©2018 by Uriel Aviges.

  • Rav Uriel Aviges

Choftim 5774

Dans ce cours nous parlons de deux manieres d'envisager le mois de Eloul, et la spiritualite en generale. L'homme doit il considerer ses forces comme etant limitees et doit-il se fixer des buts realistes dans le long terme ou bien doit-il penser que D va l'aider a accomplir l'impossible, dans ce cas il devrait se jeter corps et ame entierement dans ce qu'il fait sans penser a une chute probable dans le futur. Nous parlons aussi de l'intrication du bien et du mal dans la spiritualite.


« le tawhid » et « le mystère de la trinité ».

Ou  bien « Judaïsme et sionisme, suite et fin. »

Leiloui nishmat rabi Eliezer (Leon) Ehrenpreis

1- La réversibilité du bien et du mal

Dans la parasha on peut lire les versets suivants : « Si tu es arrêté longtemps au siège d'une ville que tu attaques pour t'en rendre maître, tu ne dois cependant pas  en détruire les arbres en portant sur eux la cognée: ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre. Oui, l'arbre du champ c'est l'homme même, tu l'épargneras dans les travaux du siège. 20 Seulement, l'arbre que tu sauras n'être pas un arbre fruitier, celui-là tu peux le sacrifier et l'abattre, pour l'employer à des travaux de siège contre la ville qui est en guerre avec toi, jusqu'à ce qu'elle succombe. »

Ce passage de la torah est très étonnant. Premièrement, le verset  19 « Oui, l'arbre du champ c'est l'homme même, tu l'épargneras dans les travaux du siège », est très énigmatique, pourquoi l’homme serait il un arbre des champs ? 

De plus l’interdit, de détruire des arbres fruitiers n’est pas limité au cas d’un siège. Quelque soit la situation, la torah interdit de détruire des arbres fruitiers, alors pourquoi la torah a-t-elle choisit de mentionner cette interdit dans le cas d’un siège ?

Le Zohar interprète ce passage comme étant une métaphore. Le Zohar (balak 184b) dit : « Regardes comment D aime ceux qui s’occupent de la torah ! Car même lorsque le moment de jugement est suspendu dans le monde, et que D donne le droit a l’ange destructeur détruire le monde, le saint béni soit il, ordonne a l’ange de protéger ceux qui s’occupent de la torah. Et ainsi D dit « lorsque tu va faire le siège d’une ville, a cause des nombreuses fautes de ses habitants, ne détruit pas l’arbre fruitier, ce sont les sages de la ville, car ils sont l’arbre de la vie qui donne des fruits. D’autres disent, ce sont ceux qui donnent des conseils et qui orientent les juifs dans le chemin de la torah. Car c’est de lui que tu manges ! Car l’esprit saint ne peut se nourrir  dans ce monde que la torah de cet homme, et  sa torah nourrit la chehinah plus que tous les sacrifices du monde. »

Le nefech ahaim (rav haim de Volozyn)  (4 e porte chapitre 20) explique que l’ange destructeur est nourri lui même par les bonnes actions et l’étude des justes. C’est pour cette raison que D demande à cet ange destructeur de ne pas les tuer. Car si l’ange destructeur détruisait aussi les justes, alors, il perdrait de facto tout pouvoir. Ce sont les bonnes actions et l’étude de la torah que les hommes font qui permettent aux anges de fonctionner, si l’ange détruit les justes, il scie la branche sur laquelle il est assis. D demande à l’ange destructeur d’épargner les justes, pour qu’il puisse continuer à se nourrir des fruits de leurs actions pour mener à bien son action destructrice.

En tout cas, il apparait clairement dans ce passage du zohar que les bonnes actions des justes peuvent devenir la nourriture des anges destructeurs et donc servir les forces du mal et du chaos.

2- Le mal a besoin de se nourrir de forces spirituelles positives pour créer des forces destructrices.

Dans la même veine, le rav yehonathan Ebeshitz, dans son livre « yearot devach » répète a plusieurs reprise, que si un homme fait techouvah a avant Roch Hachana et qu’il se lève au selihoth, et qu’en suite après Yom kippour, il recommence a faire ses fautes, il aurait mieux fait de ne pas faire techouvah du tout. Par ce que les mitswoth qu’il a effectuées en faisant techouvah se transforment en énergie négatives captées par les forces du mal. 

Le rav répète cette idée a plusieurs reprise dans son livre.

