• Rav Uriel Aviges

Chemot 5773


1- L’effet pervers du « rav »

La parasha commence en racontant l’histoire d’un revirement idéologique dans la société égyptienne. Dans la parasha précédente nous avons appris que tous les égyptiens s’étaient convertis au judaïsme. (cf. le cours de la semaine dernière) les égyptiens s’étaient circoncis et leur conversion était sincère puisque toute cette génération d’égyptien a reçu une part dans le monde futur. Pharaon lui-même s’était converti au judaïsme et c’est lui qui avait donné l’ordre à ses sujets de se convertir. L’économie égyptienne était florissante, la paix sociale était assurée, tout allait bien. Le texte dit implicitement que les enfants d’Israël se sont mariés avec des filles égyptiennes converties, et que c’est de cette manière qu’ils se sont multipliés. (cf. les cours des années précédentes pour les références à ce sujet). Les égyptiens et les hébreux ont formé une nouvelle civilisation que l’on pourrait appeler judo-égyptienne. Ils ont l’air heureux.

Puis, au début de cette parasha on nous raconte que les égyptiens changent complètement de comportement face aux juifs. Ils deviennent paranoïaques et ils décident de les asservir. Ce revirement soudain est très étrange, puisque la torah ne semble pas donner la raison de ce changement. En fait le texte dit simplement : « Joseph mourut, ainsi que tous ses frères, ainsi que toute cette génération. 7 Or, les enfants d'Israël avaient augmenté, pullulé, étaient devenus prodigieusement nombreux et ils remplissaient la contrée. 8 Un roi nouveau s'éleva sur l'Égypte, lequel n'avait point connu Joseph. 9 Il dit à son peuple: "Voyez, la population des enfants d'Israël surpasse et domine la nôtre. 10 Eh bien! Usons d'expédients contre elle; autrement, elle s'accroîtra encore et alors, survienne une guerre, ils pourraient se joindre à nos ennemis, nous combattre et sortir de la province. ». Curieusement, pour la torah, c’est la mort de Josef qui a causé la haine antisémite de pharaon.

Ce point obscur du récit n’est pas éclairci par la lecture de Rashi, au contraire. Car Rashi rapporte une opinion du talmud selon laquelle, il n’y avait pas eu de nouveau roi, et que le pharaon dont il s’agit dans l’exode est le seul survivant de la genèse. Pour Rashi, pharaon est celui la même qui avait demandé à son peuple de se convertir au judaïsme, qui avait été béni par Jacob, et dont les rêves avaient été interprétés par Josef. 

Rashi dit en effet: « Il se leva un roi nouveau : Rav et Chemouel sont en désaccord. L’un dit qu’il faut prendre le mot : « nouveau » au sens littéral, l’autre qu’il a changé ses décrets (Sotah 11a). Un roi Qui ne connaissait pas Yossef : Il a feint de ne l’avoir pas connu (ibid.). » Le commentaire de Rashi rend le comportement de pharaon encore plus incompréhensible. Il était déjà difficile de comprendre comment les égyptiens avaient changé de politique d’une manière si radicale et soudaine, mais si on explique que l’instigateur de ce mouvement est le roi qui s’étais converti en donnant plein pouvoir à Josef, on ne comprend pas comment l’amour et la dévotion de ce pharaon pour le judaïsme se transforme en haine antisémite sans aucune raison apparente. 

Pourtant, si le talmud a choisi d’expliquer malgré le sens littéral du texte que « le nouveau roi », ce n’était pas un nouveau roi, c’est par ce qu’il pensait qu’il était plus logique de comprendre le comportement de pharaon si c’était le même pharaon qui avait connu Josef, mais pourquoi ?

En fait pharaon, était presque doué du don de prophétie. Il peut voir l’avenir dans ses rêves, mais il est incapable de les interpréter tout seul. Il a besoin d’un maitre, Josef, pour temporiser son rapport à la divinité et à la prophétie. Tant que son maitre Josef est vivant, pharaon suit le chemin de la torah, mais des que son maitre meurt, il n’est pas capable d’entrer dans une relation de « face à face » avec D et avec lui-même. Pharaon n’est pas capable d’accéder à la profondeur de son identité.

