• Rav Uriel Aviges

Noah 5771

Le talmud dans le traité de Nidah nous apprend que la cause du déluge c’était la pratique de la masturbation. Le talmud (14a) dit “ils ont fauté par le bouillonnement ils ont été punis par le bouillonnement”. Cette déclaration du talmud peut paraitre étonnante, car lorsqu’on lit les versets, on a l’impression que les gens de la génération du déluge fautaient de manière bien plus grave: ils volaient, ils violaient et ils s’entretuaient.

Alors, comment le talmud peut-il dire que la raison pour laquelle la génération du déluge a été punis c’est par ce qu’elle pratiquait la masturbation?

On peut interpréter ce passage du talmud comme expliquant que la cause de toutes les fautes de la génération du déluge c’était la masturbation.

Il est exacte que les gens de cette génération volaient, tuaient et violaient, mais la nature exacte de la faute, la cause de toutes ces fautes c’était la masturbation. C’est pour cela que la punition qui est toujours “mesure contre mesure” était administrée « à la mesure » de la masturbation.

Cette explication du talmud reste étonnante, en effet une étude faite en France, il y a quelques années, montrait qu’il y avait une relation inversement proportionnelle entre le nombre de sexe shop dans une ville et le nombre de crime sexuel dans cette même ville. La réalité sociale montrerait donc que la masturbation est un exutoire à la violence. La réalité semble montrer que la masturbation diminue la violence et le crime, contrairement à ce que le talmud semble dire dans le traité de Nidah.

Dans les prisons françaises la direction des pénitenciers abreuve les incarcérés de pornographie, puisque les sociologues ont constaté que la pornographie et la masturbation réduisait la violence des prisonnier.

Comment le talmud peut-il donc affirmer que la masturbation est la cause de la violence sociale, contrairement à ce que la réalité sociale semble nous montrer?

On peut aussi s’étonner sur ce passage du talmud d’une manière plus technique, car nulle part dans la torah on ne trouve que D a interdit la masturbation aux non juifs. L’interdit de la masturbation ne fait pas partie des 7 mitsvoth adressées aux non juifs. Or, si il n’y avait aucun interdit de se masturber chez les non juifs, comment peut-on comprendre que D puisse les punir pour une faute qui n’existait pas?

Rav Izik Sher répond à cette question en disant que la logique élémentaire impose l’interdit de la masturbation, or tout ce qui est imposé par la logique c’est la volonté de D, les non juifs étaient de facto concernés par l’interdit de la masturbation du fait que la raison condamne la masturbation.

On ne peut être que reconnaissant au Rav Sher d’avoir dit que tout ce qui est logique c’est la volonté de D, mais on peut questionner le fait que « la logique impose l’interdit de la masturbation », pourquoi l’interdit de la masturbation ne serait-il pas plutôt un “hok”, une loi sans raison ? Celui qui se masturbe se fait plaisir à lui et il ne fait de mal à personne, comment la raison pourrait-elle condamner un tel acte ?

Le Rav Nahman de Braslav a consacré une grande partie de sa vie à l’analyse et à la réparation de la faute de la masturbation.

En effet le Zohar et la Kabbale en générale sont très négatifs lorsqu’ils jugent cette faute, le Zohar écrit même “il est préférable pour un homme de violer sa mère plutôt que de se masturber”. (Évidement seul les imbéciles prennent le Zohar aux mots).

Rav Nahman s’est dit, « on peut peut-être comprendre la sainteté si on analyse ce que la Kabbale oppose de manière symétrique à la sainteté, or ce que la Kabbale oppose de manière symétrique à la sainteté c’est la masturbation. » « Si on comprend l’impureté de la masturbation on peut comprendre la nature de la sainteté de D ». (Rav Nahman en raisonnant de cette manière utilisait exactement les méthodes de Foucault, il cherchait à faire l’épistémologie de la Kabbale.).

Une des premières découvertes de Rav Nahman a été la constatation que la masturbation avait quelque chose à voir avec la dépression. Il a vu que la masturbation entraine une sorte d’état dépressif. Rav Nahman a attribué cet état dépressif au fait que les organes reproducteur avaient pour but la création d’autres êtres humains.

