• Rav Uriel Aviges

Haye Sarah 5768

Dans ce dvar torah nous allons nous intéresser a deux points qui semblent a priori sans rapport direct. Le premier point est le sacrifice d'Isaac le deuxième c'est l'étude des rapports conflictuels dans la relation triangulaire Avraham- Hagar- Sarah.

A travers le sacrifice d'Isaac c'est tout le rituel du sacrifice qu'il faut remettre en question. Nahamnide explique que pour faire un sacrifice il faut s'attacher sentimentalement a la chose qui est sacrifiée, de telle sorte que le sacrificateur lie son âme a l'âme de la chose qu'il sacrifie, et que lorsque l'on immole le sacrifice devant D' et que l'âme du sacrifice (animale ou végétale) monte vers D', l'âme du sacrificateur se rapproche elle aussi de D', puisqu'elle ne peut pas se séparer de l'âme du sacrifiée. Plus l'homme est proche de la chose qu'il sacrifie plus l'élévation est grande. C’est pour cela que le sacrifice le plus aime par D' c'est la "minhat ani", c'est l'offrande du pauvre, celui qui n'a pas de quoi manger, si ce n'est du pain, mais qui saute un repas ou deux en apportant la mesure de farine qu'il consomme normalement a hachem. Parallèlement on comprend que le sacrifice doit toujours être la chose qui est la plus proche a l'homme, comme les prémices de sa récolte, ou les meilleurs animaux qu'il a. Ici, D', avant de demander a Avraham de sacrifier Isaac. Demande d'aimer Isaac et de comprendre que c'est son fils unique, par lequel tout son avenir dépend, car si Avraham n'était pas liée de la manière la plus forte à Isaac, l'élévation provoquée par le sacrifice n'aurait pas eu lieu. Lorsque le sacrifice D'Avraham est arrêté par l'ange, D' n’apparait pas a Avraham pour lui donner aucune sorte de bénédiction. D' n'apparait a Avraham pour le bénir que lorsque Avraham tue le bélier a la place de Isaac. Rashi rapporte le talmud qui déduit des versets que lorsqu'Avraham a égorgé le bélier il a dit:" que cela soit accepte par D' comme si j'egorge Isaac", lorsqu'il a recueillit le sang il a dit:" que ce soit comme si j’avais recueilli et asperge le sang D'Isaac mon fils", lorsqu'il enlevait la peau il disait que "ce soit comme si j'enlevais la peau D'Isaac", lorsqu’il coupait les mains et les jambes pour les bruler sur l'autel il disait "que cela soit considère comme si j'avais coupe les jambes et les bras D'Isaac". Ce n'est qu'a ce moment que D' apparait a Avraham et il le bénit par ce qu'il n'a pas épargne son fils et qu'il a été prêt a l'immoler.

Il ya deux question qui se posent sur cette idée du sacrifice.

Premièrement il semble que l'axiome de base sur lequel repose toute l'interprétation des sacrifices est qu'il y a une élévation de l'âme qui passe par la mort. Or nous savons que le judaïsme considère au contraire que la pureté c'est la vie, et que tout ce qui est lie a la mort est impure (c'est la raison de l'impureté de la nidah qui est un potentiel de vie avortée, ou du cadavre, ou de la semence masculine, toutes les sources d'impureté sont liées a la mort).

Le kouzari dit clairement que toute manifestation de vie (même de vie animale) est une révélation de la présence de D' et son essence même, c'est la vie dans son essence qui est la connexion entre le matériel et le spirituel. (c'est ainsi que le kouzari explique les multiples bénédictions que l'homme fait le matin sur les fonctions vitales premières, bénit soit tu D' qui fait voir les aveugles, prépare les pas de l'homme, qui redresse les courbes, car toutes ces fonctions vitales humaines sont des dévoilements de la présence divine, c'est pour cela que l'on bénit D' a travers elles. un animal vivant ne peut jamais devenir impure il ne peut devenir impure qu'après sa mort). Comment peut on alors expliquer que dans le rite sacrificielle on nous demande de nous lier a l'âme de l'animal pour monter avec elle vers D' lorsqu'elle meurt, ne serait il pas préférable de voir le dévoilement de la présence divine qu'il y a dans l'essence même de la vie de l'animal?

