• Rav Uriel Aviges

Chemot 5781


Pour la refuha chelemah et le mérite de Saul ben Hana.

Cours sur l’exode

Le texte de la torah relate deux actions politiques opposées. La première semble être réfléchie et efficace alors que la deuxième semble spontanée et contreproductive.

« Le roi d'Égypte s'adressa aux sages-femmes hébreues, qui se nommaient, l'une Chifra, l'autre Poûa 16 et il dit : "Lorsque vous accoucherez les femmes hébreues, vous examinerez les attributs du sexe : si c'est un garçon, faites-le périr ; une fille, qu'elle vive." 17 Mais les sages-femmes craignaient Dieu : elles ne firent point ce que leur avait dit le roi d'Égypte, elles laissèrent vivre les garçons. 18 Le roi d'Égypte manda les sages-femmes et leur dit : "Pourquoi avez-vous agi ainsi, avez-vous laissé vivre les garçons ?" 19 Les sages-femmes répondirent à Pharaon : "C'est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme celles des Égyptiens, elles sont vigoureuses et avant que la sage-femme soit arrivée près d'elles, elles sont délivrées." 20 Le Seigneur bénit les sages-femmes et le peuple multiplia et s'accrut considérablement. 21 Or, comme les sages-femmes avaient craint le Seigneur et qu'il avait augmenté leurs familles, »

Les sages-femmes ne s’opposent pas frontalement à pharaon, elles acceptent officiellement l’ordre de ce dernier sans le contester, mais elles ne collaborent que de manière superficielle, elles acceptent les ordres de pharaon pour saboter son décret. La politique des sages-femmes semble réussir puisque les enfants hébreux sont sauvés et d’autre part la position des sages-femmes se retrouvent renforcée. Leur propre famille augmente.

Juste après, le texte nous raconte un deuxième acte politique qui s’oppose diamétralement à celui des sages-femmes et qui a des répercussions beaucoup moins positives. C’est celui de Moïse. Moïse n’est autre que le petit fils adoptif de pharaon, il a de ce fait une position privilégiée dans la cour de ce dernier, on pourrait donc imaginer que lorsqu’il voit un égyptien frapper un juif, il pourrait utiliser de son autorité pour protéger le juif ou pour lui sauver la vie. Si les sages-femmes arrivent à sauver les juifs alors que leur position sociale semble à la base vulnérable, il semble évident que Moïse un prince de la cour, puisse empêcher un égyptien de frapper un juif injustement. Or le texte nous dit :

« L'enfant devenu grand, elle le remit à la fille de Pharaon et il devint son fils ; elle lui donna le nom de Moïse, disant : "Parce que je l'ai retiré des eaux." 11 Or, en ce temps-là, Moïse, ayant grandi, alla parmi ses frères et fut témoin de leurs souffrances. 12 Il aperçut un Égyptien frappant un Hébreu, un de ses frères. Il se tourna de côté et d'autre et ne voyant paraître personne, il frappa l'Égyptien et l'ensevelit dans le sable. 13 Étant sorti le jour suivant, il remarqua deux Hébreux qui se querellaient et il dit au coupable : "Pourquoi frappes-tu ton prochain ?" 14 L'autre répondit : "Qui t'a fait notre seigneur et notre juge ? Voudrais-tu me tuer, comme tu as tué l’Égyptien ?" Moïse prit peur et se dit : "En vérité, la chose est connue !" 15 Pharaon fut instruit de ce fait et voulut faire mourir Moïse. Celui-ci s'enfuit de devant Pharaon et s'arrêta dans le pays de Madian, où il s'assit près d'un puits »

