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  • Rav Uriel Aviges

Leh Leha 5774

Dans ce cours nous parlons de la necessite de creer un peuple dans le monotheisme. Nous parlons aussi de l'impacte du rav Ovadia Yossef zal sur le judaisme.


Techouvah et recherche identitaire


Exergue

« Depuis plusieurs années, la part d'intérêt que le public accorde aux choses spirituelles était singulièrement diminuée ; son budget d'enthousiasme allait se rétrécissant toujours … le nouveau romancier se trouvait en face d'une société absolument usée, - pire qu'usée, - abrutie et goulue, n'ayant horreur que de la fiction, et d'amour que pour la possession.

Dans des conditions semblables, un esprit bien nourri, enthousiaste du beau, mais façonné à une forte escrime, jugeant à la fois le bon et le mauvais des circonstances, à dû se dire : «Quel est le moyen le plus sûr de remuer toutes ces vieilles âmes ? Elles ignorent en réalité ce qu'elles aimeraient ; elles n'ont un dégoût positif que du grand ; la passion naïve, ardente, l'abandon poétique les fait rougir et les blesse.

- Soyons donc vulgaire dans le choix du sujet ….Il ne restait plus à l'auteur, pour accomplir le tour de force dans son entier, que de se dépouiller (autant que possible) de son sexe et de se faire femme. Il en est résulté une merveille ; c'est que, malgré tout son zèle de comédien, il n'a pas pu ne pas infuser un sang viril dans les veines de sa créature…. 

En somme, cette femme est vraiment grande, elle est surtout pitoyable, et malgré la dureté systématique de l'auteur, toutes les femmes intellectuelles lui sauront gré d'avoir élevé la femelle à une si haute puissance, si loin de l'animal pur et si près de l'homme idéal, et de l'avoir fait participer à ce double caractère de calcul et de rêverie qui constitue l'être parfait. »

Charles Baudelaire a propos de Flaubert.

1- techouvah et recherche identitaire

La parasha de la semaine commence avec les versets suivants « L’Éternel avait dit à Abram: "Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t'indiquerai. 2 Je te ferai devenir une grande nation; je te bénirai, je rendrai ton nom glorieux, et tu seras un type de bénédiction ». Ce texte se situe immédiatement après le récit de la construction de la tour de Babel et l’éparpillement des nations à travers le globe qui en résultât. 

Le midrash Rabah (chapitre 39) explique que l’histoire d’Abraham est une prolongation de l’épisode de la tour de Babel. D demande à Abraham de créer une nouvelle nation en Israël, par ce qu’il voulait que l’humanité soit éparpillée à travers le globe, en étant séparée en plusieurs nations distinctes. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’interjection de D à Abraham, lui demandant de partir de sa terre natale la Babylonie.

Le midrash dit en effet : 

« Rabi Azariah a ouvert son discours en citant le verset (Jérémie 51) « Nous avons voulu guérir Babel, mais elle est inguérissable. Abandonnez-la! Que chacun de nous retourne en son pays » nous avons voulu guérir Babel, il s’agit de la génération de d’Énoch, mais elle est inguérissable, dans la génération du déluge, abandonnez la !, c’est la génération de la tour de Babel, Que chacun de nous retourne en son pays, c’est le sens du verset « L’Éternel avait dit à Abram: "Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t'indiquerai »

En citant le verset de Jérémie « Nous avons voulu guérir Babel, mais elle est inguérissable. Abandonnez-la! Que chacun de nous retourne en son pays », au sujet d’Abraham, le midrash veut nous interpeler. En effet, en partant en Israël, Abraham ne retournait pas à son pays, il n’avait jamais habité en Israël, pour Abraham la terre d’Israël était un pays inconnu, il ne savait même pas où elle se trouvait. 

Comment le midrash peut-il dire qu’Abraham retournait à son pays, alors qu’il quittait son pays natal pour aller à la découverte d’une terre inconnue ?

