• Rav Uriel Aviges

Behaaloteha 5772

Note : le texte ci-dessous n'est pas un resumé de la vidéo.


La Séduction et l'Honnêteté


La torah nous raconte que Miriam la sœur de Moshé a été frappée par la lèpre pour avoir dit des propos de médisance sur son frère Moshé. Tsiporah, la femme de Moshé, aurait dit de manière allusive à Miriam que son mari avait cessé d’avoir des relations sexuelles avec elle. Rashi dit en effet « Et d’où Miriam savait-elle que Moshé s’était séparé de sa femme ? Rabi Nathan a enseigné : Miriam se trouvait à côté de Tsiporah lorsque l’on a annoncé à Moshé que Eldad et Meidad prophétisaient dans le camp. Entendant cela, Tsiporah s’exclama : « Malheur à leurs femmes s’ils s’occupent de prophétie ! Ils se sépareront d’elles tout comme mon mari s’est séparé de moi. » C’est ainsi que Miriam l’a appris, et elle l’a raconté à Aharon »

Miriam ne comprend pas pourquoi Moshé a arrêté d’avoir des relations intimes avec sa femme, elle comprend aussi que Tsiporah vie difficilement cette abstinence. Selon certains midrashim (cités par le Or Hahaim) Miriam parle directement à Moshé en présence d’Aharon, elle pense qu’il a tort de ne pas accomplir son devoir conjugal. Miriam pense que la prophétie de Moshé ne justifie pas la souffrance qu’il fait endurer à sa femme. Miriam se cite elle-même comme étant l’exemple d’une prophétesse qui prophétise tout en restant active sexuellement, elle cite aussi l’exemple d’Aharon. Moshé ne répond rien à Miriam. Mais D intervient, il prend la défense de Moshé en justifiant son abstinence sexuelle. 

« Soudain l'Éternel dit à Moïse, à Aaron et à Miriam: "Rendez-vous tous trois à la tente d'assignation!" Et ils s'y rendirent tous trois. 5 L'Éternel descendit dans une colonne nébuleuse, s'arrêta à l'entrée de la tente, et appela Aaron et Miriam, qui sortirent tous deux; 6 et il dit: "Écoutez bien mes paroles. S'il n'était que votre prophète, moi, Éternel, je me manifesterais à lui par une vision, c'est en songe que je m'entretiendrais avec lui. 7 Mais non: Moïse est mon serviteur; de toute ma maison c'est le plus dévoué. 8 Je lui parle face à face, dans une claire apparition et sans énigmes; c'est l'image de Dieu même qu'il contemple. Pourquoi donc n'avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse?" 9 La colère de l'Éternel éclata ainsi contre eux, et il se retira. 10 La nuée ayant disparu de dessus la tente, Miriam se trouva couverte de lèpre, blanche comme la neige »

Rashi explique « Soudain : Il leur est apparu soudain alors qu’ils étaient impurs à la suite de rapports sexuels et qu’ils réclamaient de l’eau, leur faisant ainsi comprendre que Moshé avait bien agi en se séparant de sa femme : La chehinah se révélait fréquemment à lui et il n’y avait pas de moment fixé pour son apparition (Midrash Tanhouma). »

Ce passage de la torah soulève plusieurs questions.

Premièrement, pourquoi dit-on que Miriam a tenu des propos de médisances sur son frère ? Elle a simplement voulu lui parler pour qu’il se comporte mieux avec sa femme ! On peut dire que Miriam a sous évalué Moshé, qu’elle n’a pas compris la porté de la prophétie de son frère, mais on ne peut pas dire qu’elle a médis sur lui ! Alors pourquoi la torah dit elle « et Miriam a médis sur Moshé »

Deuxièmement, le talmud dans Erehin (16a) dit que les habits du Cohen Gadol, (en particulier le manteau et ses clochettes) pardonnent les propos de médisance. Ce n’est que lorsque les paroles de médisances ont un impacte et qu’ils causent un dommage à la victime qu’ils sont punis de lèpre. Or, les propos de Miriam ne semblent pas avoir eu d’impacte négatif sur Moshé, on ne voit pas que Moshé ait perdu quelque chose à cause du discours de Miriam, alors pourquoi Miriam est elle punie de la lèpre ? (Aharon n’est pas puni par ce qu’il est protégé par les habits qu’il porte, dit le midrash, mais cette protection aurait du être effective sur Miriam aussi !)