Je vais cependant citer un passage, parmi d’autre, où cette idée est explicitée  (drash 1 page 3) « C’est ce que nous disons dans le chant de samedi soir « sauve ton troupeau de celui qui les tond. ». Parfois, on voit, un Racha, (un mauvais) qui fait techouvah, en faisant des jeunes en  pleurant  et en priant, et en faisant beaucoup de bonnes actions. Puis, lorsque quelques jours passent, il retourne à sa situation antérieure, il refait les mêmes fautes. Et les jours de famine spirituelle font oublier les jours d’abondance.  Ce phénomène s’explique par le fait que l’homme est comme un mouton que l’on veut tondre, et dont on veut utiliser la laine. Pour que le mouton produise de la laine il faut lui donner a manger beaucoup de sel et d’autres aliments qui font pousser la laine. Jusqu'à ce qu’on le tonde. Ainsi la force impure se nourrit du lait spirituel que le juif produit quand il transgresse les commandements de la torah. Cependant il peut arriver que l’ame du juif soit tellement épuisée spirituellement par les fautes commises,  qu’elle ne peut plus produire de lait. Dans ce cas, la force impure pousse ce juif à faire techouvah, pour qu’il puisse se recharger en sainteté et que de cette manière, par la suite, en fautant a nouveau, il puisse a nouveau l’alimenter. En fin de compte toute l’énergie gagnée par la techouvah est récupérée par les forces impures. »

Les  textes  cités montrent que le bien peut être converti en mal. 

Mais il y a d’autres textes qui expliquent le mécanisme inverse. Le talmud dit que, pour celui qui fait techouvah (techouvah, un retour) par amour, les fautes commises deviennent des bonnes actions.  En effet, puisque D est unique, nécessairement, même les fautes sont produites par D. il y a donc de la sainteté dans les fautes. C’est pour cette raison que les fautes peuvent être transformées en mérites par la techouvah.  (Rav haim de Volozyn) 

On observe donc une réversibilité du bien en mal et du mal en bien.

 Ce phénomène est très difficile à comprendre, car il apparait absurde d’appliquer le concept de l’unité de D à la définition morale de ce qui est bien ou mauvais.

 Au niveau de D, le bien et le mal n’existent pas. Le bien et le mal sont des valeurs humaines qui s’appliquent  dans le monde de l’action et du présent. Chaque action devrait être jugée individuellement, pour ce qu’elle est au moment ou elle se produit. Il parait absurde que l’on puisse subvertir la qualité morale d’une action en fonction d’un comportement plus tardif. 

Comment donc comprendre que pour le judaïsme le bien et la mal soient réversible ?

2- Jouissance et transgression

Dans son livre « le triple du plaisir », jean Claude Milner, remarque que pour définir la jouissance une civilisation a besoin d’une jouissance étalon a travers laquelle, il juge toutes les autres jouissances. Il remarque que dans la culture grec antique, la jouissance orale est la valeur étalon, par rapport a laquelle toutes les autres jouissances sont jugées et comparées. Par contre dans la société moderne, c’est évidement le sex la valeur étalon a travers laquelle toutes les jouissances sont jugées et comparées. 

La publicité va montrer un homme musclé qui boit du coca cola, après avoir vu la publicité, la jeune fille va jouir sexuellement en buvant du coca cola.  Chez les grecs la jouissance sexuelle était perçue comme une jouissance orale, alors qu’aujourd’hui hui c’est la jouissance orale qui est devenue sexuelle.

Il me semble que ce phénomène n’est que le symptôme d’une différence encore plus fondamentale entre la jouissance moderne et la jouissance antique. 

Dans la société occidentale moderne, la jouissance est une transgression, on jouie par ce que l’on enfreint un interdit. Dans la Grèce antique la jouissance était positive, la jouissance était l’expression d’une vocation intime positive.

Si la sexualité est l’étalon du plaisir dans la société moderne, c’est  par ce que la jouissance sexuelle est la plus tabou, celle ou les interdits sont les plus nombreux. La jouissance sexuelle est la jouissance transgressive par excellence. 

Il faut que le coca cola soit mauvais pour la santé, qu’il soit associe au diable du corps musclé et dangereux de l’inconnu pour qu’il devienne un objet de désir. 

C’est par ce qu’un sac hermès est indécemment cher qu’il est désirable. C’est la transgression morale de l’acte d’achat qui procure la jouissance, plus que l’objet lui même.

