• Rav Uriel Aviges

Vaera 5778


La parasha de « vaera » commence avec les versets suivants, « Dieu adressa la parole à Moïse, en disant : "Je suis l'Éternel. 3 J'ai apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Divinité souveraine ; ce n'est pas en ma qualité d'Etre immuable que je me suis manifesté à eux. 4 De plus, j'avais établi mon alliance avec eux en leur faisant don du pays de Canaan, cette terre de leurs pérégrinations où ils vécurent étrangers 5 et enfin, j'ai entendu les gémissements des enfants d'Israël, asservis par les Égyptiens et je me suis souvenu de mon alliance. 6 Donc, parle ainsi aux enfants d’Israël : ‘Je suis l’Éternel ! Je veux vous soustraire aux tribulations de l'Égypte et vous délivrer de sa servitude ; et je vous affranchirai avec un bras étendu, à l'aide de châtiments terribles. 7 Je vous adopterai pour peuple, je deviendrai votre Dieu ; et vous reconnaîtrez que moi, l'Éternel, je suis votre Dieu, moi qui vous aurai soustraits aux tribulations de l'Égypte. »

Si on suit l’interprétation de Rashi le texte met en opposition deux types de relations à D. D’une part la relation de D. avec les patriarches, et d’autre part la relations que D voudrait avoir avec les enfants d’Israël.

Les patriarches ont eu la foi, ils ont crue en une promesse, ils préféraient croire en un serment futur plutôt que d’en voir l’accomplissement.

Après la guerre contre les quatre rois, Abraham contrôle militairement complètement tout le royaume d’Israël, et il est couronné roi d’Israël, pourtant il préfère abdiquer de son pouvoir et vivre comme un étranger, il préfère vivre en croyant à un rêve plutôt que d’assumer la réalisation de cette promesse. Les patriarches sont des patriarches, justement par ce qu’ils rêvent d’un futur à venir. Cette relation que les patriarches ont avec D est décrite comme «la relation a la divinité souveraine » comme le dit Rashi : « Je suis apparu Aux patriarches « en qél Chaqqaï ». Je leur ai fait des promesses et chaque fois je leur ai dit : « Je suis qél Chaqqaï ».  Rashi continue :

« Et de mon Nom Hachem je ne me suis pas fait connaître (lo noda’ti) à eux Le texte ne porte pas : « je n’ai pas fait connaître » (lo hoda’ti), mais : « je ne me suis pas fait connaître » (lo noda’ti). Je n’ai pas été connu d’eux dans mon attribut de vérité, qui fait que je m’appelle Hachem, digne de confiance pour tenir parole. Car je leur ai fait des promesses, mais je ne les ai pas encore exécutées. »

La relation que D veut avoir avec les enfants d’Israël en les libérant, est différente de celle qu’il avait avec les patriarches, elle se décline dans la modalité de l’accomplissement. Dans le passage que nous avons cité le verset dit « Donc, parle ainsi aux enfants d’Israël : ‘Je suis l’Éternel ! » et Rashi commente : « Dis aux fils d’Israël : Je suis Hachem Fidèle à ma promesse. ».

D ne veut pas que les juifs croient ou aient confiance en un avenir radieux, au contraire, il veut briser complétement tous leurs espoirs avant de les libérer.

Après ce dialogue de D avec moshe, on peut lire les versets suivants « Moïse redit ces paroles aux enfants d'Israël mais ils ne l'écoutèrent point, ayant l'esprit oppressé par une dure servitude. 10 L'Éternel parla à Moïse en ces termes : 11 "Va, dis à Pharaon, roi d'Égypte, qu'il laisse partir de son pays les enfants d'Israël ». Les versets montrent clairement que ce n’est que lorsque les juifs ont perdu la emounah, lorsqu’ils ont perdu espoir en la promesse, ce n’est qu’à ce moment, que D demande a moshe de parler à pharaon, pour commencer le miracle des dix plaies.

Dans parasha précédente les juifs avaient confiance en D et en Moshe, c’est pour cette raison que D ne pouvait pas les libérer, il a fallu que D augmente les douleurs de l’esclavage, au point où les juifs ont perdu la emounah pour qu’il puisse commencer à faire des miracles.