Ce sont les organes reproducteurs, qui sont, selon Rav Nahman, la partie du corps qui rapproche le plus l’homme de D. En effet, D est avant tout un créateur qui crée l’homme à son image. L’homme ressemble donc à D par ses parties génitales. Le fait d’utiliser les organes génitaux dans une action stérile et non créatrice déprime l’homme en l’éloignant de D.

Pour Rav Nahman c’est la dépression qui suit la masturbation qui est impure.

On peut questionner cette approche du fait que l’interdit de la masturbation dans la halacha, (selon plusieurs décisionnaires) n’est pas lié au commandement de procréation. En effet Rashi et les Tosafoth comme le Mordehi pensent que l’interdit de la masturbation ne s’applique pas dans le cas de rapports sexuels effectués avec des préservatifs, bien que l’acte soit totalement stérile. Même les décisionnaires opposés à ce point de vue comme Nahmanide et ses élèves, sont d’accord que si la femme utilise un moyen contraceptif on ne peut pas parler de masturbation. La définition halachique qui limite l’interdit de la masturbation est “que le corps jouisse (directement) d’un autre corps”. Il n’est pas question dans cette définition de procréation.

De plus on peut remettre en question le lien que Rav Nahman de Braslav fait entre le fait de ne pas se masturber et le fait de procréer. En effet, logiquement on ne voit pas comment le fait de ne pas se masturber augmente le potentiel de procréation. Quelle différence entre quelqu’un qui s’empêche de procréer par abstinence et quelqu’un qui s’empêche de procréer par ce qu’il se masturbe ? Pourtant il est clair que celui qui s’abstient de rapport sexuel n’enfreint en aucune manière l’interdit de masturbation.

Il me semble donc que l’essence de l’interdit soit d’une autre nature. Voila ma thèse.

Dans le règne animal il n’y a qu’une espèce qui pratique la masturbation c’est l’espèce des singes bonobo. Les singes bonobo ont un (autre) point commun avec l’homme dans l’exercice de leurs sexualités, ils sont les seuls animaux à avoir des rapports sexuelles face à face. On peut avancer l’idée qu’il y ait un lien entre la masturbation et le fait d’avoir des rapports face à face. La masturbation serait l’opposée symétrique du rapport sexuel face à face.

En effet, que signifie le fait d’avoir des rapports sexuels face à face ? Qu’est ce que l’homme cherche dans le visage de l’autre? Il me semble que l’homme ou la femme cherche dans le regard de l’autre la justification de son droit à la jouissance.

Il semble qu’il y est chez l’homme une nécessité de justifier son droit au plaisir, et cette justification il la trouve dans le regard de l’autre. Lorsque l’autre le considère comme un objet de désir l’individu pense qu’il a droit à la jouissance. Cette nécessité de justification n’est pas d’ordre moral. On ne peut pas dire que l’homme se sente coupable de jouir. Je dirais plutôt qu’il semble que l’homme ait besoin de sentir qu’il est à la hauteur de sa jouissance. L’homme veut sentir qu’il mérite sa jouissance d’un point de vue existentielle.

Prenons l’exemple d’une femme qui se maquille et qui se pare de bijoux, elle cherche à être un objet de désir, cette recherche n’est pas une nécessité mécanique. Cette femme ne veut pas être considérée comme un objet uniquement par ce que si elle n’est pas un objet de désir elle ne peut pas séduire et si elle ne peut pas séduire elle ne pourra pas jouir.

Au contraire, même si elle sait que l’homme qu’elle veut séduire est déjà conquis, elle ne s’empêchera pas pour autant de vouloir se maquiller et se farder, La raison pour laquelle la femme cherche à être un objet c’est par qu’elle veut être a la hauteur de sa jouissance. Elle a besoin d’être assurée qu’elle mérite son plaisir, elle doit être sure que ce plaisir lui est adressé à elle et pas à quelqu’un d’autre. Elle ne cherche pas une justification morale mais une justification existentielle, c’est ce que les femmes appellent « booster leur ego ».

Cette nécessité existentielle chez l’homme de justifier sa jouissance ne se limite pas à la jouissance sexuelle. Par exemple dans la « pulsion d’achat » l’homme tire plaisir lorsqu’il paye, par ce qu’il se prouve qu’il est digne de l’objet qu’il acquiert.

