• Rav Uriel Aviges

Korah 5775


1- Korah, et le mouvement de masse

La parasha de la semaine commence avec les versets suivants, « Coré, fils de Yiçhar, fils de Kehath, fils de Lévi, forma un parti avec Dathan et Abirâm, fils d'Elïab, et On, fils de Péleth, descendants de Ruben. 2 Ils s'avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d'Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; 3 et, s'étant attroupés autour de Moïse et d'Aaron, ils leur dirent: "C'en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d'eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l'assemblée du Seigneur?". Korah conteste le fait qu’il faille un intermédiaire pour s’adresser a D. tout le peuple est saint, D réside dans le cœur de chacun, pourquoi faudrait il donc qu’il y ait des intercesseurs pour guider le peuple dans sa quête de spiritualité ?

On aurait tendance à donner raison à Korah. La torah n’interdit elle pas de servir des idoles, ou des astres même si on les utilise comme intercesseur devant le D suprême ? si il est interdit de s’adresser a des anges, ne serait ce que pour leur demander d’approcher nos prière vers D, a plus forte raison, il devrait être interdit de demander a un homme de faire monter nos prières vers D !

Le rapport a la divinité ne peut être que l’objet d’un travaille personnel, il ne peut pas être accompli  par procuration. Alors comment comprendre que le rite sacrificiel doit être accompli par l’intermédiaire d’un prêtre ?

Cette question est d’autant plus forte si on lit le texte de la parasha en regard d’un autre passage de la bible qui se déroule 4 siècles plus tard, a l’époque de Samuel.

 Samuel est un descendant de Korah. Rashi explique que Korah savait qu’il était l’ancêtre de Samuel et qu’il possédait  les qualités de Samuel. Comme le dit rashi : « Et Qora‘h, qui était pourtant perspicace, quelle raison l’a-t-elle poussé à cette stupidité ? C’est sa vision [de l’avenir] qui l’a induit en erreur : Il a vu dans sa descendance une noble lignée, dont Chemouel, présenté comme valant à lui seul Mochè et Aharon réunis (voir Tehilim 99, 6 et Berakhoth  31b), et par le mérite de qui il s’est dit qu’il allait être sauvé. »

Or, au sujet de Samuel le verset dit « Or, depuis que l'arche résidait à Kiryath-Yearim, il s'était écoulé bien des jours, vingt années déjà, lorsque toute la maison d'Israël aspira à revenir vers l'Eternel. 3 Alors Samuel parla ainsi à toute la maison d'Israël: "Si c'est de tout votre cœur que vous retournez à l'Eternel, écartez du milieu de vous les dieux étrangers et les Ashtarot; dirigez votre cœur vers l'Eternel, ne servez que lui seul, et il vous sauvera de la main des Philistins." 4 Les Israélites firent disparaître les Baalim et les Ashtarot, et servirent uniquement l'Eternel. » 

Samuel a réussit à ramener tout le peuple vers D. C’est pour cela que Samuel équivaut Moshé et Aharon,  Moshé  jouissait d’un contacte privilégié avec D, alors qu’Aharon était celui qui communiquait ce contacte a tout le peuple. Samuel pouvait tenir les deux rôles de Moshé et Aharon à lui tout seul, puisqu’il était capable de permettre à chaque juif d’avoir un rapport privilégié avec D.

 C’est pour cette raison que, lorsque les juifs demandent, plus tard, à élire un roi, Samuel, interprète cette décision comme une chute spirituelle, puisque durant toute la période de Samuel les juifs avaient pu servir D sans avoir besoin d’un intermédiaire. D donne raison à Samuel en faisant tomber la pluie en plein été, comme nous le lisons dans la haftarah.

 Alors, pourquoi  a l’époque de Moshé la révolte de Korah est vue comme une faute ?

Comment comprendre que la torah donne tort a Korah ?

On peut répondre à cette question à la lumière d’un passage du talmud. 