Moïse semble stupidement employer la force pour assassiner l’égyptien en cachette. A cause de cette acte, Moïse est destitué de son pouvoir il doit s’enfuir, et le seul soutient de poids que les juifs auraient pu avoir à la cour de pharaon disparait. Moïse n’est même pas populaire chez les juifs pour avoir fait cette action qui semble au contraire avoir attisée la haine antisémite. Ce passage de la torah renvoie le lecteur de la bible a l’histoire de la reine Esther qui cache son identité juive et qui reste dans le palais d’Assuérus en attendant le moment opportun ou elle pourrait tirer avantage de sa position pour sauver ses coreligionnaires. Elle sauve même la vie du rois Assuérus lorsque ses soldats complotent contre lui, bien que ce dernier ait pactisé avec Hamann pour détruire les juifs, et que selon le midrash, en plus de cela, il la violait quotidiennement. Esther, contrairement à Moïse, subit patiemment les humiliations en cachant son identité, en attendant le moment opportun pour sauver les juifs. A la fin sa stratégie s’avère payante et sans miracle ni tambours, elle sauve les juifs.

Contrairement à Esther, Moïse dévoile son identité dans un acte stérile qui n’est même pas courageux, ni héroïque, puisqu’il le fait en cachette lorsqu’il croit que personne ne le voit.

Pourtant, par la suite, c’est Moïse qui est choisi pour libérer Israël, son acte ne semble pas condamné par D, mais au contraire il semble récompensé, pourquoi ?

Il me semble, qu’en juxtaposant ces deux passages au début de l’exode, la thora veut nous montrer l’enjeux de la suite de l’histoire. En fait les deux stratégies politiques exposées sont bancales. La manipulation et la dissimulation des sages-femmes et la violence de Moïse ne peuvent pas apporter une solution durable a une crise sociale.

La stratégie des sages-femmes permet temporairement de sauver un grand nombre d’enfants juifs, mais a la fin le roi pharaon découvre la duperie et il décide de radicaliser son décret. A la fin la manipulation et la dissimulation ne peuvent pas résoudre un problème, elles peuvent juste temporiser et limiter les dommages, mais elles ne peuvent pas dénouer la difficulté de manière durable. (Nous tenterons d’expliquer dans un autre texte pourquoi l’histoire d’Esther est différente.) La violence elle aussi n’est pas une solution, puisqu’elle entraine une escalade de brutalité. Moïse tue l’égyptien, alors pharaon veut tuer Moïse.

Ce que la torah veut nous expliquer c’est que la seule solution politique qui fonctionne c’est le dialogue.

Lorsqu’on lit la suite de la parasha on comprend très rapidement que le dialogue et la communication sont le point névralgique et l’enjeux principale de la sortie d’Egypte. D veut faire des miracles pour que le père juif puisse raconter à ses enfants la sortie d’Egypte « L'Éternel dit à Moïse : “Rends-toi chez Pharaon ; car moi-même j'ai appesanti son cœur et celui de ses serviteurs, à dessein d'opérer tous ces prodiges autour de lui 2 et afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, ce que j'ai fait aux Égyptiens et les merveilles que j'ai opérées contre eux ; » (exode 10 2). Ce verset est aberrant, c’est comme si on nous disait que la révolution française est arrivée pour que les profs d’histoire aient quelque chose à dire en cours à leur classe de cinquième !

Evidement ce point est clairement mis en évidence dans la vision du buisson ardent.

« Moïse dit à l’Éternel : "De grâce, Seigneur ! je ne suis habile à parler, ni depuis hier, ni depuis avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur ; car j'ai la bouche pesante et la langue embarrassée." 11 L'Éternel lui répondit : "Qui a donné une bouche à l’homme ? qui le fait muet ou sourd, clairvoyant ou aveugle, si ce n'est moi, l’Éternel ? 12 Va donc, je seconderai ta parole et je t'inspirerai ce que tu devras dire." 13 Il repartit : "De grâce, Seigneur ! donne cette mission à quelque autre !" 14 Le courroux de l'Éternel s'alluma contre Moïse et il dit : "Eh bien ! c'est Aaron ton frère, le Lévite, que je désigne ! Oui, c'est lui qui parlera ! Déjà même il s'avance à ta rencontre et à ta vue il se réjouira dans son cœur. 15 Tu lui parleras et tu transmettras les paroles à sa bouche ; pour moi, j'assisterai ta bouche et la sienne et je vous apprendrai ce que vous aurez à faire. 16 Lui, il parlera pour toi au peuple, de sorte qu'il sera pour toi un prophète et que tu seras pour lui un dieux ».