Le talmud a voulu expliquer la logique profonde du changement de pharaon et de la société égyptienne. Si les égyptiens n’avaient pas connu Josef, ils n’auraient jamais haïs les juifs. Mais puisqu’ils avaient connu Josef, et qu’ils étaient incapables de rentrer dans un face à face avec la divinité et avec eux même sans un maitre, le vide a créé chez eux un sentiment de panique et de paranoïa, qui ne pouvait être calmé que par le massacre et l’assimilation de tout ce qui avait un rapport avec le judaïsme.

Pharaon cherche a fuir sa propre conscience, il ne veut pas voir clair en lui-même, à cause de cela, il doit détruire tout ce qui pourrait lui rappeler que D peut lui parler et qu’il possède une identité propre. La mort de Josef est bien la cause de l’antisémitisme de pharaon. Lorsque Moshé va parler à pharaon, il va répondre a Moshé « qui est ce D dont je n’ai jamais entendu parler !» la thora montre bien le déni identitaire d’un homme qui s’était pourtant converti lui-même au judaïsme. 

Ce passage de la torah est à mettre en relation avec un autre midrash disant qu’Abraham avait fait de nombreux convertis à Harân, comme dit le verset « Abram prit Saraï son épouse, Loth fils de son frère, et tous les biens et les gens qu'ils avaient fait à Harân. Ils partirent pour se rendre dans le pays de Canaan, et ils arrivèrent dans ce pays » et Rashi commente « Qu’ils avaient faites (‘assou) à ‘Harân : Qu’ils avaient fait entrer sous les ailes de la chehinah (Beréchith Raba 39 14). Abraham « convertissait » les hommes, et Saraï « convertissait » les femmes, de sorte que le texte leur en tient compte comme s’ils les avaient « faits ». » Pourtant le midrash nous dit (Pirkei derabi Eliezer 28) que tous ces convertis sont retournés à leur culte idolâtre après la mort d’Abraham. Ces convertis étaient cependant honnêtes dans leur démarche puisqu’ils ont suivi Abraham en Israël, qu’ils ont subi la famine, et les privations uniquement pour suivre Abraham. 

On peut même dire que ces convertis avaient un niveau supérieur à celui d’Abraham puisqu’ils sont allés en Israël tout en sachant que cette terre ne leur reviendrait pas ni à eux ni à leurs descendants, ce qui n’était pas le cas d’Abraham qui est parti, lui, motivé par une promesse. Comment expliquer alors qu’à la mort d’Abraham tous ces convertis se soient désistés ?

C’est par ce qu’ils n’étaient pas capables d’avoir un face à face avec D ou avec eux même, ils ne pouvaient pas s’s’assumer eux même avec leur choix. Tant qu’Abraham était vivant et qu’il servait d’intermédiaire entre eux et D, et qu’ils n’avaient pas besoin de s’assumer en tant qu’êtres humains libres, alors ils pouvaient rester en contact avec le divin. Mais dès que le rapport devait être plus profond, plus authentique, qu’il nécessitait une véritable remise en question, des qu’il fallait qu’ils assument leurs propres choix, alors le face à face avec D devenait insoutenable. 

2- L’effet positif du rav

Le talmud dans Berahot 8 dit :

« Rabbi Hyah bar ami a dit au nom de rabbi Hyah “un homme doit toujours chercher à habiter là où son maitre habite, car tout le temps ou Salomon vivait avec Chimi, il ne s’est pas marié avec la fille de pharaon! Mais n’est il pas marqué dans une autre beraitah qu’il ne faut pas habiter au même endroit que son maitre? La guemarah répond “ ce n’est pas une difficulté, cela dépend si l’élève est soumis à son rav ou si il ne l’est pas »

Chimhi le fils de Gerah était, selon le talmud, le maitre de Salomon. Pourtant, dans la haftarah de la semaine dernière, David dit a son fils Salomon juste avant de mourir, « il faut que tu tues ton rav il faut que tu tues Chimi», c’est la dernière phrase que Salomon va entendre de la bouche de son père. 