Troisièmement, le talmud (Chabath 87) dit explicitement que D n’avait jamais demandé a Moshé de se séparer de sa femme. C’est Moshé qui a pris cette initiative de son propre chef, et D a acquiescé après coup. Le talmud dit : « Moshé a fait trois chose de sa propre initiative, et D a été d’accord après coup : il a cassé les tables de la loi, il s’est séparé de sa femme, et a retardé le don de la torah d’un jour. » or si D n’avait pas demandé à Moshé de se séparer de sa femme, on peut en déduire qu’en théorie, Moshé aurait pu recevoir sa prophétie tout en ayant des relations sexuelles avec sa femme. Donc la justification que D semble donner au comportement de Moshé dans les versets cités plus haut n’a aucun sens ! Si D n’a jamais demandé à Moshé de se séparer de sa femme, il semble que Miriam avait tout a fait raison de critiquer Moshé! même si Moshé est la plus grand des prophète qu’il parle à D « face à face », il n’empêche qu’il aurait pu le faire tout en restant actif sexuellement. La décision de Moshé a l’air d’être une décision égoïste injuste envers sa femme. De quel droit Moshé prend une décision qui lèse sa femme, et comment comprendre que D justifie cette décision ?

Une quatrième question concerne Tsiporah. De quoi se plaint-elle au juste ? Est ce qu’elle se plaint d’une souffrance physique, se plaint elle d’un manque de sexe ? Si c’est le cas, elle aurait pu divorcer de Moshé et se remarier avec un autre homme qui aurait pu la satisfaire. On n’a pas l’impression que Moshé avait refusé de lui donner un Get. Et si elle se plaint d’un manque d’affection sentimentale que son mari ne lui donne pas, si elle pense qu’elle aime Moshé mais que Moshé ne le lui rend pas, alors, on ne comprend pas la suite des versets, puisque les versets ne semblent s’articuler autour de la justification d’une abstinence sexuelle, sans jamais justifier un manque d’amour ou d’affection éventuel de la part de Moshé.

On peut trouver la réponse à toute ces questions à travers l’étude d’un texte du talmud dans le traite de Ketouvoth. Le cinquième chapitre de ce traité par le des lois de la mitsvah de onah, le devoir conjugal. À la page 60b le talmud parle du cas d’un homme qui veut aller étudier à la yeshivah et qui demande à sa femme de partir pendant un certain laps de temps. Le talmud pense que même si la femme accepte et permet à son mari d’aller à la yeshivah pendant plus d’un an, le mari ne doit pas rester plus d’un mois sans retourner à la maison pour avoir des relations avec sa femme. Rashi explique que même si la femme dit qu’elle est d’accord que son mari parte plus longtemps, en fait elle n’est pas honnête avec elle-même. Elle se ment et elle ment à son mari, le mari doit donc revenir au bout d’un mois, sans tenir compte de la permission que lui donne sa femme.

Les commentateurs s’étonnent du fait que dans la page suivante, le talmud cite le cas de rabbi Akivah et de nombreux rabanim qui sont partie de chez eux pendant des dizaines d’années sans revoir leur femme. Ces cas, montrés comme des exemples à suivre, semblent contredire la règle énoncée précédemment. Les même commentateurs (rabenou Asher, et d’autres) font la distinction suivante. Si c’est le mari qui a pris l’initiative d’aller à la yeshivah et qu’en suite il a séduit sa femme pour qu’elle accepte, alors, même si la femme accepte, on suppose qu’ elle ment et elle n’est en fait d’accord que pour le laisser partir pendant un mois et pas plus.

Mais, dans le cas de rabbi Akivah et des autres rabanim, ce ne sont pas les maris qui voulaient aller à la yeshivah, ce sont leur femmes qui voulaient qu’ils y aillent, et dans ce cas, si la femme veut que son mari aille à la yeshivah pendant dix ans, il doit y aller pendant dix ans et il ne doit pas revenir avant, car si il rentre avant le temps prévu, cela serait une déception pour sa femme puisqu’elle s’attend à ce que son mari se consacre à l’étude de la torah exclusivement. En bref, On présuppose que la femme ment uniquement lorsqu’elle ne prend pas l’initiative de la décision.

