• Rav Uriel Aviges

Noah 5773

Le sang du ciel

(Vidéo en 2 parties)

Dans la société actuelle tous les êtres humains sont remplaçables, condamnés à vivre une vie formatée, ils doivent être efficaces sous peine d’être exclus ou marginalisés. Même les liens sentimentaux familiaux n’échappent pas à cette grammaire, les époux sont remplaçables, les parents et les enfants aussi. De ce fait, il n’est pas étonnant que l’homme moderne ressente un sentiment diffus d’absurdité devant la vie. Pour palier à ce vide intérieur beaucoup cherchent à vivre des expériences spirituelles, pour enchanter leur vie et lui donner un sens. C’est ce qui explique le retour en force des religions dans les sociétés occidentales modernes. 


Cependant, souvent, même lorsque les individus reviennent vers la religion, ils restent un peu sur leur faim, car les actes religieux ne parviennent pas à créer une relation avec le divin. Tous les actes religieux semblent être des actions répétitives mimant un rapport factice à D. D n’est il pas au dessus de tous les détails de la loi et de la halacha ? Quel sens peut avoir une prière rituelle mécanique et immuable ? 

La génération du déluge a été confrontée à ce problème, le midrash dit : « la génération du déluge aimait D mais n’aimait pas la torah, alors que la génération de la tour de Babel aimait la torah sans aimer D ». La torah montre, à travers ces deux exemples, une séparation entre l’acte religieux et le rapport à la divinité. Noah à travers la construction de l’arche, la tevah, est celui qui va trouver la solution à ce problème, il va rétablir le lien entre l’acte religieux et le rapport au divin. 

Dans ce texte nous allons essayer d’expliquer comment cette jonction s’effectue. Dans un premier temps nous allons poser quelques questions techniques sur le texte de la parasha et le commentaire de Rashi, dans un deuxième temps nous allons montrer à travers les midrashim et le talmud le sens profond de la tevah et dans un troisième temps nous allons tenter d’expliquer le rapport entre le progrès scientifique raisonné du monde et le divin.

La parasha commence avec les versets suivants :

« Celles-ci sont les générations de Noé. Noé fut un homme juste, irréprochable, entre ses contemporains; il se conduisit selon Dieu. 10 Noé engendra trois fils: Sem, Cham et Japhet. 11 Or, la terre s'était corrompue devant Dieu, et elle s'était remplie d'iniquité. 12 Dieu considéra que la terre était corrompue, toute créature ayant perverti sa voie sur la terre. 13 Et Dieu dit à Noé: "Le terme de toutes les créatures est arrivé à mes yeux, parce que la terre, à cause d'elles, est remplie d'iniquité; et je vais les détruire avec la terre »

Il y a lieu de s’arrêter sur deux commentaires de Rashi très connus :

Celles-ci sont les générations de Noah. Noah fut un homme juste Puisqu’on le nomme, on fait son éloge, [alors que l’emploi du mot « générations » aurait dû plutôt conduire à l’énoncé d’une généalogie], ainsi qu’il est écrit : « le souvenir du juste est une bénédiction » (Michlei 10, 7). Autre explication : C’est pour t’apprendre que les véritables « générations » laissées par les justes sont constituées par leurs bonnes œuvres (Beréchith Raba 30, 6).

Dans sa génération : Certains de nos maîtres y voient un éloge : à plus forte raison, s’il avait appartenu à une génération de justes, aurait-il été encore plus juste. D’autres y voient un blâme : il était un juste dans sa propre génération, mais s’il avait appartenu à celle d’Abraham, il n’aurait compté pour rien (V. Sanhédrin 108a, Beréchith Raba 30, 9).