Les versets disent en effet « Tu as aussi dans ton entourage Séméi, fils de Ghêra, le Benjamite, de Bahourim: celui-là m'accabla des plus cruels outrages lorsque je me retirai à Mahanaïm. Mais il descendit au-devant de moi vers le Jourdain, et je lui jurai par l'Eternel que je ne le ferai point périr par le glaive. 9 Eh bien! Ne le laisse point impuni, car tu es un homme avisé; tu sauras comment en user avec lui, et tu feras descendre, ensanglantée, sa vieillesse dans la tombe." 10 David s'endormit avec ses pères, et il fut, enseveli dans la cité de David. »

(Chimi était un descendant de Saul, il avait maudit David lorsque celui-ci était en fuite devant l’armée qu’Absalon avait formée contre son père. (Absalon était le fils de David et il s’était révolté contre lui). David avait réussit à organiser une contre offensive à partir de la Jordanie et il avait détruit l’armée de son fils, lors du retours triomphal de David en Israël, Chimi va à la rencontre de David en lui demandant des excuses et en l’aidant à traverser le Jourdain. Tous les généraux de David réclame la mort de Chimi, mais David refuse, croyant que si il tue un descendant de Saül dans son retour au pouvoir, il exciterait la haine du camp adverse et prolongerait ainsi la guerre civile. David veut revenir à Jérusalem soutenu par un mouvement populaire et pas uniquement par son armée. Mais à sa mort, David demande à son fils Salomon de tuer Chimi.)

Salomon va donc décider d’exécuter l’ordre de son père, il va tuer Chimi. Mais Salomon ne tue pas Chimi d’une manière franche, il va jouer « au chat et à la souris » avec lui, il semble chercher un prétexte futile pour le tuer. La bible nous raconte en effet « Le roi fit ensuite appeler Séméi et lui dit: "Édifie-toi à Jérusalem une maison où tu demeureras, et tu ne la quitteras pas pour aller de côté et d'autre. 37 Le jour où tu en sortiras, où tu franchiras le torrent de Cédron, sache bien que tu mourras, et que tu seras l'auteur de ta perte. 38 Séméi répondit au roi: "C'est bien; comme a parlé mon seigneur le roi, ainsi fera ton serviteur." Et Séméi demeura de longs jours à Jérusalem. 39 Or, il advint, au bout de trois ans, que deux esclaves s'enfuirent de chez Séméi auprès d'Akhich, fils de Maakha, roi de Gath. On l'apprit à Séméi en disant: "Tes esclaves sont à Gath." 40 Séméi se leva, sangla son âne et alla à Gath chez Akhich, pour reprendre ses esclaves; après quoi il se remit en route et les ramena de Gath. 41 Or, on apprit à Salomon que Séméi était allé de Jérusalem à Gath et en était revenu. 42 Le roi envoya appeler Séméi et lui dit: "Ne t'avais-je pas adjuré par l'Eternel et averti solennellement en disant: Le jour où tu sortiras de la ville et t'en iras d'un côté ou de l'autre, sache que tu encours la mort; et ne m'as-tu pas répondu: C'est bien, j'ai compris? 43 Pourquoi donc n'as-tu pas respecté ce serment de l'Eternel et la défense que je t'avais faite?" 44 Le roi dit encore à Séméi: "Tu sais toi-même tout le mal que tu as fait sciemment à David, mon père. Ce mal, le Seigneur va le faire retomber sur ta tête, 45 tandis que le roi Salomon est béni, et que le trône de David sera affermi à jamais devant l'Eternel!" 46 Sur l'ordre du roi, Benaïahou, fils de Joïada, alla le frapper et il mourut; et la royauté fut consolidée entre les mains de Salomon ».

A priori, ce passage de la bible semble étrange, pourquoi Salomon n’a-t-il pas exécuté Chimi après la mort de son père, pourquoi cherche-t-il un prétexte pour le tuer ? Et pourquoi lui demande-t-il de ne pas quitter Jérusalem ?

Le talmud dans berahot veut donner un sens à ce passage de la bible. En fait Chimi connaissait la faiblesse de Salomon, il savait que tant qu’il restait avec lui, dans la même ville, Salomon ne fauterait pas, mais Chimi savait aussi qu’au moment où il quitterait Jérusalem, Salomon allait être tenté de fauter et qu’il ne pourrait pas se contrôler. Salomon était en train de tester la fidélité de Chimi à son égard et à l’égard de la famille royale.