(C’est pour cela que rabbi Akivah n’est pas rentré chez lui, à la fin des douze premières années d’étude à la yeshivah, bien qu’il était arrive au seuil de sa maison, puisque lorsqu’il a entendu sa femme dire que si ca ne tenait qu’a elle il devrait encore rester douze autres années, il a compris qu’il décevrait sa femme si il rentrait chez lui, ne serais ce que pour dire bonjour, or il ne voulait pas décevoir sa femme. Rav Haïm Schmulevits a donné une autre réponse).

Ce passage du talmud nous montre que la séparation d’un homme avec sa femme pour des motifs religieux peut être vécue par la femme d’une manière positive ou négative. La femme de rabbi Akivah était heureuse de voir son mari se consacrer à l’étude de la torah, mais pour une autre femme cette dévotion à l’étude peut être vécue comme un abandon douloureux de la part du mari.

Le fait que cet état puisse être envisagé de deux manières montre que la dévotion religieuse a des avantages et des inconvénients pour la femme. La femme vit la dévotion de son mari à l’étude comme une situation ambigüe, d’un coté elle est heureuse, mais d’un autre coté elle a du mal à la supporter. 

Cette même situation ambigüe se retrouve chez les enfants d’Israël lorsqu’ils arrivent devant la terre d’Israël en sortant d’Égypte. D’un coté, ils ont envie d’y aller, ils veulent cultiver la terre et manger le produit de leur travail, ils en ont assez de la manne, mais d’un autre coté, ils ont peur de la guerre, ils ne sont pas certains de leur ressuscite. C’est pour cette raison qu’ils décident d’envoyer les explorateurs. Les juifs savent déjà ce qu’il se passe en Israël, ils ne demandent pas aux explorateurs de leur mentir, ils veulent simplement que les explorateurs reviennent avec un discours positif séducteur qui les encourage à aller en Israël. Les enfants d’Israël envoient les explorateurs pour qu’ils leur rapportent un discours séducteur, un discours qui mette en exergue les côtés avantageux de la terre et qui minimise les mauvais aspects. Les explorateurs font le contraire, ils mettent l’accent sur les mauvais aspects de la terre. Ils tiennent un discours négatif qui convainc les juifs de ne pas aller en Israël. Les explorateurs n’ont pas menti, ils ont montré les côtés négatifs du pays, au lieu de mettre en exergue les côtés positifs. Les explorateurs n’ont peut être rien appris de nouveau aux juifs, mais ils on fait « du lashon harah », (des propos de médisance), par ce qu’ils ont fait remonter la peur dans le cœur des enfants d’Israël par leur discours. Une fois que la peur était montée dans le cœur des enfants d’Israël, il était impossible à Moshé et à Josué de leur redonner courage.

La torah a juxtaposé le récit de Miriam avec celui des explorateurs pour montrer que Miriam a fait la même erreur que les explorateurs. Lorsque Tsiporah s’est plainte, Miriam aurait du lui dire : « je sais que tu souffres, mais tu dois te rendre compte de la valeur de ton mari ! » « Peut être que cette souffrance est justifiée, vu tout ce que tu gagnes en étant la femme de Moshé » « regarde tous les avantage qu’il y a être mariée avec Moshé ! Regarde les honneurs la postérité la richesse etc. ».

Au lieu de cela, Miriam a pris le parti de Tsiporah, elle lui a dit « tu as raison ! Moshé est vraiment un nul, attend je vais lui parler ! » En disant cela, Miriam a enraciné la vision négative de Tsiporah dans son cœur. Après avoir parlé à Miriam, Tsiporah ne pouvait plus aimer Moshé. Miriam a tenu des propos de médisance graves, qui ont eu un impacte négatif pour Moshé et Tsiporah.

Rashi dit dans le traité d’Erehin que l’impacte le plus grave du lashon harah c’est de créer la haine entre un homme et sa femme ou un homme et son ami. Il importe peu de savoir si Miriam avait raison de critiquer de Moshé ou si elle avait tort, par ce que quoi qu’il en soit, elle avait implanté la haine dans le cœur de Tsiporah et le dommage causé n’était plus réparable.

Lorsque Tsiporah se plaint à Miriam elle se plaint à demi-mot, elle ne critique pas ouvertement Moshé, elle ne fait qu’une allusion indirecte à son comportement, Tsiporah attend de voir la réaction de Miriam. Tsiporah n’avait pas vraiment de ressentiments précis à l’égard de Moshé avant de parler à Miriam.