C’est ce qui explique tout le cirque que les vendeurs doivent faire pour que le client achète un objet. La gratification du client, a pour but de montrer au client qu’il mérite l’objet de son désir et qu’il lui revient.

Toute la cérémonie du mariage est organisée sur cette double gratification des partenaires. La cérémonie du mariage est exempte de séduction, par contre elle est axée sur une volonté de justification, où les mariées se justifient mutuellement comme ayant le droit à la jouissance.

Le face à face dans la jouissance est une nécessité d’être reconnu et identifié comme destinataire et ayant droit à la jouissance.

La masturbation est un comportement totalement opposé au rapport de face à face. Dans la masturbation l’homme cherche à s’évader de la nécessité de justification de son plaisir.

D’une certaine manière la masturbation semble être moralement supérieure au rapport sexuel face à face, puisque dans le rapport sexuel face à face on instrumentalise l’autre par une volonté de gratification narcissique. Dans le face à face l’autre et là pour me regarder, il est un instrument et moi je deviens un objet.

Dans le rapport sexuel on se transforme en objet pour l’autre et on transforme l’autre en objet, alors que dans la masturbation celui qui se masturbe se libère l’objectivation de l’autre et il semble acquérir une autonomie et une liberté.

Pourtant, la torah condamne la masturbation et elle prend partie pour le rapport du face à face. La torah pourtant ne nie pas le fait que se rapport face à face transforme l’homme et la femme en objet.

Pour la Mishna l’homme acquiert une femme comme il acquiert un chameau, pour la Mishna la femme est une marchandise. Cette manière de voire les choses n’est pas misogyne, car l’homme aussi devient un object lorsqu’il acquiert la femme. Le consommateur est aussi une marchandise. Le consommateur a besoin de devenir un objet de convoitise aux yeux du marchand, c’est à dire d’être une marchandise lui même, pour tirer plaisir de l’achat.

En disant que la faute de la génération du déluge c’était la masturbation, le talmud dit que c’est l’objectivation de l’autre qui garantie la paix sociale.

Pour que l’homme ne vole pas, pour qu’il ne tue pas, pour qu’il ne viole pas, l’homme doit d’abord chercher à être un objet pour l’autre. Si l’homme cherche à s’évader de cette objectivation s’il cherche l’autonomie et la liberté, s’il se masturbe, alors la société ne peut plus tenir.

Cette vision parait excessivement pessimiste, (en France on aurait dit c’est une vision “anglo-saxonne”, en Amérique on aurait dit que c’est la “french new thought” et en Allemagne on aurait dit que c’est une évidence) puisqu’elle met en opposition la liberté d’être par soi même et l’existence d’une société harmonieuse. On peut même dire que c’est une vision fascisante. Or par principe la torah n’est pas fasciste. Il faut donc creuser plus en profondeur pour comprendre le sens du talmud dans Nidah.

Le talmud dans Ketouvoth nous raconte une histoire très étrange, l’histoire de rabbi Akivah. Cette histoire est très connue, rabbi Akivah était vendeur dans le marché du coin, il avait la haine de la torah il disait “si jamais je vois un érudit je le mordrais aussi fort que mord un âne”. Il a 40 ans et il est célibataire, et il vient d’une famille qui n’a aucune noblesse, il descend en droite ligne des enfants de Hamann (le “isnogood” de la Meguila). Il n’est pas riche et n’a pas l’air intelligent du tout. Pourtant la fille de Kolba Savouah, la célibataire la plus riche du pays, tombe follement amoureuse de lui. Elle se marie avec lui et son père la déshérite. Ensuite cette femme (qui a l’air dans cette histoire, d’une malade mentale de première catégorie) demande à rabbi Akivah d’aller étudier à la yeshivah pendant 12 ans. Rabi Akivah refuse, il dit à se femme “j’ai été vendeur dans ce marché depuis trente ans, pourquoi veux-tu que je change de métier?”. A la fin ce qui devait arriver arriva, il écoute sa femme et reste étudier à la yeshivah pendant 24 ans et il devient rabbi Akivah. Ensuite le beau père de rabbi Akivah le réintègre et lui donne une part de sa fortune.

