©2018 by Uriel Aviges.

  • Rav Uriel Aviges

Reeh 5774

Dans ce cours nous parlons du lien existant entre l'aspect exterieur d'une chose et sa saintete. Pour Rashi puisque les juifs sont saints ils doivent etre beaux. Il y a lieu de s'interroger sur le rapport que l'homme entretient avec le beau. Ce rapport semble tres profond puisque Maimonide pense que l'homme dépressif peut sortir de la depression si il est confronte avec le beau.  Si pour Maimonide, le beau rend heureux, pour le Rav Luzzato et le Talmud, le beau rend intelligent. Pourquoi? et comment?


leilouy nishmat Zais ben clara

1- Introduction. Vision et bénédiction

La parasha de la semaine commence avec les versets suivants « Voyez, je vous propose en ce jour, d'une part, la bénédiction, la malédiction de l'autre: 27 la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l'Éternel, votre Dieu, que je vous impose aujourd'hui; 28 et la malédiction, si vous n'obéissez pas aux commandements de l'Éternel, votre Dieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd'hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. ».

La plus part des commentateurs soulèvent deux problèmes dans ces versets. Le premier c’est l’emploie du mot « voyez ». Il est très rare que D  demande de voir, en général, il demande plutôt d’écouter. Dans la torah il est toujours question d’écouter les préceptes de D, ou d’écouter ses bénédictions, et il est rarement question de les voir. Alors comment expliquer que dans notre parasha, c’est la vision qui est évoquée par D ?

Le deuxième problème, tiens au fait, que D promet une bénédiction si on observe les commandements de la torah et une malédiction si ont les enfreints. Cette bénédiction et cette malédiction ont l’air si évidentes que l’on pourrait les « voir ». Cependant la torah dans la suite de la parasha, n’explicite à aucun moment la nature de cette bénédiction ou de cette malédiction. De quelle bénédiction et de quelle malédiction est-il question exactement ?

Pour répondre a ces deux questions il y a lieu de remarquer que la bénédiction et la malédiction son souvent liées aux yeux et a la vue.

Lorsque bilaam cherche à maudire les enfants d’Israël, il cherche à les voir, pour leur mettre le mauvais œil. 

Le talmud dit (taanith 8) « rabi Itzhak dit : la bénédiction ne peut se trouver que sur une chose cachée à l’ œil, comme le dit le verset « L'Éternel fixera chez toi la bénédiction, dans tes celliers » (en hébreux le mot cellier « assameha » est de la même racine que le mot caché « samouy »). Dans l’école de rabi ishmael on enseigne, la bénédiction ne peut se trouver que sur une chose sur laquelle l’œil n’a pas de prise, comme le dit le verset « L'Éternel fixera chez toi la bénédiction, dans tes celliers ». 

Pourquoi la bénédiction ne pourrait elle se trouver que dans quelque chose de cachée ? Quel est la différence entre une chose sur la quelle l’œil n’a pas de prise et une chose cachée a l’œil ? Si la bénédiction est par essence cachée, alors pourquoi dans notre parasha la torah nous demande de regarder la bénédiction ?

2- Esthétique et érotisme

Dans sa théorie de la perception Bergson, la perception sensorielle est toujours orientée et filtrée par une volonté d’agir. Par exemple, on ne perçoit pas notre environnement de la même manière si on marche ou si on est à vélo, ou si on conduit une voiture.

 Notre vision est filtrée par l’action que nous voulons accomplir. Lorsque l’on conduit une voiture, notre perception visuelle est filtrée par notre cerveaux qui se concentre sur les informations nécessaire a la conduite. Les autres informations que nos yeux communiquent au cerveau sont filtrées et rejetées.

 Lorsque l’on est à vélo, notre cerveau filtre les informations communiquées par nos yeux, d’une autre manière, suivant les informations qui sont nécessaires à l’accomplissement de l’action qu’il est entrain d’organiser. 

Pour Bergson, l’artiste, c’est celui qui est capable de regarder le monde sans filtrer sa perception. C’est celui qui observe uniquement dans le but d’observer.

 Naturellement, le cerveau filtre les informations que les sens lui communiquent, mais, l’artiste regarde le monde en faisant sauter ce filtre, lorsque sa perception n’est pas orientée en vue d’une action.

