• Rav Uriel Aviges

Bo 5776



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Guide des egares. partie 2 chapitre 29

On connaît déjà le but auquel nous visons c'est (de prouver) qu'une destruction (future) de ce monde, un changement de l'état dans lequel il est, ou même un changement quelconque dans sa nature de manière qu'il doive ensuite rester dans cet état altéré W, est une chose qu'aucun texte prophétique, ni même aucun discours des docteurs ne vient appuyer; car, lorsque ces derniers disent Le monde dure six mille ans et pendant un millénaire il reste dévasté <3), ce n'est pas (dans ce sens) que tout ce qui existe doive rentrer dans le néant, puisque ces mots même et pendant un millénaire il reste dévasté^ indiquent que

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- (1) Cette phrase manque dans les éditions de la version d'Ihn-Tibbon il faut ajouter, d'après les mss. miNri N13 DV HT bttV ION "OS (2) Par ces derniers mots l'auteur, comme il va le dire lui-même, indique qu'il se peut bien qu'il survienne parfois un changement momentané, par suite d'un miracle; mais jamais les lois de la nature ne seront modifiées d'une manière définitive. (3) Voy. Talmud de Babylone, Rôsch ha-schanâ, fol. 31 a,- Synhêdrin, fol. 97 a.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ DEUXIÈME PARTIE. C1IAP. XXIX. 223 le temps restera'1). Au reste, c'est là une opinion individuelle et (conçue) suivant une certaine manière de voir^. Mais, ce que lu trouves continuellement chez tous les docteurs, et ce qui est un principe fondamental dont chacun des docteurs de la Mischnâ et du Talmud lire des arguments, c'est que selon cette parole Rien de nouveau sous le soleil (licclesiaste, I, 9), aucun renou vellement n'aura lieu de quelque manière et par quelque cause que ce soit. Cela est si vrai, que celui-là môme qui prend les mots (d'Isaïe) deux nouveaux et terre nouvelle dans le sens qu'on leur attribue (par erreur) (3), dit pourtant Même les cieux et la terre qui seront produits un jour sont déjà créés et subsistent, puisqu'il est dit « ils subsistent devant moi » on ne dit donc pas ils subsisteront, mais ils subsistent et il prend pour argu ment ces mots, rien de nouveau sous le soleil (*). Ne crois pas

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ (1) La mesure du temps par un millénaire prouve que, selon l'auteur de ce passage talmudique, le mouvement et le temps existeront. Donc il restera quelque chose de la Création car, dans le système orthodoxe, le mouvement et le temps ne sauraient être éternels, et nécessairement ils sont créés, comme le soutient Maïmonide contre Aristote (voy. cidessus cfaap. XIII, et, ci-après, chap. XXX, p. 231 etsuiv.). (2) C'est-à-dire, dans le système de ceux qui disent que le monde, après avoir parcouru un certain cycle, revient son premier état de chaos en sorte que Dieu crée toujours des mondes pour les détruire après un certain temps: pnnoi mablj; NTO- voy. Bcréschîth-Rabbâ sect. (fol. 3, col. 3), et cf. ci-après, p. 233, et ibd., notes et 2. (3) C'est-à-dire Celui-là même qui ne prend point ces mots pour une métaphore, et qui croit au contraire qu'il s'agit réellement d'un renouvellement dans la nature, croit devoir supposer que ce renouvellement avait été prévu, et, pour ainsi dire, mis en réserve dès le moment de la création. (4) L'auteur paraît avoir eu en vue le passage suivant du Beréschtlhrabbâ, sect. (fol. 2. col. 1) «113 '3irl "O JTO 3"irûtP plN l^BNO'ûttn itt'Na.'o Tnn rwtna ntptro cwn naa onennn»*inn aba fto rrro ]>x ricnn nenrin pNm o^nnnOn voit qu'il n'est point question ici du participe DHOJ? ni du verset de l'Ecclésiaste; il paraîtrait que Maïmonide avait sous les yeux une autre rédaction de ce passage. Voy. le commentaire Yephé toar sur le Bercschîih mbbâ, sect. la fin du f. 18.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 224 DEUXIÈME PAHTIE. C1IAP. XXIX. (du reste) que cela soit en opposition avec ce que j'ai exposé; il est possible, au contraire, qu'il ait voulu dire par là que la disposition physique qui devra alors produire ces circonstances promises (par le prophète) est créée depuis les six jours de la création ce qui est vrai. Si j'ai dit que rien ne changera sa nature, de manière a rester dans cet état altéré, cela  été uniquement pour faire mes réserves au sujet des miracles; car, quoique le bâton (de Moïse) se fût changé en serpent et l'eau en sang, et que la main pure et glorieuse fût devenue blanche (par la lèpre), sans que cela fût le résultat d'une cause naturelle, ces circonstances pourtant et d'autres semblables ne durèrent point et ne devinrent point une autre nature; et on dit au contraire Le monde suit sa marche habituelle.