A la fin de la parasha précédente Moshe avait demandé « pourquoi tu m’as envoyé ? alors que depuis que j’ai parlé à pharaon la situation des juifs a empirée », Hachem lui réponds dans cette parasha, c’est justement pour cela que je t’ai envoyé, tant que les juifs avaient la foi, je ne pouvais pas faire de miracle.

Si les juifs sont devenus esclaves en Egypte, ce n’est pas par ce qu’ils avaient trahi l’héritage spirituel des patriarches, c’est au contraire par ce qu’ils l’avaient suivi. C’est par ce qu’ils avaient constamment confiance en la promesse, c’est par ce qu’ils avaient foi en D, qu’ils ont accepté de descendre spirituellement et matériellement, jusqu’au 49 portes d’impureté. En Egypte, les juifs enchainaient des compromis spirituels et matériels, puisqu’ils se disait que de toutes les manières, a la fin ils seraient libérés. Tant que les juifs gardent une confiance aveugle en la promesse, ils sont condamnés à descendre.

Pour être libérés, les juifs doivent apprendre à devenir « des enfants », ils doivent devenir ceux qui accomplissent la promesse, ils doivent quitter le statut de « parents » croyant en une promesse s’accomplissant à la prochaine génération.

Cependant, il y a lieu de s’interroger sur l’opposition que D fait entre celui qui croie en la promesse et celui qui veut finaliser son accomplissement. Aujourd’hui, on aurait plutôt tendance à nier cette opposition, on pense plutôt, que c’est celui qui croit en ses rêves qui peut les réaliser. Pourquoi dans notre parasha la torah met en opposition le rêve et la réalité.

De plus, il est difficile de comprendre pourquoi D n’a jamais voulu que les patriarches quittent le monde du rêve, a priori, D n’a pas puni Abraham lorsqu’il a abdiqué son trône et son pouvoir, la foi a toujours sauvé les patriarches, le verset dit au sujet d’Abraham « Et il eut foi en l’Éternel, et l’Éternel lui en fit un mérite." Alors, comment se fait-il, que lors du séjour en Egypte la foi devient une cause de chute.

2- le rôle de josef dans la sortie d’Egypte

Si dans la torah il y a une opposition entre les patriarches et les enfants, il y a un personnage qui fait la jonction entre les deux, c’est josef. Josef est appelé par son père « Even Israël », la pierre d’Israël, Rashi commente « Rocher d’Israël Le mot Even (« rocher ») est composé, selon le Targoum, de av (« père ») et de ben (« fils »), c’est-à-dire Ya‘aqov et ses fils ». Josef est le patriarche de deux tribus, mais c’est aussi un des frères, un des enfants de Jacob. Les patriarches rêvent, les enfants doivent accomplir, et josef rêve et cherche à accomplir ses rêves.

Le rôle de josef dans l’épisode égyptien est prépondérant. Les juifs deviennent esclave en Egypte par ce qu’ils l’ont vendu comme esclave, le veau est le symbole de josef et celui de l’Egypte. Lorsque les juifs sortent d’Egypte Moshe prend avec lui les os de josef. La mer rouge s’ouvre lorsqu’elle voit les os de josef. Comme le dit le midrash « Chimon l’homme de Kiterons dit « par le mérite des os de josef la mer s’est déchirée, comme dit le verset « la mer a vue et elle a fui », comme il est dit au sujet de josef « et il s’est enfuit dehors ». Le midrash explique qu’il y a une relation entre le fait que la mer fuit et se déchire, et le fait que josef s’est enfuit lorsque la femme de Putiphar a voulu avoir des relations avec lui et qu’elle lui a déchiré son habit.

Lorsque l’on regarde le psaume 77, il apparait que le roi David attribue la paternité du peuple d’Israël a josef lors de la sortie d’Egypte. le verset dit en effet « J’évoquerai le souvenir des œuvres du Seigneur, oui, le souvenir de tes antiques merveilles. 13 Je méditerai sur tous tes exploits, et passerai en revue tes hauts faits. 14 O Dieu, sublime de sainteté est ta voie ; est-il une divinité grande comme Dieu ? 15 Tu es, toi, l’Etre tout-puissant, auteur de prodiges ; tu fais éclater ta force parmi les nations. 16 Par ton bras tu affranchis ton peuple, les fils de Jacob et de Joseph. Sélah ! 17 Les flots te virent, ô Dieu ; les flots te virent, et ils tremblèrent, les vagues profondes s’émurent de peur. »

La libération des juifs est possible par ce que josef n’a pas fauté avec la femme de Putiphar. Pour être libres les juifs doivent arrêter de prendre les patriarches comme model, ils doivent tous choisir Josef comme model. Pourquoi ?