Arrêtons-nous sur la fin de ce dernier commentaire de Rashi. « D’autres y voient un blâme : il était un juste dans sa propre génération, mais s’il avait appartenu à celle d’Abraham, il n’aurait compté pour rien ». Ce qui pose problème dans cette partie du commentaire, c’est qu’il parait complètement inapproprié au texte auquel il se rapporte. Il est logique de penser que Noah était un juste d’un niveau inferieur à celui d’Abraham, soit, mais on ne voit pas pourquoi le texte de la torah viendrait nous dire cela, ici à travers ces versets ! Lorsqu’on lit ces versets d’une manière littérale, il est évident qu’ils viennent dire l’éloge de Noah, les versets expliquent pourquoi il va être sauvé, comme Rashi l’a dit lui-même au début de son commentaire : «Noah fut un homme juste, puisqu’on le nomme, on fait son éloge, » un reproche ne serait pas à sa place dans ce texte. Comment donc comprendre le fait que Rashi pense que l’on puisse interpréter le mot « dans sa génération » comme étant un reproche ?

La torah continue en décrivant la « tevah », littéralement « la boite », ou « le mot » que Noah doit construire. 

« Et voici comment tu la feras: trois cents coudées seront la longueur de l'arche; cinquante coudées sa largeur, et trente coudées sa hauteur. 16 Tu donneras du jour à l'arche, que tu réduiras, vers le haut, à la largeur d'une coudée; tu placeras la porte de l'arche sur le côté. »

La tevah devait avoir un fond plat alors que le haut avait une forme pointue qui allait en s’affinant. Cette forme est très étrange pour un bateau, puisque normalement, c’est le fond du bateau qui va en s’affinant alors que le haut du bateau est plat. Rashi explique qu’il fallait que le plafond soit pointu pour que la pluie puisse s’évacuer rapidement du toit. Cette explication parait absurde, puisque même si le toit était plat, la pluie pourrait s’évacuer et le poids de l’eau glissant sur la tevah devait être minime par rapport à la charge énorme que constituaient tous les passagers du bateau.

 Pour expliquer la forme de la tevah, Le Zohar explique que Noah ne naviguait pas sur les eaux terrestres, mais sur les eaux du ciel. La coque du bateau était en fait le toit, et le fond du bateau était la partie qui flottait à la surface de l’eau suspendue au ciel. Le Zohar explique que le deuxième jour de la création, D avait séparé les eaux terrestres des eaux célestes, mais les eaux, bien que séparées, continuaient à s’unir dans un mouvement circulaire, puisque la pluie descend sur terre et qu’elle remonte sous la forme de vapeur d’eau.

 les gens de la génération du déluge avaient rompu le cycle de l’eau, le Zohar dit que les eaux du ciel sont masculines, alors que les eaux terrestres sont féminines, et en se masturbant sur le sol de la terre la génération du déluge avait rompu le lien unissant les eaux masculine et les eaux féminines, de ce fait, ils ont été puni par le déluge venant du ciel et de la terre, puisque le féminin et le masculin réclamait une union qui leur avait été déniée. Noah en construisant la tevah devait flotter à travers les eaux célestes masculines, et les eaux terrestres féminines, c’est ce qui explique la forme pointue masculine du couvercle de la tevah et la forme plate d’un réceptacle féminin du fond de la tevah. 

Il est évident que ce passage du Zohar est énigmatique et qu’il nécessite un éclaircissement. 

Mais avant je vais rapporter un autre passage du Zohar encore plus énigmatique que j’aimerais élucider. Pour le Zohar la faute principale de la génération du déluge c’est la masturbation. (C’est de cette manière que le Zohar interprète le verset « toute créature ayant pervertie sa voix sur la terre », puisque le mot « voix », « chemin » en hébreux peut être traduit par sperme ou semence). Ce qui est difficile à comprendre, c’est que le Zohar interprète cette faute comme un manquement à l’alliance faite avec D. Il rapporte le verset de Jérémie « Ainsi parle le Seigneur: Si mon pacte existant le jour et la nuit pouvait ne plus subsister, je cessais de fixer des lois au ciel et à la terre ». Ce verset parle de la circoncision de la « brith milah », il dit en substance : « si on arrêtait de pratiquer la circoncision, alors les règles de la natures seront effacées. » Le Zohar pense que le fait de se masturber c’est annuler l’alliance de la circoncision, et c’est cette profanation qui a entrainée la perte de la génération du déluge. 