Le désir de l’homme moderne ne se définit que par défaut, il désir ce qui est dangereux et interdit. C’est à travers la transgression qu’il découvre ce qu’il est. L’homme moderne, est une machine désirante, qui désir ce qui est interdit ou ce qui est dangereux.

Même le désir spirituel de l’homme moderne est un désir par défaut. Les gens se convertissent a l’islam, ou deviennent haredim, par ce que c’est le fruit défendu de la société ambiante. Le fanatisme religieux, c’est encore plus dangereux et  plus excitant que le lsd ou les glaces Häagen dasz. 

Dans ce rapport à la jouissance, la loi a pour vocation d’être transgressée. L’interdit n’existe que pour créer et exciter le désir.

L’homme moderne va faire techouvah uniquement pour garder intacte en lui la magie que lui procure la transgression.

Dans cette optique on comprend pourquoi, même le bien que cet homme fait est une manière de faire le mal.

La torah cherche au contraire à créer un autre rapport à la jouissance. Un rapport à la jouissance que ne soit pas liée a la transgression.

Le talmud  (kidouchin 31 a) établie un lien entre celui qui fait une faute en cachette, et la construction du temple. Dans les deux cas le talmud dit que l’on rejette D hors du monde.

Lorsque l’on construit un temple et que l’on considère que D réside dans le temple, de facto, on pense que D ne réside pas dans le reste du monde.  De même, si un homme commet une faute en cachette, il affirme que D n’est pas partout dans le monde. Puisqu’il y aurait des choses que D ne voit pas.

Alors, pourquoi la construction du temple est vue de manière positive par la torah, alors que la faute est jugée négativement ?

 Celui qui fait une faute en cachète, montre qu’il a un rapport transgressif à la jouissance. Il jouie par ce qu’il transgresse un interdit en cachette. Par contre, celui qui construit le temple,  crée un rapport positif à la jouissance. A travers le temple, l’homme fait un avec D. D habite dans la même maison que l’homme. Lorsque l’homme mange la viande du sacrifice, c’est comme si c’était D qui la mangeait. Le but de temple était de créer un rapport positif a la jouissance, de créer une possibilité de jouir sans culpabilité.

Le talmud dit que tout celui qui honore le chabath on lui pardonne toutes ses fautes, c’est par ce qu’en honorant le chabath, on crée un rapport positif au plaisir. Le talmud dit que lorsque l’on boit un verre de vin chabath il faut considérer que c’est D lui même qui le boit. (Chabath 113 a selon le meiri)

La techouvah n’est possible qu’à travers la kénose, dans le sens ou l’on enlève tout sentiment de culpabilité dans le rapport au plaisir. Pour enlever le sentiment transgressif lié à la jouissance, il faut s’identifier a D lui-même, par la jouissance de son corps.

Faire  techouvah par amour, c’est identifier son plaisir a celui de D lui même. Le zohar dit a plusieurs reprise que celui qui a des rapports avec des femmes interdites, c’est comme si il avait des rapports avec les concubines de son père. Dans le sens, ou les femmes interdites représentent les femmes de D lui même. (Le zohar dit ca surtout au sujet des femmes non juives). 

Par la techouvah l’homme doit ressentir que lorsqu’il a eu ces liaisons interdites, c’est D lui même qui avait du plaisir. 

Pour transformer les actions impures en actions pures, il faut passer par la kénose. (Se sentir un avec D) La kénose ne passe pas par l’acceptation de l’interdit, elle passe par la déculpabilisation face à la jouissance. 

Le gaon de Vilnah avait l’habitude de dire que manger de la viande dans le repas se melaveh Malka a l’issue du chabath,  rapproche plus de D que 1000 jours de jeunes. 

Le  rav haim de Volozyn explique que lorsque l’on bénit D, on demande à D de se dévoiler a travers notre action. Le rav de Volozyn explique cela au sujet des bénédictions de l’amidah. Mais il est évident qu’il faut étendre cette interprétation à toutes les bénédictions que nous faisons. Avant de   boire un verre de vodka, lorsqu’on dit « bénit sois tu D, dont tout advient a travers sa parole », il faut penser « que tu sois bénis D, en te manifestant a travers ma jouissance de la vodka ». 