Les neuro sciences, confirment par l’expérience la théorie de Bergson.

 Cependant, un vide théorique demeure, a mon avis. En effet, selon Bergson, il suffit de regarder sans désirer agir, pour devenir un artiste, or, ce n’est pas le cas. Même lorsque l’on fait abstraction de l’utilité pratique du monde qui nous entoure, il nous manque encore quelque chose pour rentrer dans l’univers de l’esthétique.

En fait, a mon avis, Bergson a oublié quelque chose. Lorsque l’homme perçoit avec ces sens, il ne fait pas que filtrer sa sensation, car en filtrant sa sensation, l’individu crée aussi un vide sensitif qui brise l’unité de la perception et donc sa lisibilité pour le cerveau. L’homme est donc obliger de combler ce vide par une création imaginaire. Contrairement a ce qu’affirme Bergson, dans le monde quotidien de la perception, l’homme ne fait pas que soustraire des informations sensibles, il en rajoute aussi grâce a l’imagination.

 Lorsqu’on sort du mode de l’action, et que l’on regarde uniquement dans le but de regarder, on ne filtre plus la perception. On ne crée plus de vide visuel, mais on neutralise aussi la force de l’imagination. C’est pour cette raison que lorsque l’on regarde le monde d’une manière neutre, notre regard ne capte aucune poésie ou aucune esthétique. 

Pour avoir accès à l’esthétique du monde l’homme doit imaginer, et pour imaginer l’homme doit désirer. Pour avoir accès la poésie du monde, l’homme ne doit pas désirer la concrétisation d’une action pratique, il doit désirer la jouissance.

En d’autres termes, la perception visuelle est toujours une interprétation du réel. Lorsque l’on regarde, il y a toujours une partie que l’on voit et une partie que l’on cache. La partie que l’on cache est dissimulée par l’imagination. L’imagination est elle même stimulée par un désir, ce désir peut être la volonté d’accomplir une action pratique,  comme conduire une voiture, ou un vélo. Dans ce cas, l’imagination comblera le vide laissé par le filtre pour nous aider à concrétiser notre action. Ou bien, le désir peut être un désir de jouissance, et dans ce cas, l’imagination comblera le vide en nous donnant une vision esthétisée du monde.

Lorsque la guemarah dit « la bénédiction ne repose que sur la chose sur laquelle l’œil n’a pas de prise », elle veut dire que la bénédiction repose dans notre imagination créatrice.

3- La bénédiction avant et après la jouissance

Le talmud dans berahot (35) déduit par la logique que l’homme doit bénir D avant et après avoir jouie physiquement du monde. La thora demande explicitement à l’homme de bénir D après le repas. Le verset dit « Tu jouiras de ces biens, tu t'en rassasieras. Rends grâce alors à l'Éternel, ton Dieu, du bon pays qu'il t'aura donné! ». Mais la torah ne demande pas explicitement à l’homme de bénir D, avant la jouissance.  Le talmud déduit cette obligation par un raisonnement a fortiori. Il dit, « si déjà l’homme doit bénir D, lorsqu’il est rassasiée, a plus forte raison, il doit  le bénir lorsqu’il est affamé».

 Ce raisonnement est étrange, car c’est le contraire qui paraît plus logique, il parait plus évident de devoir remercier D lorsque l’on est rassasié, plutôt que de le remercier lorsque l’on  est  affamé. Pourquoi devrait-on bénir D lorsque l’on est affamé? 

Pour comprendre ce raisonnement du talmud, il faut garder en mémoire que la bénédiction est liée avec le regard. Lorsqu’un homme est affamé et qu’il regarde la nourriture qu’il va manger, son désir est énorme, et la partie cachée au regard par l’imagination de la jouissance à venir, est d’autant plus grande. Par contre, lorsqu’un homme a déjà mangé, l’homme ne peut plus imaginer la jouissance, la partie cachée a la vue devient minuscule pour ne pas dire inexistante. Après la jouissance, il ne reste plus que les miettes laissées sur la table.

C’est pour cette raison que le talmud peut dire avec justesse, « si déjà l’homme doit bénir D, lorsqu’il est rassasiée, a plus forte raison, il doit  le bénir lorsqu’il est affamé». Car lorsque l’homme est rassasié la partie cachée a la vue est bien plus petite que celle qui est cachée avant le repas et c’est dans la partie cachée a la vue par le désir et l’imagination que réside la bénédiction.