Il semble que d’une manière allégorique le midrash veut nous éclairer sur le concept de « la techouvah », « le retour ». Dans la bible, lorsqu’un homme se rapproche de D, on dit qu’il fait « techouvah », étymologiquement, qu’il fait « son retours », comme si l’homme revenait vers un état virginal de pureté qu’il aurait perdu.

Pourtant, en général lorsqu’un homme fait techouvah, il va vers une terre inconnue qu’il ne connait pas. La techouvah se définie en général comme une rupture d’avec le passé, faire techouvah c’est abandonner un mauvais comportement pour chercher à réaliser un idéal à venir que l’on ne peut pas encore définir clairement. Alors, comment se fait-il que la torah appelle la transformation à venir, « un retour » ?

Avant de répondre a cette question, revenons au verset du début de la parasha « « L’Éternel avait dit à Abram: "Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle ». Le verset semble avoir été écrit dans le désordre. D aurait du dire « quitte la maison paternelle », puis « quitte ton lieu natal » et ensuite « éloigne-toi de ton pays ». Tel qu’il est écrit l’ordre de D semble partiellement absurde, car si Abraham doit s’éloigner de son pays, il est évident qu’il doit aussi quitter son lieu natal et sa maison paternelle, les deux derniers commandements n’ont donc aucun sens.

Le midrash (Tehilim 20) explique qu’en s’exprimant de cette façon, le verset veut nous montrer la manière dont un homme se lie sentimentalement à sa famille. Le midrash dit :

« Nous allons célébrer ta victoire, arborer comme un drapeau le nom de notre Dieu. Que l’Eternel comble tous tes vœux ! » (Psaume 20). Car dans ce monde chaque homme reconnait son drapeau grâce à sa couleur. Comme dit le verset « le drapeau du camp de Ruben » (Nombre 10) et grâce à son drapeau un homme reconnait son clan, et en reconnaissant son clan, il connait sa famille, mais dans les temps messianiques ce ne sera plus le cas, mais il faudra « arborer comme un drapeau le nom de notre Dieu ». 

Pour le midrash, l’enfant ne s’attache pas d’abord à ses parents, puis à sa famille éloignée, ensuite à son quartier ou à sa ville. C’est le contraire qui se passe, d’abord l’enfant s’attache à une couleur, la couleur de son pays, puis il s’attache à son pays ensuite à sa ville et simplement plus tard il s’attache à ses parents, et ce n’est que dans une autre étape, qu’il entreprend la recherche de D. Jusqu'au temps messianique la techouvah ne peut être qu’une recherche identitaire.

La mémoire de l’homme est sélective et évolutive, l’homme est constamment en train de réécrire son histoire personnelle. Si on demande à plusieurs frères et sœurs de raconter leurs enfances, on se rendra compte que chacun des enfants décrira ses parents d’une manière différente. Une même personne décrira son père ou sa mère différemment, à 20 ans à 30 ans ou à 40 ans. L’homme reconstruit en permanence son histoire familiale. 

C’est ce qui explique les paroles du midrash. D’abord l’homme cherche à s’attacher a une couleur, puis à un drapeau, c'est-à-dire une idéologie, ensuite à partir de cette idéologie, il construit rétrospectivement l’histoire de sa famille et son histoire sentimentale.

La techouvah ce n’est pas revenir vers une pureté originale, c’est remplir la case vide que notre mémoire a créé par ce qu’elle a voulu oublier. 

Lorsqu’on lit les livres de Perec, on a l’impression de lire des pages du talmud. Par ce que ses livres sont bâtis comme des puzzles, l’auteur est toujours à la recherche d’une case manquante, d’un paradis perdu, qu’il n’a jamais connu. (On a la même sensation quand on lit Proust.) Le talmud aussi est toujours à la recherche d’un sens que l’on a oublié, alors qu’il n’a jamais existé.

Dans son livre « w », Perec explique qu’il n’a jamais connu ses parents, ou plutôt, qu’il les a oubliés, il essaie de reconstruire leur souvenir, rétrospectivement, à travers une photo. Il cherche la case manquante. Les talmudistes de Babylone ont perdu les maitres de la Mishna, ils essaient de les faire revivre à travers le texte qu’il leur reste.