Le deuxième point est plus lie au sacrifice D'Isaac a proprement parle, car on y voit clairement que le sacrifice est un simulacre, Avraham simule la mort de Isaac, c'est une mort symbolique, alors que nous savons qu'en général la torah s'oppose a toute représentation symbolique dans le rapport a D', car toute représentation est par essence un mensonge a soi même, c'est pour cela que l'on interdit de représenter D', alors pourquoi dans le sacrifice d'Isaac Avraham a voulu tuer symboliquement Isaac?, n'est ce pas la trace d'un rite païen que l'on ferait a une idole?

Je rentre ici dans la deuxième partie du cours c'est à dire le rapport triangulaire entre Avraham Sarah et Hagar.

[(Remarque sans importance que les lecteurs presses peuvent sauter Avant de commencer a parler sur les patriarches et sur les rapports qui les lient, je dois faire une introduction d'ordre méthodologique. nous ne comprenons pas la grandeur des patriarches eux même, on ne peut pas analyser a partir de notre petitesse les rapports entre Avraham et Sarah, comme si on analysait les rapports entre la princesse Diana et le prince Charles, ou Sarkozy et Cecilia. ceux qui ont eu le mérite de voir baba sale, par exemple, pouvait savoir qu'un type normal moyen ne pouvait en aucun cas comprendre un seul des sentiments ou des actions de baba sale, parce qu'il ne vivait pas dans la dimension lilliputienne qui est la notre, or si on ne peut pas comprendre baba sale, a plus forte raison que l'on ne peut pas comprendre rabbi Akiva, ou le roi David ou Avraham etc. cependant une question se pose si la torah et le midrash nous ont décrit ces relations entre les patriarches et que D' en a fait une part intégrale de la torah, c'est que ces relations sont un message pour nous, et qu'en les approfondissant et en cherchant a les comprendre nous pouvons en apprendre quelque chose, mais comment?, puisqu'ils étaient des prophètes et que nous n'avons pas de notion de leurs niveaux? La première méthode d'analyse consisterait à retrouver les racines des mécanismes des motifs psychologiques qui ont motive les actions des patriarches, pour retrouver ces même mécanismes chez nous. Cependant le danger dans cette méthode interprétative c'est de projeter tous nos problèmes perso dans la torah pour en faire une sorte de copie de "la rubrique du courrier du cœur de doc gynéco". Exemple: un rav interprète le sacrifice D'Isaac de la manière suivante: "Avraham était un père possessif qui ne voyait en son fils que sa propre continuation, D' lui demande de sacrifier la tendance possessive qu'il a sur son fils", c'est possible mais qui nous dit qu'Avraham était un pere possessif?, il ya de grande chance que ce rabbin est lui même un pere possessif (ou qu'il en a eu un), ou qu'il a dans sa communauté des pères qui auraient cette tendance, et il utilise le texte pour les mettre en garde, c'est bien, mais il n'empêche qu'au niveau interprétatif il a rabaisse la grandeur d' Avraham, et la valeur et de toute l'idée du sacrifice qui n'aurait servi a Avraham qu'a tirer une leçon qu'il aurait aussi bien reçu en passant une séance chez un psy. La manière a mon avis d'éviter cette erreur tout en ne disant pas "on ne peut pas comprendre, donc ne réfléchissons pas" c'est de partir d'une base métaphysique ou kabbalistique pour ensuite la décanter par la raison. Ainsi la Kabala mais aussi le midrash nous disent qu'Avraham symbolise l'attribut de bonté, de hesed, alors qu'Isaac c'est la justice. Ces idées de bonte ou de justice sont autant des phénomènes psychologiques que des concepts métaphysiques ou moraux (c'est à dire des concepts purs mais flous). En nous faisant le récit des vies sentimentales des patriarches la torah veut nous apprendre et nous montrer les liens qui existent entre ces concepts métaphysiques et les mécanismes psychologiques de l'homme. A mon avis il faudra donc voir le rapport triangulaire entre Avraham Sarah et Hagar, et le rapport de ce triangle, avec Isaac et Ishmaël comme des rapports de force inhérent entre différentes manières de faire le hesed, c'est à dire de pratiquer la bonté. Je m'excuse d'avoir été long mais c'est important pour celui qui veut par la suite se confronter aux textes par lui même et apprendre a étudier, c'est a dire créer sa propre lecture des textes)