Pour répondre à ces questions il faut revenir sur l’histoire de josef avec la femme de Putiphar. Il faut comprendre pourquoi josef n’a pas eu de relations avec elle. Lorsque l’on regarde les midrashim il apparait que si josef n’a pas fauté, c’est par ce que le visage de son père lui est apparu par la fenêtre.

le verset dit « mais son arc est resté plein de vigueur et les muscles de ses bras sont demeurés fermes grâce au Protecteur de Jacob, qui par-là préparait la vie au rocher d'Israël; 25 grâce au Dieu de ton père, qui sera ton appui et au Tout-Puissant, qui te bénira des bénédictions supérieures du ciel, des bénédictions souterraines de l’abîme, des bénédictions des mamelles et des entrailles », et Rashi  commente « Rocher d’Israël Le mot Even (« rocher ») est composé, selon le Targoum, de av (« père ») et de ben (« fils »), c’est-à-dire Ya‘aqov et ses fils. Et nos maîtres ont expliqué l’expression « son arc est resté plein de vigueur » comme voulant dire qu’il a su, en présence de la femme de son maître, maîtriser son instinct. Le mot qacheto (« son arc ») s’applique ici à la semence, laquelle est lancée comme une flèche. Quant aux « muscles de ses bras demeurés fermes », ils désignent la semence qui s’est écoulée par ses doigts. « Par les mains du protecteur de Ya’aqov » : l’image de son père lui est alors apparue (Sota 36b). »

Or, Rashi dit ailleurs que le visage de josef et celui de Jacob étaient exactement les mêmes (Rashi genèse chap. 37, 3). Josef est appelé le fils de la vieillesse de Jacob. Rashi explique, « Le fils de sa vieillesse (zeqounim) Il lui était né à l’époque de sa vieillesse... Autre explication : Il avait les mêmes traits de visage (ziv iqounin) que lui-même (ibid.). » c’est donc son propre visage que josef a vu, lorsqu’il a été tenté par la femme de Putiphar, et c’est cette vision qui lui permit de ne pas fauter.

Dans la cabale, josef est associe à la sphère du « yessod », « la base », « le socle ». Lorsque Moshe apporte les restes de josef en Israël, la torah parle des « os de josef ». Josef représente le concept d’identité, qui est le socle de la psychè. Josef a une image claire de lui-même, c’est grâce a cette image qu’il est capable de se contrôler et de suivre une morale qui lui est propre. Il est l’homme libre par excellence, par ce qu’il est le maitre de son identité. Josef sait rester fidèle a son identité, il a donc un squelette et une colonne vertébrale impérissable.

Les juifs ne peuvent être libérés d’Egypte que s’ils deviennent capables de rester fidèles à l’image qu’ils ont d’eux même.

L’Egypte est le pays de débauche sexuelle, comme le dit Maimonide (lois relatives aux interdits sexuels chapitre 21, 8).  « Il est dit « vous ne ferez pas les actes de la terre d’Egypte ». Nos sages ont dit : « Que faisaient-ils [les égyptiens] ? Un homme se mariait avec un homme et une femme avec une femme, et une femme se mariait avec deux hommes. ». La débauche sexuelle était le fondement de la société égyptienne, puisqu’elle permettait de fragmenter l’identité des individus, or un individu a l’identité fragmente c’est un esclave.

Les juifs ne pouvaient pas lutter contre « la machine à fragmentation » égyptienne par ce qu’ils étaient des rêveurs, ils avaient foi dans le futur. Or si le rêve et l’espoir rapprochent de D le nomade du désert, (les patriarches), ils rendent aussi l’individu vulnérable et perméable a l’influence d’une société pervertie. La foi était la grandeur des patriarches, mais elle est aussi la vulnérabilité des enfants d’Israël dans la société égyptienne.