Ce passage du Zohar est difficile, puisque la circoncision n’existait pas à l’époque du déluge, on ne peut donc pas dire qu’en se masturbant la génération du déluge a profané l’alliance de la circoncision.

Il apparait d’autre part, qu’en mettant en relation l’idée de la « brith milah » et « la tevah » de Noah, le Zohar cherche à montrer que le rapport au langage est pervertie par la génération du déluge, puisque le mot brith milah « veut dire l’alliance de la parole » et le mot « tevah » veut dire « mot ». Comme si il y avait quelque chose dans la parole qui pourrait rétablir le lien entre le féminin et le masculin dans le monde et que cette chose avait été détruite par la génération du déluge. Mais, la encore, comme dirait la première dame de France, « on tâtonne ».

Je pense que l’on peut trouver la réponse à toutes ces questions à travers l’étude d’un passage du talmud dans le traité de Menahot 94b. Ce passage du talmud parle de la forme des 12 pains de présentations qui se trouvaient sur la table du temple. Ces pains devaient être cuits le jour du chabath et ils étaient mangés le chabath suivant, par les kohanim. Or, le talmud apporte une discussion entre deux rabbins sur la forme de ces pains (qui étaient en fait des matsot) le talmud dit : « rabbi Hanina dit : les pains avaient la forme de la tevah, mais ouverte », et rabbi Yohanan dit « non, ils avaient la forme d’un bateau qui dance ». Cette discussion prend une place considérable dans le traité de Menahot, et lorsqu’on analyse les deux avis, il apparait clairement que rabbi Yohanan pense que les pains avaient la forme du couvercle de la tevah de Noah, alors que rabbi Hanina pense, au contraire, que les pains avaient la forme de la base plate de la tevah de Noah. 

Il est très surprenant de voir apparaitre l’arche de Noah dans la description ses 12 pains de présentations du temple. Pourtant, si on réfléchit sur le sens profond de ces pains, le lien apparait de manière évidente.

 Nahmanide explique que les 12 pains faits chacun de deux mesures de farine correspondent aux 12 signes du zodiaque qui permutent dans les 24 heures de la journée, les pains étaient placés en deux colonnes de 6 correspondant aux six jours de la création. Nahmanide explique que le texte de la genèse indique que D n’a pas créé le monde ex-nihilo, il a d’abord du créer des « matériaux » comme le tohu et le bohu et l’eau qu’il a ensuite étendus et élargis. Nahmanide explique « la beraha » la bénédiction divine ne peut pas venir de rien, il faut qu’elle s’applique sur quelque chose qui existe déjà. Le monde ne pouvait pas venir de rien, il devait venir de quelque chose d’infime qui s’est ensuite étendu par la beraha d’hashem. (On retrouve cette idée avec les fioles d’huile remplies par le prophète Elisha, Elisha ne pouvait pas faire le miracle si la veuve n’avait même plus une goute d’huile, il fallait qu’elle ait quelque chose à donner à Elisha, pour que cette chose puisse se multiplier et s’étendre).

Ainsi, les pains de présentation étaient cuisinés le chabath, par ce qu’ils étaient la source qui permettait à la bénédiction de s’étendre sur toutes les actions juifs pendant tous les jours de la semaine. Il fallait faire un acte gratuit pour D le chabath, et de cet acte s’enchainait la bénédiction sur tous les autres jours de la semaine. 

Le talmud dit que les kohanim mangeaient une toute petite quantité du pain de présentation, mais ils en étaient rassasiés comme si ils avaient mangé un grand repas, par ce que le pain était béni à l’intérieur de leurs intestins. Le pain de présentation symbolise la graine, la semence, par laquelle la bénédiction peut s’étendre.