La torah nous raconte (dans le chapitre 16) que, Sarah a donne son esclave Egyptienne Hagar a Avraham pour qu'il ait un fils avec l'esclave, lorsque Hagar tombe enceinte, l'importance de Sarah diminue aux yeux de l'esclave. Sarah pour la punir asservit son esclave durement et la fait souffrir, ce qui entraine une fausse couche de Hagar. Ensuite Sarah dit a Avraham qu'il a faute envers elle, Rashi explique que la faute d'Avraham c'est que lorsqu'il a prie pour avoir un enfant, il n'a prie que pour lui même, et pas pour Sarah, si il avait prie pour Sarah, elle aussi aurait eu un enfant avec lui, et elle n'aurait pas eu besoin de donner son esclave.  Dans la chapitre d'après on retrouve une confirmation a cette accusation de Sarah et on voit qu'Avraham n'a pas change de comportement, dans le chapitre 17 lorsque D' vient annoncer a Avraham qu'il va avoir un autre enfant, Avraham répond: "pourvu qu'Ismaël suive ton chemin", " j'ai déjà Ishmaël le fils d'Hagar, pourquoi devrais je en avoir un autre?" et c'est hachem qui répond lui même "mais Sarah alors!" (Verset 19), c'est quand même incroyable qu'Avraham qui passe des heures à prier pour sauver Sodome et gomore, est incapable de prier pour sa femme?!

Un autre passage surprenant c'est celui ou Avraham, après avoir écrasé militairement la plus forte armée de son époque, après être devenu multi milliardaire, et selon le midrash après avoir été nomme roi sur tous les peuples environnants, Avraham, donc décide de se faire un petit voyage incognito a Guerar ou il fait passer sa femme Sarah pour sa sœur, encore une fois Sarah est prise comme femme pour le roi local, ce qui procure a Avraham des tonnes de cadeaux. Pourquoi Avraham a fait ca?, si la première fois en Egypte Avraham fait ce stratagème parce que sa vie est en danger (c'est la famine en Israël, il est oblige de descendre en Egypte sans un rond, il peut se faire tuer a cause de sa femme), on ne comprend pas pourquoi il a du aller a Guerar, et pourquoi, surtout il est passe incognito alors qu'il était a la tète d'une troupe qui dominait militairement la région.

En ce qui concerne Sarah la torah nous dit qu'elle est morte à 127 ans, Rashi qui rapporte le midrash dit que c'était 127 ans de bonheur elle était toujours heureuse. Ce qui est difficile à comprendre quand on voit l'histoire de la vie de Sarah. La première chose que la torah nous apprend au sujet de Sarah c'est que son père est tue devant elle, en étant jeté dans une fournaise, sur les intrigues de son propre grand père terah, quel bonheur! Ensuite elle est capturée deux fois pour être prise de force comme femme pour des rois, elle n'a pas d'enfants avant 100 ans, et pour finir elle meurt d'une crise cardiaque en croyant voir que son mari egorge son fils!, le récit de la vie de Sarah ressemble plus a "voyage au bout de la nuit" qu'a un prospectus du club Med!, et pourtant Rashi au nom du midrash dit "les 127 ans de Sarah c'était 127 ans de bonheur".!

Le rapport de Sarah à Hagar est étrange. C'est Sarah qui demande a Hagar de se marier avec Avraham, pour qu'elle tombe enceinte de lui, et puis, des qu'Hagar tombe enceinte au lieu d'être heureuse, puisque normalement le fils allait appartenir a Sarah, car c'est Sarah qui aurait selon les coutumes de l'époque du éduquer et faire grandir ishmael, ishmael aurait été l'esclave le fils adoptif et la propriété de Sarah, (comme nous le voyons plus tard avec les enfants de l'esclave de Rachel par exemple), elle devient haineuse de Hagar, elle lui fait faire une fausse couche en la faisant travailler et en lui mettant le mauvais œil de la jalousie, pourquoi refuse t elle de s'approprier ishmael? Et pourquoi elle préfère le haïr plutôt que de l'aimer?

Ce qui est aussi étonnant dans la parasha c'est le mouvement de balancier que l'on trouve chez Hagar et ishmael, entre le bien et le mal. Lorsqu'Isaac nait Sarah dit qu'il faut rejeter Hagar et son fils ishmael du foyer, car ils sont une mauvaise influence pour Isaac, le midrash dit qu'ishmael faisait tous les péchés les plus graves (immoralité sexuelle, meurtre, idolâtrie) qu'il a essaye de tuer Isaac en lui lançant des flèches, c'est pour ca que D' lui même vient confirmer les parole de Sarah et dit a Avraham "renvoie l'esclave et son fils!". Pourtant des que Sarah meurt, on retrouve Isaac a beer lahai roi qui est l'endroit ou habitait Hagar, il veut qu'Avraham se remarie avec elle, ce que fait Avraham. La, Hagar est décrite dans le midrash comme une juste dont les actions sont comparable a l'encens, la ketoreth, quand a Ismaël le grand méchant du chapitre précédent, il a totalement change, Rashi dit il fait techouva, quand Ismaël meurt Rashi dit qu'Ismaël était un juste. Le fait est qu'il semble habiter a cote d'Isaac, Isaac que l'on retrouve souvent a beer lahai roi, l'endroit de Hagar et ishmael. Qu'est ce qui s'est passe?