(Le génie juif c’est le génie du puzzle.) 

C’est notre amour propre qui nous pousse à oublier les choses que l’on ne peut pas accepter d’avoir faite ou d’avoir subi. La techouvah ce n’est pas se rappeler pour accepter la réalité objective, la techouvah c’est utiliser cette oublie comme une case vierge, une page blanche qui nous permet de réécrire notre histoire.

Abraham revient vers sa terre natale, lorsqu’il part à la découverte d’un pays lointain, car il doit oublier sa famille et son passé.

Il ne doit pas les oublier complètement, il doit réécrira leur histoire.

Le talmud (traité de Psahim 87b) explique que l’exile de Babylone (sous Nabuchodonosor (500 av) était la conclusion de la réécriture du lien d’Abraham avec sa terre natale. C’est pour cette raison, qu’après cet exil, le prophète Ezra a abandonné l’écriture hébraïque pour revenir à l’utilisation des caractères babylonien, utilisés jusqu’à ce jours pour écrire les rouleaux de la torah.

2- Oubli et image de soi

C’est l’amour de notre image qui nous oblige à oublier. Lorsqu’un épisode de notre vie ne peut pas s’intégrer à l’image que l’on a de soi, alors, on oublie, et on réécrit son passé, on fait techouvah. Mais il y a lieu de s’interroger justement sur l’origine de cette « image de soi ».

Si l’image de soi n’est pas le fruit de notre histoire personnelle, mais qu’on contraire, c’est notre histoire qui est le fruit de l’image que l’on a de nous même, alors comment se crée cette vision que nous avons de nous même ?

Si on reprend le midrash que nous avons cité, il semble que cette image soit d’origine sociale. Le midrash dit que l’on commence à s’identifier à une couleur puis à un drapeau, puis à un clan, et ensuite on réécrit son histoire personnelle. 

De ce fait, il apparait que la techouvah n’est possible qu’à travers l’identification à un groupe social.

Le midrash revient sur cette idée, en commentant le premier verset de la parasha

Le midrash dit :

« Et L’Éternel avait dit à Abram: "Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, rabbi Itzhak a ouvert le commentaire de cette parasha en citant le verset suivant « Écoute ma fille, ouvre les yeux, tends l’oreille: oublie ton peuple et la maison de ton père! 12 Que le roi s’éprenne de ta beauté, car il est ton maître incline-toi devant lui. » Rabi Itzhak dit cela ressemble à un homme qui allait d’un endroit à l’autre et il a vu un palais qui brulait il s’est dit « est il possible que ce château n’a pas de guide ? Le maitre du palais l’a regardé et lui a dit « c’est moi le maitre du monde ». C’est ce que le verset dit « Que le roi s’éprenne de ta beauté car il est ton maitre. » 

Pour le midrash, lorsqu’Abraham reçoit le message de D, au début de notre parasha, il ne connait pas D, il voit simplement le monde comme un palais qui brule. A cet instant, Avram n’a pas la solution. D lui dit « part pour toi et crée une nation », en accomplissant cette mission, Abraham va reconnaitre D.

C’est à travers l’action politique qu’Abraham doit comprendre ce que D est. Cette action politique, c’est la création d’une nation. Lorsque D dit à Abraham « Je te ferai devenir une grande nation; je te bénirai, je rendrai ton nom glorieux, » il ne lui fait pas une promesse, il lui explique le chemin qui mène à lui.

Ce concept peut paraitre étonnant, car pour créer cette nation Abraham va devoir mentir, il fait passer sa femme pour sa sœur, il va devoir tuer les 4 rois qui attaquent Loth, il va devoir extorquer de l’argent à pharaon. La logique voudrait qu’à travers l’action politique, en se salissant les mains, on s’éloigne de D.