(Haim Soutine devait jeuner plusieurs jours avant de pouvoir peindre ses carcasses de viande) 

Mais, une autre question se pose, si l’imagination visuelle disparait lorsque l’on est rassasiée, alors comment peut on bénir D, après le repas ? Qu’est ce qui reste caché a la vue après le repas ?

Quelle ouverture infinie le réel laisse t il lorsqu’on n’a plus de désir ?

Le Hazon ich explique que c’est justement lorsque le désir a disparu que le rapport a l’imaginaire et a l’infini devient possible. 

En effet, lorsqu’un homme désir, il maquille le réel de manière inconsciente et spontanée. Par contre lorsque l’homme est rassasié, la magie imaginaire du réel disparait.

 Mais, dans ce deuxième temps, lorsqu’il est rassasié et qu’il est confronté a ce vide,  l’homme cherche consciemment à recréer la magie que le désir avait crée. A ce moment la, l’homme recrée de manière consciente un regard esthétique sur le monde. C’est à ce moment, qu’il rentre véritablement dans la partie du réel sur laquelle l’œil n’a pas de prise. 

Pour l’homme affamé, une pomme parait belle par ce qu’elle promet une jouissance. Mais, pour l’homme rassasié, la pomme parait belle par ce qu’elle a de belles couleurs, par ce qu’elle sent bon, par ce qu’elle est unique. Lorsqu’il est rassasié, l’homme doit reconstruire consciemment la beauté imaginaire du réel.

Dans ce mouvement créateur conscient, l’homme donne sens à son désir. Le désir de l’affamé était pulsionnel, incontrôlable, c’était un désir de possession. Dans la faim, l’imaginaire est  fiévreux  incontrôlable, absurde.

 Pour l’homme rassasié, lorsque le désir a disparu, l’imaginaire devient une construction rationnelle qui doit être bâtie consciemment. Après le repas, la pomme devient belle par ce que l’imaginaire l’associe a des souvenir plaisant disparus. 

Après le repas, l’imaginaire cherche à perpétuer le plaisir ressenti en l’inscrivant dans la durée et dans la rationalité consciente. La pomme n’est plus belle uniquement par ce qu’on la désir, elle devient belle a cause de ses couleurs, et ses couleurs elles même, sont belles par ce qu’elles s’associent a d’autres objets ou a d’autre paysages.

Il est intéressant de remarquer que dans le texte des actions de grâce après le repas. On bénit D, d’abord, par ce que la nourriture est jolie. On commence le texte en disant : « bénit soit tu D qui nourrit le monde avec beauté ». C’est l’aspect esthétique de la nourriture est mis en avant. Tout ceci coïncide avec l’aspect visuel de la bénédiction.

Le talmud dit (yomah 74b) que l’aveugle n’est jamais rassasié, car c’est l’œil qui rassasie. Le talmud s’appuie sur  un verset de l’ecclésiaste chap. 6 « Mieux vaut se satisfaire par les yeux que de laisser dépérir sa personne ».  Pourtant, le roi Salomon dit dans le chapitre 1 « l’œil n’est jamais rassasié de voir ». Ces deux versets ne sont pas contradictoires, ce qui rassasie dans la vue ce n’est pas ce que l’on voit, c’est ce que l’on ne voit pas, c’est l’imaginaire.

Je sais que cette idée peut paraitre abstraite, c’est pour cela que je vais prendre un exemple concret, même très concret.

(Interdit au moins de 18 ans) Une femme parait toujours plus belle avant l’amour qu’après. Les femmes savent cela, c’est pour cela qu’elles ne sont jamais très faciles. Elles ne veulent pas que leur carrosse se transforme en citrouille. (Les hommes aussi, sont beaucoup moins beaux après l’amour, ils le savent, mais ils s’en fichent pas mal.)

Lorsqu’un homme se retrouve avec une femme, après avoir été rassasié, et qu’il ne la trouve plus vraiment belle, il peut avoir deux réactions. Soit il se dit « qu’est ce que je fou la ! Filons !» soit au contraire, il peut chercher à poétiser le corps de sa partenaire, en associant des particularités de son corps à d’autres images, a d’autres sensations. Par un regard poétique esthétisant, l’homme peut affronter la réalité du corps de sa partenaire et y trouver une beauté lyrique. 