Si Miriam avait dit à Tsiporah « ce n’est pas très grave, tu sais c’est normal, Moshé a malgré tout d’autres qualités », alors, Tsiporah aurait accepté son abstinence sexuelle de bon cœur. Mais vu que Miriam a pris le parti de Tsiporah, Tsiporah s’est trouvée confortée dans sa critique de Moshé, et elle n’était plus capable de voir les bons cotés de son mari et elle a commencé à le haïr.

On comprend à travers ce passage de la torah la définition du lashon harah. Le lashon harah, ce n’est pas forcement mentir ou dire la vérité, c’est montrer le cote négatif d’une situation, afin que l’interlocuteur ne puisse plus voir les cotés positifs.

La terre d’Israël est la plus belle terre du monde, mais elle a ses défauts, Moshé Rabenou est l’homme le plus parfait qui ait existé, mais il a ses défauts. Celui qui dit du lashon harah c’est celui qui arrive à montrer que les défauts prévalent sur les avantages. Faire du lashon hatov c’est prendre le contre pied de son interlocuteur sans le contredire, mais en lui montrant l’autre coté du tableau, tous les avantages qu’il perd si il n’accepte pas les défauts de l’autre.

Maintenant, il reste à comprendre le comportement de Moshé. De quel droit Moshé a-t-il décidé de se séparer de sa femme. Comment a-t-il pu la faire souffrir, alors qu’on sait tout ce qu’il lui devait, c’est Tsiporah qui lui avait sauvé la vie, alors qu’il allait se faire avaler par un serpent. Comment pouvait-il abandonner sa femme comme une vieille paire de chaussettes ? 

Le talmud dans chabath met en relation le fait que Moshé a cassé les tables de la loi et le fait qu’il se soit séparé de sa femme. Lorsque les juifs faisaient le veau d’or, la torah n’avait plus de sens pour eux. Pourtant D n’a pas demandé à Moshé de casser les tables, dans le plan divin, il aurait été possible de sauver le premier don de la torah, sans avoir besoin d’un deuxième. Cependant, Moshé prend l’initiative de casser les tables de la loi, il ne pense pas contrecarrer les plans divins, car en cassant les tables, Moshé ne fait qu’entériner une situation déjà existante. Les juifs ne croient plus en D, la torah n’a plus de sens pour eux, il pense que ca ne sert ca sert à rien de continuer à faire semblant. Autant tout casser, pour que tout soit net. Moshé ne supporte pas les situations fausses. 

De la même manière, Moshé aurait pu continuer à avoir des relations sexuelles avec Tsiporah, mais vu l’élévation spirituelle qu’il était en train de vivre, ces relations avec Tsiporah n’avaient plus aucun sens. La spiritualité de Moshé l’empêche de vivre pleinement les désirs de son corps. Et, plutôt que de continuer à faire semblant d’être attiré sexuellement par sa femme, il préfère être honnête avec elle et s’en séparer. Moshe n’abandonne pas Tsiporah par mépris, mais plutôt par respect, par respect pour elle il ne veut pas lui mentir, il ne veut pas faire semblant.

C’est ce que D dit à Miriam et à Aharon « Moshé me voit face à face ». Or, Maimonide explique dans les 8 chapitres d’introduction au traité de Avoth, que ce qui rend la révélation prophétique floue c’est le manque d’honnêteté avec soi même. Moshé ne peut pas se permettre de séduire Tsiporah et de faire semblant, puisqu’il doit parler face à face avec D. 

Comme dit le talmud, D a été d’accord après coup avec Moshé lorsqu’il s’est séparé de tsiporah. Dans l’absolu, Moshé aurait pu recevoir ses révélations prophétiques tout en étant actif sexuellement, cependant, dans un deuxième temps, une fois que ces relations sexuelles n’avaient plus de sens pour Moshé, il fallait qu’il se sépare de Tsiporah pour rester intègre avec lui-même. Car l’intégrité était la condition « sine quoi none » pour qu’il garde son niveau prophétique.

La torah dit que Moshe avait « un prépuce sur les lèvres », c'est-à-dire qu’il était incapable de faire un discours séducteur. Tout discours est séducteur, le lashon hatov est une séduction qui montre les cotés positifs d’une chose et le lashon harah est une séduction qui montre les cotés négatifs d’une chose.