3- identité fragmentée esclavage, société post moderne

Dans la société actuelle post moderne l’identité est aussi fragmentée, l’homme moderne est un esclave il n’est plus capable de s’identifier à une image unique, il ne peut que s’adapter à son environnement.

L'ère post-moderne contribue à la fragmentation de l'individu : l'identité se fragilise. Elle se démultiplie ou se compartimente entre des attitudes diverses ou alors jusque-là opposées : « banker le jour, raver le soir » « parfaite maitresse de maison le soir, business woman le jour » ... Suivant les moments de sa vie, l'individu ne se projette plus dans des modèles, mais joue de sa personne à travers plusieurs masques. On tend vers une plus grande flexibilité identitaire («je est un autre » ou alors je est plusieurs autres).

Cette fragmentation de l'individu n'est que l'écho de la fragmentation de la société, en de multiples groupes, tribus ou communautés.

Cette tendance de fond n'empêche pas le développement de la poly-appartenance où un seul individu peut appartenir à plusieurs communautés à la fois mais à des moments différents de son existence quotidienne.

Sous la bannière du droit d'être totalement soi-même, l'ensemble des modes de vie deviennent socialement légitimes. Le modèle patriarcal explose au profit de la juxtaposition de modèles sociaux qui cohabitent créant un sentiment de flottement. (Wikipédia article post modernisme)

Ce tableau de la société actuelle, rappelle étonnamment la société égyptienne telle qu’est décrite par nos sages. Cette situation sociale, rend l’expérience religieuse absurde et presqu’irréalisable. Elle rend l’homme incapable de s’imposer une morale.

On peut, en toute bonne foi, apprendre le talmud par cœur le jour, et braquer une banque la nuit, puisque celui qui étudie, n’est pas celui qui vole. Le monde moderne a créé des individus aux identités doubles des sortes de Dr Jekyll et Mister Hyde, incapables de faire coïncider les différentes facettes de leur identité.

On peut être un musulman intégriste le jour, prier de tout son cœur, et violer des femmes le lendemain, sans que l’un puisse empêcher l’autre.

La psychanalyse, et la morale, sont devenus complètement impuissant à changer les comportements humains, car ils ne peuvent pas changer une identité fragmentée. L’homme qui est devant le psy, n’est pas celui qui s’injecte de l’héroïne. La femme qui écoute religieusement un cours de torah, n’est pas celle qui va torturer ses enfants, son mari ou ses employés.

Pour rétablir la religion, c’est-à-dire la dignité humaine et la liberté, on ne peut pas luter frontalement contre les valeurs modernes, il faut, pour se libérer, utiliser d’autres stratégies.

Structurellement, le conditionnement de la société moderne dépend de deux piliers, si on brise ces piliers on retrouve la liberté.  Le premier pilier c’est le rêve, et la confiance optimiste en un futur matériel et spirituel radieux, le deuxième, découle du premier, c’est la perversion sexuelle. Dans le monde moderne le sexe est devenu le carburant du « rêve », on désire pour se rassurer, pour se prouver que l’on peut encore rêver ou faire rêver.

Le D des patriarches, c’était le dieu de la promesse le D du rêve, le D moderne ne peut être que celui du réel qui se révèle dans l’existence immédiate et éternelle du présent.  


Les documents

Dieu adressa la parole à Moïse, en disant: "Je suis l'Éternel. 3 J'ai apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Divinité souveraine; ce n'est pas en ma qualité d'Etre immuable que je me suis manifesté à eux. 4 De plus, j'avais établi mon alliance avec eux en leur faisant don du pays de Canaan, cette terre de leurs pérégrinations où ils vécurent étrangers 5 et enfin, j'ai entendu les gémissements des enfants d'Israël, asservis par les Égyptiens et je me suis souvenu de mon alliance. 6 Donc, parle ainsi aux enfants d'Israël: ‘Je suis l'Éternel! Je veux vous soustraire aux tribulations de l'Égypte et vous délivrer de sa servitude; et je vous affranchirai avec un bras étendu, à l'aide de châtiments terribles. 7 Je vous adopterai pour peuple, je deviendrai votre Dieu; et vous reconnaîtrez que moi, l'Éternel, je suis votre Dieu, moi qui vous aurai soustraits aux tribulations de l'Égypte.