Ce qui est bizarre dans cette histoire c’est évidement le comportement de la femme de rabbi Akivah, mais je pense qu’il n’y a qu’une femme qui pourrait expliquer ce comportement, je laisse donc aux lectrices le soin d’interpréter ce passage à leur guise.

Ce qui par contre peut être explicité d’un point de vu masculin c’est le fait que pour rabbi Akivah c’est sa femme qui le rapproche de D. C’est un phénomène qui a priori parait étonnant. En effet dans la psyché masculine rien ne parait plus antinomique que D et les femmes. Certains hommes disent « j’ai vu les femmes, je n’ai pas vu D », d’ »autre vous dirons j’ai vu D et pas les femmes ». Mais rabbi Akivah semble voir D à travers sa femme, comment est ce possible?

Dans le cours précédent nous avons parle d’Esaü qui cherchait à séduire les femmes mariées grâce à son rapport à D, quelle différence y a-t-il entre rabbi Akivah et Esaü?

Dans les deux cas nous avons l’exemple d’un rapport au divin qui est motivé par un désir animal?

Techniquement on comprend bien que le talmud veut mettre en opposition rabbi Akivah et Esaü. Puisque rabbi Akivah cherche à séduire sa femme, une femme à laquelle il est déjà marié, alors que Esaü cherche à séduire les autres femmes. Cette distinction est évidente, mais quel est son sens? Cette distinction n’a l’air d’être qu’un détaille secondaire car dans le rapport à D quelle différence ce détail peut il faire? Quelle différence peut-il y avoir dans le rapport à D si la motivation est la séduction de sa femme ou si la motivation est la séduction de la femme du voisin?

Pour répondre à cette question il faut s’interroger sur la pluralité des femmes qu’Esaü cherche à séduire. Esaü ne cherche pas à séduire une femme, il cherche à séduire des femmes, comme on dit dans le sud “il a toujours faim”. Pourquoi Esaü a-t-il toujours faim?

Par ce que Esaü est ancré dans son rapport à la femme au registre du fantasme. Esaü cherche à séduire des fantômes. Il n’est pas intéressé au rapport de face à face, il veut avoir à faire à des femmes fantasmées qu’il rencontre un soir et qu’il oublie le lendemain. Il ne veut pas voir la femme dans sa réalité, il veut voire la femme rêvée. Or, le rêve n’a pas de consistance, il ne peut pas rassasier, Esaü a donc toujours faim. Esaü reste dans la dimension de la masturbation.

Bataille disait que la volonté d’accumuler des objets venait de “la part maudite de l’objet”. Un homme achète une montre, il est heureux par ce que cette montre est spéciale c’est la première fois qu’il a une montre aussi belle. Plus tard il va chercher à acheter une autre montre encore plus belle pour revivre l’expérience de bonheur qu’il avait eu avec la première montre, mais ça ne marche pas vraiment, alors il va acheter une troisième montre encore plus belle pour ressentir ce qu’il avait senti avec la première montre, mais ce ne marche toujours pas, alors il achète une quatrième montre encore plus belle, mais ce ne marchera jamais. Parce que la première montre restera spéciale par ce que c’était la première. Dans le rapport au partenaire amoureux on cherche toujours le premier ou la première que l’on a paru, mais on ne le (la) retrouvera jamais, puisque ce que ce partenaire avait de spécial c’est qu’il était le premier. C’est pour cela que chez les juifs ultra orthodoxe on cherche à préserver au maximum les jeunes pour qu’ils se marient avec le premier ou la première qu’ils rencontrent. Lorsque l’on n’a pas eu le mérite de se marier avec le premier, on a toujours un rapport faux avec son partenaire, on cherchera constamment quelqu’un d’autre qu’on ne trouvera jamais.

Rabi Akivah arrive à se retrouver lui même grâce a sa femme. Il pensait être un vendeur de marché mais en fait il était fait pour enseigner dans une yeshivah. Cela ne veut pas dire que sa femme le comprenait plus qu’il se comprenait lui même, cela veut simplement dire qu’il s’est retrouvé grâce au face à face avec sa femme. En fait rabbi Akivah se développe en se séparant de sa femme pendant 24 ans et en restant avec ses amis a la yeshivah, mais c’est sa femme qui lui ouvre le chemin de sa véritable vocation.