Telle est mon opinion, et c'est là ce qu'il faut croire. la vérité, les docteurs se sont exprimés sur les miracles d'une manière fort extraordinaire, dans un passage que tu trouveras dans le Beréschith rabbâ et dans le Midrasch Kohéleth. Mais l'idée qu'ils ont voulu exprimer est celle-ci (2> que les miracles sont aussi, en quelque sorte, dans la nature; car, disent-ils, lorsque Dieu créa cet univers et qu'il mit ces dispositions physiques, il mit aussi dans ces dispositions (la faculté) de faire naître tous les miracles survenus au moment même où ils sont réellement survenus <3). Le signe du prophète (selon cette opinion) consiste en ce que Dieu lui fait connaître le temps où il doit annoncer tel événement et où telle chose recevra telle action, selon ce qui été mis dans sa nature dès le principe de sa création. S'il en est réellement ainsi cela donne une haute idée de l'au-

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ (1) Phrase empruntée au Talmud 'Abôdâ-Zcrâ, fol. 54 b. (2) Littéralement Ce sujet est (ou signifié) qu'ils croient que les miracles, etc. C'est-à-dire la chose qu'ils ont voulu indiquer par le passage en question c'est leur manière de voir au sujet des miracles. (3) Sur cette opinion, que l'auteur expose aussi dans son Commentaire sur la ilischnâ, voy. le t. 1, p. 296, notel. (4) Littéralement Le temps ou il doit avancer ce qu'il avance; c'est-à-dire où il doit proclamer l'arrivée de tel miracle.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ DEUXIÈME PARTIE. CHAI». XXIX. 225 teur de ce passage et nous montre qu'il trouvait extrêmement difficile (d'admettre) (') qu'une disposition physique (quelconque) pût être changée après œuvre de la création (2), ou qu'il pût survenir une autre volonté (divine) après que tout été ainsi fixé P). Son opinion parait être, par exemple, qu'il été mis dans la nature de l'eau d'être continue et de couler toujours de haut en bas, excepté l'époque où les Égyptiens seraient submergés; alors seulement l'eau devait se diviser '*).

Ainsi je t'ai fait remarquer quel est le véritable esprit du passage en question, et que tout cela (a été dit) pour éviter d'admettre la rénovation de quoi que ce soit (dans la nature). Voici ce qu'on dit « Rabbi Jonathan dit : Dieu avait fait des conditions avec la mer, pour qu'elle se divisât devant les Israé lites; c'est là ce qui est écrit: lin1»1? •■• atS"!, lamer retourna, versle matin, sa première condition (Exode, XIV, 27). R. Jérémie, fils d'EIéazar, dit Ce ne fut pas seulement avec la mer que Dieu fit des conditions, mais avec tout ce qui fut créé dans les six