De même Noah a été la graine qui possédait en elle-même la possibilité de faire renaitre l’humanité, et la tevah était ce qui donnait à Noah la possibilité de s’épanouir et d’être béni. 

La « tevah » les mots, pour le Zohar ce sont des choses qui s’enchainent mécaniquement dans un rapport complémentaire. Un mot en amène un autre, dès que l’on commence à parler, le discours devient infini, le mot « mâle » entraine nécessairement un autre mot « femelle », et ainsi de suite. On peut se taire, mais dès que l’on commence à parler, si on s’arrête, on aura été imparfait. Par ce que mécaniquement un mot nécessite un autre mot pour le définir, cet enchainement infini mécanique du discours, c’est ce que le Zohar appelle « la tevah. ». La construction logique et les enchainements des raisonnements sont infinis.

Ce développement mécanique et raisonné de la société et de la vie est étranger à l’existence de l’homme. L’homme se retrouve prit dans un mouvement de progrès mécanique qu’il ne peut pas enrayer et auquel il se sent étranger. Puisqu’à la fin, le discours de la raison fonctionne tout seul, l’homme devient l’instrument et la victime de se développement mécanique. 

Et lorsque l’homme cherche à se retrouver en prenant ses distances face à la marche du progrès, par une recherche de spiritualité, il trouve son existence absurde puisqu’il n’est plus en phase avec la marche raisonnée du monde. Pour le midrash, les gens de la génération du déluge se masturbaient par ce qu’ils aimaient D, en fait ils cherchaient à briser le progrès de l’humanité pour garder un lien avec la divinité. 

La torah pense qu’il faut créer un mouvement cyclique entre la spiritualité de l’homme et le développement de cette spiritualité dans un mécanisme construit et raisonné. 

Il faut que dans un premier temps l’homme fasse une action sans intérêt, uniquement pour créer un lien avec le divin. Dans le cas des pains de présentation, il fallait que les kohanim cuisine du pain le chabath pour D. Cet acte était uniquement pour D, sans aucune arrière pensée, sans aucun calcul. C’était un acte gratuit pour D. Ensuite, une fois que l’on a fait cette action uniquement dans le but de créer un lien avec le divin, dans un deuxième temps, on peut chercher à construire à partir de cette action un enchainement raisonné orienté vers un but et une finalité calculée, à réaliser dans les six jours de la semaine.

Prenons l’exemple d’un homme qui invite des inconnus le chabath. Pour que cet acte crée un lien avec le divin, il faut le faire sans aucun calcul et sans aucunes arrières pensées, si ce n’est pour créer un lien avec le divin à travers la bienfaisance. Mais une fois que l’on a reçu les invités chez soi et que l’on a établie une relation avec eux, on peut réfléchir de manière raisonnée à ce que l’on peut construire à partir de cette relation. Est-ce que l’on va créer, avec ces nouveaux amis, une organisation de bikour holim, ou un business, ou est ce que l’on va faire une havrutah, ou bien est ce que l’on va organiser des vacances ensembles.

Du fait que l’action première a été faite pour établir un rapport avec le divin, puisque la germe a été pure, quelque soit le but raisonné que l’on donne à cette relation par la suite, il n’y aura plus de séparation entre le rapport à la spiritualité et le rapport au progrès et à la raison. 

Un mouvement circulaire se crée : un mouvement de départ pour rejoindre les eaux d’en haut et un mouvement d’arrivée qui s’ouvre vers le progrès raisonné de sa vie ou de l’histoire en général.

