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  • Rav Uriel Aviges

Pekoude 5768

La parasha de la semaine conclue le livre de l'exode par le bilan et la récapitulation de la construction du mishkan. Nahamnide explique, dans son commentaire sur la torah, que le but du mishkan c'est faire descendre la présence divine dans les mondes inferieures (intro sur l'exode).

 Il dit aussi (début de ki tissa) que le sens du mishkan c'etait de perpétuer le dévoilement divin qu'il y avait eu pendant le don de la torah, en effet, les manifestations miraculeuses de D dans le mishkan sont semblables a celles que l'on observe sur le mont Sinaï a l'occasion du don de la torah, (la fumée, le feux la voix qui parle a moshe d'entre les deux chérubins), de plus Nahamnide remarque que dans l'arche sainte, qui se trouvait dans le saints des saints, il y avait les tables de la loi, il voit donc clairement, que le sens du mishkan c'etait avant tout de garder vivant le dévoilement divin du mont Sinaï, et que c'est a traves ce dévoilement que D etait capable de parler a moise et de lui donner d'autre commandements.

Nahamnide met en parallèle le livre l'exode et celui de la genèse, la genèse commence avec la création du monde par D, et se termine par la mort de Josef et des patriarches.

 Rav yeruham de mir explique que Nahamnide ne veut pas considérer comme Rashi que le récit de la création du monde au début de la genèse est une sorte d'accident qui servirait a justifier politiquement les lois de la torah pour les non juifs, mais bien au contraire, pour Nahamnide le récit de la création du monde au début de la torah montre l'essence de la torah, qui est de faire résider la présence de D' dans les mondes inferieures. Nahamnide explique que les patriarches par leurs actions ont réussit à faire descendre la présence de D' dans le monde, c'est pour cela qu'ils sont eux même considérés comme "la merkavah" le char céleste sur lequel la présence divine repose.

Pour Nahamnide ce qui fait l'unité du livre de la genèse c'est la descente de d' dans les mondes inferieure qui commence par la parole créatrice et qui se termine par la vie des patriarches. Nahamnide continue en expliquant que c'est aussi l'unité du livre de l'exode, puisqu'a travers les plaies d'Egypte et par la révélation du Sinaï (qui se pérennise dans un état constant dans le mishkan), les juifs arrivent en tant que nation à faire descendre la présence divine dans les mondes inferieures a l'image des patriarches, mais cette foi entant que nation. Pour Nahamnide donc, il semble que l'essentiel dans la torah ce n'est les lois ou la morale, mais bien le dévoilement surnaturel de D dans le monde.

Il y a plusieurs difficultés sur cette interprétation de Nahamnide. La première c'est que l'on voit que le don de la torah du mont Sinaï n'a pas tenu, il est suivit directement par la faute du veau d'or, alors que le deuxième don de la torah qui a eu lieu a yom kippour s'est passe par contre dans un silence complet sans aucun dévoilement de d' dans le monde. Le talmud explique que D a dit a moshe "le premier don de la torah comme il a été fait avec de grands dévoilements, le mauvais œil a put l'annuler, rien ne vaut la discrétion!" De plus le talmud dans chabat 88 dit que D a force les juifs a recevoir la torah en les mettant sous le mont Sinaï et en leur disant "si vous acceptez tant mieux ,si non ce sera ici votre tombe", or Tosfot objecte que la torah dit clairement que les juifs ont acceptes de plein grès la torah en disant "nous ferons et nous comprendrons" et tosfot répond qu'il est clair que les juifs n'avaient pas de problème a accepter les commandements de D et l'étude de la torah, par contre ce que les juifs n'aurait pas voulu accepter c'est le dévoilement surnaturel qui a accompagne le don de la torah, puisque se dévoilement etait si grand et si saisissant que les âmes des juifs sortaient de leurs corps lorsque D' parlait, et qu'il fallait a chaque fois les ressusciter.