Quel passage étrange ! Si Moïse a un problème d’élocution, D aurait pu le guérir ! et puis, si c’est Aharon qui va parler alors à quoi va servir Moïse ? comment D peut il prendre le risque de faire passer Moïse pour une divinité ? pourquoi faire cela ? qu’elle intérêt y aurait-il pour D de remplacer pharaon qui se prend pour D, par Moïse qui va aussi devenir un dieu ? on reste toujours dans l’idolâtrie ! quel est donc l’intérêt de la sortie d’Egypte ? ensuite la torah nous dit a plusieurs reprise que D a endurci le cœur de pharaon pour qu’il n’écoute pas le discours de Moïse ou de Aharon, alors à quoi sert le dialogue puisque pharaon n’a pas le libre arbitre ? pourquoi D doit il sans cesse envoyer Moïse pour discuter et marchander avec pharaon pour trois jours de vacances, avec ou sans les enfants, avec ou sans les animaux, puisque depuis le début il avait averti Moïse en disant qu’il avait endurci le cœur de pharaon pour qu’il ne l’écoute pas. Si on ne va pas l’écouter alors pourquoi Moïse aurait-il besoin d’un porte-parole ?

Pour comprendre tout ce passage de la torah, et tout le dialogue qui va suivre entre Moïse et pharaon dans les parashiot à venir, il faut comprendre deux choses. La première, ce qu’est un dialogue en politique, et deuxièmement quel est l’enjeux réel des dix plaies. Puisqu’à la fin D va libérer les juifs par la plaie de la mort des premiers nés, comme il l’annonce dès le début du récit à Moïse, alors à quoi servent les autres plaies ?

Le dialogue politique

Ce passage de la torah semble nous expliquer que le dialogue ce n’est pas la communication. Communiquer c’es simplement faire savoir son opinion à quelqu’un, en revanche, dialoguer en politique cela ne veut pas dire échanger des opinions. Cela veut dire faire parler l’autre en soi. Pour dialoguer en politique chacun des deux partis doit pouvoir écouter la voix de l’autre à l’intérieur de lui-même.

Pour cela, l’homme est obligé, par une abstraction mentale, de mettre l’autre en scène, d’en faire une marionnette. Lorsqu’un joueur d’échec cherche à anticiper le mouvement de son adversaire, il doit se mettre dans sa peau, pour cela il doit le mettre en scène. Il doit se mettre à sa place, il doit rentrer dans le rôle de son adversaire. Mais dans ce même mouvement, le joueur d’échec ou l’homme politique se met lui-même en scène, puisqu’en mettant en scène l’autre, en le transformant en marionnette mentalement, l’homme politique qui veut dialoguer est aussi obliger de se mettre lui-même en scène, de s’attribuer un rôle, ou lui aussi d’une certaine manière il perd le libre arbitre, ou il devient une marionnette. Ce n’est qu’à ce prix qu’il peut ouvrir un dialogue intérieur avec l’autre.

Lorsque la torah nous dit que D a enlevé le libre arbitre a pharaon, ça ne veut pas dire que dans l’absolue D a enlevé le libre arbitre a pharaon, c’est uniquement ce que D dit à Moïse, par cela il veut signifier à Moïse, que c’est ainsi qu’il doit considérer pharaon, s’il veut pouvoir dialoguer avec lui. Il ne peut pas y avoir de dialogue politique sans mise en scène, sans théâtre. D’où la nécessité des miracles, du bâton qui se transforme en serpent etc…, c’est du spectacle, mais le spectacle est nécessaire au dialogue politique. Puisque tout dialogue n’est possible que lorsque les protagonistes se mettent mutuellement en scène.