Pour situer ce passage du talmud il faut dire auparavant que Samuel va oindre, a la demande du peuple, le roi Saul. Or, le roi Saul va transgresser l’ordre de D lui demandant de tuer le roi d’amalek, Agag. Pour cette raison, D va condamner le roi Saul a mort et il va demander a Samuel d’oindre un autre roi. Le talmud nous raconte la réaction de Samuel lorsqu’il apprend cette nouvelle.

« Le verset dit « et ce fut lorsque Samuel vieillit » mais est ce que Samuel a tellement vieillit ? Pourtant il est mort a 52 ans, comme nous enseigne le maitre, celui qui meurt a cinquante deux ans, il meurt comme Samuel de rama ! Rabi yohanan explique : « la vieillesse s’est emparée de Samuel prématurément ». Lorsque D a dit « je regrette d’avoir fait régner Saul, Samuel a dit : « maitre du monde, tu m’a comparé a Moshe et Aharon, pourtant moise et Aharon n’ont pas vu leurs actions être détruite de leur vivant, moi aussi je ne veux pas voir mes actions détruites de mon vivant ». Le saint béni soit il s’est dit : « que puis je faire ? que Saul meurt et Samuel reste vivant, c’est impossible puisque Samuel ne le veut pas, que Samuel et Saul vivent, c’est impossible car le temps est déjà venu pour le règne de David  et un règne ne peut pas empiéter sur celui qui le précède ne serait ce comme l’épaisseur d’un cheveux, si Samuel meurt jeune, les gens vont dire qu’il a fait des fautes cachées, c’est pour cela je vais le faire vieillir prématurément, de telle manière a ce que les juifs croient qu’il est mort vieux ».

L’élève de Samuel, transgresse la parole de son maitre et celle de D. Samuel s’en attriste tellement qu’il demande a D de mourir prématurément.

Contrairement a l’élève de Samuel, L’élève de Moshe, Josué, a suivit la voix de D. toute sa vie. Ainsi, les juifs ont suivi le chemin de D toute la vie de moise et toute la vie de Josué. Comme le dit le verset « Car je sais qu'après ma mort vous irez dégénérant, et que vous dévierez du chemin que je vous ai prescrit » et rashi commente, en citant le talmud : « Après ma mort vous vous corromprez : Ils ne se sont pourtant pas pervertis de toute la vie de Yehochou‘a, comme il est écrit : « Le peuple a servi Hachem tous les jours de Yehochou‘a » (Choftim 2, 7). D’où l’on déduit que le disciple de quelqu’un lui est aussi cher que lui-même : Mochè avait l’impression qu’il allait survivre  (textuellement, était considéré comme vivant) pendant tout le temps que vivrait Yehochou‘a. ».

Le talmud fait donc une opposition, entre, d’une part, Moshé qui est considéré vivant tant que son élève Josué est vivant,  et d’autre part, Samuel qui meurt prématurément pour ne pas voir la déchéance de son élève.

Samuel est plus populaire que Moshé de son vivant. Mais, contrairement à Moshé, Samuel n’est pas capable de laisser un élève aussi solide que Josué. Josué va combattre amalek et le détruire, alors que Saul va être incapable d’éradiquer amalek.

Si Korah est rejeté en faveur de Moshé, bien qu’il fusse a bien des égards supérieur a  Moshe et Aharon, c’est par ce qu’il n’est pas capable de laisser un élève qui puisse conquérir la terre d’Israël.

La popularité de Samuel  n’est pas étrangère à l’échec de Saul. Si Korah est incapable de laisser un élève qui suit son chemin c’est justement à cause de sa popularité.

 Souvent plus un guide spirituel est populaire de son vivant, moins il est capable de laisser des élèves qui perpétuent son chemin.

Au sujet d’Abraham, le midrash  raconte, qu’il avait des milliers d’élèves et  la majorité des habitants d’Israël étaient convaincus par les enseignements d’Abraham, mais après sa mort, tous ses élèves sont revenus aux pratiques idolâtres. 