L’histoire d’Esaü nous apprend que le séducteur veut posséder une femme qu’il a déjà perdu, il se trompe sur l’identité de son partenaire il ne veut pas la connaitre. L’histoire de rabbi Akivah nous montre que l’homme sans face à face se trompe sur sa propre identité il pense être quelqu’un d’autre. (En mettant bout à bout l’histoire de rabbi Akivah et celle d’Esaü on se rend compte que l’on est en face d’un cercle vicieux : par le fantasme l’homme se fuit lui-même, il se prend pour quelqu’un d’autre. pour continuer à se fuir l’homme a besoin de ne pas voir le visage de l’autre et de rester dans l’univers de la masturbation, pour se fuir l’homme doit nécessairement ne pas voir le véritable visage de son partenaire.)

Par l’histoire de rabbi Akivah le talmud veut nous apprendre que si l’homme a du mal à se connaitre lui même ce n’est pas par ce qu’il est incapable d’introspection. Si l’homme se trompe quant à sa propre nature, c’est par ce qu’il se prend en général pour quelqu’un d’autre. La femme dans le rapport de face à face n’est pas capable de savoir qui est l’homme d’en face mais elle est capable de lui faire découvrir qu’il n’est pas le personnage qu’il croit jouer. Cette relation est réciproque entre l’homme et la femme.

L’homme a besoin d’être objectivé en tant qu’objet dans son rapport à la jouissance par ce que naturellement l’homme a tendance à s’identifier à quelqu’un d’autre lorsqu’il jouit. Cette identification à quelqu’un d’autre est la racine de la perversion.

Je donne des exemples schématiques pour illustrer ce phénomène. Envisageons par exemple le rapport sado masochiste entre l’homme et la femme. Les psychologues analysent grosso modo la relation sado masochiste de la manière suivante. Si un homme avait une mère douce et tendre et qu’il regrette son enfance, alors il va chercher une femme dure et autoritaire qui va le faire régresser pour tenter de revivre son enfance, l’homme dans ce cas veut revivre son rapport à la mère par sa femme. Par contre si un homme avait une mère dure et qu’il a eu une enfance malheureuse avec sa mère il va chercher à faire souffrir sa femme pour se venger de ce que sa mère lui avait fait subir. Vice-versa, si une femme avait un père doux elle va chercher un mari qui est comme un père c’est à dire un homme autoritaire pour la faire régresser en enfance, puisqu’elle est nostalgique de son enfance. Par contre si elle avait un père dur elle va chercher à materner son mari pour se venger de son père.

On comprend qu’il y a un problème dans ces relations puisque la femme qui cherche un père doux se retrouve avec un mari dur et dominateur, alors que l’homme qui cherchait la douceur de sa mère se retrouve avec une femme dure et acariâtre. On a affaire dans ces cas là à des relations sado-maso. C’est pour cela que les histoires d’amour finissent mal en général.

Mais la racine du mal dans tout ces cas, c’est que l’individu se prend pour quelqu’un d’autre lorsqu’il jouit. Au lieu de voir son mari tel qu’il est, la femme voit dans son mari l’image de son père ou le contraire de son père, De même, au lieu de voir sa femme telle qu’elle est, l’homme voit dans sa femme l’image de sa mère ou le contraire de sa mère. Dans tous ces cas on est dans le registre de la masturbation et du fantasme. La relation de face à face est la seule qui permette de sortir d’une arithmétique sado masochiste.

Dans la perversion sado masochiste, l’individu ne se voit que comme la continuation du couple de ses parents. Il fuit la relation en face à face qui le ramène à lui même.

On comprend que la relation d’objectivation n’est pas une négation de la liberté de l’homme, mais au contraire c’est le face à face qui permet a l’individu d’être lui même, alors que la masturbation n’est que la fuite de soit même, dans le simulacre d’une liberté.

La masturbation et le rapport au fantasme sont l’effacement du visage de l’homme c’est à dire la cause du déluge.

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