Moïse ne peut pas parler avec pharaon, puisque pharaon se prend pour D. D dit à Moïse que ce n’est pas grave, il lui dit : « toi aussi fait toi passer pour D, si c’est la seule manière de dialoguer avec pharaon, le jeu en vaut la chandelle ! »

Puisque, et c’est là le deuxième point essentiel qu’il faut comprendre, quand on lit le début de l’exode, l’enjeux des dix plaies et de la sortie d’Egypte ce n’est pas de libérer les juifs, les juifs sont déjà libres depuis le moment ou D a décidé d’écouter leur plainte. L’enjeux, c’est d’essayer de sauver les égyptiens. Si Moïse garde son nom égyptien tout au long de la torah, c’est par ce que son message est avant tout adressé à pharaon. Le dernier verset de la torah est d’ailleurs explicite à ce sujet « Mais il n'a plus paru, en Israël, un prophète tel que Moïse, avec qui le Seigneur avait communiqué face à face, 11 eu égard à tant de signes et de prodiges que le Seigneur lui donna mission d'opérer en Egypte, aux yeux de Pharaon, ses serviteurs et son pays entier; 12 ainsi qu'à cette main puissante, et à toutes ces imposantes merveilles, que Moïse accomplit aux yeux de tout Israël. » la main puissante nous dit Rashi c’est la brisure des tables de la loi, mais les autre miracles ils étaient pour pharaon, pour essayer de le sauver pour essayer de sauver la relation entre Israël et l’Egypte.

Dans la suite de l’histoire, les deux temples vont être détruit par ce que l’Egypte n’est pas venue au secours d’Israël. La relation avec l’Égypte était primordiale spirituellement et physiquement pour la suite du développement d’Israël. A la fin, la mission de Moïse s’avère un échec, en ce qui concerne l’Egypte, mais elle reste une leçon primordiale sur la définition de ce qu’est un dialogue politique.

Ce passage nous montre aussi que la mise en scène du dialogue politique n’a pas pour but de rester un spectacle médiatique, le but de ce spectacle de marionnette est justement de faire prendre conscience aux deux protagonistes, qu’il y a une main invisible qui tire les ficelles de ces deux marionnettes, et que c’est la prise de conscience de « cette main invisible » qui peut permettre aux deux parties de dialoguer et de trouver une solution a leur différents. Tant qu’il n’y a pas d’accord sur le fait qu’il y aurait un D au-dessus des D, il n’y a pas de possibilité d’accord. Mais paradoxalement la seule manière de faire accéder l’antagoniste a cette vérité, c’est de se mettre en scène comme un concurrent symétrique qui aurait un autre D comparable a celui de l’opposant. En voyant sa réflexion chez l’autre, le deuxième protagoniste comprend en fait qu’il n’est lui-même qu’une marionnette, et que lui et son dieu sont en fait des outils d’un autre D, plus grand et plus inaccessible.

Le but du dialogue politique et d’accéder soit même et de faire accéder l’autre a une conscience mystique de D. l’ascèse spirituelle est décrite comme étant le but et le moyen de fonctionnement du dialogue politique. Pour dialoguer en politique, il faut comprendre que l’on est soit même une marionnette et que le protagoniste d’en face aussi, mais cette prise de conscience nous fait réaliser du même coup que nous sommes en fait manipulé par la même main invisible.

Lorsque Sartre parle du garçon de café il dit « Mais précisément si je me le représente, je ne le suis point, j'en suis séparé, comme l'objet du sujet, séparé par rien, mais ce rien m'isole de lui, je ne puis l'être, je ne puis que jouer à l'être, c'est-à-dire m'imaginer que je le suis. Et, par là même, je l'affecte de néant. J'ai beau accomplir les fonctions de garçon de café, je ne puis l'être que sur le mode neutralisé, comme l'acteur est Hamlet, en faisant mécaniquement les gestes typiques de mon état et en me visant comme garçon de café imaginaire à travers ces gestes. »

Sartre oublie que toute mise en scène s’adresse à un spectateur. La mise en scène de soi est une condition du dialogue, car en me mettant moi-même en scène, je mets l’autre en scène, ce n’est que de cette manière que je peux le faire parler en moi et qu’il peut me faire parler en lui. Or, dans le dialogue avec l’autre on ne s’affecte pas de néant, au contraire on persévère dans l’être.