Si Chimi avait été sincère dans son retour vers David, il n’abandonnerait jamais son fils Salomon, même un seule nuit, car il connaissait la faiblesse de ce dernier. Mais si Chimi était capable de laisser Salomon seul, même une seule nuit cela voulait dire qu’au fond il n’attendait que la chute inéluctable de Salomon. Lorsque Chimi quitte Jérusalem pendant une nuit, il montre à Salomon qu’il ne tient pas vraiment à la pureté morale de son élève, il semble montrer qu’il attend sa chute. Lorsque Salomon voit cela il décide de tuer Chimi.

Chimi le fils de Ghêra était le grand père de Mardochée, le midrash dit que Mardochée a réparé la faute de Chimi. Or, au sujet de Mardochée il est écrit dans la Megilah, qu’il allait tous les jours voir Esther, pour être sure qu’elle ne fautait pas de manière volontaire avec Hahashverosh. Mordehai a montré envers Esther l’attention que son grand père n’avait pas donnée à Salomon.

Tout ça pour montrer que grâce au rav, l’élève peut arriver à un niveau qu’il ne pourrait pas atteindre sans son rav. 

Il est intéressant de remarquer que l’effet pervers du rav et l’effet positif du rav ne sont pas deux effets différents, ils ne sont que les deux facettes d’un seul et même phénomène. L’élève peut arriver à un niveau qu’il n’atteindrait pas sans son rav, justement, par ce que l’élève refuse d’être lui-même et qu’il se vit comme l’héritier du message de son maitre. Salomon n’était pas lui-même lorsqu’il était avec Chimi, mais il ne fautait pas. 

Après la mort de Chimi la vie de Salomon semble être une chute vertigineuse. Les versets disent « Or, le roi Salomon aima, indépendamment de la fille de Pharaon, un grand nombre de femmes étrangères, Moabites, Ammonites, Iduméennes, Simoniennes, Héthéennes, 2 d'entre ces peuples dont l'Eternel avait dit aux enfants d'Israël: "Ne vous mêlez point à eux et ne les laissez point se mêler à vous, car certes ils attireraient votre cœur à leurs divinités"; c'est là que Salomon porta ses amours. 3 Il eut sept cents épouses attitrées et trois cents concubines, et ces femmes égarèrent son cœur. 4 C'est au temps de sa vieillesse que les femmes de Salomon entraînèrent son cœur vers des dieux étrangers, de sorte que son cœur n'appartint point sans réserve à l'Eternel, son Dieu, comme le cœur de David, son père. 5 Il servit Astarté, la divinité des Sidoniens, et Milkom, l'impure idole des Ammonites. 6 Bref, Salomon fit ce qui déplaît au Seigneur, loin de lui rester fidèle comme avait fait David, son père. 7 En ce temps, Salomon bâtit un haut-lieu pour Khamos, idole de Moab, sur la montagne qui fait face à Jérusalem, et un autre à Moloch, idole des Ammonites. 8 Et ainsi fit-il pour toutes ses femmes étrangères, qui purent brûler de l'encens à leurs dieux et leur offrir des sacrifices. »

Mon rav avait toujours l’habitude de remarquer la bizarrerie du verset 4 « de sorte que son cœur n'appartint point sans réserve à l'Eternel, son Dieu, comme le cœur de David, son père ». On nous dit que Salomon pratiquait l’idolâtrie, qu’il était marié avec des non juives et ensuite on nous dit « il n’avait pas le cœur aussi pure que celui de son père David » ! David était l’homme qui a eu le cœur le plus pure de l’histoire de l’humanité, et tous ce que l’on reproche à Salomon, c’est qu’il n’avait pas le niveau de David ! Le problème a l’air beaucoup plus lourd !

Pour répondre à cette question, il faut savoir que c’est le jour de son mariage avec la fille de pharaon que Salomon a construit le temple. C’est lorsqu’il était en train de faire des sacrifices aux idoles païennes qu’il a écrits le Cantique des cantiques, l’ecclésiaste, et les proverbes.