Le rav Haïm de Volozyn dit que lorsque l’on étudie la torah il ne faut pas avoir d’autre but que d’étudier la torah pour elle-même, il faut étudier pour étudier, pas pour mettre en pratique ou se perfectionner moralement. Pourtant, Nahmanide dit « lorsque tu fermes le livre réfléchis à ce que tu as étudié pour voir ce que tu peux accomplir ». Il n’y a pas de contradiction entre les deux avis. Au départ l’homme doit étudier uniquement pour accomplir l’ordre divin sans faire aucun calcul, uniquement pour créer un lien avec le divin, mais ensuite dans un deuxième temps, il doit réfléchir de manière raisonné à ce qu’il peut construire à partir cette acte gratuit qu’il a accomplit. Les mitsvoth de la torah doivent être accomplies indépendamment du sens qu’on leur donne, uniquement pour créer un lien avec le divin, mais dans un deuxième temps il faut que ces mitsvoth prennent un sens à travers le développement raisonné que l’on va leur apporter.

Les mitsvoth de la torah peuvent paraitre vides de sens et mimétiques si on ne leur donne pas une raison, mais si on limite l’accomplissement de la mitsvah à sa raison, alors on a perdu la possibilité de se lier avec le divin à travers les mitsvoth. 

A partir de cette idée nous pouvons répondre aux trois questions que nous avions demandées. Lorsque les rabbins expliquent que Noah n’était rien par rapport à Abraham, ils ne minimalisent pas l’importance de Noah. Puisque Noah était le grand père d’Abraham, Noah avait déjà en lui le germe d’Abraham. Il était capable de donner à l’humanité le sens du progrès, or c’est le sens du progrès qui faisait défaut à la génération du déluge.

Les gens de cette génération se masturbaient parce que le sens de l’histoire leur paraissait absurde, ils ne voyaient pas de raison d’avoir des enfants. Pour la génération du déluge il y avait un choix irréductible à faire entre la spiritualité, le lien à D, d’une part, et le progrès de l’humanité d’autre part. Noah est capable de lier le progrès de l’histoire avec la vie spirituelle, c’est pour cela qu’il porte en germe le progrès matériel et le progrès spirituel de l’humanité. Cette interprétation s’insère parfaitement dans le texte où Noah est décrit comme un jute « dans ses générations », c'est-à-dire dans ses générations futures, à venir, qui seraient beaucoup plus grandes que lui-même.

Cette interprétation fait écho au début du Rashi disant que « la racine des générations d’un juste ce sont ces bonnes actions ». C’est par ce que Noah était un juste plein de bonnes actions, qu’il pouvait mériter d’avoir une descendance encore plus grande que lui. Noah est « le germe de la bénédiction » que réalise Abraham. Dans ce sens il est comparable aux douze pains apportés sur la table du temple le chabath qui sont le germe de la bénédiction de toutes les actions accomplies dans la semaine.

La coque du bateau est plate alors que le haut est pointu, puisque l’acte fondateur orienté vers le ciel est petit, presque symbolique. Le chabath on ne fait que 12 pains pour tous les kohanim du temple, mais a partir de ce début infime, il s’étend d’une manière mécanique toute une construction qui va en s’élargissant, cette construction, c’est le progrès de l’humanité qui se réalise sur la terre par la raison, ou bien, la forme de la tevah symbolise le sens d’une vie qui se construit logiquement a partir de l’accomplissement d’une mitsvah orientée vers le ciel. C’est ce que dit le Zohar « Noah voguait sur les eaux célestes et il était capable de recréer le cycle des eaux d’en haut et d’en bas. »

Le Zohar considère que la génération du déluge a violé l’alliance faite avec D en se masturbant, bien que la circoncision n’existait pas encore, par ce que l’homme, même non juif, est lié avec D par un pacte qui l’oblige à faire progresser le monde en donnant un sens à l’histoire. En se masturbant et en refusant le progrès raisonné du monde la génération du déluge avait transgressé l’alliance faite avec D. La brith milah, l’alliance de la parole, n’est que le signe d’une alliance qui lie toute l’humanité avec D, par le devoir de développer le monde et de le faire progresser par le discours infini de la raison et de la logique.

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