Dans l’histoire récente, de grands penseurs,  très populaires de leur vivants, sont oublies sans raisons après leur mort. On peut citer l’exemple de Sartre ou de Bergson, qui étaient de véritables icones de leur vivant et que tout le monde a oublié très rapidement après leur mort, sans que les fondements de leur pensé soient ébranlés en aucune manières. Les philosophes modernes vivent souvent aussi longtemps que leurs systèmes philosophiques.

On pourrait s’interroger sur ce phénomène, comment comprendre que tous les élèves d’Abraham ou de   Samuel n’ont pas suivi le chemin de leur maitre ? 

La réponse a cette question est simple, ce qui attire la masse, c’est la remise en question, ce qui forme les élèves ce sont les certitudes. Un message est donc rarement populaire et posthume en même temps.

Ce qui rend une pensé populaire c’est justement le fait qu’elle est une recherche constante et qu’elle refuse d’aboutir. Abraham a pris conscience de l’existence de D par l’absurde, le midrash dit « il a vu le monde comme un palais qui prenait feu », et il s’est dit « c’est sure qu’il y a un maitre a ce palais ! ». Il ne connait pas D, il sait simplement qu’il y a un problème.

La vie d’Abraham est un cheminement et une remise en question constante. Cette remise en question culmine avec le ligotage d’Isaac. Toutes sa vie Abraham a luté contre les sacrifices humains, pourtant, a la fin de sa vie, il se prépare à en faire un.

 C’est pour cette raison que sa pensé est populaire, elle n’est pas faite de certitude, elle est un questionnement. Les élèves d’Abraham le suivent par ce que eux aussi, ils ont des questions sur le monde, et ils s’identifient a la remise en cause que propose le message d’Abraham. 

Mais lorsqu’Abraham meurt, le questionnement s’arrête sur une conclusion. Et la masse de ses élèves n’est pas prête à s’identifier aux conclusions d’Abraham.

Le message de Samuel et de Korah est similaire à celui d’Abraham. Si ce sont des messages populaires et porteurs, c’est par ce qu’il remettent en question des certitudes sans en apporter d’autre pour les remplacer. Samuel questionne le pouvoir politique du roi, alors que Korah doute de la nécessite du grand prêtre.

Comme le remarque rashi,  les 250 personnes qui se réunissent avec Korah pour apporter de l’encens au temple sont conscientes d’accomplir un acte suicidaire. Puisque même si Korah a raison, ils savent qu’un seul sera l’élu, pourtant, ils suivent Korah, par ce que le message de Korah, les libère des certitudes rigides de Moshé.

Tout le monde veut se rapprocher de D, tout le monde est prêt à donner sa vie pour un  idéal, si cet idéal permet une recréation de soi, et un renouveau social et moral, s’il permet une remise en question. On a plus peur de l’ennui que de la mort. 

Abraham, Korah et Samuel sont populaires par ce qu’ils proposent une remise en question de soi et de l’ordre établie. Ce n’est pas uniquement leur pensé qui est populaire, c’est leur personnalité. Ceci nous montre, que le désir de l’autre, cache un désir de remise en question.

Le message religieux devient moins populaire et beaucoup plus limité, s’il est rigide, et plein de certitude.

Pourtant seul un message affirmatif et rigide laisse une trace posthume. C’est la rigidité des principes marxistes qui a permit la longévité de cette philosophie. C’est la rigidité de la pensé freudienne qui a assuré sa postérité. C’est la rigidité de la halakha qui a permit la survivance du judaïsme.

2- les temps messianiques

Il apparait qu’une pensé populaire ne peut être qu’une pensé subversive, une pensé révolutionnaire, une remise en question. Une pensé réactionnaire sera toujours acceptée de mauvais grés  par la plus part des gens.

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Dans cette optique il est impossible que d’une part, un ordre établie et rigide perdure, et, que d’autre part, il soit populaire. 

Pourtant la torah nous dit que dans le temps messianique tout le monde recherchera D, tout le monde aura un rapport directe a D, sans que, pour autant, l’ordre établie soit remis en question.

 Le Zohar dit que dans les temps messianique Korah sera le grand prêtre, ce qui semble être une absurdité, puisque Korah s’oppose au concept même de grand prêtre. Ce serait tout aussi absurde de dire que Samuel sera le roi dans le temps messianique, puisque Samuel était contre le concept même de roi.