Tant que le rav de Salomon était vivant Salomon était dans le chemin de la torah, mais il n’écoutait pas son cœur. Lorsque son rav est mort Salomon a décidé d’être lui-même, d’écouter son cœur. Si son cœur avait été aussi pur que celui de son père David, alors, ce n’aurait pas été un problème. Il aurait pu construire le temple et écrire tous ses livres sans avoir à subir des effets secondaires destructeurs. Mais puisque son cœur n’était pas pur comme celui de son père, il a pu écrire une œuvre comparable à celle de son père et construire le Beth Hamikdash, mais il a du aussi subir les effets pervers de sa nature. 

3- Epilogue

Le commandement de David à Salomon de tuer son rav, fait penser à un passage similaire dans le midrash, où Esaü demande à son fils Elifaz de tuer son maitre Jacob. Rashi ramène ce midrash dans son commentaire sur la rencontre entre Jacob et Rachel. Lorsque Jacob voit Rachel il tombe amoureux d’elle au premier regard, cependant, sa réaction pour exprimer son amour est très étrange le verset dit « Et Jacob embrassa Rachel et il éleva la voix en pleurant. » pourquoi pleure-t-il ? Rashi explique Il pleura: Parce qu’il était arrivé les mains vides. Il s’est dit : « Eliezer, le serviteur de mon grand-père, avait apporté des anneaux, des bracelets et autres présents, et moi, je n’ai rien dans les mains ! ». Elifaz, le fils d’Esaü, l’avait en effet poursuivi, sur l’ordre de son père, pour le tuer, et il l’avait rattrapé. Mais comme Elifaz avait grandi « dans le giron » d’Itshak (Devarim Raba 2, 13), il avait renoncé à son projet meurtrier. Il lui avait dit : « Comment vais-je faire pour obéir à mon père ? » Jacob lui avait répondu : « Prends tout ce que je possède car, comme dit le dicton (Nedarim 64b, Beréchith Raba 71, 6), “le pauvre est considéré comme mort” ». Elifaz n’a pas osé tuer son maitre, son action semble plus louable que celle de Salomon, pourtant, Salomon est le père du messie, alors qu’Elifaz est le patriarche d’Amalek, un peuple maudit. Le rav Haïm Schmulevits explique qu’il est moins mauvais de faire le mal et de rester honnête avec soi même tant que l’on est conscient de faire le mal, plutôt que de se mentir en cherchant des solutions batardes.


Les documents

5 Tout le territoire égyptien étant affligé par la disette, le peuple demanda à grands cris, à Pharaon, du pain. Mais Pharaon répondit à tous les Égyptiens: "Allez à Joseph; ce qu'il vous dira, vous le ferez."

Tout le pays d’Egypte était affamé Parce que les réserves qu’ils avaient accumulées, hormis celles réunies sous l’autorité de Yossef, s’étaient gâtées (Beréchith raba 90).

Ce qu’il vous dira, vous le ferez Yossef leur disait de se faire circoncire. Ils se présentaient alors devant Pharaon et lui disaient : « Voilà ce que nous a dit Yossef ! » Pharaon leur répondait : « Mais pourquoi n’avez-vous pas amassé des réserves de grain ? Il avait pourtant fait proclamer que des années de famine allaient venir ! » Ils lui disaient alors : « Nous avons effectivement accumulé des réserves, mais elles se sont gâtées ». D’où l’ordre de Pharaon : « S’il en est ainsi, “ce qu’il vous dira, vous le ferez” C’est lui qui a donné des ordres quant à la conservation du grain, et il s’est gâté ! Et s’il décrétait que nous devions mourir ? » (Beréchith raba 91, 5).

6 Joseph mourut, ainsi que tous ses frères, ainsi que toute cette génération. 7 Or, les enfants d'Israël avaient augmenté, pullulé, étaient devenus prodigieusement nombreux et ils remplissaient la contrée. 8 Un roi nouveau s'éleva sur l'Égypte, lequel n'avait point connu Joseph. 9 Il dit à son peuple: "Voyez, la population des enfants d'Israël surpasse et domine la nôtre. 10 Eh bien! usons d'expédients contre elle; autrement, elle s'accroîtra encore et alors, survienne une guerre, ils pourraient se joindre à nos ennemis, nous combattre et sortir de la province." 11 Et l'on imposa à ce peuple des officiers de corvée pour l'accabler de labeurs et il bâtit pour Pharaon des villes d'approvisionnement, Pithom et Ramessès. 12 Mais, plus on l'opprimait, plus sa population grossissait et débordait et ils conçurent de l'aversion pour les enfants d'Israël.