Il semble que tant que Sarah est vivante Hagar et ishmael sont des mauvais, des bandits de la pire espèce, qu'il faut éviter a tout prix, par contre, des que Sarah meurt, Hagar et ishmael sont les meilleurs personnes de la terre les meilleurs amis d'Isaac, comment est ce possible?

Pour répondre a ces questions il faut partir d'un texte de judah abrabanel dans" les dialogues d'amour". Les dialogues D'amour sont un texte qui est présenté comme un dialogue entre la reine de Sabah et le roi Salomon. Un des buts du texte est de défendre et d'expliquer le quantique des quantiques qui compare l'amour entre l'homme et la femme a l'amour entre l'homme et D', alors que Platon dans le banquet rejette une telle comparaison. Le livre commence par une déclaration d'amour de Salomon a la reine de Sabah, mais la reine répond que Salomon ne peut pas l'aimer par ce qu'il la désire, or on ne peut pas désirer quelque chose que l'on aime.

Je cite le texte du début du dialogue 1

"Salomon: la connaissance que j'ai de toi engendre en moi amour et désir. La reine de Sabah: les effets de ta connaissance me semblent mal accordes ensemble: mais la passion, te fait parler ainsi. Je dis qu'aimer et désirer sont deux effets de la volonté contraire l'un a l'autre Salomon: pourquoi? La reine de Sabah: par ce que nous aimons les choses que nous estimons bonnes, quand nous les avons en notre puissance, et faute de les avoir, nous les désirons; le désir précède l'amour et après que la chose désirée nous ai donnée, l'amour commence et le désir prend fin.

Le désir est avant tout une volonté de posséder. Cependant le roi Salomon conclue qu'il est difficile de délier le désir de l'amour, que les deux sentiments sont lies et indissociables.

En fait yehudah abrabanel conclue que l'amour est forme de cette double relation, d'une part par le désir de posséder et d'autre part par la volonté de donner. C'est pour cela que la torah peut comparer l'amour entre l'homme et la femme et l'amour avec D', puisque dans la relation a D' il y a aussi ce double phénomène de désir de D' comme quelque chose qui nous échappe toujours, et l'amour qui une relation d'osmose, ce que martin Buber décrira quelques siècle plus tard "comme le tout même et le tout autre de D' dans le judaïsme".

( il est intéressant de noter qu'aujourd'hui toute la société est basée sur le désir, on désir les objets. une fois qu'on a libéré "la pulsion d'achat" on n'a plus rien a faire de la chose que l'on a achète. il en va de même dans le rapport homme-femme, le comportement de la femme dans la société actuelle c'est l'excitation du désir. la société de consommation ne peut exister qu'a condition de créer une désir qui n'est jamais assouvi, on y arrive en éradiquant la notion d'amour, c'est pour cela que les relations durables qui sont basées sur l'amour sont plus que rares aujourd'hui). Dans le mariage juif on est choque par le fait que le mari achète la femme avec une bague, mais l'idée est justement de montrer que le désir de posséder est un acte d'amour. La femme symbolise l'acte d'amour qui n'est pas lie à une volonté de possession mais à une volonté de chercher le bien de l'autre, c'est la réciproque de ces deux sentiments qui forme l'amour pour la torah. C'est pour cela que lorsque la torah nous décrit Avraham l'homme de l'amour, elle nous décrit un homme du désir, il veut posséder la terre d'israel il est prêt a tout pour cela, il veut des enfants a tout prix pour donner un héritage, il veut un grand nom devenir, une grande nation, son rapport a Sarah est un rapport de possession, il l'utilise pour s'enrichir. D'un autre cote Sarah, nous est decrite comme la quintessence de l'amour sans désir, elle ne cherche qu’à donner. C'est pour cela que toutes les années de Sarah sont des annees de bonheur, elle a tout puisqu'elle ne désire rien. Elle cherche à donner à son mari en lui donnant son esclave, mais, elle est incapable de posséder le fils de son esclave, car toute idée de possession semble bannie chez Sarah. C'est a mon avis ce qui explique le succès fou de Sarah auprès des hommes, tout le monde ne parle que de sa beauté, on passe son temps à essayer de la capturer pour se marier avec elle, et ceci malgré sa grande tsniout, car justement on sait qu'elle peut aimer sans désirer. Pourtant la torah nous montre Sarah comme manipulatrice, c'est elle qui, ne supporte pas de voir son fils tue par Avraham, alors qu’il est certain que c'était l'ordre de D'. Elle est la cause du mal chez Hagar et Ishmael. Ce que la torah nous montre c'est que tout amour désintéressé peut être encore plus dangereux et manipulateur que l'amour de la possession, car chercher le bien de l'autre c'est chercher l'idée de bien qu'on se fait pour lui.