Au sujet du temps messianique, le prophète Isaïe dit « Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la connaissance de Dieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers.. » et le midrash interprète ce verset comme annonçant que chaque être humain aura un accès directe a D et a la connaissance, a l’image de la mer qui recouvre les profondeur de l’abime de manière uniforme et égale, ainsi, chacun sera égal et équivalent dans sa connaissance de D.

La  connaissance  est décrite comme étant universelle et partagée, bien qu’elle ne soit pas la remise en question révolutionnaire d’une vérité établie.

 Le prophète semble prétendre qu’il soit possible de trouver une vérité positive qui fasse l’unanimité. Comment est ce possible ? Comment un individu pourrait il s’identifier, se retrouver et se sentir libre, à travers une vérité positive  universellement partagée ?

Dans la bible Korah peut être opposée à un autre personnage, le prophète eliaou. Korah ne meurt pas, il reste enterré vivant sous la terre jusqu'à la venu messianique, alors que le prophète Elie disparait vivant enlevé par un char volant, restant a jamais vivant dans le ciel. Selon le midrash, eliaou n’est autre que pinhas. Pinhas n’était pas kohen mais il le devient en tuant un juif qui avaient des rapports publiquement avec une femme non juive, après se meurtre le peuple cherche à le lapider.  Alors que Korah cherche à devenir kohen grasse au soutient populaire et il ne le devient jamais. 

Dans un premier temps pinhas alias Eliaou semble avoir le dessus sur Korah. A la fin du pentateuque, Korah est enterré vivant, alors que pinhas va devenir grand prêtre et vivre éternellement. Pourtant, dans le livre des prophètes, « la courbe s’inverse »,  pour parler comme notre cher président.

 Samuel descendant de Korah devient le guide spirituel du peuple au détriment de hofni et pinhas descendant d’Elie et de pinhas. Par la suite la famille de Elie est maudite, elle est condamne à devenir la famille la moins importante parmi les kohanim, tous les descendants d’Elie vont mourir jeune. Alors que la famille de Korah et de Samuel va prospérer et accueillir de nombreux prophètes.

 Lorsque le troisième temple est décrit, dans le livre d’ezekiel, selon de certains commentateurs, la famille d’eliaou est rétrogradée au rang de levy alors que celle de Korah obtient la prêtrise. (Les références de tous ces textes se trouvent dans les textes associes a la vidéo du cours)

Quel est le sens de cette inversion ? Pourquoi au début de l’histoire biblique c’est la famille de pinhas qui a l’ascendant, alors que par la suite c’est celle de Korah qui prend le dessus?

Un des derniers épisodes de la vie du prophète eliaou parait lui aussi très problématique. Dans un passage célèbre, il convoque tout le peuple à faire un test pour prouver la puissance de D et l’impuissance du baal, a cette occasion il demande a D de faire un miracle, dans sa prière, eliaou prend la défense du peuple comme jamais personne ne l’avait fait au paravent.  (Rois 1 18 37, A l'heure de l'oblation, le prophète Elie s'avança en disant: "Eternel! Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël! Qu'il devienne manifeste aujourd'hui que tu es la Divinité d'Israël, que je suis ton serviteur, et que c'est par ton ordre que j'ai fait toutes ces choses. 37 Exauce-moi, Seigneur, exauce-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c'est toi le vrai Dieu; et c’est toi qui a les a pousse  a l’erreur." 38 Le feu de l'Eternel jaillit alors, consuma la victime, le bois, les pierres, la terre, et absorba l'eau de la tranchée. 39 Tout le peuple, à cette vue, tomba sur sa face et s'écria: "L'Eternel est le vrai Dieu! L'Eternel est le vrai Dieu!”.

Dans cette prière eliaou accuse D lui même d’être la cause des fautes du peuple d’Israël, il décharge donc le peuple de toute culpabilité morale.