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ (1) Littéralement S'il en est comme tti le vois (ici), cela indique la grandeur de celui qui Va dit, et (rnontré) qu'il trouvait extrêmement difficile, etc. (2) L'auteur emploie ici les mots hébreux rvtîWO ntt'JJO si usités chez les talmudistes pour désigner l'acte de la création et la relation qui en est faite dans le Ier chapitre de la Genèse, commençant par le mot Beréschiih. Cf. le t. I, p. 9, note 2, et p. 349, note 2. (3) Le texte dit Après qu'elle été ainsi fixée. Le verbe féminin mpnDN peut se rapporter iïy\2tûi nature, disposition physique, ou ITCD, volonté; je crois que, dans la pensée de l'auteur, le verbe se rapporte aux deux choses la fois, et Ibn-Tibbon, en eflet, mis le verbe au pluriel (HUinc). faut lire, dans la vers, hébr., ]15JT BHnfVHUirn? "IIIN "int*. Les copistes ont négligé l'un des deux inN, qu'ils ont pris pour une répétition inutile. (4) L'auteur s'exprime d'une manière moins correcte, en disant littéralement Cette eau particulièrement devait se diviser; il laisse sousentendre l'eau dans laquelle les Egyptiens lurent submerges. (5) C'est-à-dire dans le passage du Midrasch indiqué plus haut. Voy. Beréschiih Rabbâ, sect. (fol. 4, col. 3). T. H. 15

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 226 DEUXIÈME PARTIE. CHAP. XXIX. jours de la Création tel est le sens de ces mots Ce sont mes mains qui ont déployé les deux, et j'ai ordonné toute leur armée (Isaïe, XLV, 12). J'ai ordonné la mer de se diviser, au feu de ne pas nuire Hanania, Mischaël et Asaria, aux lions de ne pas faire de mal Daniel, la baleine de vomir Jonas. Et c'est d'une manière analogue qu'il faut expliquer les autres (miracles). Maintenant la chose t'est claire, et l'opinion (que je professe) est nettement exposée. C'est que nous sommes d'accord avec Aristote pour la moitié de son opinion nous croyons que cet univers existera toujours et perpétuellement avec cette nature que Dieu voulu (y mettre) et que rien n'en sera changé de quelque manière que ce soit, si ce n'est dans quelque particularité et par miracle, quoique Dieu ait le pouvoir de le changer totalement ou de le réduire au néant, ou de faire cesser telle disposition qu'il lui plairait de ses dispositions physiques ; cependant, il a eu un commencement, et il n'y avait d'abord absolument rien d'existant, si ce n'est Dieu. Sa sagesse exigé qu'il produisît la créalion au moment où il l'a produite, que ce qu'il aurait produit ne fût pas réduit au néant, et que sa nature ne fût changée en rien, si ce n'est dans quelques particularités qu'il plairait Dieu (de changer), lesquelles nous connaissons déjà en partie, mais qui, en partie, nous sont encore inconnues et appartiennent l'avenir. Telle est notre opinion et tel est le principe fondamental de notre loi. Mais Aristote pense que, de meme qu'il (l'univers) est perpétuel et impérissable, de même il est éternel et n'a pas été créé. Or, nous avons déjà dit et clairement exposé que cela ne peut bien s'arranger qu'avec la loi de la nécessité; mais (proclamer) la nécessité, ce serait professer une hérésie (*) l'égard de Dieu, comme nous l'avons déjà montré.

Chabat 53

Our Rabbis taught: It once happened that a man's wife died and left a child to be suckled, and he could not afford to pay a wet-nurse, whereupon a miracle was performed for him and his teats opened like the two teats of a woman and he suckled his son. R. Joseph observed, Come and see how great was this man, that such a miracle was performed on his account! Said Abaye to him, On the contrary: how lowly was this man, that the order of the Creation24  was changed on his account!25  Rab Judah observed, Come and see how difficult are men's wants [of being satisfied], that the order of the Creation had to be altered for him! R. Nahman said: The proof is that miracles do [frequently] occur, whereas food is [rarely] created26  miraculously.