Il se leva un roi nouveau Rav et Chemouel sont en désaccord. L’un dit qu’il faut prendre le mot : « nouveau » au sens littéral, l’autre qu’il a changé ses décrets (Sota 11a).

Qui ne connaissait pas Yossef Il a feint de ne l’avoir pas connu (ibid.).

Abram partit comme le lui avait dit l'Éternel, et Loth alla avec lui. Abram était âgé de soixante-quinze ans lorsqu'il sortit de Harân. 5 "Abram prit Saraï son épouse, Loth fils de son frère, et tous les biens et les gens qu'ils avaient acquis à Harân. Ils partirent pour se rendre dans le pays de Canaan, et ils arrivèrent dans ce pays. 6 Abram s'avança dans le pays jusqu'au territoire de Sichem, jusqu'à la plaine de Môré; le Cananéen habitait dès lors ce pays. 7 L'Éternel apparut à Abram et dit :"C'est à ta postérité que je destine ce pays."

Qu’ils avaient faites (‘assou) à ‘Haran Qu’ils avaient fait entrer sous les ailes de la chekhina (Beréchith raba 39 14). Avraham « convertissait » les hommes, et Saraï « convertissait » les femmes, de sorte que le texte leur en tient compte comme s’ils les avaient « faits ». Quant au sens littéral du verset, il s’agissait de serviteurs et de servantes dont ils avaient fait l’acquisition. De même : « et c’est avec ce qui était à notre père qu’il “s’est fait” (‘assa) toute cette opulence » (infra 31, 1), ou : « et Israël “fait” (‘ossè) triomphe » (Bamidbar 24, 18). Le mot « faire » a ici le sens d’acquérir et d’amasser.

Pirkei derabi eliezer 28

On ne converti les non juifs que de leur plein gre et on ne leur fait la milah que si ils craignenet D, mais on ne fait pas confiance a un converti jusqu’a qu’il soit de la septieme generation, car le converti ne revoque sa religion que pour lui meme et pas pour ses enfants, comme nous voyons que les convertis fait par avrham  sont revenus a leurs idoles après sa mort.

Talmud berahot 8a

Rabi hayh bar ami a dit au nom de rabi hyah “un homme doit toujours chercher a habiter la ou son maitre habite, car tout le temps ou salomon vivait avec chimhi il ne s’est pas marie aves la fille de pharaon!, mais n’est il pas marque dans une autre baraitah qu’il ne fait pas habiter au meme endroit que son maitre? La guemrah repond “ ce n’est pas une diffficulte, cela depend si l’eleve est soumis a son rav ou si il ne l’est pas”

Or, le roi Salomon aima, indépendamment de la fille de Pharaon, un grand nombre de femmes étrangères, Moabites, Ammonites, Iduméennes, Sidoniennes, Héthéennes, 2 d'entre ces peuples dont l'Eternel avait dit aux enfants d'Israël: "Ne vous mêlez point à eux et ne les laissez point se mêler à vous, car certes ils attireraient votre cœur à leurs divinités"; c'est là que Salomon porta ses amours. 3 Il eut sept cents épouses attitrées et trois cents concubines, et ces femmes égarèrent son cœur. 4 C'est au temps de sa vieillesse que les femmes de Salomon entraînèrent son cœur vers des dieux étrangers, de sorte que son cœur n'appartint point sans réserve à l'Eternel, son Dieu, comme le cœur de David, son père. 5 Il servit Astarté, la divinité des Sidoniens, et Milkom, l'impure idole des Ammonites. 6 Bref, Salomon fit ce qui déplaît au Seigneur, loin de lui rester fidèle comme avait fait David, son père. 7 En ce temps, Salomon bâtit un haut-lieu pour Khamos, idole de Moab, sur la montagne qui fait face à Jérusalem, et un autre à Moloch, idole des Ammonites. 8 Et ainsi fit-il pour toutes ses femmes étrangères, qui purent brûler de l'encens à leurs dieux et leur offrir des sacrifices. 9

C'est dans la dix-huitième année du règne de Jéroboam, fils de Nebat, qu'Abiam devint roi de Juda. 2 Il régna trois ans à Jérusalem. Sa mère se nommait Maakha, fille d'Abichalom. 3 Il se rendit coupable de tous les péchés que son père avait commis avant lui, et son cœur n'appartint pas sans partage à l'Eternel, son Dieu, comme le cœur de son aïeul David.