 Or, peu après, eliaou se refugie dans le désert, et la bas, il va prier en accusant le peuple d’Israël, il va même déchainer le courroux divin, puisque D va jusqu'à lui assurer qu’il va exterminer tout le royaume d’Israël en ne laissant en vie que 7000 personnes, tout ceux qui ne se sont pas prosternes au baal. Comment comprendre un tel revirement chez eliaou, comment ce défenseur inconditionnel d’Israël devient il un accusateur inconditionnel ?

En parlant avec la nouvelle génération de mes élèves, je me suis rendu compte d’une évolution des pratiques sexuelles.

 Avant, le rapport sexuel était le but et l’aboutissement de la relation, il fallait draguer sec, jusqu'à ce que l’on puisse être récompensé de ses efforts, par une relation sexuelle. 

Aujourd’hui à l’âge de tindler, il suffit d’écrire deux texto pour que  la fille convoitée rapplique illico avec sa brosse à dents et ses préservatifs. Le sex est devenu un préliminaire par lequel il faut passer si on veut communiquer. Le sex n’est plus l’aboutissement d’un travaille de drague, il est une sorte de protocole, de rituel, qui peut ouvrir la possibilité d’un dialogue.

 Aujourd’hui l’acte sexuel est presque devenu un acte religieux, car c’est un rituel. 

De même que dans la religion juive si on veut parler a D, il faut d’abord accomplir l’acte rituel de mettre les tefillines et lire le texte rituel de la prière, avant d’exprimer une prière personnelle. De même, pour pouvoir discuter avec une personne d’un genre opposé, il faut aujourd’hui accomplir le rituel de l’acte sexuel. (J’exagère à peine).

La constations de cette évolution nous amène à nous poser deux questions. Premièrement, pourquoi y a-t-il une une telle évolution ? Deuxièmement, quel est le sens de l’acte rituel en général ?

Pourquoi faudrait-il, avant de parler à D, accomplir des actions rituelles, mettre les tefillines ou réciter un texte ?

Pourquoi ne pourrait-on pas parler a D de manière spontanée sans passer par un protocole ?

La réponse est la suivante. Pour qu’un dialogue soit véritablement un dialogue, il doit être une remise en question.  Une parole qui a un sens, c’est une parole qui se met en doute, c’est une parole ou l’on s’expose. Or, paradoxalement, pour se remettre en doute il faut d’abord être rassuré par un cadre rigide.

Pour que l’homme parle a D de tout son cœur, pour qu’il soit prêt à se remettre en question dans son discours,  il doit être rassuré par la rigidité du rituel ou de la halakha, ce n’est que lorsque l’homme est fidèle a la halacha qu’il se sent capable de s’exposer devant D.

Ainsi, de même, dans les relations homme femmes, aujourd’hui le protocole a pour but de rassurer les partenaires par un cadre, afin de leur donner la possibilité de communiquer  et de dialoguer a cœur ouvert. 

Que se soit dans la religion ou dans le rapport humain, le protocole établie un cadre rigide  permettant une certaine remise en question de soi, c'est-à-dire le dialogue.

Si aujourd’hui, la relation genree c’est ritualisée, c’est par ce que le rituel remplace l’autorité. 

Tant qu’une autorité morale et sociale  gérait les règles de la relation genree, alors, le protocole une entrave que devait être dépassée, puisque c’était l’autorité sociale qui donnait le cadre permettant le dialogue.

Mais avec l’effondrement de l’autorité sociale, la relation genree ne peut être l’occasion d’un vrai dialogue que grâce au respect d’un protocole rassurant pour les deux parties.

Auparavant, le « sur-moi sociale » encadrait les relations homme femme, cette autorité ayant disparue, les relations sont encadrées maintenant par une sorte de rituel. Cette évolution est positive dans un certain sens, puisque, naguère, ce qui était remis en question dans la relation homme femme, c’était l’autorité sociale. Alors qu’aujourd’hui ce qui est expose et remis en question, c’est l’essence même de l’être. 

Ainsi, on peut comprendre le sens de la dialectique qui anime la relation entre pinhas et Korah. Dans un premier temps, Pinhas doit être le grand prêtre pour permettre à Korah de le devenir dans le futur. 