Rashi

Je suis apparu Aux patriarches « en qél Chaqqaï ». Je leur ai fait des promesses et chaque fois je leur ai dit : « Je suis qél Chaqqaï ».

Et de mon Nom Hachem je ne me suis pas fait connaître (lo noda’ti) à eux Le texte ne porte pas : « je n’ai pas fait connaître » (lo hoda’ti), mais : « je ne me suis pas fait connaître » (lo noda’ti). Je n’ai pas été connu d’eux dans mon attribut de vérité, qui fait que je m’appelle Hachem, digne de confiance pour tenir parole. Car je leur ai fait des promesses, mais je ne les ai pas encore exécutées.

Et aussi j’ai établi mon alliance… Et aussi quand je leur suis apparu sous le nom de qél Chaqqaï, j’ai dressé et établi mon alliance entre moi et eux « pour leur donner le pays de Kena‘an ». Il est écrit pour Avraham, dans le chapitre relatif à la circoncision : « je suis qél Chaqqaï » (Beréchith 17, 1), suivi de : « Je donnerai à toi et à ta descendance après toi la terre de tes séjours… » (verset 8). Pour Yits‘haq : « car, à toi et à ta descendance, je donnerai toutes ces terres-là, j’accomplirai le serment que j’ai prêté à Avraham ton père » (Beréchith 26, 3). Or, ce serment que j’ai fait à Avraham, je l’ai prononcé devant Ya‘aqov sous le nom de qél Chaqqaï : « fructifie et multiplie… » (Beréchith 35, 11), suivi de : « et le pays que j’ai donné à Avraham et à Yits‘haq, je te le donnerai » (ibid. verset 12). Ainsi, je leur ai promis et que je n’ai pas encore exécuté.

C’est pourquoi Conformément à ce serment.

Dis aux fils d’Israël : Je suis Hachem Fidèle à ma promesse.

Je vous ferai sortir Car j’en ai fait la promesse lorsque j’ai dit : « Et ensuite ils sortiront avec de grands biens » (Beréchith 15, 14).

Les fardeaux de l’Egypte La charge du fardeau de l’Egypte.

Dieu fit donc dévier le peuple du côté du désert, vers la mer des Joncs et les enfants d'Israël partirent en bon ordre du pays d'Égypte. 19 Moïse emporta en même temps les ossements de Joseph car celui-ci avait formellement adjuré les enfants d'Israël, en disant: "Dieu ne manquera pas de vous visiter et alors vous emporterez mes os de ce pays."

Car adjurer, il a adjuré Il leur avait fait jurer de faire jurer à leur tour à leurs enfants. Et pourquoi n’a-t-il pas fait jurer à ses enfants de le porter dès sa mort en terre de Kena‘an comme l’avait fait Ya‘aqov (Beréchith 47, 30) ? Il s’est dit : « En tant que maître de l’Egypte, j’aurais le pouvoir de le faire. Mais les Egyptiens ne laisseront pas faire mes enfants. » Il leur a donc fait jurer de l’emporter lorsqu’ils seraient sauvés et qu’ils sortiraient (Sota 13a).

בראשית רבה (תיאודור-אלבק) פרשת וישב פרשה פז

שמעון איש קיטרון א' בזכות עצמותיו שליוסף נקרע הים, הים ראה וינס (תהלים קיד ג), בזכות וינס ויצא החוצה.

Chimon l’homme de kiteron dit « par le merite des os de josef la mer c’est dechiree, comme dit le verset « la mer a vue et elle a fuit », comme il est dit au sujet de josef « et il s’est enfuit dehors ».

Wikipedia postmodernisme

Fragmentation de la société et fragmentation de l'individu

L'ère post-moderne contribue à la fragmentation de l'individu : l'identité se fragilise. Elle se démultiplie ou se compartimente entre des attitudes diverses ou alors jusque là opposées : «banker le jour, raver le soir» «parfaite maitresse de maison le soir, business woman le jour»... Suivant les moments de sa vie, l'individu ne se projette plus dans des modèles mais joue de sa personne à travers plusieurs masques. On tend vers une plus grande flexibilité identitaire («je est un autre» ou alors je est plusieurs autres).