Dans le judaïsme  l’homme fait un avec D a travers l’étude de la torah,  et l’accomplissement des commandements, mais il doit faire « un » avec D a travers la jouissance aussi. L’un ne peut pas aller sans l’autre.

 Plus un homme se rapproche de D par l’intellect, plus il doit se sentir proche de lui par son corps. 

Si l’homme ne cherche à  s'unir a D qu’a travers l’ascèse spirituelle,  il va établir de facto  un rapport culpabilisant à son corps, et a terme cette culpabilité amènera à la transgression.

La culpabilité et la transgression ne sont que les deux faces d’une seule et même médaille. L’homme transgresse par ce qu’il se sent coupable. Souvent l’homme transgresse l’interdit pour  donner sens à un sentiment de culpabilité diffus qu’il ne peut rationaliser que s’il faute. Souvent l’homme faute pour justifier a fortiori un sentiment de culpabilité qu’il ressentait avant. (C’est a mon avis l’enseignement majeur que l’on peut tirer de l’œuvre de Dostoïevski.)  

Après la faute, le sentiment de  culpabilité se trouve amplifié par la transgression, ce qui pousse l’homme à fauter a nouveau et ainsi de suite. 

Souvent, Le sentiment de culpabilité est premier, et, la plus part du temps, on se sent coupable du fait même d’être un homme et d’avoir un corps. C’est pour cette raison qu’il est important de sentir que D s’exprime à travers la jouissance de con corps pour faire techouvah.

Ainsi le mal peut devenir bien a condition de s’identifier a D d’une manière qui dépasse le bien et le mal.

C’est le sens du talmud qui dit (yomah 86 a)   « grande est la techouvah qui arrive jusqu’au trône de la splendeur »  comme le verset dit revient Israël jusqu'à ton D. » 

Le trône divin symbolise l’identification de l’homme à D. car les prophètes voient toujours sur le trône divin un homme assis. Le rav de Volozyn explique que le trône divin est toujours un euphémisme pour la kénose. (L’unité de soi avec D)

Or, dans le rituel des prières le seul moment où il est question du trône divin c’est dans la bénédiction que l’on fait après avoir déféquer. Le gaon de Vilnah explique que l’homme doit voir la gloire de D s’exprimant à travers lui, même lorsqu’il s’assoit pour déféquer. C’est a travers cette prise de conscience que la faute peut être transformée en mérite.

Il faut jouir de son corps d’une manière positive, pour pouvoir transformer la jouissance venu par la transgression, en une jouissance pure et première. 

Par contre lorsque l’homme reste dans un rapport culpabilisant à la jouissance, même lorsqu’il s’impose une discipline et qu’il la respecte, on peut parier qu’a plus ou moins long  terme, il va transgresser l’interdit qu’il s’est imposé. Et, lorsqu’il transgressera, sa jouissance viendra de la transgression elle même. Il aura donc transformé la pureté de la morale en une jouissance perverse.

3- jouissance narcissique, et le mystère de la trinité

Dans la vision que nous venons d’exprimer l’homme est seule avec D. dans les visions prophétiques, lorsque l’homme apparait sur le trône divin, il est seul. Pourtant les versets disent « L’Éternel-Dieu dit: "Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui." » Et rashi explique : « Il n’est pas bon... Pour qu’on ne dise pas qu’il y a deux autorités : le Saint béni soit-Il en-haut, seul et sans compagnon, et l’homme ici-bas, seul et sans compagnon (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 12). »

Il semblerait que la kénose et l’unification à D a travers son corps et son esprit ne doivent pas être la seule manière de s’unir avec D. 

Pour rashi, cette manière serait en fait,  une manière de nier D.

Car, nous savons inconsciemment  que, dans l’absolue, nous ne sommes pas D.

Donc, lorsque l’on essais de ressentir D comme s’exprimant a travers nous, en fait on rejette D hors de notre monde. Le chemin décrit par le rav de vologyn et le gaon de Vilnah, qui est aussi le chemin du « tawhid » du soufisme islamique n’est pas suffisant.

Il faut  allier à cette kénose incarnée,  un autre rapport à D qui parait antagoniste. 

Ce rapport c’est le rapport à l’image,  le rapport à son image a celle  de l’autre, et a l’image de D.

 Pour vraiment appréhender la présence de D dans ce monde, il faut lier deux chemin, un chemin qui viendrait de l’intérieur, et un autre qui viendrait de l’extérieure.