Pinhas,  et eliaou, representent la force du rituel et la solidité des certitudes. Le but du rituel est de donner le cadre et la confiance qui rendent possible, dans un deuxième temps une remise en question radicale.

Lorsque eliaou accomplie le miracle en faisant descendre le feu sur l’autel, le but de ce miracle était de donner aux juifs une certitude qui leur permette de se remettre en question radicalement. Le rituel n’est qu’une étape, un moyen qui doit amener la remise en question. 

Si cette remise en question n’a pas lieu, le rituel n’a pas de sens, c’est pour cette raison, qu’après avoir accomplie le miracle, lorsqu’Elie voit que cette remise en cause n’a pas eu lieu, il demande l’extermination du peuple.

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 Ce que l’on remet en question c’est toujours une certitude, à l’époque de Korah ou  de Marx, ces certitudes étaient d’ordre social, c’est pour cette raison que les hommes ressentaient une réalisation et un épanouissement par la remise en question de l’ordre social ou politique. 

Aujourd’hui, les certitudes sociales disparaissent au profit d’autres certitudes plus évidentes et plus mystiques. 

Ce que l’on ressent comme de la solitude, c’est en fait une incapacité à se remettre en question. C’est en s’exposant à l’autre que l’on peut se remettre en question. 

 Le vide affectif est en fait un vide existentiel, l’autre étant celui qui nous ouvre à nous même.

Dans les temps messianique, les certitudes universelles  ne seront plus d’ordre social, politique ou même rituelles, se seront des certitudes existentielles, ou spirituelles.

 C’est pour cette raison que les individus pourront se retrouver et définir leur spécificité, malgré l’harmonie sociale, a travers la remise en question de ces certitudes. 


Les documents

Parasha kol ahedah

 Coré, fils de Yiçhar, fils de Kehath, fils de Lévi, forma un parti avec Dathan et Abirâm, fils d'Elïab, et On, fils de Péleth, descendants de Ruben. 2 Ils s'avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d'Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; 3 et, s'étant attroupés autour de Moïse et d'Aaron, ils leur dirent: "C'en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d'eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l'assemblée du Seigneur?"

Rashi

Fils de Yitshar fils de Qehath fils de Léwi Sans qu’il soit ajouté : « fils de Ya‘aqov », car celui-ci avait prié pour que son nom ne soit pas mentionné à l’occasion de leur querelle, comme il est écrit : « Dans leur assemblée que ne se joigne pas mon honneur » (Beréchith 49, 6). Et où est-il fait mention de son nom en même temps que de celui de Qora‘h ? Dans Divrei Hayamim, lorsque sera énumérée leur généalogie, comme il est écrit : « Fils de Aviassaf, fils de Qora‘h, fils de Yitshar, fils de Qehath, fils de Léwi, fils d’Israël » (I Divrei Hayamim 6, 23) (Midrach Tan‘houma).

Il les a revêtus de vêtements entièrement faits de laine d’azur et ils se sont présentés devant Mochè en lui demandant : « Un vêtement entièrement fait de laine d’azur a-t-il besoin de tsitsith ou bien en est-il dispensé ? » Il répondit qu’il en avait besoin. Ils se sont esclaffés : « Se peut-il que pour un vêtement fait d’une étoffe différente, un seul fil de laine d’azur suffise à le rendre apte à être porté, et qu’un vêtement fait entièrement de laine d’azur ne se rende pas apte forcément de lui-même ? » (Midrach Tan‘houma).