Cette fragmentation de l'individu n'est que l'écho de la fragmentation de la société, en de multiples groupes, tribus ou communautés à l'exemple de la culture techno, fragmentation qui se retrouve sur le terrain économique dans l'offre marketing et la publicité et des mass-medias, stimulée par le développement d'Internet. Cette tendance de fond n'empêche pas le développement de la poly-appartenance où un seul individu peut appartenir à plusieurs communautés à la fois mais à des moments différents de son existence quotidienne.

Sous la bannière du droit d'être totalement soi-même, l'ensemble des modes de vie deviennent socialement légitimes. Le modèle patriarcal explose au profit de la juxtaposition de modèles sociaux qui cohabitent créant un sentiment de flottement ou un vieillissement accéléré sur les valeurs de référence et les discours qui en découlent. De ces fragmentations résulte la fin des modèles sociologiques patiemment étudiés et conceptualisés.

Un nouveau mode de régulation de la pratique sociale

La postmodernité implique un nouveau mode de régulation des pratiques sociales et de reproduction des rapports sociaux découlant des contradictions de la modernité politique et institutionnelle. Les actes signifiants des individus sont progressivement dissociés d'un ordre commun synthétique (qui dans la modernité leur conférait un sens) et remplacé par des régulations purement autoréférentielles et automatiques (le marché, les technologies, les médias informatiques) dont le mode d'opération n'est plus mesuré par rien d'autre que par leur propre taux de croissance exponentielle.

Je vous adopterai pour peuple, je deviendrai votre Dieu; et vous reconnaîtrez que moi, l'Éternel, je suis votre Dieu, moi qui vous aurai soustraits aux tribulations de l'Égypte. 8 Puis, je vous introduirai dans la contrée que j'ai solennellement promise à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous la donnerai comme possession héréditaire, moi l'Éternel.’ " 9 Moïse redit ces paroles aux enfants d'Israël mais ils ne l'écoutèrent point, ayant l'esprit oppressé par une dure servitude. 10 L'Éternel parla à Moïse en ces termes: 11 "Va, dis à Pharaon, roi d'Égypte, qu'il laisse partir de son pays les enfants d'Israël." 12 Mais Moïse s'exprima ainsi devant l'Éternel: "Quoi! les enfants d'Israël ne m'ont pas écouté et Pharaon m'écouterait, moi qui ai la parole embarrassée!" 13 Alors l'Éternel parla à Moïse et à Aaron; il leur donna des ordres pour les enfants d'Israël et pour Pharaon, roi d'Égypte, afin de faire sortir les enfants d'Israël du pays d'Égypte.

Mishneh torah 21 8

Lesbian relations are forbidden. This is "the conduct of Egypt" which we were warned against, as [Leviticus 18:3] states: "Do not follow the conduct of Egypt." Our Sages said:22 What would they do? A man would marry a man, a woman would marry a woman, and a woman would marry two men.

Although this conduct is forbidden,23 lashes are not given for it, for it is not a specific prohibition24 and there is no intercourse at all. Therefore such women are not forbidden to marry into the priesthood as zonot, nor does a woman become prohibited to her husband because of this,25 for this is not considered harlotry. It is, however, appropriate to give them stripes for rebellious conduct26 because they performed a transgression. A man should take precautions with his wife with regard to this matter and should prevent women who are known to engage in such practices from visiting her and her from visiting them.

Psaume 77

J’évoquerai le souvenir des œuvres du Seigneur, oui, le souvenir de tes antiques merveilles. 13 Je méditerai sur tous tes exploits, et passerai en revue tes hauts faits. 14 O Dieu, sublime de sainteté est ta voie; est-il une divinité grande comme Dieu? 15 Tu es, toi, l’Etre tout-puissant, auteur de prodiges; tu fais éclater ta force parmi les nations. 16 Par ton bras tu affranchis ton peuple, les fils de Jacob et de Joseph. Sélah! 17 Les flots te virent, ô Dieu; les flots te virent, et ils tremblèrent, les vagues profondes s’émurent de peur. 18 Les nuées se fondirent en pluies torrentielles, les cieux firent retentir leur tonnerre, et tes flèches volèrent de toutes parts. 19 Le fracas de ta foudre se mêla au tourbillon, les éclairs illuminèrent le monde, la terre gémit et vacilla. 20 Tu frayas ta route à travers la mer, ton sentier à travers des eaux épaisses: tes traces échappèrent aux regards. 21 Tu conduisis comme un troupeau ton peuple, par la main de Moïse et d’Aaron.