Lorsque l’homme choisit la fuite, il crée une rupture en lui même, puisqu’il ridiculise son désir, il se maudit. Lorsque l’homme choisit l’esthétisation lyrique, il choisit d’aimer, il donne sens a son désir, il se bénit lui même et il bénit l’autre.

Ce que je dis pour un homme est évidement valable pour les femmes aussi. Lorsqu’une femme a satisfait son désir de possession, elle aussi, se retrouve  confrontée à la ridicule réalité de son partenaire, elle peut choisir de le haïr et de le détester, ou bien, elle peut choisir de l’aimer en poétisant ses défauts.

 Dans le premier cas, elle se maudit elle même, elle crée une rupture en elle même, puisqu’en ridiculisant l’objet de son désir, elle se ridiculise elle même. Dans le deuxième cas elle se bénit et elle bénit son partenaire, elle choisit de s’aimer et d’aimer.

Le regard comporte toujours une part d’imaginaire. Quand l’homme désir, la part imaginaire de la vue est involontaire et pulsionnelle. Quand l’homme ne désir plus, lorsqu’il est rassasié, l’imaginaire devient une création consciente. Dans ce mouvement créatif qui sublime le réel sans le déformer, l’homme se bénit et bénit l’autre, il donne un sens a sa vie et a son désir.

La bénédiction après le repas, c’est un regard lyrique porté sur la nourriture et la nécessité de se nourrir. Ce regard nous permet de donner un sens positif et constructif  a notre désir, de l’inscrire dans la durée et la continuité. 

La beraha c’est ce qui donne un sens rétrospectif à notre désir, et qui nous permet d’envisager notre futur comme un progrès linéaire et pas comme une succession absurde de ruptures soudaines.

4- L’effet performatif des bénédictions de Moshé

En vue ce que nous venons de dire, on peut répondre aux questions que nous avons posées au début de texte.  « « Voyez, je vous donne en ce jour, d'une part, la bénédiction, la malédiction de l'autre: 27 la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l'Éternel, votre Dieu, que je vous impose aujourd'hui; 28 et la malédiction, si vous n'obéissez pas aux commandements de l'Éternel, votre Dieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd'hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. » 

Je vais expliquer le sens des versets en prenant un exemple. Disons qu’un juif qui a écouté le discours de Moshé se marie avec une non juive. Dans son fort intérieur, ce juif sait qu’il fait le mal.  Il ne peut pas remettre en question le message de la torah, car il sait que  s’il remet en cause cette vision du monde, il remet en cause la structure même de sa vie.

Pour le juif, la religion est une manière de voir, c'est-à-dire qu’elle structure le regard et la perception du monde. Il en résulte que, celui qui enfreint le message de la torah  est maudit de facto, par ce qu’il se maudit lui même. 

 Inconsciemment, l’homme qui se sent coupable d’enfreindre la torah, va tout faire pour se punir lui même. Toute sa vie durant, il va inconsciemment saboter ce qu’il entreprend, pour ne pas remettre en question la vision du monde que Moshé ou ses parents lui ont communiquée.

 Comme il se sent coupable, ce juif se sent maudit, et il va tout faire pour que concrétiser cette malédiction. Car pour lui,  l’accomplissement de cette malédiction est une nécessité vitale qui donnera sens à sa vie. Pour se juif, la réussite serait plus dangereuse encore, que l’échec, puisqu’elle remettrait en cause la structure même de son être.

De même, celui qui fait des efforts pour garder les préceptes de la torah, sait que selon la torah, il doit être bénit et réussir tout ce qu’il fait. Inconsciemment, cet homme va tout faire pour que les bénédictions promises s’accomplissent, par ce que si elles ne s’accomplissaient pas, cela remettrait en cause toute sa vision du monde.  Pour ce juif, l’accomplissement des bénédictions devient une nécessité vitale qui dépasse sa volonté propre. Il se trouve qu’a la fin, l’homme qui choisit de respecter la torah va se bénir lui même. 

C’est le sens des versets du début de la parasha, la bénédiction repose dans le fait même d’accomplir les préceptes de la torah et donc de ce sentir en paix avec soi même, puisque la confiance apporte la réussite, et la malédiction repose dans l’infraction elle même, par ce que la culpabilité pousse l’homme a l’échec. Tout ceci, par ce que la torah est une manière de percevoir le monde qui structure la rationalité même de l’homme, c’est ce qui nous permet de voir.