Léwi Je vous ai dit une chose importante. Se peut-il qu’ils aient été assez insensés pour oser faire une offrande après avoir été ainsi avertis ? En fait, c’est envers eux-mêmes qu’ils ont péché, comme il est écrit : « Les encensoirs de ces pécheurs-là avec leurs âmes… » (infra 17, 3). Et Qora‘h, qui était pourtant perspicace, quelle raison l’a-t-elle poussé à cette stupidité ? C’est sa vision [de l’avenir] qui l’a induit en erreur : Il a vu dans sa descendance une noble lignée, dont Chemouel, présenté comme valant à lui seul Mochè et Aharon réunis (voir Tehilim 99, 6 et Berakhoth  31b), et par le mérite de qui il s’est dit qu’il allait être sauvé. Il a vu aussi les vingt-quatre équipes de garde descendues de ses petits-fils, toutes prophétisant sous l’inspiration de l’esprit saint, comme il est écrit : « Tous ceux-là étaient fils de Héman, le voyant du roi dans les paroles de Eloqim… » (I Divrei Hayamim 25, 5). Il s’est alors dit : « Se peut-il que toute cette grandeur descende un jour de moi, et que je me taise ? » Voilà pourquoi il a commis la folie de comploter pour obtenir cette dignité. Car il avait entendu dire à Mochè que tous allaient périr, mais qu’un seul allait être sauvé : « L’homme que choisira Hachem, lui sera le saint ». Il s’est imaginé à tort que c’est à lui que cela s’appliquait, ce en quoi il n’a pas vu juste puisque ce sont ses enfants qui se sont repentis. Mais Mochè, lui, avait vu clair (Midrach Tan‘houma).

Eliaou, kol haberh asher etc

Après le vent, une forte secousse; le Seigneur n'y était pas encore. 12 Après la secousse, un feu; le Seigneur n'était point dans le feu. Puis, après le feu, un doux et subtil murmure. 13 Aussitôt qu'Elie le perçut, il se couvrit le visage de son manteau et alla se placer à l'entrée de la caverne, et une voix lui arriva qui disait: "Que fais-tu là, Elie?" 14 Il répondit: "J'ai fait éclater mon zèle pour toi, Seigneur, Dieu-Cebaot, parce que les enfants d'Israël ont répudié ton alliance, renversé tes autels et fait périr tes prophètes par le glaive; moi seul je suis resté, et ils cherchent aussi à m'enlever la vie." 15 Le Seigneur lui dit: "Va, reprends ta route vers le désert de Damas. Arrivé là, tu sacreras Hazaël comme roi de Syrie; 16 puis, Jéhu, fils de Nimchi, tu le sacreras roi d'Israël, et Elisée, fils de Chafat, d'Abel-Mehôla, tu l'oindras comme prophète pour te succéder. 17 Or, celui qui aura échappé au glaive d'Hazaël, Jéhu le fera mourir; et qui aura échappé au glaive de Jéhu, Elisée le fera mourir. 18 Mais j'en épargnerai sept mille en Israël: à savoir, tous ceux dont le genou n'a point fléchi devant Baal, et dont la bouche ne lui a point adressé d'hommages."

Mort d’elie

Ils, poursuivaient leur chemin en conversant, quand tout à coup un char de feu, attelé de chevaux de feu, les sépara l'un de l'autre, et Elie monta au ciel dans un tourbillon. 12 A cette vue, Elisée s'écria: "Mon père, mon père! Char et cavalerie d'Israël!" Et il ne le vit plus. Alors il saisit ses vêtements, et les déchira de part en part

Or, comme il achevait de prononcer ces paroles, le sol qui les portait se fendit, 32 la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Coré, et tous leurs biens. 33 Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l'assemblée. 34 Et tous les Israélites qui étaient autour d'eux s'enfuirent à leurs cris, disant: "La terre pourrait bien nous engloutir!" 3