Dans la genèse on peut lire les versets suivants « Dieu dit: "Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s'y meuvent." 27 Dieu créa l'homme à son image; c'est à l'image de Dieu qu'il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois »

Le but de la création du monde était la création de l’homme, le but de l’homme est d’être l’image de D.

Comme si D avait besoin de se regarder dans un miroir pour se trouver beau ! Et le comble, c’est que le sommet de la beauté  serait le corps de l’homme ou de la femme ! Qu’est ce que c’est que cette histoire ? 

Pourquoi D par la suite demande t il de ne jamais être représenté par des images, alors que tout le but de la création était de créer une image ? 

Pourquoi dans le rapport a l’image, l’homme n’est plus seul, il est créé avec une femme. Dans cette vision du rapport a D on ne passe pas de un a deux, mais de un a trois, pourquoi ?

(Je vais essayer d’être bref, par ce que j’ai déjà dépassé  le seuil  fatidique des 3000 mots) 

Dans le cours de la semaine dernière j’avais essayé de montrer pourquoi le rapport à l’image est une contradiction à la jouissance. 

En deux mots, j’avais expliqué qu’il ne peut y avoir de jouissance esthétique sans imagination, et qu’il ne peut pas y avoir d’imagination sans désir. Tout ce qui est esthétique est érotique. Or, la jouissance est le contraire du désir, puisque lorsque la jouissance advient le désir disparait, et après la jouissance la beauté de l’image et son essence même disparait.

Comme je l’ai très bien écrit la semaine dernière « Une femme parait toujours plus belle avant l’amour qu’après. Les femmes savent cela, c’est pour cela qu’elles ne sont jamais très faciles. Elles ne veulent pas que leur carrosse se transforme en citrouille ». (C’est de moi, mais ca aurait pu être de Molière.) 

Cette phrase a déchainé la passion haineuse de pas mal de femme. Le premier mail que j’avais écrit sur le judaïsme et le sionisme, a déchainé les hommes qui se sont senti attaqués dans leur virilité, et celui sur la parasha de reeh a déchainé les femmes qui se sont senti attaqué dans leur féminité. Tout ceci m’indiquait que, sans le faire exprès, j’avais tapé dans le Mill, et qu’il fallait creuser un peu plus. 

Surtout, je me suis dit qu’il fallait bien trouver quelque chose de  moralement positif dans la sexualité féminine, si non, tout était perdu. Qu’il fallait quelque part « positiver » le rapport à l’image.

J’ai cherché et j’ai trouvé. (Barouh Hachem).

Première constatation, Selon la halacha, une femme doit s’habiller mieux a l’intérieur de sa maison, qu’a l’extérieure. Si on suit la torah, une femme doit sortir de chez elle en pantoufle, mais, lorsqu’elle est à la maison avec son mari, elle doit porter des talons. Une femme devrait se maquiller quand elle est seule à  la maison avec son mari, et elle devrait enlever son maquillage quand elle sort dehors.  

Deuxièmement, on peut remarquer que lorsque D a créé le monde il a d’abord fait la maison, le monde. La  création de cette maison commence, comme par hasard, avec la lettre Beth, qui veut dire maison. Seulement après avoir construit la maison, D a voulu créer quelqu’un à son image.

Troisièmement, lorsque l’on regarde le temple de Salomon ou de Moshé, on voit bien que, dans le saint des saints il y avait une représentation de D, par la statue des chérubins. Lorsque Moshé construit le temple il demande à Betsalel de construire d’abord la maison et ensuite les ustensiles et les statues.

Il semble que ce qui rend positif le rapport a l’image, c’est la maison.

Pourquoi ?

La maison c’est justement l’endroit ou l’on sait que l’image n’est pas primordiale. Un homme aimera sa femme même si elle ne porte pas de maquillage, ou des hauts talons. Le mari sait dépasser le rapport à l’image de sa femme. Contrairement à l’homme de la rue, l’inconnu, pour lequel, la femme (ou l’autre en général,) est avant tout une image. 

Et justement, c’est avec celui que sait dépasser le rapport à l’image, le mari, que l’image devient une valeur positive.

Pour l’étranger, si je m’identifie à mon image, je crée automatiquement un rapport culpabilisant à moi même. Je sais que je ne suis pas mon image, je sais aussi que l’autre imagine une image de moi qui n’est pas moi, puisqu’il n’y a pas de représentation visuelle sans imagination. 