5- Isaac et Essav, David et Bethsabée

Isaac était aveugle, c’est pour cette raison qu’il est la source de toutes les bénédictions. Isaac était capable de voir le futur, grâce a la logique (le din) il pouvait prévoir la fin de l’histoire, cela est apparent dans le texte même  des bénédictions qu’il donne a ses enfants.

 Pourtant, Isaak voulait bénir essav, le fils mauvais, justement par ce qu’Itzhak savait que la bénédiction réside dans ce que l’on ne voit pas, dans ce qui n’est pas calculable. Lorsqu’on réfléchit d’une manière trop rationnelle, on rate la partie imprévisible du monde, on rate le point aveugle ou se trouve la bénédiction.

Le talmud dans le traité de sanhédrin (107) explique que David a demandé a D, « pourquoi dit on dans la prière, le D d’Abraham, le D de Itzhak, le D de Jacob, et pourquoi ne dit on pas le D de David ? » D lui a répondu « les patriarches ont été éprouvés, toi tu n’as pas été éprouvé. »

 Alors David a dit à D « éprouve-moi ! » D lui a répondu « non seulement je vais t’éprouver, mais je vais te dire la nature de l’épreuve, cela sera une épreuve concernant les interdits sexuel. (Et malgré tout tu ne seras pas la hauteur des patriarches)» lorsque David a échoué il a dit a D, « D, tu sais bien que j’aurais pu triompher de l’épreuve, mais j’ai fait exprès de succomber, pour qu’on ne dise pas que l’esclave a eu raison du maitre »

Dans un autre passage (sotah 35) le talmud explique que David a été puni par ce qu’il a appelé les paroles de la torah des chansons. Comme le dit le verset  « tes préceptes sont devenus pour moi un sujet de cantiques dans ma demeure passagère ». 

Lorsque l’on étudie la torah, on fait une bénédiction au début de l’étude et pas à la fin, car on ne doit jamais être rassasié de la torah. Le regard que l’on porte sur la torah doit toujours être le regard de celui qui a faim, pas le regard esthétisant de l’homme rassasié.

 David a été rassasié de la torah, il a cherché à l’esthétiser, comme on esthétise des sons en les trouvant mélodiques, c’est pour cette raison qu’il ne pouvait pas être un patriarche. David savait depuis le début qu’il ne pouvait pas avoir raison contre D. 

Contrairement à David, Isaac cherche à bénir essav, et Abraham veut bénir ishmael, car ils pensent que l’histoire reste à écrire. Le patriarche sait que l’improbable reste possible, par ce que l’on n’a jamais finit de désirer la spiritualité.

 Le talmud dit ailleurs (pesahim 119) que David est celui qui va faire la bénédiction finale après le repas dans le temps messianique. Le nom Bethsabée en hébreux veut dire « la fille rassasiée », c’est le nom d’une espèce de figue que l’on mange même lorsque l’on n’a plus faim.

 Le temps messianique c’est le temps ou le désir pulsionnel aura disparu et ou il ne restera que la bénédiction finale et rétrospective de l’homme rassasie. 


Les documents

"Vous êtes les enfants de l'Éternel, votre Dieu: ne vous tailladez point le corps, ne vous rasez pas entre les yeux, en l'honneur d'un mort. 2 Car tu es un peuple consacré à l'Éternel, ton Dieu, et c'est toi qu'il a choisi, l'Éternel, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples répandus sur la terre. 3 Tu ne mangeras d'aucune chose abominable.

Rashi

Vous ne vous tailladerez pas Vous ne pratiquerez pas dans votre chair des incisions et des entailles pour un mort, de la manière pratiquée par les Emoris. Car vous êtes les fils de Hachem, et vous devez être beaux, et non entaillés et tondus.