Cependant le jeune Samuel grandissait et gagnait de plus en plus la faveur de Dieu et celle des hommes. 27 Un homme de Dieu vint trouver Héli et lui dit: "Ainsi parle l'Eternel: Quoi! Je me suis manifesté à tes pères, alors qu'ils étaient en Egypte, soumis à la maison de Pharaon, 28 et je les ai choisis entre toutes les tribus d'Israël pour être mes pontifes, pour monter sur mon autel, pour m'offrir l'encens et porter l'éphod devant moi, et j'ai donné à ta famille une part de tous les sacrifices des enfants d'Israël; 29 et maintenant vous foulez aux pieds mes sacrifices et mes offrandes, que j'avais ordonnés pour le sanctuaire! Et tu honores tes fils plus que moi! Et vous vous engraissez du meilleur des offrandes d'Israël, des dons de mon peuple! 30 Eh bien! Ainsi parle l'Eternel, Dieu d'Israël: J'avais décidé que ta famille et celle de ton père fonctionneraient devant moi à perpétuité; et maintenant, dit le Seigneur, loin de moi cette pensée! Car j'honore qui m'honore, et qui m'outrage sera livré au mépris. 31 Oui, un temps viendra où je couperai court à ta force et à celle de ta famille, de manière que nul n'y vieillira. 32 Tu connaîtras les angoisses domestiques au milieu des prospérités d'Israël, et jamais, dans ta famille, on n'atteindra à la vieillesse. 33 Je ne retrancherai pas tous les tiens du service de mon autel, et cela pour que tes yeux se consument et que ton âme se désole, en voyant tout espoir de ta race s'éteindre à l'âge d'homme. 34 Je t'en donne pour présage ce qui arrivera à tes deux fils, Hophni et Phinéas: tous deux mourront e même jour. 35 Et je m'instituerai un prêtre fidèle, qui se conduira selon mon cœur et dans mon esprit; et je lui édifierai une maison durable, qui fonctionnera devant mon oint constamment. 36 Et ceux qui resteront alors de ta famille viendront se jeter à ses pieds pour une pièce d'argent, pour un morceau de pain, en disant: De grâce, admets-moi à quelque service sacerdotal, pour que j'aie du pain à manger!"

Ezekiel 44

Kidouchin 71

R. Johanan said: By the Temple! It is in our power;   but what shall I do, seeing that the greatest men of our time are mixed up therein. [Thus] he holds with R. Isaac, who said: Once a family becomes mixed up, it remains so.15 Abaye said: We have learnt likewise: There was a family, Beth ha-Zerifa, in Transjordania, which Ben Zion16 forcibly expelled.17 There was another, which Ben Zion forcibly admitted.18 Such as these, Elijah will come to declare unclean or clean, to expel and admit.19 [Hence, only] such as these, who are known; but once a family becomes mixed up, it remains so. It was taught: There was yet another, which the Sages declined to reveal, but the Sages confided it to their children and disciples once a septennate — others say, twice a septennate. Said R. Nahman b. Isaac: Reason supports the view that it was once a septennate. Even as it was taught: [If one vows,] ‘Behold, I will be a nazir20 if I do not reveal the families [which are impure],’ he must be a nazir, and not reveal the families.21

Rabbah b. Bar Hanah said in R. Johanan's name: The [pronunciation of the Divine] Name of four letters the Sages confide to their disciples once a septennate — others state, twice a septennate. Said R. Nahman b. Isaac: Reason supports the view that it was once a septennate, for it is written, this is my name for ever [le'olam]22 which is written le'allem.23 Raba thought to lecture upon it at the public sessions. Said a certain old man to him, It is written, le'allem [to be kept secret].

Midrash mizmor leassaf

R. Abbahu said: E.g., my son Abimi has fulfilled the precept of honour. Abimi had five ordained sons2 in his father's lifetime, yet when R. Abbahu came and called out at the door, he himself speedily went and opened it for him, crying, ‘Yes, yes,’3 until he reached it. One day he asked him, ‘Give me a drink of water.’ By the time he brought it he had fallen asleep. Thereupon he bent and stood over him until he awoke. It so happened that Abimi succeeded in interpreting, A song ofAsaph.4

The whole psalm is a lament for the defilement of the Temple and a series of national disasters. Hence the question arises, surely the superscripture should have been, ‘A dirge of Asaph’? By divine inspiration Abimi explained it that Asaph uttered song because the Almighty had allowed His wrath to be appeased by the defilement and other indignities which the Temple had suffered. Otherwise, only the total destruction of His people would have sufficed. So Rashi, quoting some anonymous commentators. Tosaf., quoting the Midrash, explains it otherwise.

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Balak 5778

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