Si dans la rue, l’étranger me voit comme un rabbin, je sais que, celui qui me regarde se trompe. Mais, malgré tout je suis obligé de me conformer a cette image. Le regard de l’étranger crée un autre en moi même, et je me sens coupable par rapport a cet « autre moi ». Le regard étranger, brise l’unité d être en créant une image. Ce regard le « tawhid », la kénose existant naturellement dans l’existence de l’individu. 

Par contre, lorsque celui qui me regarde sait que je ne suis pas mon image, qu’il sait regarder à travers elle. C’est-à-dire que je suis a la maison, avec des intimes, c’est la, uniquement la, que l’identification a mon l’image peut devenir une valeur ajoutée. C’est a se moment la, qu’il faut mètre une cravate ou porter des talons. 

Les statues du temple de Salomon sont l’aboutissement de la torah. (Nous avons déjà dit que le prénom « Esther » dérive  du prénom d’une idole « astrathee », le rouleau d’Esther est le dernier livre de la bible. La statue qu’Abraham a détruite est celle qui rejaillit a la fin.) La représentation de D par l’image est positive, uniquement lorsque l’on comprend que D dépassé son image. C'est-à-dire, lorsque l’on est à la maison avec D, qu’il est notre intime.

4- la terre d’Israël est notre maison

Dans la genèse on peut lire les versets suivants « et Ésaü comprit que les filles de Canaan déplaisaient à Isaac son père. 9 Alors Ésaü alla vers Ismaël et prit pour femme Mahalath, fille d'Ismaël, fils d'Abraham, sœur de Nebaïoth, en outre de ses premières femmes. »

 Rashi commente : « En plus de ses premières femmes, Il a ajouté une nouvelle impiété aux précédentes, en ne répudiant pas les premières. »

Ce que rashi dit, de manière implicite, ceci : Essav aurait pu trouver le chemin de la rédemption en se mariant avec la fille d’ishmael. Si essav avait répudié ses anciennes femmes, il aurait fait une techouvah parfaite en se mariant avec Mahalath.

 Si on relie l’islam au christianisme, on comprend le judaïsme. Le judaïsme relie le « tawhid » de l’islam avec la trinité chrétienne. Le judaïsme peut faire le lien entre la plénitude de la jouissance et le rapport à l’autre, (à l’autre qui est en soit,) c'est-à-dire le rapport à l’image. 

Ce que Jacob a réussit à faire, et  qu’essav n’a pas réussit à faire, c’est créer « une maison honnête en Israël ». Essav en en ne répudiant pas ses premières femmes, a trompé non seulement la fille d’ishmael, mails il a aussi trompé les anciennes femmes cananéennes qu’il avait mariées au paravent. 

Jacob a su construire une maison, il est l’homme qui réside dans la tente. Essav n’a jamais été capable de cela. C’est pour cette raison qu’essav, par jalousie, a toujours luté pour détruire la maison de Jacob. De manière physique en détruisant le temple, et de manière spirituel, en favorisant une sexualité rampante et omniprésente dans la rue. 

Je voulais simplement dire une dernière chose. Tout le monde sait que je ne soutiens pas l’état d’Israël, et que je n’ai pas d’opinion politique quelle qu’elle soit. 

Mais, il intéressant de remarquer,  que lorsque l’on rencontre un israélien dans la rue, qu’il soit religieux ou non religieux, il a parait nettement que son rapport a l’image est différent du notre. Tout israélien sait qu’il vaut plus que l’image que l’on voit de lui. 

(C’est pour cela que les israéliens sont hais des medias,  les media sentent que les israéliens les méprisent. Les media pensent que tout est image et les israélien dépassent l’image.)

 Dans les autres pays, on voit bien que c’est le contraire.  Pour schématiser, tous les non israéliens essaient de s’exhiber aussi beaux que le château de Versailles, mais on sent bien, qu’au fond d’eux même, ils pensent que derrière cette image,  ils cachent une décharge publique, et ils savent que l’autre n’est pas dupe de leur façade.

 Alors qu’un israélien se présente comme une décharge publique, en étant persuadé que, l’autre a compris qu’a l’intérieur il est un château de Versailles. Les non israéliens, ne se sentent pas à la maison.  Ils se sentent etranger, même chez eux, même entre eux. les israélien vivent instinctivement entre intimes. Cela prouve bien que les juifs sont à la maison en Israël.