Avodah zarah 44

MISHNAH. PROCLOS, SON OF A PHILOSOPHER,1  PUT A QUESTION TO R. GAMALIEL IN ACCO WHEN THE LATTER WAS BATHING IN THE BATH OF APHRODITE.2  HE SAID TO HIM, IT IS WRITTEN IN YOUR TORAH, AND THERE SHALL CLEAVE NOUGHT OF THE DEVOTED THING TO THINE HAND;3  WHY ARE YOU BATHING IN THE BATH OF APHRODITE?' HE REPLIED TO HIM, WE MAY NOT ANSWER [QUESTIONS RELATING TO TORAH] IN A BATH.4  WHEN HE CAME OUT, HE SAID TO HIM, 'I DID NOT COME INTO HER DOMAIN, SHE HAS COME INTO MINE.5  NOBODY SAYS, THE BATH WAS MADE AS AN ADORNMENT FOR APHRODITE; BUT HE SAYS, APHRODITE WAS MADE AS AN ADORNMENT FOR THE BATH. ANOTHER REASON IS, IF YOU WERE GIVEN A LARGE SUM OF MONEY, YOU WOULD NOT ENTER THE PRESENCE OF A STATUE REVERENCED BY YOU WHILE YOU WERE NUDE OR HAD EXPERIENCED SEMINAL EMISSION, NOR WOULD YOU URINATE BEFORE IT. BUT THIS [STATUE OF APHRODITE] STANDS BY A SEWER AND ALL PEOPLE URINATE BEFORE IT. [IN THE TORAH] IT IS ONLY STATED, THEIR GODS6  — I. E., WHAT IS TREATED AS A DEITY IS PROHIBITED, WHAT IS NOT TREATED AS A DEITY IS PERMITTED.

ספר הכוזרי מאמר ג

ולולא שאמרו: עזרא תקן טבילה לבעלי קריין, לא היינו חייבין בה חובת התורה אך חיוב טהרה ונקיות. ואם הם מקבלים אותה על עצמם לענין הנקיות, אין גנאי בזה מבלתי שיקבלוה לתורה,

Si ce n’est le prophète Ezra qui avait instaure une immersion pour ceux qui ont des émissions séminales, on n’aurait pas été oblige de s’immerger selon la torah, si ce n’est par pureté et propreté. Et si certains juifs acceptent cette immersion par propreté, sans l’accepter comme une loi de la torah, il n’y a aucun problème.

Nerhot 57

Three things benefit the body without being absorbed by it: washing, anointing, and regular motion. Three things are a reflex of the world to come: Sabbath, sunlight, and tashmish.12  Tashmish of what? Shall I say of the bed?13  This weakens. It must be then tashmish of the orifices. Three things restore a man's good spirits: [beautiful] sounds, sights, and smells. Three things increase a man's intelligence :14  a beautiful dwelling, a beautiful wife, and beautiful clothes.

Baba matsiah 61

Rabina happened to be in Sura on the Euphrates.18  Said R. Hanina of Sura on the Euphrates: Why did Scripture mention the exodus from Egypt in connection with [forbidden] reptiles?19  — He replied: The Holy One, blessed be He, said, I who distinguished between the first-born and one who was not a first-born, [even] I will mete out punishment to him who mingles the entrails of unclean fish with those of clean fish and sells them to an Israelite.20  Said he: My difficulty is 'that bringeth you up'! Why did the Divine Law write 'that bringeth you up' here?21  — [To intimate] the teaching of the School of R. Ishmael, he replied. Viz., The Holy One, blessed be He, declared, 'Had I brought up Israel from Egypt for no other purpose but this, that they should not defile themselves with reptiles, it would be sufficient for me.'22  But, he objected, is their reward [for abstaining from them] greater than [the reward for obeying the precepts on] interest, fringes and weights?23  — Though their reward is no greater, he rejoined, it is more loathsome to eat them [than to engage in the other malpractices].24

שמונה פרקים לרמב"ם פרק ה

או שיכוון אל הערב לפי העיון הרפואי, כגון שנחלשה תאוותו למאכל, ויעוררה במאכלי תאוה ערבים ומתובלים, וכן אם התעוררה עליו מרה שחורה, יסירה בשמיעת שירים ומיני נגינות, ובטיול בגנות ובבניינים נאים, ובישיבה עם צורות נאות, וכיוצא בזה ממה שירחיב הנפש, ויסיר דאגת המרה השחורה ממנה.

Si un homme est déprimé, qu’il enlève la dépression en écoutant des chants et des musiques, et en se promenant dans de jolis parcs ou dans des beau palais, et en s’asseyant avec de belles formes, et d’autres choses qui élargissent l’ame.