La torah nous montre donc que tout dialogue politique est en fait une quette mystique. Le talmud va énoncer la réciproque, tout ce qui est mystique est politique.

Le talmud dit en effet dans le traité de berahot 58 a

« Le Rav Chechet était aveugle. Tout le monde allait saluer le roi et Rav Chechet se leva et partit avec eux. Cet hérétique l'a trouvé là et lui a dit Les cruches intactes vont à la rivière, où vont les cruches cassées ? Pourquoi un aveugle va-t-il voir le roi ? le Rav Chechet lui répondit : Viens voir que j'en sais plus que toi. La première troupe est passée, et quand le bruit s'est intensifié, cet hérétique lui a dit : Le roi va venir. Le Rav Chechet lui dit : Le roi ne viendra pas. La deuxième troupe passa, et quand le bruit se fit plus fort, cet hérétique lui dit : " Maintenant le roi arrive”. Rav Chechet lui dit : Le roi ne viendra pas. La troisième troupe passa, et quand le silence se fit, Rav Chechet lui dit : “ : Certainement, le roi arrive maintenant.”

Cet hérétique lui dit : Comment sais-tu cela ? Le Rav Chechet lui a répondu : La royauté sur terre est à l’image de la royauté dans les cieux, comme il est écrit en ce qui concerne la révélation de Dieu au prophète Élie sur le mont Horeb :

"Et il dit : Va, et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur. Et voici que l'Eternel passa, et un vent grand et fort déchira les montagnes, et brisa les rochers devant l'Eternel ; Mais l'Eternel n'était pas dans le vent ; et après le vent, un tremblement de terre ; mais l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre un feu ; mais l'Éternel n'était pas dans le feu ; et après le feu, une voix encore faible. Et quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage dans son manteau, sortit et se tint à l'entrée de la grotte" (I Rois 19 :11-13). La révélation de Dieu a eu lieu précisément au moment du silence.”

Le prophète Elie est poursuivi par la reine isabelle par ce qu’il a massacré les prophètes du baal. Il s’enfuit dans le désert du Sinaï, et dans ce désert il a la révélation mystique rapportée dans le texte de la guemarah ou il perçoit D à travers le silence. Dans son état d’opposant au régime en fuite dans le désert, eliahou est réduit au silence politique, or, puisque politiquement eliahou ne peut exister qu’à travers le silence, alors il ne peut percevoir D qu’a travers le silence. C’est ce que rav Chechet dit au non juif, « pour toi qui es proche du gouvernement, tu vois le roi a travers sa fanfare et son défilé, mais moi qui suit opposant et en plus infirme, je ne le vois que comme un homme silencieux qui n’a rien à dire, et malheureusement ce n’est que comme cela que je peux concevoir D., puisque la perception mystique se développe en fonction de la parole de l’homme dans le discours public. »

Pour Aristote, (livre 1 paragraphe 8) la cité idéale et naturelle, c’est une société intégrée autosuffisante, qui peut subvenir à ses besoins propres sans avoir recours a la prédation. Le talmud et la torah semblent méfiant a l’égard d’une telle ville, et redoutent une société trop stable et autosuffisante, car une cité stable politiquement en viendrait à figer D dans une essence fixe, c’est-à-dire en faire une idole.

L’autosuffisance d’une société et la stabilité qui en découle rendent le dialogue politique absurde et condamne l’homme a l’idolâtrie. Pour le talmud, la cité naturelle d’Aristote ne pouvait aboutir qu’à la ville de Sodome. (Avot chapitre 5 Michna 10, Chabat 10b) ce sont la stabilité et l’autosuffisance qui ont amené Sodome a la ruine morale). L’instabilité et l’interdépendance sont au contraire nécessaire pour l’existence de la liberté et du dialogue et donc du monothéisme qui en découle.



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