Sanhedrin 98b

Even as it was taught, Till thy people pass over, O Lord.'10  this refers to the first entry [into Palestine]; till thy people pass over, which thou hast purchased:11  this refers to their second entry. Hence you may reason: The Israelites were as worthy of a miracle being wrought for them at the second entry as at the first, but that sin caused it [not to happen].

Taanith 25a

Once his wife said to him: How long shall we go on suffering so much: He replied: What shall we do?-Pray that something may be given to you, [she replied]. He prayed, and there emerged the figure of a hand reaching out to him a leg of a golden table. Thereupon he saw in a dream that the pious would one day eat at a three-legged golden table but he would eat at a two-legged table. Her husband said to her:1 Are you content that everybody shall eat at a perfect table and we at an imperfect table? She replied: What then shall we do? — Pray that the leg should be taken away from you, [she replied]. He prayed and it was taken away. A Tanna taught: The latter miracle was greater than the former; for there is a tradition that a thing may be given but once; it is never taken away again.

    Once on a Friday eve he noticed that his daughter was sad and he said to her, My daughter, why are you sad? She replied: My oilcan got mixed up with my vinegar can and I kindled of it the Sabbath light. He said to her: My daughter, Why should this trouble you? He who had commanded the oil to burn will also command the vinegar to burn. A Tanna taught: The light continued to burn the whole day until they took of it light for the Habdalah.2

    R. Hanina b. Dosa had goats. On being told that they were doing damage he exclaimed, If they

indeed do damage may bears devour them, but if not may they each of them at evening time bring home a bear on their horns. In the evening each of them brought home a bear on their horns.

    Once a woman neighbour of R. Hanina was building a house but the beams would not reach the walls. She thereupon came to him and said: I have built a house but the beams will not reach the walls. He asked her: What is your name? She replied: Aiku. He thereupon exclaimed: Aiku,3 may your beams reach [the walls]. A Tanna taught: They projected one cubit on either side. Some say, New pieces joined themselves [miraculously] to the beams.4 It has been taught: Polemo says: I saw that house and its beams projected one cubit on either side, and people told me: This is the house which R. Hanina b. Dosa covered with beams, through his prayer

Berahot 60

BUT TO CRY OVER THE PAST IS TO UTTER A VAIN PRAYER. IF A MAN'S WIFE IS PREGNANT AND HE SAYS, [GOD] GRANT THAT MY WIFE BEAR A MALE CHILD, THIS A VAIN PRAYER. IF HE IS COMING HOME FROM A JOURNEY AND HE HEARS CRIES OF DISTRESS IN THE TOWN AND SAYS, [GOD] GRANT THAT THIS IS NOT IN MY HOUSE, THIS IS A VAIN PRAYER.

IF A MAN'S WIFE IS PREGNANT AND HE SAYS, MAY [GOD] GRANT THAT MY WIFE BEAR etc. THIS IS A VAIN PRAYER. Are prayers then [in such circumstances] of no avail? R. Joseph cited the following in objection: And afterwards she bore a daughter and called her name Dinah.8  What is meant by 'afterwards'? Rab said: After Leah had passed judgment on herself, saying, 'Twelve tribes are destined to issue from Jacob. Six have issued from me and four from the handmaids, making ten. If this child will be a male, my sister Rachel will not be equal to one of the handmaids'. Forthwith the child was turned to a girl, as it says, And she called her name Dinah!9  — We cannot cite a miraculous event [in refutation of the Mishnah]. Alternatively I may reply that the incident of Leah occurred within forty days [after conception], according to what has been taught: Within the first three days a man should pray that the seed should not putrefy; from the third to the fortieth day he should pray that the child should be a male; from the fortieth day to three months he should pray that it should not be a sandal;10  from three months to six months he should pray that it should not be still-born; from six months to nine months he should pray for a safe delivery. But does such a prayer11  avail? Has not R. Isaac the son of R. Ammi said: If the man first emits seed, the child will be a girl; if the woman first emits seed, the child will be a boy?12  — With what case are we dealing here? If, for instance, they both emitted seed at the same time.

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