Tu as aussi dans ton entourage Séméi, fils de Ghêra, le Benjamite, de Bahourim: celui-là m'accabla des plus cruels outrages lorsque je me retirai à Mahanaïm. Mais il descendit au-devant de moi vers le Jourdain, et je lui jurai par l'Eternel que je ne le ferai point périr par le glaive. 9 Eh bien! Ne le laisse point impuni, car tu es un homme avisé; tu sauras comment en user avec lui, et tu feras descendre, ensanglantée, sa vieillesse dans la tombe." 10 David s'endormit avec ses pères, et il fut, enseveli dans la cité de David.

Le roi fit ensuite appeler Séméi et lui dit: "Edifie-toi à Jérusalem une maison où tu demeureras, et tu ne la quitteras pas pour aller de côté et d'autre. 37 Le jour où tu en sortiras, où tu franchiras le torrent de Cédron, sache bien que tu mourras, et que tu seras l'auteur de ta perte. 38 Séméi répondit au roi: "C'est bien; comme a parlé mon seigneur le roi, ainsi fera ton serviteur." Et Séméi demeura de longs jours à Jérusalem. 39 Or, il advint, au bout de trois ans, que deux esclaves s'enfuirent de chez Séméi auprès d'Akhich, fils de Maakha, roi de Gath. On l'apprit à Séméi en disant: "Tes esclaves sont à Gath." 40 Séméi se leva, sangla son âne et alla à Gath chez Akhich, pour reprendre ses esclaves; après quoi il se remit en route et les ramena de Gath. 41 Or, on

apprit à Salomon que Séméi était allé de Jérusalem à Gath et en était revenu.

. 42 Le roi envoya appeler Séméi et lui dit: "Ne t'avais-je pas adjuré par l'Eternel et averti solennellement en disant: Le jour où tu sortiras de la ville et t'en iras d'un côté ou de l'autre, sache que tu encours la mort; et ne m'as-tu pas répondu: C'est bien, j'ai compris? 43 Pourquoi donc n'as-tu pas respecté ce serment de l'Eternel et la défense que je t'avais faite?" 44 Le roi dit encore à Séméi: "Tu sais toi-même tout le mal que tu as fait sciemment à David, mon père. Ce mal, le Seigneur va le faire retomber sur ta tête, 45 tandis que le roi Salomon est béni, et que le trône de David sera affermi à jamais devant l'Eternel!" 46 Sur l'ordre du roi, Benaïahou, fils de Joïada, alla le frapper et il mourut; et la royauté fut consolidée entre les mains de Salomon

Et Jacob embrassa Rachel et il éleva la voix en pleurant.

Il pleura Car il a su à ce moment sous l’inspiration de l’esprit saint qu’elle ne partagerait pas sa tombe [dans le caveau de Makhpéla]. Autre explication : Parce qu’il était arrivé les mains vides. Il s’est dit : « Eli’èzer, le serviteur de mon grand-père, avait apporté des anneaux, des bracelets et autres présents, et moi, je n’ai rien dans les mains ! ». Elifaz, le fils de ‘Essaw, l’avait en effet poursuivi, sur l’ordre de son père, pour le tuer, et il l’avait rattrapé. Mais comme Elifaz avait grandi « dans le giron » de Yits‘haq (Devarim raba 2, 13), il avait renoncé à son projet meurtrier. Il lui avait dit : « Comment vais-je faire pour obéir à mon père ? » Ya’aqov lui avait répondu : « Prends tout ce que je possède car, comme dit le dicton (Nedarim 64b, Beréchith raba 71, 6), “le pauvre est considéré comme mort” ».

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