Moshé est toujours opposé au serpent, il prend le serpent dans sa main et le serpent devient bâton. Le bâton c’est la rigidité, le serpent c’est celui qui séduit Ève par son discours sinueux. Moshé est avalé par le serpent, puis il est sauvé par tsiporah, c’est tsiporah qui permet à Moshé de se délivrer de la séduction du discours des autres, sans elle, Moshé était incapable de percevoir la séduction et de s’en protéger, c’est tsiporah qui va apprendre à Moshé à se protéger de la séduction du serpent.

Le Maharal de Prague explique que Moshé n’a pas pu rentrer en Israël parce qu’il a frappé le rocher au lieu de lui parler. Dans ce passage, Moshé est incapable de séduire les hébreux par le discours, il les insulte, et il frappe le rocher au lieu de lui parler. Le Maharal dit que les hébreux méritaient les insultes de Moshé, mais Moshé aurait du se laisser séduire par un discours séducteur pour voir le bon coté des juifs, et si il avait été séduit, si il avait été capable de voir leurs cotés positifs, automatiquement, il aurait été capable de séduire le peuple et de l’induire à un comportement positif et constructif. (C’est ce coté féminin qui manquait complètement à Moshé)

Si Moshé avait su faire semblant de croire que les hébreux était justes, alors en réactions, les hébreux seraient devenus justes pour de bon. Mais Moshé était incapable de se mentir et de se laisser séduire, et pour séduire il faut d’abord se laisser séduire. C’est parce que Moshé était incapable de séduire qu’il fallait que Miriam et Aharon séduisent tsiporah et les hébreux pour lui. 

L’épisode du rocher a lieu après la mort de Miriam, Moshe frappe le rocher par ce que le puits qui suivait Miriam avait disparu avec elle. Sans Miriam Moshé ne pouvait plus guider le peuple d’Israël vers la terre promise. Si Moshé avait pu se mentir et faire semblant d’aimer Tsiporah, il serait parvenu à l’aimer pour de bon et il serait parvenu à faire entrer les juifs en Israël. Mais la torah ne pouvait être donnée que dans la violence de l’honnêteté intellectuelle d’un homme comme Moshé.


Les documents

ויקרא רבה (מרגליות) פרשת בהר פרשה לד

[ג] גומל נפשו איש חסד ועוכר שארו אכזרי (משלי יא, יז). גומל נפשו איש חסד, זה הלל הזקן. הלל הזקן בשעה שהיה נפטר מתלמידיו היה מהלך והולך. אמ' לו תלמידיו רבי להיכן אתה הולך, א' להן לעשות מצוה. אמרו לו וכי מה מצוה הלל עושה, אמ' להן לרחוץ במרחץ. אמ' לו וזו היא מצוה, אמ' להן אין, ומה אם איקוניות שלמלכים שמעמידין אותן בבתי תיאטריות ובבתי קרקסיות שלהן, מי שהוא ממונה עליהן מורקן ושוטפן והן מעלין לו סודרין, ולא עוד אלא שהוא מתגדל עם גדולי המלכות, אנו שניברינו בצלם ובדמות, דכת' כי בצלם אלהים עשה את האדם (בראשית ט, ו), על אחת כמ' וכמ', ד"א גומל נפשו איש חסד, זה הלל הזקן. הלל הזקן בשעה שהיה נפטר מתלמידיו היה מהלך והולך. אמ' לו תלמידיו ר' להיכן אתה הולך, אמ' להן למגמול חסד עם הדין אכסניא דאית גו בייתא. אמ' ליה בכל יום אית לך אכסניין, אמ' להון והדא נפשא עליבתא לאו אכסנייא היא גו גופא, דיום דין היא הכא ולמחר לית היא הכא. ד"א גומל נפשו איש חסד, איש חסיד