3- Morale et société

On peut dire que la nation d’Abraham est définitivement créée lorsque la mitsvah de la circoncision apparait. La circoncision est un acte politique qui impose à l’enfant l’appartenance à un groupe, c’est une sorte de passeport inamovible.

Après avoir imposé la circoncision a tout le clan d’Abraham, D apparait à Abraham dans une vision (au début de la parasha de vayerah). Dans le pentateuque, il est très rare que D se manifeste par une vision, en général, D interpelle l’homme sous la forme d’une voix. Ce n’est que chez prophètes tardif (Isaïe, Ezekiel etc..) que les visions de D deviennent fréquentes. Ce qui est plus étrange encore c’est que la torah ne décrit pas la vision d’Abraham, elle dit simplement « D est apparu a Abraham sous la forme d’une vision ».

La torah interdit de représenter D par une image, car représenter D par une image c’est le limiter dans l’espace. Le rav Haïm de Vologyn déduit de ce fait qu’à chaque fois que D apparait comme une image à un prophète, il ne faut pas voir cela comme une manifestation de la grandeur de D, mais au contraire comme un amoindrissement du dévoilement de D.

Il en résulte, qu’après la brit milah, Abraham n’a pas accédé à un niveau supérieur de la conscience de D, il a au contraire régressé dans son rapport à D. En créant une nation, Abraham, a, quelque part, « contracté » sa conscience du divin. Pourtant c’est cette contraction que D avait souhaité au début de notre parasha. Pourquoi ?

Le rav Haïm de Vologyn explique, que si on vit avec la conscience que D est partout, alors, la morale, le bien et le mal, ne peuvent pas exister. D est présent aussi bien dans la vie que dans la mort, si D est partout, il est impossible de manière raisonnée d’interdire l’homicide ou le vol, car tout vient de D, même la mort et le malheur.

Pour que la morale puisse exister, il faut, dans un premier temps, que l’homme rejette D hors du monde, c’est ce que le Zohar appelle le « tsimtsoum », la contraction de D. 

Abraham doit créer une nation avec des valeurs morales, avec un sens de l’identité, qui doit se réaliser sur un certain pays, conquis par la force, au détriment des habitants autochtones. Il doit rejeter D hors du monde, il doit créer une image de D. 

D demande à Abraham de « partir pour lui-même », c'est-à-dire de s’éloigner de D, pour que la morale, le bien et le mal, puisse exister, pour que l’homme puisse avoir un but dans sa vie, pour que l’histoire prenne un sens.

La création d’une nation est un éloignement de D, mais elle est nécessaire à l’apparition de la morale.

4- Identité et universalité, Abraham et moise

Le personnage biblique opposé à Abraham c’est Moise. Abraham ne peut se réaliser que dans la terre d’Israël, Moise n’a pas le droit d’y mettre les pieds. Abraham doit quitter sa famille et sa nation natale, alors que Moise doit s’y réintégrer après en avoir été séparé. Contrairement à Abraham, Moise ne fait pas la brit milah a son fils.

Le rav Haïm de Vologyn explique que pour Moise le fait d’aller en Israël n’avait pas de sens, car pour Moise toutes les terres se valaient, puisque D est partout. Moise se marie avec une non juive et il n’est pas capable d’arrêter les autres qui le font, par ce qu’il a une vision universel de D. 

Abraham a pour but de créer le bien et le mal, ceci n’est possible qu’à travers la création d’une nation, alors que Moise doit faire descendre la loi qui va permettre à Israël de s’intégrer dans l’universel.

Moise a une vision plus large et plus universelle de D, pourtant, il ne demande pas au peuple de se fondre dans l’anonymat de l’humanité, il ne veut pas revenir à l’époque de la tour de Babel. Au contraire, il finalise le travaille d’Abraham, Abraham a créé l’identité de la nation, son rapport à elle même, son image ; Moise, lui doit créer le système qui permet à la nation d’avoir un sens universel.

Rashi dit très bien que le programme de Moise peut se résumer en quelque mot « être un royaume de prêtre », c'est-à-dire avoir un rôle dans l’histoire universelle du monde, tout en gardant son identité.