Il semble donc, que selon Tosfot que le dévoilement de D soit un traumatisme pour les juifs. Comme le faisait remarquer les rabanim lituanien, tout les siècles ou les prophètes faisaient des miracles pour sauver les juifs la bible décrit les juifs comme foncièrement récalcitrant a accomplir la torah, des que le danger ou la peur disparait les juifs recommençaient a fauter, alors, qu'a partir de la torah orale et des décrets rabbiniques (qui ont pourtant rendu le judaïsme beaucoup plus dure a vivre) jusqu'a la haskalah, les juifs ont toujours voulu garder la torah, par ce que l'étude et la compréhension des lois crée l'amour de la loi et de D, beaucoup plus que les miracles et que le surnaturel qui est traumatisant et déstabilisant pour l'homme. Le "nous ferons et nous comprendrons" est naturel chez le juifs alors que la révélation surnaturel crée un mouvement de révolte et de répulsion. On comprend bien cette idée de Tosfot, aujourd'hui, les juifs acceptent naturellement la morale est les règles de la torah, en s'identifiants a eux et en voulant les comprendre et les accomplir, mais ce qui fait peur dans la torah, c'est le surnaturel de la révélation. A travers l'image de la parole de D qui tue l'être humain dans sa révélation, la torah nous montre le dilemme de certains penseurs qui disaient "de deux chose l'une, soit D existe alors moi, l'être humain je n'existe pas, soit j'existe, alors c'est d' qui n'existe pas has vechalom" alors a quoi sert cette révélation!

De plus, le talmud de Jérusalem raconte l'histoire de Elisha fils d' avouyah (qui est un rav qui a mal tourne) Elisha fils d'avouyah raconte a son élève rabbi Meir pourquoi il a mal tourne, il dit que le jour de sa circoncision, son père qui etait très riche, avait fait une grande fête, a cette fête il avait invite aussi tous les grands rabanim de sa génération et lorsque ces rabanim (rabbi Eliezer et rabbi yehoshuah) se sont mis a étudier un feu est descendu du ciel, abouyah a dit aux rabanim vous êtes venu bruler ma maison? Et ils ont répondu "non, puisque l'on étudiait la torah, il est normal qu'un feu descende du ciel, car la torah au mont Sinaï a été donnée dans le feu". Abouyah a dit "si la force de la torah est tellement grande, alors je fais le veux que mon fils elisha sera consacre a l'étude de la torah", et Elisha conclue "puisque l`intention de mon père de me consacrer a l'étude etait impure, que j'ai mal tourne", on voit bien que le talmud considère comme une intention impure le fait d'etudier pour arriver a un dévoilement de la présence divine, alors comment Nahamnide peut il considérer que c'est cela même le but essentiel de l'étude de la torah.

Il semble qu'il faille répondre que le dévoilement surnaturel de la présence de d' dans le monde est le but de la torah, mais ce dévoilement n'est pas adresse a l'homme. Dans la révélation sinaique comme dans la révélation du buisson ardant il y a toujours un double jeux dans la révélation, d'un cote D dit" ne regardez pas! Ne montez pas sur la montagne!", moshe se couvre la face au moment de la révélation devant le buisson ardent, mais d'un autre cote D' se révèle par des prodiges incroyables. En fait cette révélation est une révélation dans la nature et pour le monde, mais devant cette révélation l'homme doit continuer à évoluer dans la rationalité, cette révélation qui est la finalité de la création du monde ne lui est pas adressée spécifiquement, pour l'homme ce n'est qu'un effet secondaire du fait qu'il s'élève par l'étude ou la prière.

 La rationalité permet a l'homme d'exister malgré d', ou plutôt la rationalité donne l'homme l'illusion d'exister malgré d', et c'est dans cette rationalité du "nous ferons et nous comprendrons" que l'homme doit évoluer, mais l'homme doit aussi savoir que lorsqu'il fait le bien a travers cette rationalité il crée un dévoilement divin dans la création, qui a pour but la finalisation de la création du monde. il y a dans ce dévoilement qui n'est pas adresse a l'homme un message d'humilité et de modestie pour lui, l'homme n'est pas le centre du monde il n'est qu'un canal qui contribue a la création du monde, il doit savoir qu'il est responsable face au monde et que si il faute, il n'est pas la seule victime de ses erreurs il détruit aussi l'univers.

Une deuxième idée que l'on peut dégager du talmud dans sa manière de gérer le surnaturel, peut être déduite de la gemarah dans chabat que l'on a cite plus haut, et qui conclue "qu'a l'époque d'ahasverosh les juifs ont reçu la torah a nouveau avec amour et de bon cœur", selon Tosfot cela veut dire que les juifs ont accepte de bon coeur la révélation surnaturelle qu'il y a dans la torah. Ce qui veut dire que les juifs à pourim ont su intégrer le miracle dans une rationalité pour en tirer une morale. Comme moshe, qui se détourne pour voir le buisson ardent, par ce qu'il se dit que D veut lui montrer quelque chose par ce miracle, les juifs ont compris que, par l'histoire de la reine Esther et d'ahasverosh, D voulait montrer quelque chose. Mais ils ont inscrit le miracle dans un discours rationnel, comme un récit, pour qu'il ne soit pas traumatisant, mais qu’au contraire qu'il soit une source de force et de courage.