l’homme à son rôle qui crée la liberté dans l’accomplissement de son rôle, car en s’unifiant à son rôle on personnalise sa manière de l’exercer.

©2018 by Uriel Aviges.