Il existe cependant une fracture entre, d’une part le monothéisme universel de D et d’autre part la morale de la torah. Si D est partout la morale n’a pas de sens et si le bien et le mal existe alors D n’est pas partout. Abraham et Moise ne pouvaient pas vivre à la même époque, leur rôle dans l’histoire était antinomique. 

Cette fracture apparait dans la torah, on a l’impression que le bien et le mal existent a l’intérieur de la nation, mais que lorsqu’il s’agit d’interagir dans l’histoire universel, ces concepts disparaissent complètement. (Par exemple, il faut anéantir les peuples habitant en Israël, même les enfants, la guerre de conquête n’est pas justifiable moralement). Un peu comme les lois de la physique quantique qui disparaissent étrangement lorsque la masse des objets dépassent un certain seuil.

5- L’homme microcosmique

La semaine dernière nous avions expliqué que la même fracture existe chez l’homme, il y a une contradiction entre le fait de se sentir en harmonie avec l’univers et celui de se sentir en harmonie avec soi même et son corps. Entre les deux, il y a la case blanche du point aveugle de l’oubli.

Lorsque l’homme cherche à vivre en harmonie avec l’univers, il se place de facto au delà de la morale, car, dans l’harmonie universel, la mort et la vie sont deux faces d’une seule réalité, l’aspect d’un objet et sa substance ne font qu’un. Lorsque l’on est hors de soi, il n’y a pas d’opposition entre le vrai et le faux, entre le simulé et le vécu véritable.

Le bien et le mal ne deviennent des réalités distinctes que lorsque l’homme cherche à se réapproprier lui-même, qu’il cherche à se créer une colonne vertébral, une identité. C’est lorsque l’homme se considère en porte-à-faux avec l’univers que la morale peut exister. 

Cependant une jonction s’opère entre les deux modalités de l’être par l’identification à une image, c’est à travers l’image de soi que l’on s’intègre à l’univers tout en étant conscient d’être en harmonie avec soi même. 

Pour être source de vie et de bonheur, cette image doit constituer une ouverture, pas une fermeture. C’est-à-dire, que l’image doit contenir une part d’indéfinie. Cette « ouverture » est possible grâce à l’oubli.

Dans le rapport cosmique, l’oubli, se traduit par l’interdit de représenter D par une image définie. La manifestation de D dans le monde reste une ouverture à venir, dont on ne peut pas se rappeler exactement, et que l’on est appelé à créer. 

6- Épilogue

Le mail de la semaine dernière a suscité des réactions passionnées, la plus part, négatives, pour ne pas dire très négatives, comme vous vous en doutez, ces réactions m’ont fait très plaisir, par ce que j’adore énerver les gens.

Une des réactions les plus intelligentes a été comme d’habitude celle de Philippe, il a dit en substance ceci : « une femme fait chier son mari, lorsqu’elle a compris comment il marche, quand elle le sent prévisible ». Ces paroles sont pleines de sagesses.

Si un homme est constamment gentil avec sa femme, à la longue, dans le meilleur des cas, elle le trouve ennuyeux, dans le pire, elle le prend pour un imbécile. Par contre, si un homme est constamment dur, sa femme le prend pour une brute. Pour avoir un mariage heureux, il faut être instable et imprévisible, il est à noter que, les femmes se comportent instinctivement de cette manière avec leur mari. 

Ce phénomène s’explique aisément si on met bout à bout les cours de cette semaine et celui de la semaine dernière. L’homme représente pour la femme, la jonction entre le rapport à soi et le rapport à l’univers, elle retrouve dans son mari sa spécificité unique en même temps que son lien à l’univers, l’image qu’elle a d’elle même est liée à celle de son mariage, c’est pour cela que cette image doit rester mobile imprévisible, c'est-à-dire une ouverture sur le futur à venir.

Le mari et la femme sont toujours l’un pour l’autre la terre natale inconnue qu’il faut quitter pour découvrir.