Une autre explication “lorsque ton ami s’appauvrira avec toi”. C’est le sens du verset « celui qui fait du bien à son âme c’est un homme généreux ». Ceci fait référence à Hillel le vieux. Lorsqu’Hillel finissait de donner un cours de torah, il sortait de la sale d’étude avec ses élèves. Ses élèves lui ont demandé « maitre où vas-tu ? » Il leur a répondu je vais faire une mitsvah.» Les élèves lui ont demandé « de quelle mitsvah s’agit-il ? » Il leur a dit  « je vais me baigner dans les thermes». Ils lui ont demande : « est ce que c’est une mitsvah ? Il leur a répondu « oui, si déjà les statuts du roi qui se trouvent dans les théâtres et les palais, celui qui est préposé à les nettoyer et à les entretenir le gouvernement le nourrit et l’honore comme si il faisait lui-même partie du gouvernement, nous qui sommes créés à l’image de notre créateur, comme le dit le verset, n’est ce pas certain, qu’à plus forte raison, si on s’occupe de nous même nous serons nourris et honorés par notre créateur »

Une autre explication « celui qui aime son âme est un homme généreux » c’est Hillel qui après avoir donne un cours de torah allait restaurant. Ses élèves lui ont demandé « maître ou vas-tu ? » Il leur a répondu je vais m’occuper d’un invité que j’ai à la maison », les élèves lui ont demandé «  tous les jours tu as un invité à la maison ? » Il leur a répondu : « et mon âme, la pauvre ! N’est elle pas une invitée dans le corps, aujourd’hui elle est la demain elle est partie »

תלמוד בבלי מסכת שבת דף קכז עמוד א

אמר רב יהודה בר שילא אמר רבי אסי אמר רבי יוחנן: ששה דברים אדם אוכל פירותיהן בעולם הזה, והקרן קיימת לו לעולם הבא. ואלו הן: הכנסת אורחין, וביקור חולים, ועיון תפלה, והשכמת בית המדרש, והמגדל בניו לתלמוד תורה, והדן את חברו לכף זכות. איני? והא אנן תנן: אלו דברים שאדם עושה אותם ואוכל פירותיהן בעולם הזה והקרן קיימת לו לעולם הבא, ואלו הן: כיבוד אב ואם וגמילות חסדים והבאת שלום שבין אדם לחברו ותלמוד תורה כנגד כולם [הני - אין, מידי אחרינא - לא]! הני נמי (בגמילות חסדים שייכי. לישנא אחרינא:) הני בהני שייכי.

Rabi Yehudah fils de Shiloh dit au nom de rabbi Yossi au nom de rabbi Yohanan : « six choses procurent à l’homme des intérêts dans ce monde, mais il garde le capital pour le monde futur : « recevoir des invités, visiter des malades, prier avec une grande intension, le fait de se lever le matin pour aller dans la maison d’étude, éduquer ses enfants dans le chemin de la torah, et juger son ami favorablement ». Comment peut-on dire une telle chose alors que la Mishna dit que quatre choses apportent des intérêts dans ce monde alors que le capital reste pour le monde futur et les voici « honorer ses parents, faire des actes de bienfaisance, apporter la paix entre un homme et son prochain, et l’étude de la torah équivaux à toutes les autres choses réunies». Le talmud répond « Les six choses mentionnées plus haut sont inclues dans les quatre de la Mishna »

רש"י מסכת שבת דף קכז עמוד ב

הכי גרסינן הני נמי בהני שייכי - הכנסת אורחים וביקור חולים היינו גמילות חסדים, ועיון תפלה היינו בכלל גמילות חסדים, דכתיב (משלי יא) גומל נפשו איש חסד,

Rashi

« Le fait de recevoir des invités et visiter les malades, ce sont des actes de bienfaisance, et la prière fait aussi partie des actes de bienfaisance, comme le dit le verset « celui qui fait du bien à son âme c’est un homme généreux ».

פסיקתא זוטרתא (לקח טוב) בראשית פרק ג

א"ר אלעזר אפילו קללתו יש בו ברכה, שנאמר על גחונך תלך, שהוא בורח לחור וניצל. ועפר תאכל. שכל מקום שהולך מזונו עמו:

Rabi Eléazar dit « même dans la malédiction du serpent il y a une bénédiction,…, « tu mangeras de la poussière », partout où il va le serpent à de quoi manger ».

רשעים מלאים חרטות כרימון

“ Les mauvais sont pleins de regrets comme la grenade est pleine de pépins”

תלמוד בבלי מסכת עירובין דף יט עמוד א

והאמר רבי שמעון בן לקיש: רשעים אפילו על פתחו של גיהנם אינם חוזרין בתשובה

« Les mauvais même devant la porte de l’enfer ils ne font pas techouvah”

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