Pourquoi Sarah rend Hagar et Ismaël mauvais? Par ce que la vertu d'Ismaël c'est l'annulation de soit, on le voit quand l'ange demande a Hagar de se faire battre par Sarah, c'est la nature et la mission de Hagar de s'annuler devant D' et les hommes. C'est pour cela que par la suite ishmael et Isaac sont les plus grands potes de la terre car la vertu D'Isaac qui est prêt a se faire égorger, symbolise aussi l'annulation de soit devant D'. Mais la différence entre Isaac et ishmael, est que Isaac est le fils légitime D'Avraham il a donc la possibilité de s'annuler, par contre si ishmael et Hagar sont rejetés ils n’ont plus la possibilité de s'annuler, ils ne peuvent que se suicider spirituellement, c'est à dire faire le mal. Vouloir acquérir et désirer quelqu'un c'est lui donner de l'importance, lorsque Sarah refuse d'acquerir ishmael elle le pousse au mal. La conclusion de l'analyse de la bonté semble pessimiste, soit on veut posséder l'autre soit on veut le manipuler. Toute volonté de bonté est elle vouée a l'échec? C'est ici qu'intervient le sacrifice d'Isaac, en nous décrivant la vie d'Avraham et de Sarah la torah nous montre que l'amour heureux ou la bonté pure n'existent pas, cependant une solution existe c'est le sacrifice.

Avraham ne sacrifie pas son fils, il sacrifie le rapport a son fils, par le sacrifice a D' l'homme justifie et purifie son rapport a l'autre.

Parlons d'abord de la justification. Isaac, on le verra, a au contraire D'Avraham très peu de rapport avec le monde extérieur, il reste enferme chez lui, c'est aussi une des caractéristiques d'ishmael, un homme du désert qui n'aime pas la société. Avraham par contre est toujours en vadrouille, en train de faire du tourisme ou il peut avec sa tente qui est ouverte aux quatre coins de la terre. Avraham justifie son ouverture a l'autre par le fait qu'il publie le monothéisme, qu'il fait acquérir le monde a D' par ses deux mains nous dit le talmud (sotah), c'est aussi l'idée du sacrifice d'Isaac, le rapport a l'autre peut être destructeur malgre les meilleurs intentions, il devrait donc être interdit, mais l'obligation ou le désir de lier le monde a D' oblige l'homme à s'ouvrir sur le monde.

La purification. La purification du rapport a l'autre par le lien a D', c'est l'idée que si on garde en tète que le but du rapport a l'autre c'est l'élévation vers D', on peut arriver à limiter les effets pervers de la relation a l'autre. Avraham est prêt a sacrifier Isaac a D', c'est à dire qu'il est prêt pour réaliser la volonté de D' a sacrifier son désir de possession et c'est ce qu'il fait, c'est pour cela aussi qu'il se débarrasse de son esclave et de son fils ishmael. L'idée que tout amour est justifie par une ordonnance de D' permet aussi de purifier l'amour de Sarah, si le bien de Isaac c'est de mourir alors elle est prête à le laisser se faire tuer, même si ce n'est pas l'idée du bien qu'elle envisage elle même. C'est ce que le midrash nous dit, qu'elle a put rester heureuse malgre sa propre mort, bien que le renoncement a été mortel pour elle, elle réalise que la volonté de D' est le véritable bien, et la seule justification possible de la relation a l'autre. C'est pour cela que le sacrifice d'Isaac n'était pas un simulacre, c'était le veritable sacrifice d'une partie de soit pour Avraham. Cela explique aussi le sens de tous les sacrifices. Le but du sacrifice est de purifier le rapport de l'homme avec ce qu'il possède, son champ, son bétail. Par le sacrifice l'homme justifie et purifie la capacité qu'il a d'utiliser les animaux ou les végétaux (c'est pour cela qu'après les sacrifices D' permet a Noah de consommer de la viande).

Je sais que ce mail est trop long.

Chabat chalom.

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