Sanhedrin 19

R. Eleazar says: It is inferred from the following: Thou hast with thine arm redeemed thy people, the sons of Jacob and Joseph, Selah.36  Did then Joseph beget them; surely it was rather Jacob? — But Jacob begot and Joseph sustained them; therefore they are called by his name.

Genese 49

C'est un rameau fertile que Joseph, un rameau fertile au bord d'une fontaine; il dépasse les autres rameaux le long de la muraille. 23 Ils l'ont exaspéré et frappé de leurs flèches; ils l'ont pris en haine, les fiers archers: 24 mais son arc est resté plein de vigueur et les muscles de ses bras sont demeurés fermes grâce au Protecteur de Jacob, qui par là préparait la vie au rocher d'Israël; 25 grâce au Dieu de ton père, qui sera ton appui et au Tout-Puissant, qui te bénira des bénédictions supérieures du ciel, des bénédictions souterraines de l’abîme, des bénédictions des mamelles et des entrailles

Rashi

Son arc est resté plein de vigueur Son pouvoir [comme vice-roi d’Egypte] est resté fortement établi, le mot qècheth (« arc ») signifiant également « puissance ».

Le mot qècheth (« arc ») Le mot qècheth (« arc ») signifiant également « puissance ».

Les muscles de ses bras sont demeurés fermes Ces mots désignent l’anneau qui lui a été mis à la main, comme dans : « de l’or très fin (moufaz) » (I Melakhim 10, 18), [de sorte qu’on pourrait les traduire par : « ses mains sont devenues de l’or fin »]. Cela lui est venu des mains du Saint béni soit-Il, qui est « le protecteur de Ya‘aqov », et il s’est élevé de là pour devenir « le pasteur [c’est-à-dire le nourricier] du rocher d’Israël », de celui qui est la racine d’Israël, [à savoir Ya‘aqov]. Même sens dans : « la pierre (haèven) qui est en tête » (Zekhariya 4, 7), c’est-à-dire la royauté. Le Targoum Onqelos traduit de la même manière.

Est resté Traduction du Targoum : Sa prophétie est revenue sur eux, c’est-à-dire : les rêves qu’il avait eus à leur sujet se sont réalisés. Et le Targoum ajoute : « parce qu’il a observé la Tora en secret », sans que cela figure dans le texte hébreu. Il traduit « son arc est resté plein de vigueur » par : « Il a mis sa confiance dans le Puissant ». Et voici comment s’articule la traduction du Targoum Onqelos : « Sa prophétie s’est réalisée, parce que la puissance du Saint béni soit-Il lui a servi d’arc et d’appui sûr. ». Quant aux mots : « les muscles de ses bras sont demeurés fermes », il les rend par : « c’est pourquoi de l’or a été mis sur ses bras », le mot wayafozou (« sont demeurés fermes ») étant de la même racine que paz (« or fin »). Ces mots désignent l’anneau qui lui a été mis à la main, comme dans : « de l’or très fin (moufaz) » (I Melakhim 10, 18), [de sorte qu’on pourrait les traduire par : « ses mains sont devenues de l’or fin »].

Rocher d’Israël Le mot èven (« rocher ») est composé, selon le Targoum, de av (« père ») et de ben (« fils »), c’est-à-dire Ya‘aqov et ses fils. Et nos maîtres ont expliqué l’expression « son arc est resté plein de vigueur » comme voulant dire qu’il a su, en présence de la femme de son maître, maîtriser son instinct. Le mot qacheto (« son arc ») s’applique ici à la semence, laquelle est lancée comme une flèche. Quant aux « muscles de ses bras demeurés fermes », ils désignent la semence qui s’est écoulée par ses doigts. « Par les mains du protecteur de Ya’aqov » : l’image de son père lui est alors apparue (Sota 36b).

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